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Alice

De
169 pages
Jonathan Sanz, le propriétaire de la revue Notre monde, aujourd’hui, est sauvagement assassiné dans son appartement de Montréal. Alice Demers, son bras droit, mais surtout une amie très chère, craint d’avoir touché à une information sensible qui pourrait avoir provoqué cette mort. C’est pourquoi elle n’hésite pas à enquêter, de son côté, afn de retrouver le coupable. Tout indique qu’un certain Michaël Falcon, écrivain spécialisé dans les histoires de vampires, ne serait pas étranger à l’affaire…
En poursuivant ses recherches, Alice découvre que tout un monde se cache au sein du nôtre. Et même si Michaël Falcon tente de la maintenir hors d’une guerre en approche, la jeune femme, fascinée par ces créatures qui s’abreuvent de sang, refuse de retourner à sa vie bien rangée.
L’amour d’une simple humaine peut-il renverser l’ordre établi ?
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SuzanneRoy Copyright©2016Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révisionlinguistique : Isabelle Veillette rrection d’épreuves : Nancy Coulombe Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud, Sylvie Valois papier 978-2-89767-443-4 PDF numérique 978-2-89767-444-1 ISBNePub 978-2-89767-445-8 Première impression : 2016 Dépô légal : 2016 nationales du Québec Bibliothèque et ArchivesCanada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes (Québec) J3X 1P7, Canada phone : 450 929-0296 Télécopieur : 450 929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide fi ancière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pournos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publicatio de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Roy, Suzanne, 1975-Alice Sommaire : t. 1. Une femme amoureuse -- t. 2. Une femme sans histoire. ISBN 978-2-89767-443-4 (vol. 1) ISBN 978-2-89767-446-5 (vol. 2) I. Roy, Suzanne, 1975- . Femme amoureuse. II. Roy, Suzanne. Femme sans histoire. III. Titre. PS8635.O911A61 2016 C843’.6 C2016-941158-3 PS9635.O911A61 2016
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Remerciements
Aux premiers lecteurs de cette série : Monique, Lauza, Noëlla, Marie-Andrée et Jo Ann. J’espère que vous aimerez cette nouvelle version. À Claire, qui me soutient à travers mes délires les plus fous. Et celui-ci, c’en était tout un !
Chapitre 1
La disparition
D ès qu’elle entend la sonnerie de son téléphone cellulaire, Alice sort de la douche à toute vitesse, un drap de bain autour de son corps. Planté devant son ordinateur, Dave la suit du regard avec un air admiratif et grimace au second coup de téléphone qui résonne du fond de son sac à main. — Mais qui ça peut être à 10 h ? lâche-t-il. C’est dimanche ! Alice récupère le petit appareil et répond en maintenant la serviette bien en place autour de sa poitrine. — Allô ? Richard ? Attends ! Tu parles trop vite, je ne comprends rien à ce que tu me dis ! Quoi ? Tout en gardant le téléphone collé à son oreille, elle cherche la télécommande et allume le téléviseur, zappe jusqu’à ce que l’image de son patron apparaisse à l’écran. Surprise, elle écrase sa main sur sa bouche par peur de laisser filer un éclat de voix. — Merde ! C’est tonboss! s’écrie Dave en bondissant de sa chaise. Alice reste aussi pétrifiée que silencieuse, alors que son petit ami se lève pour venir la rejoindre. Encore sous le choc, elle bredouille, d’une voix très faible : — Richard, je… je te rappelle plus tard, OK ? Elle coupe la communication, se laisse tomber sur le sol et revérifie l’information, incertaine d’y croire : Jonathan Sanz a été retrouvé mort dans son appartement au petit matin. La police songe à un règlement de comptes. — Un meurtre ? chuchote-t-elle. Mais qui aurait pu faire une chose pareille ? Même si elle tente de garder son calme, elle ne peut s’empêcher de fixer l’information affichée sur l’écran du téléviseur, augmentant même le volume pour mieux entendre ce qu’ils disent : « L’homme d’affaires multimillionnaire Jonathan Sanz a été retrouvé mort dans son appartement cette nuit. Des bruits suspects auraient alerté les voisins. En arrivant sur les lieux, la police a découvert le corps de l’homme inanimé. Monsieur Sanz était connu pour ses diverses entreprises liées aux médias, et dernièrement pour sa revue à succèsNotre monde, aujourd’hui. Il allait bientôt fêter son quarantième anniversaire… » — Ce n’est pas possible, insiste Alice. Je veux dire… il ne peut pas être mort. Sous le choc, elle se gratte nerveusement le cou tout en faisant surgir des images de John dans le vide. Ça lui semble irréel qu’il ait disparu alors qu’hier encore, elle plaisantait avec lui par téléphone. Son patron, certes, mais surtout son ami. — Qui aurait osé ? s’énerve-t-elle. Tout le monde aimait John ! — Pas tout le monde, apparemment. Et je te rappelle qu’il ne s’intéressait pas seulement au monde de l’édition. Il n’y a qu’à voir toutes les recherches bizarres que tu faisais pour lui. Alice pivote pour mieux regarder Dave et un silence lourd passe entre eux. Son patron avait-il fait des recherches étranges, ces derniers temps ? Aurait-il pu toucher à une information sensible ? L’expression de Dave se durcit avant qu’il la questionne : — Dis-moi qu’il ne t’a pas fait faire des trucs répréhensibles dernièrement.
— Non, enfin… je ne pense pas… Devant l’incertitude de la jeune femme, il tranche : — Il vaut mieux que nous nous en assurions… Pendant que Dave retourne s’installer devant son ordinateur, Alice se lève et s’enferme dans la chambre pour mettre une tenue plus adéquate. Même si elle chasse les idées noires de son esprit, elle est toujours sous le choc de la mort de John. Il était un homme bon, jovial, impliqué dans sa communauté. Qui aurait osé tuer un homme d’une telle générosité ? Lorsqu’elle revient près de son petit ami, elle affiche un air perplexe en le voyant ouvrir Gina, son petit ordinateur portable dernier cri. Un cadeau de John, d’ailleurs. — Qu’est-ce que tu fais ? — Je vérifie que tu n’as laissé aucune trace de tes dernières recherches sur ton ordi. Devant l’expression livide d’Alice, il reprend : — John a été assassiné. Si les policiers fouinent dans son ordinateur, il faut espérer qu’ils ne remonteront pas jusqu’à toi. Tu lui as bien montré comment effacer ses traces, quand même ? Et vous passez toujours par l’un des serveurs sécurisés que je vous ai refilés ? — Bien… oui, bredouille-t-elle. — Alors, ça devrait aller, mais juste au cas : je préfère qu’ils ne trouvent rien ici. Elle hoche la tête avant de récupérer une chaise pour s’installer à ses côtés. — Parle-moi de tes dernières recherches, exige-t-il pendant qu’il branche des tas de fils à son petit ordinateur. — C’est flou, avoue-t-elle. Et tu connais John : il s’arrange toujours pour me donner le minimum requis. — Le dernier truc qu’il t’a fait faire, c’était quoi ? insiste-t-il. — Un truc sans intérêt. Il voulait que je sorte les transactions bancaires d’un certain… Faucon. Non, c’était plutôt… Falcon. Michaël Falcon. Dave sursaute et détache son regard de l’écran pour le reposer sur Alice. — Attends, tu parles de Michaël Falcon… l’écrivain ? En guise de réponse, elle hausse simplement les épaules. Que savait-elle de l’homme sur lequel elle avait effectué ce genre de recherches ? Rien du tout. John lui avait seulement remis un nom, une note concernant l’institution bancaire et un numéro de compte qu’il aurait très bien pu dégoter dans les poubelles… — Pourquoi il t’a demandé ça ? lui demande-t-il encore. — Qui sait pourquoi John cherche ce qu’il cherche ? renchérit-elle. Même si la question de Dave est pertinente, il connaît l’entente d’Alice avec John : elle fouinait pour lui sans jamais tenter d’en savoir davantage. Non seulement son patron la payait fort bien pour ces petits extra, mais elle adorait se faufiler dans différents serveurs pour y récolter des informations secrètes. Généralement, ses recherches ciblaient des déplacements et des transferts de propriété, mais il était rare qu’elle ait à sortir des transactions bancaires. C’est pourquoi ce décès inopiné n’avait rien de rassurant. Et si John l’avait accidentellement entraînée dans ses petites magouilles dont elle ne savait rien ? Lorsque l’écran de Gina s’allume, Dave accorde toute son attention à l’ordinateur et active, via sa propre machine, un logiciel qui en prend la charge à distance. En quelques clics, il répertorie les dernières actions effectuées par sa petite amie. Devant son geste, Alice plisse les yeux. — Hé ! Tu ne m’as jamais montré comment faire ça ! — Il faut bien que je garde une longueur d’avance sur toi, raille-t-il.
Au bout de quelques clics, il parvient à faire apparaître un courriel crypté de John sur l’écran de Gina. — C’est la recherche qu’il t’a demandée ? s’enquiert-il. Elle fronce les sourcils, étonnée de retrouver le texte en entier. — Mais… je l’avais effacée ! — Tu l’as fait, c’est vrai, confirme-t-il, mais comme c’est tout récent, j’ai pu le récupérer. Pivotant sa chaise vers la gauche, il se remet à pianoter sur son clavier et démarre une nouvelle recherche. Quelques secondes plus tard, il marmonne, perplexe : — Pourquoi John voulait-il des informations sur Michaël Falcon ? — Je n’en sais rien. Qui c’est, ce type ? — Un écrivain. Il écrit des histoires très sanglantes. De vampires, surtout. Alice grimace avec dédain. — Une chose est sûre, ça n’a rien à voir avec la revue. Devant son ton condescendant, Dave lui lance un regard sombre. — Ses livres sont très bons. Je les ai tous lus. Elle scrute son petit ami avec un air étonné. En couple avec Dave depuis près de trois ans, Alice ne l’a que très rarement vu lire devant elle, sauf des bandes dessinées. Lorsqu’un petit bip se fait entendre, il reporte son attention sur l’écran et lâche : — Wow ! Pour un écrivain, il a un compte bien garni ! Devant sa découverte, la même qu’elle a dégotée il y a quelques jours, il vérifie du côté d’Alice, qui n’est nullement surprise devant le chiffre indiqué. Se peut-il qu’il s’agisse d’une information sensible ? Combien est censé gagner un écrivain de cet ordre ? — Qu’est-ce qu’il y a ? le questionne Alice. — Je ne sais pas, mais je n’aime pas ça, dit-il simplement. Ce type écrit des histoires… vraiment sanglantes. — Et alors ? Il lance un regard sombre vers sa petite amie. — On voit que tu n’as pas lu ses histoires. Il décapite un vampire avec assez de détails pour te donner la nausée. Pianotant de nouveau sur son ordinateur, il fait apparaître un tas de photos de couvertures de romans. — Et regarde un peu tous ces résultats : on n’a jamais vu de photos de lui nulle part. Ça pourrait être n’importe qui. Alice se penche par-dessus l’épaule de Dave et constate qu’il a raison. — Tu te rends compte ? Ce type est comme un fantôme, s’inquiète Dave. Et il a visiblement les moyens de faire ce qu’il veut. En plus, personne ne sait de quoi il a l’air. — Quoi ? Tu penses que… qu’il pourrait être le coupable ? — Pourquoi pas ? Alice cligne des yeux, effrayée à l’idée d’être à l’origine de la mort de son ami. — Mais pourquoi tu as fait cette recherche pour John ? s’emporte à nouveau Dave. Si la police remonte jusqu’à toi, tu risques cinq ans de prison ! — Hé ! Je te rappelle que je suis très bien payée pour faire ce genre de recherches ! Et j’ai effacé toutes mes traces ! Si tu m’as bien appris comment le faire, je ne risque absolument rien ! Soutenant son regard sombre, il rétorque, agacé :
— Ouais, bien ça, c’est en théorie. Mais au cas où tu ne t’en souviendrais pas : ton patron est mort la nuit dernière. Alice déglutit, anxieuse. Ses recherches auraient-elles pu causer l’assassinat de John ? Lorsque son regard se voile de larmes, Dave fait mine de la gronder d’une voix triste : — Arrête. Nous avons plus urgent à faire. Avant qu’elle puisse lui poser la question, il fait glisser sa chaise du côté de son ordinateur. — Nous devons trouver Michaël Falcon. Surtout s’il compte remonter jusqu’à toi. Et je vais essayer de dénicher le dossier de la police. J’aimerais bien savoir où les mène l’enquête… Ravalant ses larmes, Alice hoche la tête et s’installe devant sa propre machine. — Je vais fouiner sur Falcon, annonce-t-elle, toi, occupe-toi de la police. — Attends ! Il s’étire sur sa chaise pour revenir pianoter sur le petit ordinateur avant qu’elle puisse en prendre possession. — Je branche Gina derrière mon dernier pare-feu. Je préfère que nous utilisions un nouveau serveur sécurisé pour effectuer ces recherches. On ne sait jamais. L’ancien pourrait être surveillé. Elle opine en silence et scrute les manipulations de Dave avant de reprendre la direction de sa machine. Un silence passe, entrecoupé de cliquetis issus des différents claviers sur lesquels chacun effectue sa propre recherche. Au bout d’une trentaine de minutes, Dave recule brusquement dans sa chaise et peste : — Merde ! — Quoi ? — Ne regarde pas ! s’écrie-t-il en posant une main sur l’écran. Ils ont mis des photos du corps de John et… tu ne veux pas voir ça. D’un clic de souris, il fait disparaître l’image avant de détourner la tête, visiblement troublé par ce qu’il vient d’apercevoir. — Mais pourquoi tu as regardé ? le dispute-t-elle. — Ils ont… son cœur a été… arraché, bredouille-t-il, le souffle court. La gorge nouée, Alice pose une main sur son cou avant de chuchoter : — Son cœur ? Mais… pourquoi ? — Mais qu’est-ce que j’en sais ? Un silence passe, puis le regard de Dave revient sur Alice, et il ajoute, d’autant plus inquiet de devoir le lui avouer : — Dans les livres de Falcon, il y a deux ou trois passages où il raconte ce genre de trucs… Effrayée qu’il ramène l’écrivain entre eux, Alice inspire longuement pour essayer de garder son calme. — Mais pourquoi un type s’amuserait à arracher le cœur d’un homme ? questionne Alice, dépitée. — John était peut-être un vampire, rétorque-t-il sans attendre. Agacée par sa théorie, Alice siffle : — Arrête, tu veux ? Les vampires, ça n’existe pas. — Hé ! insiste Dave en pointant son écran, sur lequel il n’y a plus rien. Les faits sont là ! Qui sait ? Ce Falcon s’imaginait peut-être des trucs ? Il est peut-être devenu fou ? Alice le scrute pendant qu’il continue de réfléchir à voix haute : — Mais comment il a pu croire que John était un vampire ? Tout le monde sait qu’ils ne peuvent pas sortir au soleil. Et John vivait au grand jour, donc…