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Aftagolia

De
75 pages

Après la mort de son père, le Dieu Leaf, et pour échapper aux griffes de la maléfique Déesse Luna, la jeune princesse Aftagolia est confiée à la garde d'une nourrice du monde des Humains.
Adolescente, il lui revient alors la charge d'arracher son monde à l'emprise du Mal. Pour ce faire, elle doit entreprendre une quête périlleuse, fertile en péripéties haletantes et en fabuleux rebondissements.
Dans cette aventure, l'assistance du jeune et valeureux Qlorel lui sera d'un précieux secours.



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couverture
Élisa Fortune

AFTAGOLIA

Les  Orangers3

À ma plume qui a su transcrire
le monde né de mon imagination…

Remerciements

 

 

Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont cru en moi et m’ont soutenue dans la réalisation de mon projet…

 

Et plus particulièrement ma mère dont l’attention a permis la concrétisation de ce livre.

NOTE DE L’ÉDITEUR

À treize ans et quatre mois ( !), Élisa Fortune a rédigé les premières notes de ce qui allait devenir Aftagolia, son premier livre.

Qu’est-ce qui distingue un écrivain de treize ans d’un adolescent de son âge ?

Rien, sinon l’envie d’écrire.

Car pour le reste, Élisa Fortune est une jeune fille comme les autres : elle aime la lecture – avec un éclectisme qui la mène du fantastique à l’Histoire en passant par les romans d’action et les ouvrages scientifiques –, le cinéma – tous genres confondus, y compris les dessins animés – et la musique – avec une prédilection pour le Heavy metal.

Comme ses camarades, dont elle partage les préoccupations, elle observe le monde et songe qu’il y a beaucoup à faire pour le rendre meilleur.

Comme les politiques, dont elle écoute les discours, elle pense que chacun doit apporter sa contribution pour faire évoluer les choses.

Et comme les écrivains, dont elle se sent proche par nature, elle est convaincue qu’un livre peut susciter de profondes résonances.

D’où la rédaction de cet ouvrage…

 

Fruit d’une conjonction de multiples rencontres, échanges et hasards, la publication d’un premier roman constitue en soi une grande aventure.

Aftagolia ne fait pas exception à la règle.

En voici la genèse…

 

Ce récit – dont la rédaction s’est étalée sur près d’un an – s’est achevé sur un manuscrit d’une grande rigueur dont l’univers, les décors et les personnages affirmaient d’emblée la « patte » d’un véritable auteur.

Encore ne s’agissait-il que d’un synopsis, conçu comme une suite de scènes cinématographiques auxquelles – un livre n’étant pas un film – il fallait donner une dimension et une consistance plus littéraires.

Ce travail d’éditeur, entrepris en liaison directe avec l’auteur et dans le respect le plus strict de son œuvre, a finalement abouti au texte qu’on pourra lire plus loin.

Un premier roman pas tout à fait comme les autres pour avoir été conçu jusque dans ses moindres détails par un esprit d’enfant dont la maturité, l’intelligence et la créativité sont en tous points surprenants.

Un premier roman dont la structure rigoureuse, le rythme soutenu et le climat très prenant mettent en scène des mondes résolument originaux au fil d’une intrigue solidement ficelée dont la puissance d’évocation va de pair avec une réflexion singulière sur l’éternel combat des forces du Bien contre celles du Mal.

Un premier roman dans lequel l’auteur s’implique et s’engage en tant que personne soucieuse de donner corps à son imaginaire pour mieux asseoir une volonté foncière de changer le monde.

 

Portée par la force d’écrire, Élisa Fortune a surmonté avec obstination tous les écueils qui jalonnent la route de l’écrivain.

Ambitieuse sans orgueil, tenace sans entêtement, ouverte dans le respect de ses convictions, elle a réussi son double pari : créer une histoire personnelle forte et porteuse de sens.

1

LA PREMIÈRE GUERRE

Dans le monde des Êtres, parallèle à celui des Humains, le dieu Leaf, maître de tous les Dieux, régnait sagement sur son peuple. Son cœur pur, sa loyauté et sa droiture lui valaient l’estime de ses pairs et le respect de ses sujets.

Toutes ces qualités ne l’avaient toutefois pas préservé d’une erreur. Une vieille histoire d’amour dont lui seul connaissait le secret, mais dont les conséquences allaient bientôt s’avérer dramatiques pour son peuple.

Voici son histoire…

Tout commença il y a bien longtemps sur le territoire des Naligés, race Caméléon visible en de rares circonstances. Les images les plus folles couraient sur ce peuple et nul ne savait quelle était l’apparence précise de ses membres.

Là, un Être du nom de Luna, fille de la Lumière, ne pouvait se résoudre à vivre selon les lois des Dieux. Orgueilleuse et avide de gloire, elle échafaudait mille plans pour atteindre le trône suprême. Parmi tous ses projets, elle retint le plus terrible : l’assassinat de ses propres parents grâce auquel elle pût récupérer à son avantage d’immenses pouvoirs. Après quoi, elle quitta son territoire pour conquérir la Lune et se proclama souveraine des Étoiles.

 

Toujours plus ambitieuse, elle s’assura le concours des Lunias, race de tueurs exilée aux confins du royaume, dont les membres s’enrôlèrent spontanément sous sa bannière.

Presque oubliés du monde des Dieux, ces Êtres d’argent à forme humaine et d’une singulière beauté étaient des combattants redoutables sur lesquels Luna pouvait compter.

Enivrée par sa puissance, la reine de la race tueuse en vint alors à réaliser ce dont elle avait toujours rêvé : détrôner le dieu Leaf pour exercer seule le pouvoir. Et devenir la déesse vénérée des Êtres de son monde…

 

Ses sujets, les Lunias, réclamèrent alors vengeance pour l’exil auquel le dieu Leaf les avait condamnés.

Ils n’eurent pas longtemps à attendre…

Tandis qu’ils s’étaient rassemblés aux portes du palais de leur souveraine, Luna apparut et décupla leur haine au fil d’un discours aussi bref qu’éloquent :

– Allez, courez, volez, chers petits… Portez-moi au trône d’où je vous rendrai votre gloire passée. Mais avant, il me reste quelque chose à faire. Patience…

Forte de ses noirs desseins, Luna désirait en effet atteindre au pouvoir absolu.

Comment ?

En s’appropriant la puissance du dieu Leaf, grâce à laquelle elle pourrait mener à bien son terrible projet.

Forte des charmes dont elle avait le secret, elle jeta un sort au monarque pendant son sommeil.

Dès le lendemain, elle se rendit au palais de Leaf et demanda audience au Dieu. À peine le regard du monarque croisa-t-il le sien qu’il tomba éperdument amoureux. Incapable de déceler les marques du sortilège dont il était l’objet, il se trouva irrémédiablement attaché à elle.

Pour prévenir toute révolte du peuple, Luna usa encore de ses recettes magiques, suspendant les pensées de chacun aux simples nécessités de la vie quotidienne.

Ainsi, nul ne pourrait jamais sortir le dieu Leaf de son aveuglement… Des années s’écoulèrent durant lesquelles l’amour du dieu Leaf ne fléchit pas un seul instant. Mais ce bonheur factice ne suffisait pas à contenter Luna dont les plans prévoyaient la naissance d’un héritier propre à la faire reconnaître comme Reine. Or son rêve devint bientôt réalité lorsqu’elle mit au monde un garçon d’une grande robustesse qu’elle prénomma Faustopend. Un nom qui, pour elle, avait grande signification…

 

Tout à sa joie maligne, Luna oublia cependant de raviver le charme qu’elle avait lancé. Tant et si bien que l’envoûtement cessa peu à peu de produire son effet et que le dieu Leaf prit soudain conscience de la manipulation dont il avait fait l’objet.

Il ne lui fallut guère de temps pour constater que son peuple avait été lui aussi abusé par la maléfique. Son amour pour Luna s’éteignit sur le champ.

Mais cette dernière ne s’avoua pas vaincue pour autant.

Jouant sa dernière carte, elle intima le dieu Leaf de l’épouser, sous peine de perdre à jamais Faustopend, son fils bien-aimé.

Malgré sa peine, Leaf évita le piège et choisit la voie de la sagesse. Mieux valait en effet renoncer à son fils plutôt que de souscrire à une union dont les conséquences seraient terribles pour son peuple.

Furieuse, Luna disparut alors avec Faustopend dans les ténèbres…

Et la vie reprit son cours au royaume des Dieux.

 

Plusieurs milliers d’années s’écoulèrent durant lesquelles le peuple resta dans l’ignorance du sacrifice réalisé par Leaf pour sauver son royaume. Plusieurs milliers d’années durant lesquelles celui-ci se lamenta en secret sur la perte irrémédiable de son fils. La petite étincelle de bonheur qui avait surgi dans sa vie s’était éteinte depuis que Faustopend avait disparu avec Luna. Sans ami auprès de qui s’épancher, il ressassait sans cesse son chagrin, ne trouvant plus le goût de s’occuper des affaires du royaume.

Jusqu’au jour où une belle déesse, répondant au nom de Linali, se présenta au palais. À sa vue, le monarque sentit son coeur battre de nouveau. Après s’être enquis de l’identité de la belle personne - qui s’annonçait déesse des Elfoulgas - il lui posa mille questions, et s’aperçut bien vite qu’elle était douce et dotée d’un cœur pur.

Ils s’aimèrent sans délai et, peu de temps après, s’unirent avec la bénédiction du peuple.

La joie de vivre était revenue dans le monde des Êtres. Les fêtes, la musique, les spectacles rythmaient à nouveau la vie du royaume. Et l’harmonie régnait entre toutes les races de ce monde, qui ne connaissaient plus aucun conflit.

Pour que leur bonheur fût complet, il ne manquait plus qu’un héritier. Ce vœu fut vite comblé car le ventre de la déesse Linali affichait des formes prometteuses. Toutefois Leaf, poussé par sa grande honnêteté et le respect qu’il portait à sa bien-aimée, prit soin de lui avouer la vérité sur son histoire et lui révéla le secret de son douloureux passé aux côtés de Luna la maléfique ainsi que l’existence de son fils. Mais la déesse qui savait lire l’avenir du passé, avait eu connaissance de son histoire et lui avait déjà pardonné. Elle approuvait la décision courageuse qu’il avait prise et l’en aima d’autant plus qu’il venait de lui en faire la confidence.

 

L’enfant tant attendu naquit enfin : une petite fille qui fut prénommée Aftagolia, un nom magique dont la signification sera révélée plus tard.

Malgré son jeune âge, l’Héritière était la personne la plus puissante de ce monde, possédant les pouvoirs conjugués de son père et de sa mère. Appartenant à la race des Ildes, elle se vit attribuer, de la même manière qu’à son frère quelques années auparavant, un collier dont la singularité traduisait la grande valeur.

Mais la liesse provoquée par cette naissance fut de courte durée. La princesse, tout bébé qu’elle fut, encourait un grand danger.

De fait, peu après sa venue au monde, le ciel vira au bleu foncé presque noir, tandis qu’un roulement de tambour assourdissant se propagea dans tout le royaume. Tous les Êtres se pétrifièrent, s’interrogeant sur l’origine de ces changements aussi soudains qu’inquiétants.

Seuls Leaf et Linali surent ce qui se passait.

Alors le silence enveloppa le pays, si dense que rien ne semblait pouvoir le déchirer.

Leaf ferma les yeux et baissa lentement la tête, comme accablé par un poids insoutenable. Tout à son bonheur, il avait oublié la place qu’il occupait au sommet de la hiérarchie des Dieux. Il venait de commettre une grave erreur. La naissance de sa fille tant chérie venait de bouleverser à tout jamais l’ordre du monde.

L’existence des Êtres était en effet régie par des lois que les Dieux fondateurs, appelés Maîtres des Dieux, étaient chargés de faire appliquer.

Or une de ces lois était formelle :

 

Article 1

 

Il est interdit d’avoir un enfant avec un autre Être.

 

Article 2

 

Tout Être qui enfreint cette loi sera exécuté.

 

Tel est le règlement.

 

En tant que représentant des Maîtres des Dieux, Leaf se devait de faire respecter la loi et de l’appliquer à lui-même. Or il venait d’en profaner l’une des plus essentielles ; sa culpabilité était indiscutable.

Les Maîtres des Dieux survinrent alors pour appliquer une peine exemplaire : Leaf aurait la tête tranchée.

Sans monarque, le monde des Êtres serait à la merci de ses ennemis.

Luna et ses Lunias tenaient enfin leur vengeance.

Faustopend, le fils de Leaf, se réjouissait également de sa chute, bien que ses sentiments fussent étrangement contradictoires : discordance liée à son propre passé.

 

L’histoire du pauvre Faustopend

 

Deux Êtres, victimes de la magie noire, s’étaient aimés et eurent un enfant prénommé Faustopend. Hélas, la bien-aimée du Dieu Leaf n’était autre que la maléfique Luna. La race des Lunias ayant sombré dans le mal avait été exilée par Leaf. Rappelés par Luna, ces Êtres d’une beauté assassine, réapparurent. Le dieu Leaf, découvrant avec stupeur le côté obscur de Luna, la quitta sur le champ, et se résolut à abandonner son enfant. Seule consolation, Leaf savait qu’il avait légué à son fils un pouvoir que le mal redoutait plus que tout : l’Amour.

Luna, folle de rage de n’avoir pu accomplir ses plans, se retourna contre Faustopend et décida de l’utiliser pour parvenir à ses fins : conquérir le monde des Êtres et le soumettre à son pouvoir.

Pendant des années, on n’entendit toutefois plus parler d’elle. La Maléfique, usant des forces du mal, s’absorba à changer la personnalité de son fils, pour façonner un être aussi sombre qu’elle. Le véritable esprit de Faustopend fut ainsi enfermé dans son collier.

C’est ainsi que le fils du dieu Leaf prit peu à peu le chemin du mal… quand bien même une partie de lui résistait en secret, échappant au contrôle de sa mère.

Ce petit Être, utilisant son don d’invisibilité, se rendit alors sur les terres de son père. Découvrant que ce dernier partageait la vie de la déesse des Elfoulgas et qu’il était père d’un autre enfant, la haine le saisit : il rejoignit aussitôt sa mère à qui il révéla l’existence d’Aftagolia.

Luna tenait sa revanche.

Faustopend, en proie à une jalousie sans limite, ne comprenait pas pourquoi son père l’avait abandonné. Il décida alors de créer un être hybride qui décuplerait sa puissance et lui permettrait d’anéantir son père. C’est ainsi que naquit le mage Erloks. De son côté, Luna ne pouvait plus attendre : mettant à exécution son plan diabolique, elle fit alors appel aux Maîtres des Dieux.

 

Mais revenons à l’histoire du dieu Leaf…

 

Accompagnée de toutes les armées de Lunias, de sa garde personnelle, de son fils Faustopend et d’Erloks le mage, la souveraine des Étoiles marcha en direction du territoire des Naligés pour assister au supplice de Leaf. Elle se posta aux portes du royaume, tel un charognard prêt à fondre sur sa proie.

À la vue des Lunias dont ils croyaient s’être débarrassés à jamais, une immense frayeur saisit les Êtres. Comment résister et sauver le monarque qui leur avait garanti une si longue période de prospérité ?

En cet instant terrible, l’un des Maîtres des Dieux s’avança vers Leaf, une épée à la main. Son long manteau blanc scintillant de mille reflets rendait encore plus obscure l’ombre de son visage dont les traits étaient dissimulés par une ample capuche. Les onze autres dieux se tenaient en retrait, imposantes et mystérieuses silhouettes immobiles dans le silence.

La tension devint insoutenable. De quoi accusait-on leur Dieu ? Pourquoi devait-on lui ôter la vie, lui qui avait toujours choisi le meilleur pour son peuple ?

Le Maître des Dieux levait à peine sa lame qu’un des fidèles de Leaf s’interposa. Cet homme répondant au nom d’Albilious était le roi des Elfoulgas (peuple cousin des Elfes). Il dégaina son épée de cristal, s’avança d’un pas menaçant, lorsque sa lame vola en éclat.

Surpris par ce prodige, Albilious recula précipitamment, en proie à la frayeur.

Luna qui contemplait de loin le spectacle intervint sur le champ, sûre de sa victoire.

Elle interpella les Maîtres des Dieux :

– Ô Vous, qu’on appelle les Lois sans visage, votre sentence est juste car le dieu Leaf est coupable. Votre bras ne doit pas faillir. Tuez ce dieu et brisez ce peuple d’insoumis qui défend le traître lui tenant lieu de monarque. Matez la révolte de ceux qui contestent votre autorité et votre existence même. Voyez-les, tremblants de rage, l’épée à la main, prêt à tout pour défendre le Mal. Ils méritent un châtiment impitoyable pour oser s’opposer à la loi suprême !

Et Luna en appela à une deuxième loi tout aussi formelle :

 

Article 1

 

Un Être s’opposant à un Maître des Dieux sera soumis à la justice et encourra un terrible châtiment.

 

Article 2

 

Un Être défendant un hors la loi sera également coupable.

 

Tel est le règlement.

 

Luna savait que le rappel de cette loi accablerait définitivement Leaf, car son peuple s’était opposé aux Maîtres des Dieux.

Tournés vers les Lois sans visage, tous redoutaient le coup fatal.

Se pouvait-il que la félonie de Luna portât ses fruits ?

Au terme d’un silence qui leur parut éternel, les Lois sans visage approuvèrent la déclaration de la Maléfique. Et le verdict tomba une nouvelle fois : la mort.

Mais le peuple ne comptait pas abandonner son destin et celui de son Dieu aux mains de la perfide Luna dont les accusations lui semblaient sans fondement.

Leaf lui-même se révolta. Resté muet jusqu’alors, il se redressa et d’une voix forte invita son peuple à prendre les armes pour défendre leur liberté. Chaque membre de chaque race se prépara alors à un combat sans merci, sachant la férocité des Lunias et l’ambition sans limites de Luna.

Le monde des Êtres allait connaître sa première guerre.

Exaltés par les invectives de leur souveraine, les Lunias se rangèrent aux côtés des Maîtres des Dieux, attendant l’ordre de l’assaut.

Dans le camp adverse, les Elfoulgas et les Elfes, dirigés par le roi Albilious, les Aiglus (mi-hommes, mi-volatiles) commandés par leur roi Halnok, et les féeïterrasses (cousines des fées) se rassemblèrent d’un seul élan sous l’autorité du sage Notelo.

Les Koindros (lutins géants !), menés par maître Kimyo, et les Serltes (êtres mi-hommes, mi-végétaux) réunis sous la bannière de leur roi Nartouf, les rejoignirent dans l’instant.

Tous étaient à présent alignés face à leurs adversaires, prêts à défendre le Bien au péril de leur vie. Dans leurs armures étincelantes sous la lune qui trouait le ciel obscur, un étrange silence régnait parmi les Êtres. Profitant de cet ultime répit, Leaf s’approcha de sa bien-aimée et la supplia de s’échapper par les souterrains avec leur fille. Bien que ne voulant pas quitter son époux, Linali, en pleurs, accepta malgré tout de s’enfuir et disparut, le nourrisson dans ses bras, en direction des galeries creusées sous le palais…

La sonnerie d’un cor figea les combattants sur place.

Le cor sonna une deuxième fois. Dans un cliquetis d’armes, tous prirent position, scrutant l’ennemi dont les forces s’étendaient à perte de vue, retenant leur souffle, les mains crispées sur leurs armes avant d’affronter ce terrible adversaire qu’ils savaient sans pitié.

La troisième sonnerie déclencha l’affrontement. À la tête de ses troupes, Leaf se rua sur les Lois sans visage qui l’attendaient, animé par la seule volonté de sauver son peuple et de protéger sa femme et sa fille dont la sécurité n’était pas encore assurée.

Des étincelles jaillirent de tous côtés. Luna, perchée sur un contrefort, jouissait du spectacle, un sourire cruel aux lèvres. Lorsque le mage Erloks fit son apparition, Luna, à qui la fuite de Linali n’avait pas échappée, vit en lui le moyen de servir son projet. Elle lui ordonna de poursuivre l’épouse de Leaf dans les souterrains et de la tuer. Erloks, qui ne pouvait obéir qu’à son maître, se tourna vers Faustopend, attendant une confirmation. Ce dernier se rangea servilement à la décision de sa mère et acquiesça d’un signe de tête, non sans éprouver un profond malaise. Inspiré par son collier détenteur de sa véritable personnalité, Faustopend ressentait les effluves d’un amour auquel il se sentait étranger. Animé de ces étranges sentiments, il quitta le champ de bataille et s’en fut à la suite de sa création diabolique.