Agata était assise, et pensait

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La soie venait d'un parachute et avait été échangée contre du fromage. C'étaient les trois soeurs qui l'avaient taillée. Elles avaient aussi tricoté le maillot de bain que sur un petit cliché tante Annina portait, une Agata boudeuse dans les bras. Une autre photo la montrait avec Tante Maria Augusta sur le parvis de l'église. C'était l'époque de Peppone et de Don Camillo et, si les tantes avaient pu participer à ces films, elles auraient certainement joué le rôle des plus fidèles dévotes.
Publié le : dimanche 2 février 2014
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EAN13 : 9782336335841
Nombre de pages : 268
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CoLLÉçIon « éçRIuRÉ dÉ L’InImÉ » dIRIgÈÉ àR GIuLIà FàBIoux
Agàà ÈàI àssIsÉ, É ÉnsàI
Mara Antonetta Mea
Agàà ÈàI àssIsÉ, É ÉnsàI
Souenirs d’une Italienne du Sud
Tradut de l’talen par Gula FabouX
PENTA éditions
© PÉnà édIIons, 2013 59, RuÉ SàIn-AndRÈ-dÉs-ARs – 75006 PàRIs
penta.edtons@orange.fr
ISBN : 978-2-917714-08-9 EAN : 9782917714089
chapitre i
1 Agata état assse, et pensat. Elle tentat de trouer à uo se raccrocher dans la confuson, l’encheêtrement de ses souenrs. Elle oulat leur éter d’être asprés dans le trou nor des derners oubls, une défallance u se fasat toujours plus fréuente. Sa mémore lu jouat s souent des tours, trop souent à présent, u’l lu état deenu soudan mpératf, ore urgent, de trer à elle ces souenrs, de les préserer, de parcourr tous les chemns u’elle aat empruntés, et les zones d’ombre et d’éclarces u’elle aat traersées. Elle aurat dû le fare depus ben longtemps déjà, mas, par paresse, elle repoussat cette recherche, comme tant d’autres bonnes ntentons. Elle prenat conscence aec de plus en plus de force de ne pas aor accompl tout ce u’elle aurat
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pu et dû fare pour mener à ben des projets mportants. Il état nécessare de partr d’un pont précs de son passé. Elle deat peut-être procéder comme lors de ces étés, uand son père état encore ant et ue, étudant à l’ombre d’un arbre, elle le oyat tourner autour d’elle, héstant. Elle lu demandat : — Qu’est-ce u’l y a, papa ? Et l répondat narablement : — Ren d’mportant, plus tard peut-être. Agata comprenat u’l fallat lu enr en ade : Lu cuenzu– c’est le nom salentn d’une lgne de pêche dont elle n’aat jamas réuss à retenr la désgnaton talenne – s’est encore emmêlé ? Deant le regard afflgé de son père, elle répondat u’elle pouat l’arranger et abandonnat sa lecture. Pour lu fare plasr, elle s’nestssat plenement dans cette besogne; mas au fond elle amat s’m-merger dans cet eXercce dfficle, comme dans des mots crosés compleXes, comme dans toutes les tâches u eXgeaent de la concentraton. Lu cuenzuconsstat en une lgne mère d’enron 150 mètres termnée par une pette ole et un bâton au centre duuel se crosaent deuX tges serant de flotteur. De la lgne maîtresse pendaent, à nteralles régu-lers sur enron deuX mètres, des aançons suppor-tant des hameçons appâtés au moyen d’ablettes ue
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son père achetat fraîches à la marna et ue sa mère aurat plus olonters fat frre à la poêle. On espérat attraper les angulles u, à certans moments de lune crossante – ou décrossante? – frétllaent à la surface de l’eau en un grand essam bleu et argenté. Le matn, dès l’aube, on jetat la lgne à la mer depus les rochers, en s’assurant ue l’orentaton de la ole accompagnat le ent présent et à enr. Papa l’antcpat presue toujours et, uand l n’y parenat pas, Agata ou sa sœur Luca se jetaent à l’eau et poussaent suffisamment la ole pour lu permettre d’attraper le ent et de s’élogner de la côte. Parfos les hameçons s’emberlficotaent parm les rochers et alors l fallat auss plonger pour les lbérer. Les deuX sœurs, u amaent la pêche, ne rech-gnaent pas à s’enfoncer dans l’eau refrode par la nut. Ce u les ennuyat en reanche, c’état de se leer s tôt; elles suaent cependant leur père dans ses entreprses car autrement elles auraent eu drot à sa mauase humeur et cela, elles ne pouaent pas le supporter. Après aor appâté les hameçons, l fallat attendre ue «ça morde». Ces heures à l’orée du jour, où régnaent la paX et le slence, étaent partculèrement belles. On échangeat parfos uelues mots et on lsat un peu. On saat s le posson aat mordu à l’hameçon uand la lgne se tendat. On pouat alors, en la trant, mesurer le résultat de l’attente: très souent
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