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Âme des fleurs, ma sur

176 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1992
Lecture(s) : 42
EAN13 : 9782296268562
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AME

DES FLEURS, MA SOEUR

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Couverture:

peinture de
PAULET

CONSTANTIN

( c) L'Harmattan,1992 ISBN: 2-7384-1378-1

HASSINA

AME

DES FLEURS, MA SOEUR

EDITIONS L' HARMATTAN 5 -7 ,rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 PARIS

A toute ma famille, petits et grands, aux disparus comme aux vivants. A l'Arbre béni, qui porte mon nid, qui de son ombre protège mes colombes, et les nourrit de ses fruits. A tous les amis ,car je n'ai pas d'ennemis. A la Terre entière, à tous ses enfants, à tous ses habitants, de l'invisible au géant. A tous ses continents,à tous ses océans. A tous les vents, du plus doux au plus violent. A toutes les planètes, les étoiles, les galaxies. A l'Eternelle Nuit,source de la Lumière Infinie. A la Paix, au Bonheur et à l'Harmonie.

Remerciements

Que Mr Hassan Mammeri trouve ici l'expression de toute ma gratitude pour ses conseils avisés.

PREMIERE

EPOQUE

L'ASCENSION

Au milieu de la nuit, un fou me parla ainsi: Va, monte sur la montagne dont les sommets enneigés dominent le monde. Je lui répondis: Je voudrais faire ma demeure sur le toit du monde, et contempler ainsi chaque soir la nuit qui tombe. Et je suis parti. Arrivé au pied de cette montagne, j'ai commencé à la gravir. A chaque fois que je croyais m'approcher du sommet, il se riait de moi et fuyait. Puis un jour, après avoir souffert mille déceptions et mille morts, je l'atteignis enfin. Mon désarroi fut plus cuisant encore. Car il était étroit, et je pouvais à peine y poser les deux pieds. Il était balayé' par des vents glacés, et le paysage autour de moi n'offrait que solitude et désolation. Je voulus redescendre aussitôt et fuir cet endroit moribond. Lorsque le fou me parla ainsi: Tu n'as encore parcouru que la moitié du chemin.

13

Je fermais mes oreilles à sa voix, et pourtant elle résonnait en moi. J'ai voulu alors me réfugier dans mes silences, et je n'entendis que les mugissements des vents de la terre et je restais ainsi. Je ne pouvais ni monter, ni descendre, ni faire un pas de côté. J'étais prisonnier du sommet.
Alors le fou me dit: Tu n'es prisonnier que de toi-même.

J'entendis longtemps l'écho de sa voix dans mes silences les plus profonds, et j'ouvris les yeux, j'ouvris mon coeur, et j'ouvris mon ouïe. Je voyais alors des sommets enneigés caressés par des nuages blancs, bleus, violets, qui surplombaient des vallées verdoyantes et peuplée. Je sentis pénétrer en moi la douceur de vivre, et j'entendis le chant de toutes les créatures vivantes et celui des autres, celles que personne ne voit, et qui nous envoient des mélodies si belles, que même le rocher en reste pétrifié, les oiseaux s'arrêtent en plein vol pour mieux les écouter. Et moi je pus enfin entendre mes chants les plus profonds sans jamais m'effrayer.

14

Je pris racine sur le sommet, des branches me poussèrent de tous les côtés. Les oiseaux du monde vinrent tous les jours peupler le silence de leurs chants sacrés. Mes fleurs blanches, éclatantes, offraient au soleil, aux nuages, aux sommets voisins, aux vallées, un parfum d'éternité.

15

LE FILS

La vieille guérisseuse, enturbannée, pensive, observait d'un oeil à demi fermé la jeune femme étendue sur son lit de malade et son Fils. Un éclair traversa son regard perçant, elle hocha la tête et s'adressa à Khedidja : Khedidja ma fille, ton seul remède c'est ton Fils. J'ai entendu de la bouche de saintes personnes, qu'il existe quelque part une fleur qui te rendra à la vie. Mes soins et mes potions ne peuvent que te maintenir entre la vie et la mort. faudra envoyer ton Fils à la recherche " de la Fleur, de la Fleur... Elle hésita puis prononça le mot: - Oui, c'est cela, de la Fleur de Vie. Je l'ai peut-être vue en rêve, mais je suis certaine de son existence. Ces saintes personnes dont je parle peuvent se trouver n'importe où. Je sais seulement qu'il faudra que ton Fils aille du levant au couchant. La vieille guérisseuse semblait voir défiler tous ces lieux lointains et pleins de mystère, ses yeux cherchaient un détail, quelque indication. - Mais Lalla Fatoum, comment mon Fils qui n'est jamais allé plus loin que le village pourrait partir dans des pays si lointains?

-

17