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Une alarme se déclenche. Halley sursaute, Iris acquiesce. Les systèmes duRempartpoursuivent leur lente renaissance sous les yeux des deux jeunes femmes. Il n’en reste plus qu’un seul à réinitialiser. Le seul qui ait été maintenu opérationnel tout ce temps : le bouclier spatial. Sans lui, le vaisseau serait à la merci des innombrables dangers de l’espace. La moindre micrométéorite, pas plus grosse qu’un grain de poussière, étant susceptible de causer des dégâts énormes, voire tout simplement de le détruire, ce système est considéré comme étant le plus important. C’est pour cette raison que lors de la phase de construction un double système de boucliers a été envisagé, afin de pallier la défaillance de l’un d’eux.
Dans la situation actuelle, la réinitialisation va s’effectuer en deux phases. Tout d’abord, c’est le bouclier secondaire, celui à énergie, qui sera désactivé. Ce n’est que lorsqu’il retrouvera sa totale disponibilité que le bouclier principal, à air comprimé, sera mis hors service. C’est la seule manœuvre possible pour terminer dans les règles le processus général engagé surle Rempart. La scientifique ne parvient pas à se faire à toute cette technologie. Elle qui garde habituellement les pieds sur Terre tout en ayant la tête dans les étoiles, se retrouve à près de quatre cent mille kilomètres de chez elle à se faire expliquer, dans le détail, le fonctionnement d’une technologie qui n’a pas encore été découverte. La situation paraît totalement irréelle.
« Je me doutais bien qu’il y avait quelque chose qui nous protégeait, mais j’ignorais s’il s’agissait de boucliers, comme en science-fiction, ou bien d’un autre système. Comment est-ce que tout cela peut fonctionner ? C’est un programme technique mis au point uniquement pour le Rempart. Il fallait que nous puissions le protéger de l’environnement dans lequel il serait amené à évoluer. Pour cela, nous avons conçu deux modules autonomes. Le premier utilise l’énergie d’un générateur spécialement développé pour loccasion et émet deso npcuelsnito snusr  léel evcatromagnéÀtiqduées q duie  ralentissent fortement tous les bolides destructeurs qui f isseau. faut les stopper net, cela permet de réduire grandement leur pouvoir de nuisance. Le second système, considéré comme étant le principal, est capable de repousser toute menace. Il s’agit d’une technologie à air comprimé, utilisant une myriade de capteurs disséminés partout sur la coque extérieure. Lorsqu’un débris est détecté comme allant nous percuter, une violente explosion d’air se déclenche à cet endroit précis. Une explosion dont la puissance est à même d’arrêter n importe quoi. Qu’il s’agisse d’un projectile minime ou d’une attaque ennemie. Le gros avantage de ce bouclier à air comprimé est de n’être activé que lorsqu’il y a un réel besoin. Il est, de plus, contrôlé par un supercalculateur qui lui est dédié. Rien ne peut lui échapper. Et pour ne pas connaître de variation de trajectoire impromptue, lors de chaque déclenchement l'ordinateur active une poussée de même intensité sur le point symétriquement opposé du vaisseau. C’est hallucinant !»
Les traits du visage d’Iris se tirent subitement. Elle vient d’apercevoir plusieurs déperditions d’oxygène à certains emplacements distincts de la coque. Le vaisseau étant immobilisé, le fonctionnement d’un seul des deux boucliers devrait être amplement suffisant pour assurer sa totale intégrité. À moins que ce dernier ne soit hors service... Une situation compliquée dont les conséquences sont potentiellement catastrophiques. Elle tente de cacher la situation à Halley, faisant mine que tout va bien. Une tentative v aine qui ne va pas tarder à voler en éclats : un fragment de poussière plus massif vient percuter la coque au niveau de la salle de contrôle, créant une importante déperdition d’air. Les équipements de survie entrent en action et les diffuseurs internes s’enclenchent afin de compenser les pertes subies à bord. Néanmoins, l’évacuation de la pièce devient nécessaire. Quitte à
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y revenir plus tard si la situation le permet de nouveau.
Les deux femmes s’empressent de rejoindre la « salle de sécurité ». Il s’agit d’un lieu duRempart qui n’a aucun lien direct avec l’extérieur, offrant de plus amples protections face à une possible collision. Des ordinateurs secondaires y sont aussi présents, prévus dans le but de pouvoir conserver certains contrôles, dont les systèmes de survie. Iris en profite pour expliquer à Halley ce qu’il en est. Petit à petit, la scientifique craint de plus en plus de se trouver à bord d’une épave prête à se disloquer dans l’espace. Il ne s’agit pourtant que d’a priori.
« Quelle était la fonction du Rempart à l’origine ? Il était destiné à protéger la planète Terre d’éventuels extra-terrestres. Nos astronomes eux aussi possèdent des générations d’avance sur ceux de ton « ancien monde ». Nous sommes certains à quatre-vingt-dix-neuf pour cent qu’ils existent. Nous n’en avons encore aucune preuve directe, mais plusieurs faisceaux de suspicion. Dans ce cas, comment s’est-il retrouvé là, coincé à proximité immédiate de la Lune ? En 1920, une mission d’exploration ambitieuse du voisinage du s st ire était programmée. À loccasion de sa préparation, un équipage réduit, compyosèém de usnoel atrentaine de membres, était à son bord. Alors que cette phase touchait à sa fin, nous avons perdu tout contrôle. Ce n’est que quinze jours plus tard, lorsque nous fûmes en mesure d’envoyer une mission de secours sur place, que nous avons découvert que tous nos hommes avaient mystérieusement disparu. Nos connaissances avancées nous permettaient d’appréhender un grand nombre de situations, à l’exception de celle-ci. Le haut conseil décisionnaire, notre instance suprême composée de citoyens tirés au sort, décida alors de mettre un terme à l’opération. Jusqu’à ce que nous puissions élucider les circonstances de ce drame. Et donc lorsque nous avons découvert l’existence du Rempart, vous étiez sur le point de retourner à son bord pour y mener des investigations ? Pas vraiment. Après quasiment un siècle d’hypothèses et de déceptions, le choix a été fait de relancer ce programme. Nous avions perdu assez de temps pour quelque chose dont nous ne saurions probablement jamais le pourquoi ni le comment. Malheureusement, dans la précipitation nous avonso uovrmiirs  sdoen  eséxicsutriser.  lÀa  ltao tsauliitteé de nos transmissions, ce qui t’a donné la possibilité de déc ence de quoi nous avons été obligés de monter tout ce que tu sais déjà pour sauver notre couverture. »
Les moniteurs signalent la fin du « bombardement ». Tout semble indiquer que la restauration du bouclier à air comprimé est terminée. Sa remise en fonctionnement permet de nouveau aux occupantes duRempart de circuler librement. Les impacts des poussières stellaires sont sécurisés. Ils devront être réparés dès que possible, mais ne représentent plus une menace imminente. De retour dans la salle de commandement, partiellement endommagée, Iris fait un bref état des lieux répertoriant les dégâts, qui sont, fort heureusement, minimes. Reprenant sa place sur le fauteuil principal, la jeune femme active les moteurs secondaires et entre une série de coordonnées dans le navigateur. Direction la Lune...
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Le voyage ne sera pas bien long. Quelques minutes tout au plus. L’occasion de purger en douceur les impuretés qui se sont sûrement accumulés depuis plus d’un siècle dans le différents systèmes de propulsion. Cette première mission duRempartdepuis son abandon sonne comme une renaissance. Tant pour Iris que pour ses contemporains...
L’annonce du « retour à la vie » du « vaisseau perdu » a fait l’effet d’une bombe pour le « peuple de la Terre ». L’espoir que leRempartrécupéré un jour était grand. Néanmoins, depuis quepuisse être les signaux ont été détectés par « les autres », les craintes quant à la survie de la civilisation étaient devenues grandes. Aujourd’hui, la pression retombe. Les actions engagées à la hâte pour sauver ce qui pouvait l’être sont au final un vrai succès. Bien plus que ce que les esprits les plus optimistes avaient envisagé. Jamais, ici-bas, la situation n’avait été aussi critique. Toutes les options furent envisagées, surtout les plus extrêmes.
Hasard du calendrier ou volonté de ne pas envenimer les choses, les conclusions définitives du rapport sur l’émission radio captée par l’autre civilisation tombent seulement une vingtaine de minutes après le soulagement général. Il en ressort que la totalité des règles de sécurité a été respectée à la lettre. Tant au niveau du cryptage qu’à celui de la furtivité des ondes. Les systèmes duRempart ont ainsi répondu à ces signaux tel qu’attendu. C’est dans la veille technologique que le « peuple de la Terre » a été négligent. Certains de leur supériorité, ces derniers n’ont pas jugé bon de mettre en place une surveillance permanente. Dès lors, le nouveau module de communication développé par le MIT il y a huit mois n’était pas connu. Aucune contre-mesure de sécurisation n’avait donc pu être anticipée. Au rapport de conclure que « l’évolution technique et technologique des sur-terriens a été dangereusement sous-estimée par nos services, et ce malgré certaines recommandations non pas alarmantes, mais inquiétantes. Il conviendra, à l’avenir, de tout mettre en place pour que de telles carences ne se reproduisent plus. »
LeRempart présente sur son site d’alunissage. Halley est la première à fouler le sol lunaire, se suivie de peu par sa nouvelle camarade. Les instruments de bord précisent que les restes d’Atlantis se trouvent à environ deux cents mètres. Malgré la faiblesse de la gravité, la scientifique se hâte. Elle espère pouvoir rejoindre ses coéquipiers à temps, avant que ceux-ci ne soient plus alimentés en oxygène. La remise en fonctionnement duRempartplus que ce qui avait été estimé a priori, il est difficile pourayant pris les jeunes femmes de se spéculer sur les chances de l'équipage d'Atlantis.
Le module scientifique est en vue. Halley se rue dessus. La porte du sas est ouverte. Les neuf mètres carrés de l’engin sont vides. Elle ressort. Inquiète, elle se fige. Elle est perdue. Il n’y a rien aux alentours. Seuls le sol grisâtre et un magnifique quartier de Terre lui sautent aux yeux. Aucune trace des autres membres de la mission. Iris entreprend de retourner sur leRempart. S’ils sont morts, leurs corps se trouvent forcément quelque part et doivent pouvoir être repérés par le radar du vaisseau, lequel, bien qu’il ne soit pas étudié pour cela, n’aura aucun mal à distinguer des masses non naturelles sur le satellite.
Pendant ce temps, la protégée du professeur Whint reste sur place. Elle ne comprend pas. Qu’est-ce qui aurait pu pousser les deux explorateurs à s’éloigner autant du site où il se sont écrasés. Pourtant, dans son esprit, les choses sont claires. Ils ne peuvent avoir survécu à la vingtaine d’heures passées dans cet environnement si hostile et menaçant. Il n’en reste pas moins qu’ils ont entrepris des analyses, probablement guidés par le contrôle terrestre. Une occasion en or pour entrer en contact avec les ingénieurs au sol.
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«Ici Halley, vous me recevez la Terre ?»
Un sentiment de stupeur générale se répand parmi la salle de contrôle. Chaque membre du personnel court à son poste, ne voulant surtout pas manquer une telle occasion de renouer le contact et d’en apprendre plus sur ce qui se passe « là-haut ». Nous vous recevons cinq sur cinq.« Quelle est la situation sur la Lune ? Comment êtes-vous arrivée sur place ? Que s’est-il passé depuis toutes ces heures ? »
La jeune femme informe son directeur de mission de tout ce qu’elle sait. Enfin presque. Elle préfère omettre quelques menus détails pour ne pas compromettre cette nouvelle civilisation dont elle fait désormais partie. En conclusion de la communication, lorsque Iris la rejoint enfin, elle demande à faire deux messages. Le premier est destiné à son mentor, le professeur Whint.
« Professeur, je tiens à ce que vous sachiez qu’il se passe ici des choses exceptionnelles que vous ne pouvez même pas imaginer. J’en ai appris plus en une seule journée que depuis le début de mes études. Je ne sais pas si j’aurais l’occasion de vous revoir un jour, mais faites -le pour moi... poursuivez vos recherches. N’abandonnez jamais. Il y a tant de choses que vous devez encore découvrir ! »
Vient ensuite le moment où elle s’adresse à ses parents et à ses proches.
« Je pense fort à vous. Vous serez toujours auprès de moi quoiqu’il arrive. J’espère pouvoir rentrer très rapidement, mais ne vous inquiétez pas pour moi. Tout n’est pas toujours facile, mais je vis des moments que tout scientifique aimerait connaître au cours de sa vie. Avec tout ce que je vois et apprends, je ne pourrais qu’obtenir mon doctorat le moment venu... et peut-être même plus. Je vous aime fort. »
Sur ce, elle ressort du module, les larmes aux yeux. Une feuille de papier dans une main, un marqueur dans l’autre, elle se place face à la coque et écrit :
«Ici reposent Vladimir Samson et Mahin Vibodh, précurseurs terriens de l’exploration spatiale.»
Un message qu’elle place au sol, au pied du compartiment scientifique. Un dernier hommage à ses compagnons d’infortune, disparus bien trop tôt, à l’aube d’une nouvelle ère de découvertes sensationnelles. Ce sur quoi elle rebrousse chemin et s’éloigne lentement, accompagnée d’Iris, qui a préféré rester en retrait pour ne pas s’imposer dans ce moment émotionnellement chargé. Peut-être aussi à cause d’une pointe de culpabilité due à son implication indirecte dans cette situation tragique.
Les deux femmes s’en retournent sur le Rempart. Sur le trajet, Halley exige, la voix tremblante de sanglots, d’avoir plus de responsabilités dans les opérations à venir, quelles que soient leur nature et leur importance.
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Les deux femmes s’en retournent sur leRempart. Sur le chemin, Halley ressent une étrange sensation. Une intense douleur provenant de la poitrine l’envahit. Elle se trouve à plus d’une centaine de mètres duRempart. Ses jambes deviennent trop faibles pour la supporter. Elle tombe au ralenti, la main droite posée sur son torse. Elle se fige, allongée face contre sol. Iris ne s’est pas aperçue immédiatement de ce qui se passait et a continué sa progression. Lorsqu’elle prend conscience de la situation, elle se rue vers Halley et consulte, sans perdre de temps, son «moniteur santé». Son pouls est très irrégulier et tend à se rapprocher du zéro fatidique. Il ne lui reste qu’une seule chose à faire... La ramener immédiatement au vaisseau et espérer qu’il ne sera pas trop tard pour la sauver.
Une petite fille s’extrait lentement d’une douce lumière blanche. Elle se balade dans la rue, accompagnée de sa sœur jumelle. Toutes deux marchent tranquillement, un sac d’école dans le dos. Elles sont âgées, tout au plus, de sept ou huit ans. Le temps est au beau fixe. Les oiseaux chantent, le ciel est bleu... les vacances d’été sont proches, très proches. Pourquoi se rendre à l’école, alors qu’il serait tellement plus agréable d’aller jouer à l’étang ? Surtout qu’aujourd’hui maman n’est pas là, retenue au travail pour une réunion « des plus ennuyeuses » comme elle dit. Elle a bien précisé de se rendre à l’école directement. Mais qui pourrait en vouloir à deux enfants d’avoir cherché à s’amuser ?
Les fillettes arrivent au croisement deLake Avenue, la route principale de leur petite ville, et de Sun street.Le feu tricolore est au vert. La circulation est inexistante, mais elles ont appris à attendre qu’il passe au rouge avant de traverser. En plus, monsieur Mash, le fleuriste de la bourgade, peut les voir depuis sa boutique. Il ne s’agirait pas qu’il dise à Maman que les voitures pouvaient encore passer. La devanture verte de sa boutique est un peu décrépie et aurait besoin d’un bon ravalement. Aujourd’hui il y a Samantha, son apprentie, qui est également présente. C’est à elle que Papa et Maman font appel le soir quand ils veulent sortir au restaurant, de temps en temps. Elle est très gentille et aime raconter des histoires de princesses. Une voiture de police, noire et blanche avec un gros gyrophare, est garée là. C’est l’adjoint du shérif qui est au volant. Il vient régulièrement à l’école pour parler de sujets variés. Il laisse même les enfants essayer son chapeau. L’école se trouve au coin de la rue, à seulement dix minutes de marche de la maison, le long d’une grande rue bordée d’arbres. Juste en face de la caserne des pompiers. Pour aller à l’étang, il faut passer devant. Encore faut-il que personne ne surprenne les fillettes.
Roxon City une toute petite ville. Tout le monde s’y connaît. Il ne s’y passe jamais rien est d’extraordinaire. Ici la police est plus habituée à reconduire le vieux Jack chez lui après qu’il a un peu trop bu plutôt qu’à mener des enquêtes. Idem pour les pompiers, qui sont le plus souvent appelés à l’aide pour descendre un chat d’un arbre que pour éteindre de vrais incendies qui menaceraient tout un quartier. Ici, tout le monde se fait confiance. La vie est belle, tranquille et paisible.
Rapidement, les deux petites filles atteignent l’étang. Elles connaissent bien les lieux, puisqu’elles s’y rendent souvent le samedi quand il fait beau et chaud. Bordé d’arbres verdoyants et de fleurs toutes plus belles les unes que les autres, c’est l’attraction principale de la ville, après le cinéma et le skate park. L’eau n’y est pas bien profonde. De toute manière, ce qui intéresse les filles, c’est le petit ponton qui s’avance de deux ou trois mètres. Rien de plus. Le meilleur endroit au monde pour s’allonger et regarder les rares nuages blancs passer dans le ciel, tout en imaginant les formes que chacun revêt. Un lieu parfait aussi pour jouer à cache-cache.
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La partie est animée. Les cachettes sont légion. La meilleure est celle que papa choisit d’habitude. Accroupi sous le ponton, de l’eau jusqu’aux genoux.
« Cachée ou pas cachée, j’arrive ! »
Ce sera la dernière phrase prononcée par la cadette des jumelles, Hallie. Ses dernières paroles avant qu’elle n’aille sur le ponton, penchée au-dessus de l’eau, pour vérifier que sa sœur ne se trouve pas dans cette si belle cachette. Sa sœur qui, derrière le gros arbre jouxtant la construction de bois, assiste à toute la scène. Perte d’équilibre, cri et... silence de cathédrale. Seuls les oiseaux et le faible vent continuent de pousser la «chansonnette».
L’anxiété de voir sa sœur entendue dans l’eau, inerte. La peur d’aller chercher des secours et de devoir faire face à sa faute. Le traumatisme d’assister à une chose pareille... quatre hommes et femmes, des pompiers et médecins qui s’acharnent de longues minutes durant pour la ramener à la vie. Puis tout s’arrête. Jusqu’à ce que maman arrive, apeurée et en larmes.
« Halley, où est ta sœur ?! Non c’est pas possible !! Non, non, non, nooooon !! »
La vie est parfois cruelle. Elle peut basculer en quelques secondes. Une pierre dans un petit plan d’eau, un choc à la tête... Le shérif adjoint et les pompiers qui arrivent sirènes hurlantes, même à Roxon City, malgré la tranquillité qui règne, tout peut arriver. Y compris le pire. Même l’acharnement d’une mère sur le corps sans vie de son enfant n’y peut plus rien. Le destin a frappé, il est impossible de revenir en arrière. Sa décision est irrévocable. Une douce lumière blanche frémit de nouveau, happant sans état d’âme et à tout jamais cette jeune vie innocente. Laissant une famille et toute une communauté endeuillées...
« Reviens bon sang, reviens !! Tu ne peux pas partir maintenant !! Non !! Reviens !!!! »
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« Qu’est-ce qui s’est passé ? Où suis-je ?se réveille soudainement Halley. Nous sommes à bord du Rempart. Tu as fait une sorte de malaise cardiaque après que nous ayons retrouvé le module scientifique d’Atlantis. Tu m’as fait une de ces peurs. Non, j’étais plus là. J’étais chez moi, à Roxon City. J’ai vu ma sœur, j’étais avec elle... le jour où elle s’est noyée. J’en suis sûr. C'était pas un rêve. Il faut me croire ! Ne t’inquiète pas, je sais que tu racontes la vérité. Tu as sûrement été victime d’une expérience de mort imminente. Un réflexe de survie de ton organisme. En revivant un moment marquant de ta vie, cela lui a permis de générer une forte quantité d’adrénaline, favorisant le redémarrage de ton cœur. Comment le sais-tu ?
Dois-je te rappeler que nous avons des centaines d’années d’avance sur les plans techniques et scientifiques ? »
Les installations médicales de l’infirmerie de bord ne signalent aucun trouble résultant de cette attaque cardiaque. Les risques de rechute à moyen terme sont évalués comme étant très hautement improbables. Moyennant une heure ou deux de repos pour que le corps récupère pleinement, la jeune femme pourra de nouveau vivre sa vie comme si de rien n’était.
« Parle-moi de toi Halley. Raconte-moi ton enfance, ta vie. Tu avais une sœur apparemment ? Oui. C’était ma sœur jumelle. J’étais l’aînée. Nous faisions tout ensemble J ’ i pas le . e n a souvenir qu’on se soit disputées un jour. Notre vie était parfaite jusqu’à ce drame... J’ai rien pu faire... Mais que s’est-il passé au juste ? Je ne veux pas en parler. Peut-être plus tard, j'en sais rien, je verrai. Je veux penser à autre chose, désolée. Qu’est-ce qu’on va faire maintenant qu’on a récupéré le Rempart et qu’il est de nouveau en état de fonctionner ? Nous allons reprendre notre programme spatial stoppé net il y a un siècle. De quoi ?? Je croyais que le Rempart servait juste à protéger la Terre ? À l’origine oui. Il était le premier vaisseau d’une série de huit qui devaient partir explorer le système solaire. L’objectif était de trouver des preuves en tous genres pour étayer ce que notre principale théorie sur l’évolution humaine avance. Une théorie que vous nommez « Théorie des anciens astronautes ». Ça te dit quelque chose ? Heu... vaguement. D’après des scientifiques l’Histoire humaine serait faite d’interventions en séries de visiteurs extra-terrestres, je crois. Ce qui pourrait expliquer certain es énigmes scientifiques. C’est parfaitement ça C’est la conclusion à laquelle nous sommes arrivés il y a déjà deux . siècles. Et aujourd’hui, il est temps d’aller à la recherche de ces visiteurs de l’espace. Mais comment ? On a qu’un seul vaisseau et en plus on est que deux à son bord... Fais-moi confiance. Le Rempart s’est échoué au retour de sa toute première mission, au retour de la planète Mars, après nous avoir permis d’installer la première colonie terrienne de l’univers ! Ah d’accord...
À l’origine, ce groupe de colons était composé de très exactement cent six personnes. Uniquement de jeunes hommes et femmes. Son rôle était d’établir une tête de pont en vue du tout nouveau programme spatial à l’étude. À la perte du seul moyen permettant de la rejoindre, la colonie s’est finalement développée sur un modèle de persistance et d’autonomie complète. Les premiers temps furent compliqués, mais les
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choses s’arrangèrent au fil du temps. La possibilité de communiquer régulièrement avec la Terre explique en partie cet aménagement coordonné de la mission. Aux dernières nouvelles, la population coloniale était de quatre cent quarante deux âmes.
Terre lorsque nous serons sur place. Je ne leur dirai rien de« Je veux pouvoir contacter la ce qui s’est passé. Je te le promets. J’en ai besoin, c’est tout. Tu possèdes des connaissances dans ces domaines particuliers ? Non, mais j’imagine que vous avez mené des études en grand nombre en l’espace de cent ans. Je me trompe ? Pas du tout. Mais comment expliqueras-tu ces découvertes sortant de nulle part ? Tout comme le fait que je me trouve sur Mars. J’éluderai la question... n’en est pas question. Les risques seraient trop importants. Point final !Il
Cette discussion tendue terminée, se sentant déjà mieux, Halley décide de rejoindre la salle de pilotage. Iris aurait préféré qu’elle se repose encore un peu, mais cette option ne faisait pas vraiment partie des plans de la jeune femme. Cette fois, c’est elle qui prend place dans le fauteuil de commande, bien décidée à apprendre à piloter ce mastodonte spatial. Elle qui, sur Terre, n’a même pas son permis de conduire. Déterminée à prendre la place qui doit être la sienne dans ce nouveau programme d’exploration, elle n’est pas prête à se laisser marcher sur les pieds par qui que ce soit, tout en sachant qu’elle devra parfois faire des concessions.
Iris la rejoint quelques minutes plus tard, le temps pour elle de ranger les différents appareils utilisés pour sauver la vie de son équipière. Cette dernière, plongée dans le manuel interactif de navigation, est sur le point de connecter les moteurs secondaires, permettant au vaisseau de décoller du sol lunaire. La manœuvre est hésitante, peu maîtrisée. Les gestes sont imprécis. Le vaisseau balance, loin d’être stabilisé. Pour autant, le décollage se déroule sans accrocs majeurs. Halley apprend vite. Elle fait preuve de beaucoup de bonne volonté et de détermination.
LeRempart deux modes de pilotage. Le premier à l’aide d’un joystick multidirectionnel possède offrant un contrôle manuel, là où le second est totalement virtuel, via une technologie oculaire. Il suffit de calibrer l'ordinateur afin qu'il se synchronise aux mouvements de l'œil, d’activer le mode « interactif » et ainsi de diriger le vaisseau par simple mouvement de l’œil. Par facilité et surtout par peur de ne pas parvenir à maintenir une concentration optimale, la pilote a choisi l’option manuelle. Un choix lui offrant une maniabilité plus réduite, mais une plus grande sensation de sécurité.
Très concentrée, les yeux fixés sur l’écran de contrôle directionnel, Halley fait le travail. Elle a déjà mené leRempartà une centaine de mètres au-dessus de la surface lunaire. Les indicateurs de bord signalent que tout se passe pour le mieux. La manœuvre est bien engagée. Il est temps d’activer les propulseurs primaires, à dix pour cent de leur puissance nominale. Stabilisant le vaisseau par simple pression d’un bouton situé au bas du manche de navigation, elle se tourne vers Iris, l’interrogeant du regard sur la façon d’activer ces moteurs. D’un signe de la main, elle lui fait comprendre qu’il lui suffit, d’actionner le bouton correspondant, situé sur la console de gauche.
Le regard de nouveau fixé sur l’écran situé face à elle, elle quitte le champ d’attraction de la lune, allant se placer en quelques instants sur l’orbite géostationnaire sur laquelle se trouvait le vaisseau les cent dernières années. Le temps de vérifier les coordonnées du site martien et de les entrer dans
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l’ordinateur de bord.
Ce n’est là que le début de cette nouvelle mission. Car rejoindre la planète rouge ne sera pas une simple partie de plaisir. L’espace regorge de dangers insoupçonnés et potentiellement mortels pour quiconque s’y aventure. Encourageant sa jeune coéquipière, Iris reprend tout de même le contrôle de l’engin. Bien que sa conception lui permette d’être dirigé par une seule personne, les paramètres optimums de sécurité exigent qu’une équipe de cinq pilotes confirmés avec leurs assistants soit aux commandes.
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Les services secrets ne savent pas comment aborder toute cette histoire. Tout est bien trop opaque et aucune des pistes habituelles - terrorisme, conspiration – ne semble coller aux événements. Pourtant, il faut bien avancer une explication crédible. L’opinion publique ne peut se contenter plus longtemps d’une telle opacité. Si encore il ne s’agissait que d’un échange de coups de feu, quel qu’en soit le lieu... Si ce n’est que, dans le cas présent, les répercu ssions sont bien plus lourdes et se rapprochent plus du fiasco total que de la colonne « faits divers ». Il est urgent de reprendre la main sur toute cette affaire et d’annoncer que tout est sous contrôle. La manière ainsi que la réponse importent peu... du moment qu’elles sont un minimum crédibles.
« L’enquête avance rapidement. Les derniers éléments à notre disposition nous laissent à penser que les auteurs auraient agi seuls. Plusieurs interpellations ont d'ores et déjà eu lieu. La piste terroriste semble la plus probable, bien que toutes soient toujours à l’étude. Les suspects interrogés ne sont pas encore passés aux aveux, mais les charges pesant sur eux sont particulièrement importantes. Ils seraient liés, de près ou de loin, au groupe Al Waïda et auraient agi afin de mettre un terme à nos velléités spatiales. Bien que leur geste ait été lourd de conséquences pour l’ensemble de notre nation, nous nous relèverons une nouvelle fois, encore plus forts et plus déterminés. Jamais nous ne plierons devant de tels actes lâches et odieux. Que Dieu bénisse l’Amérique, que Dieu bénisse chaque américain. »
Une véritable ferveur populaire envahit le pays, comme à chaque lendemain de catastrophe. Comme toujours, l’union sacrée a lieu entre les citoyens, surpassant tout type de division pouvant exister dans la vie de tous les jours. La fibre patriotique est de nouveau exacerbée, au même titre que le sentiment d’insécurité permanent. De quoi préparer tout un pays à de nouvelles mesures de limitation des libertés individuelles, sous couvert d’une plus grande, mais illusoire, sécurité individuelle et collective.
Sous terre, les missions de renseignement permettent de suivre sans le moindre souci toutes ces péripéties politiques. Bien qu’habitués aux belles paroles et aux discours lyriques, l’incompréhension est de mise. Comment de telles pratiques peuvent avoir lieu dans une société se voulant démocratique, sans que le peuple n’ose lever la voix massivement afin de se révolter ? Tout n’est pas parfait ici-bas. Pourtant, le respect d’autrui ainsi que celui des libertés individuelles sont totaux. Les dirigeants, désignés par tirage au sort parmi l’ensemble de la population majeure ne cherchent en aucun cas à cacher la vérité, encore moins à diriger par la peur.
De fait, chaque membre du peuple sous-terrain avait connaissance de l’opération visant à faire échouer le décollage d’Atlantis, puisque celle-ci avait été approuvée à une large majorité par référendum. De même, il est de notoriété publique que la mission est un échec partiel et que certains objectifs ont dû être révisés à la hâte, tout comme d’autres ont tout simplement été ajoutés pour s’adapter à l’évolution des événements. La science et les mathématiques ont beau être des valeurs sûres, aucune prédiction, même la plus fainatbilcei,p ne Àp epuatrt iérc daret elrà , lee n mtionutues ccuolen ngarisaisna ndcee  dsae bclea uqseu,i  lfae rma eiqluleeu rteo ufta çnoen  speo upra sqsuerea t opuat s sec opmasmsee  é. bien est de jouer la transparence totale. Quitte à devoir présenter des excuses le cas échéant. Ceci faisant, la prise de décisions est grandement facilitée et permet une bien meilleure objectivité finale. D’où la décision, non controversée, il y a un siècle, de stopper net le programme spatial suite à la perte duRempart. Mission aujourd’hui réactivée sans que ne soient nécessaires d’interminables discussions bureaucratiques, et sans aucun « secret d’état ».
LeRempartrouge avec à son bord ses deux, puisqu’il en est question, fait route vers la planète
Histoire diffusée sous licence Creative Commons BY-NC-ND- Clément Hourseau / Univers parallèle
passagères. Le voyage est plutôt monotone. La distance relativement faible entre le point de départ et celui d’arrivée fait qu’il n’est pas envisageable d’activer les hyper-propulseurs. Seuls les moteurs conventionnels sont utilisables pour ce trajet. Iris en profite pour vanter les bienfaits pour sa camarade d’avoir rejoint le « peuple de la Terre ». Intéressée par ce récit, Halley s’imagine déjà, rentrant sur Terre et découvrant son nouvel environnement de vie. Quelque peu absorbée par ses propres pensées, elle perçoit tout de même une petite pointe d’inquiétude lorsqu’elle se voit, subissant le regard de ses nouveaux camarades. Seront-ils aussi ouverts que ce qu’Iris le prétend ? Ne feront-ils pas preuve d’une certaine méfiance vis-à-vis d’elle ? Et sa famille, ses amis... elle espère pouvoir les revoir un jour, d’une façon ou d’une autre. Dire que tout ceci a débuté par la simple réception d’un signal d’origine extra-terrestre. Jamais la jeune scientifique n’aurait osé imaginer se retrouver en vol vers la planète Mars, à bord d’un vaisseau spatial vieux de cent ans. Pourtant c’est bel et bien la réalité. Rien ne la prédestinait à parcourir l’espace interplanétaire, encore moins à poser le pied sur la Lune pour porter assistance à deux malheureux en perdition.
Puis, l’ordinateur principal la ramène instantanément à la réalité des choses. La planète rouge est en approche. La colonie humaine est matérialisée par une légère marque noire sur l’écran radar. Iris prend la direction des opérations et configure le navigateur automatique afin qu’il pose sereinement et sans risque le mastodonte qu’est leRempart.
À peine débarquées sur la planète rouge, les deux jeunes femmes sont placées en quarantaine. Les installations de sécurité du complexe spatial n’ont rien détecté de suspect, mais le temps a appris au peuple de la Terre à ne pas prendre de risques. Toute technologie, aussi puissante et perfectionnée soit-elle, n’est aucunement à l’abri d’un mauvais fonctionnement. Cela expliquant ces soixante-douze heures de surveillance médicale obligatoires avant de pouvoir circuler librement.
vCies ufealilseamnte, nutn el iénqtuéigpriet éd e dtue chvnaiicsisens e stÀ d élapl osyuéitee  sur le Rempart pour mission de contrôler avec eau. de quoi, il est prévu d’apporter quelques modifications à certains de ses systèmes centenaires. Dans le même temps, le centre de contrôle étudie de nouveaux objectifs pour le vaisseau. Sa réaffectation au service actif est quelque peu inattendue. C’est en quelque sorte la renaissance de tout un programme spatial alors mis en veille, pour ne pas dire totalement abandonné, qui est sur le point de se produire. Les ambitions seront nécessairement beaucoup moins hautes que lors de sa création, mais peu importe. C’est un nouveau départ dans l’Histoire. Un départ annonçant de grandes choses pour l’avenir.
      Histoire placée sous licenceCreative Commons BY-NC-ND Textes et écriture : Clément Hourseau –comourseau.elemtnh-thpt/:c/ Relcture / Correction : Hervé Loth –.frolhtreev/:h/thpt
Histoire diffusée sous licence Creative Commons BY-NC-ND- Clément Hourseau / Univers parallèle
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