Visa sans retour

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En cette fin de période estivale, tout est réuni pour que la vingtième édition du festival de photojournalisme, « Visa pour l'image », soit un immense succès. Pour Jacques Leprince, son fondateur, cette année s'annonce même comme celle du couronnement. Et l'exposition inédite du photoreporter russe, Piotr Potakov, sur un massacre commis par l'armée russe dans une petite ville reculée de Tchétchénie, va à coup sûr, remuer l'opinion publique.


Mais à quelques jours de l'inauguration, le rêve à portée de main de Jacques Leprince bascule dans le cauchemar absolu. Une effroyable tuerie, qui vise directement le festival, a lieu dans l'enceinte même du Couvent des Minimes. Très vite, le crime odieux tourne à l'affaire d'État, sur laquelle va rapidement planer l'ombre des services secrets russes. A Paris, dans les plus hautes sphères du pouvoir, on décide de confier l'enquête à Dan Velasquez, un ancien du contre-espionnage, qui vient de s'installer dans la cité catalane. Sa mission : sortir Perpignan du bourbier tchétchène.

Publié le : mardi 1 janvier 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782361330248
Nombre de pages : 156
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PROLOGUE
En deux années de guerre, c’était la première fois que la brigade pénétrait en Itchkérie. Tous sentaient la peur leur tordre les intestins au fil de l’avancée sur la route, parsemée de pierres, que les conducteurs s’obsti-naient à vouloir éviter. Mais l’ordre était venu de haut. De très haut même. Depuis deux jours, le convoi com-posé d’une quinzaine de camions roulait sans disconti-nuer sur cette route à peine goudronnée qui menait au Daghestan voisin. Il était vingt heures lorsque le colonel qui se trouvait dans le premier véhicule donna l’ordre à l’ensemble du convoi de s’arrêter à proximité d’une clairière. Aussitôt, les quatre hommes, qui formaient la garde rapprochée de l’officier, descendirent et commencèrent à vérifier si la zone était aussi sûre qu’elle semblait en avoir l’air. Quelques minutes plus tard, ils firent signe au reste du groupe de descendre des camions. En posant les pieds sur le sol de cette zone monta-gneuse, Dimitri se souvint qu’il avait déjà entendu dire
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que ses habitants l’appelaient souvent la Suisse tchét-chène. En ce début de soirée, les montagnes grises rosis-saient sous les rayons du soleil couchant. Face à eux, une immense forêt de pins, visiblement séculaires, donnait à la région de véritables airs d’été indien. Dimitri eut beau chercher, il ne trouva pas la moindre trace de guerre. L’ordre leur fut pourtant donner de camoufler les véhi-cules et de se tapir par deux dans les buissons environ-nants. Le plan avait minutieusement été détaillé à l’aube, juste avant que le convoi n’entame cette dernière jour-née de route. Chacun connaissait parfaitement son rôle. Dimitri avait été choisi pour faire partie des six hommes chargés du nettoyage, lequel serait dirigé par le capitaine Affisiev. Celui-ci était déjà venu dans cette zone par deux fois depuis 1999, année au cours de laquelle le maître incontesté du Kremlin avait déclenché la deuxième guerre tchétchène. Deux heures plus tard, alors que la nuit commençait cette fois à tomber, les hommes reçurent l’ordre d’em-barquer à nouveau dans les camions, selon les places indiquées en fonction de la mission de chacun. Face à Dimitri, les yeux du capitaine Affisiev étaient déjà pleins de haine à l’encontre des ennemis dont lui ne savait encore rien. – Lorsqu’on rentrera dans la maison, donnez-vous-en à cœur joie ! Les deux vieux vivent avec leurs deux filles qui doivent avoir la trentaine. Deux veuves depuis peu… Au sourire qui venait d’envahir le visage d’Affisiev, Dimitri comprit que l’officier avait largement pris part au veuvage des deux femmes.
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– Et surtout n’oubliez pas que vous faites partie du G.R.U.. La population doit tout aux soldats d’élite de la Russie. Vos désirs sont des ordres. Faites tout ce que vous voulez. De toute façon, personne n’y verra rien. Puis il s’adressa seulement à Dimitri. – Le cinquième, je m’en charge personnellement. Toi, tu m’aides juste à le sortir de son trou. Mais c’est moi et moi seul qui liquiderai ce chien. Pour ton information, on cherche un salaud de trente-cinq ans qui s’appelle Piotr. Il doit être chez eux depuis une quinzaine de jours. La réputation de ce capitaine Affisiev n’était plus à faire depuis longtemps. « Ivan le terrible », comme il était surnommé au sein de la totalité des unités du G.R.U., s’était fait depuis longtemps une spécialité dans le com-mandement des opérations de nettoyage les plus san-glantes de Tchétchénie. Pendant de longs mois, il avait sévi dans les rues de Grozny avant de recevoir l’ordre d’aller traquer les plus grands « criminels » tchétchènes partout où ils pouvaient se trouver et particulièrement dans les zones les plus reculées de ce nouvel enfer russe. Face à lui, Dimitri préféra baisser les yeux, faisant mine de vérifier une dernière fois l’état de son armement. – Tu as quel âge ? lui demanda le capitaine. Machinalement, le jeune homme lui dit avoir vingt-trois ans et qu’il était le plus jeune de la compagnie. Le visage de l’officier dont la joue gauche laissait aisément voir une profonde cicatrice due, sans aucun doute possi-ble, à une vieille blessure à l’arme blanche, s’éclaira aussitôt. – C’est bien. Un grand honneur de Russie dans nos troupes d’élite. Un jour Un grand honneur, oui, vraiment.
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servir la Sainte tu comprendras.
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