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Vent de sang

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567 pages

Le premier mort s’appelle Grossmann. L’affaire serait banale si l’homme n’était pas le veilleur de nuit de la société qui va construire sur le Taunus un parc d’éoliennes, un projet combattu par une association de riverains. Meurtres en cascade, rivalités locales, corruption globale, Neuhaus livre un polar haletant au climat déréglé.


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Vent de sang
roman traduit de l’allemand par Jacqueline Chambon
a c t e s n o i r s ACTES SUD
“ACTES NOIRS”
LE POINT DE VUE DES ÉDITEURS
Le premier mort s’appelle Grossmann. Meurtre ou acci-dent, l’affaire serait banale si l’homme n’était pas le veil-leur de nuit de la société WindPro qui s’apprête à construire sur le Taunus un parc d’éoliennes, projet combattu par une association de riverains. La confrontation est âpre et, lors d’une réunion consacrée au projet, une rixe éclate, provo-quant la mort d’une femme. Le commissaire Oliver von Bodenstein, présent, est blessé. La situation ne cesse de s’envenimer et, bientôt, un deuxième meurtre est commis. Entravés par la duplicité de protagonistes prompts à dissimuler leurs motivations profondes derrière la com-mode façade de convictions éthiques ou morales, Boden-stein et Pia Kirchhoff doivent faire face au vent meurtrier qui semble s’être abattu sur la région du Taunus. Sur fond de débat autour de l’avenir du climat, Nele Neuhaus compose un roman policier d’une maîtrise re-marquable. Des données traïquées par les climatologues aux intérêts mercantiles d’hommes d’affaires sans scru-pules, elle met en scène des personnages profondément ambigus dans une société en totale perte de repères.
NELE NEUHAUS
Nele Neuhaus vit près de Francfort. Elle est l’auteur d’une série de romans consacrés aux enquêtes du commissaire Oliver von Bodenstein et de sa collègue Pia Kirchhoff, tous parus chez Actes Sud. Elle a également publié des ouvrages pour la jeunesse chez Actes Sud Junior.
DU MÊME AUTEUR
o FLÉTRISSURE66., Actes Sud, 2011 ; Babel noir n o BLANCHE-NEIGE DOIT MOURIR, Actes Sud, 2012 ; Babel noir n 99. UNE VIE AU GALOP, Actes Sud Junior, 2012. L’ÉTÉ AU GALOP, Actes Sud Junior, 2013. MÉCHANT LOUP, Actes Sud, 2014. Photographie de couverture : © Plainpicture/Whatapicture All summer long Kid Rock, Shafer Matthew © Robert James Ritchie Music Titre original : Wer Wind sät Éditeur original : List Taschenbuch Verlag © Ullstein Buchverlage GmbH, Berlin, 2011
©ACTES SUD, 2013 pour la traduction française ISBN978-2-330-04772-6
NELE NEUHAUS
VENT DE SANG
roman traduit de l’allemand par Jacqueline Chambon
ACTES SUD
mières fusées du feu d’artiïce de la Saint-Sylvestre.
elle s’arrêtait, c’en était ïni d’elle. Une angoisse mortelle lui coupait le soufe, son
der ce rythme bien longtemps. Là ! Enïn ! Entre les façades sans ïn des hautes maisons s’ouvrait une étroite
son et ferma les yeux dans l’espoir désespéré que les
PROLOGUE
Elle courait dans la rue déserte aussi vite qu’elle le pouvait. Dans le ciel nocturne explosaient les pre-mières fusées du feu d’artiïce de la Saint-Sylvestre. Si seulement elle arrivait à atteindre le parc et la foule en liesse dans laquelle elle pourrait se fondre ! Elle ne connaissait pas la région, elle avait complètement perdu le sens de l’orientation. Les pas de ses poursui-vants résonnaient entre les hautes maisons. Ils étaient sur ses talons, la poussant de plus en plus loin des rues animées, loin des taxis, du métro et des hommes. Si elle s’arrêtait, c’en était ïni d’elle. Une angoisse mortelle lui coupait le soufe, son cœur battait contre ses côtes. Elle ne pourrait pas gar-der ce rythme bien longtemps. Là ! Enïn ! Entre les façades sans ïn des hautes maisons s’ouvrait une étroite fente. Elle tourna sans ralentir dans la ruelle mais son soulagement ne dura qu’une seconde, car elle comprit immédiatement qu’elle avait fait une terrible erreur. Devant elle se dressait un mur lisse. Elle était tombée dans un piège ! Le sang bruissait dans ses oreilles, son halètement était le seul bruit dans le soudain silence. Elle se blottit derrière des poubelles puantes, pressant son visage contre le mur rugueux et humide de la mai-son et ferma les yeux dans l’espoir désespéré que les hommes continueraient sans la voir.
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— Elle est là ! cria quelqu’un à mi-voix. On la tient. Un projecteur l’illumina, elle leva le bras en cli-gnant des yeux, aveuglée par la lumière trop vive. Ses pensées tournoyaient à toute vitesse. Devait-elle appeler au secours ? — Elle est cuite, dit un autre. Des pas sur le pavé. Les hommes s’approchèrent, lentement maintenant, sans se presser. Son corps lui faisait mal de peur. Elle serra ses poings humides, ses ongles s’enfoncèrent douloureusement dans sa chair. Puis ellelevit ! Il pénétra dans la lumière et baissa les yeux sur elle. Pendant un inïme instant de sou-lagement, elle fut traversée par l’espoir insensé qu’il était venu pour l’aider. — Je vous en prie ! murmura-t-elle d’une voix rauque en tendant une main vers lui. Je vais tout vous expliquer, je… — Trop tard, coupa-t-il. Elle lut dans ses yeux une colère froide et du mépris. La dernière étincelle d’espoir s’éteignit en elle et tomba en cendres comme la belle villa blanche au bord du lac. — Je vous en prie, non ! Sa voix n’était plus qu’un cri strident. Elle voulut ramper vers lui, le supplier de lui pardonner, lui jurer qu’elle ferait tout pour lui, tout, mais il se détourna et disparut de son champ de vision, la laissant seule avec ces hommes, dont elle ne pouvait attendre aucune grâce. La panique s’abattit sur elle comme une vague noire. Elle jeta autour d’elle un regard fou. Non ! Non, elle ne voulait pas mourir ! Pas dans cette obs-cure ruelle crasseuse qui puait l’urine et les ordures ! Elle se défendit avec la force du désespoir, à coups de pied, à coups de poing, dans un dernier combat
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acharné. Mais elle n’avait aucune chance. Les hommes la plaquèrent au sol et lui tordirent brutalement les bras dans le dos. Puis elle sentit la piqûre dans son bras. Ses muscles devinrent mous, la ruelle se mit à otter devant ses yeux pendant qu’on lui arrachait ses vête-ments et qu’elle restait nue, sans défense. Elle sentit qu’on l’emportait, eut un dernier regard pour l’étroite bande de ciel noir entre les hautes murailles, aper-çut les étoiles scintillantes. Puis elle fut précipitée et tomba, tomba dans un abîme noir. Pendant un court et merveilleux instant, elle se sentit sans poids. La vitesse de la chute lui coupait le soufe, tout devint sombre et elle s’étonna que mourir fût si facile. Elle revint à la surface. Son cœur battait à tout rompre et elle n’eut besoin que d’une seconde pour comprendre qu’elle avait seulement rêvé. Ce rêve la poursuivait depuis des mois, mais il n’avait jamais été aussi réel et jamais elle ne l’avait vécu jusqu’au bout. Elle serra ses bras autour de son corps tremblant et attendit que ses muscles crispés se détendent et que le froid quitte son corps. La lumière du réverbère tom-bait à travers les barreaux de la fenêtre. Combien de temps serait-elle en sécurité ici ? Elle se laissa tom-ber en arrière, pressa son visage contre l’oreiller et se mit à sangloter. Elle savait que cette peur ne la quit-terait jamais.
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tait à quelques mètres devant lui, reniant de-ci de-là
taient. Tell les observait mais se gardait de les effrayer.
saire d’édiïer voilà quelques années, car les promeneurs