Anaïs au pays des arcs-en-ciel

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Par un beau dimanche de juillet qui s’annonçait aussi ennuyeux que tous les autres, Anaïs se retrouve au pays des arcs-en-ciel. Selon une vieille légende, on peut découvrir un seau rempli de pièces d’or au pied de chaque arc-en-ciel. Dès son arrivée dans ce monde fantastique, Anaïs se lance à la recherche du fabuleux trésor. Existe-t-il vraiment ? Ses immenses efforts permettront-ils à Anaïs de percer le secret de l’arc-en-ciel ?
Publié le : samedi 21 mai 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782896825615
Nombre de pages : 120
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Sylvie Marcoux
Anaïs
au pays des arcs-en-ciel
Anaïs
au pays des arcs-en-ciel
collection météorite
Anaïs
au pays des arcs-en-ciel
texte de Sylvie Marcoux
illustrations de Steve Beaulieu
Pour la publication de ce livre, Bouton d’or Acadie a
bénéficié de l’aide financière du Conseil des Arts du
Canada, du Patrimoine canadien par l’entremise du
partenariat interministériel avec les communautés de langues
officielles, et de la Direction des arts du
NouveauBrunswick.
Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation
réservés pour tous les pays.
Titre : Anaïs au pays des arcs-en-ciel
Texte : Sylvie Marcoux
Illustrations : Steve Beaulieu
Conception graphique : Lisa Lévesque
Papier ISBN 978-2-923518-16-9
PDF ISBN 978-2-89682-211-9
ePub ISBN 978-2-89682-561-5
erDépôt légal : 1 trimestre 2007
Bibliothèque nationale du Canada
Bibliothèque nationale du Québec
Centre d’études acadiennes, Université de Moncton
© Bouton d’or Acadie
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Moncton (N.-B.) E1C 1W1
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Télécopieur : (506) 854-7577
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Sites Internet : www.boutondoracadie.com
Mot de l'auteure
Je vais te confier un secret : ce
livre, je n'avais pas pensé qu'un jour
tu le tiendrais entre tes mains.
Pourquoi? Parce qu'au départ je
l'avais écrit uniquement pour mes
filles et qu'il ne devait pas être
publié. Si tu veux, je vais te
raconter l'histoire... de cette histoire.
J'étais adolescente quand j'ai
écrit les premières lignes de ce
récit. À vrai dire, ce n'était alors
que des idées, quelques phrases et
7
la description d'un personnage
notées sur des bouts de papier. Ces
idées, ces phrases, elles ont dormi
pendant plus de treize ans dans une
boîte à souvenirs rangée dans le
garde-robe de ma chambre d'enfant.
Entre-temps, j'ai quitté le foyer
familial, j'ai fait des études en
communication, j'ai rencontré mon
mari avec qui j'ai fondé une famille.
Un jour où j'étais en visite chez
mes parents, ma mère m'a dit:
« Sylvie, il serait peut-être temps
que tu débarrasses les boîtes qui
traînent dans ton garde-robe. J'ai
besoin d'espace.» J'ai alors rapporté
chez moi cinq boîtes remplies de
8
mes trésors d'enfance. Ce soir-là,
pendant que mes filles visitaient le
pays des rêves, j'explorais le
contenu de mes précieuses boîtes. Dans
l'une d'elles, il y avait ma collection
de macarons. Dans les autres… tu
n'auras qu'à me demander ce qu'il y
avait lorsqu'on se rencontrera!
Mais dans la dernière, j'ai retrouvé
les fameuses feuilles jaunis par le
temps. Je les ai lues et, tout à coup,
l'histoire a pris forme dans ma tête.
Je me suis assise à mon ordinateur
en me disant : « Pourquoi ne pas
écrire une histoire pour mes
filles ? » Que pour elles. À partir de
ce soir-là, dès que j'avais des idées
9
et du temps libre, j'écrivais, j'écrivais
et j'écrivais.
L'histoire terminée — enfin, je
croyais qu'elle l'était, car j'ai appris
avec le temps qu'une histoire n'est
jamais finie —, je l'ai fait lire à
Audrey-Anne et à Marilou. Elles ont
adoré. Elles l'ont passée à leurs
cousins, à leurs amis et ainsi de
suite. Puis, elles m'ont convaincue
de partager ce récit avec tous les
lecteurs. Sa première publication
(Éditions Un Pas à la fois) a
remporté le prix littéraire jeunesse
Abitibi-Consolidated 2002. C'est la
seconde édition, encore améliorée,
que tu tiens entre tes mains. Dire
10
que ce livre ne devait jamais être
publié… Il l'a été deux fois plutôt
qu'une ! Bonne lecture !
11
1
Anaïs s'ennuie
Aujourd'hui, c'est dimanche. On
est en juillet, donc en vacances. Le
ciel est bleu, presque sans nuages.
Tout est calme, même trop calme.
Anaïs marche sans but, les deux
mains bien enfoncées dans les
poches de son pantalon. Son chien
Brindille la suit comme son ombre.
Lui aussi semble s'ennuyer. Les
trois mêmes phrases tournent sans
cesse dans la tête d'Anaïs : « J'ai chaud.
Je m'ennuie. Je n'ai rien à faire. »
14
— Pourquoi faut-il donc que les
dimanches après-midi soient toujours
aussi monotones ? demande-t-elle à
Brindille. Pourquoi, chaque semaine,
papa se croit-il obligé de ronfler, le
nez dans son journal ? Et maman,
pourquoi passe-t-elle ces
aprèsmidi-là à se bercer en attendant...
en attendant quoi, au fait ? Moi, j'ai
chaud. Je m'ennuie. Je n'ai rien à
faire.
Elle pousse un profond soupir et
continue son chemin en se traînant
les pieds dans l'herbe. Ses pas la
mènent vers la falaise qui surplombe
le lac. Elle avance prudemment en
faisant attention de ne pas tomber.
15
Toute sa vie, elle a vécu près de ce
lac. Elle en connaît bien les dangers.
Anaïs s'approche encore plus du
bord de la pente, se couche sur le
ventre à l'ombre d'un pin et
s'appuie le menton dans le creux des
mains. Son regard erre de gauche à
droite. Elle voit un groupe
d'enfants s'amuser sur la berge.
Certains s'éclaboussent. D'autres,
plus près sur la plage, fabriquent de
magnifiques châteaux de sable.
Anaïs les observe avec envie, mais
elle est trop timide pour se joindre
à eux. « J'ai chaud. Je m'ennuie. Je
n'ai rien à faire», soupire-t-elle
encore une fois.
16
Sur le lac, deux huards nagent
lentement l'un près de l'autre.
Soudain, l'un d'eux plonge. Après
un bon moment passé sous l'eau, il
réapparaît avec un poisson coincé
dans le bec. Il se rapproche de son
compagnon et le lui offre. Celui-ci le
remercie en lançant un cri d'amour.
Ils ont l'air tellement heureux !
Cela rappelle à Anaïs une autre
histoire, plus triste celle-là, que son
grand-père lui a racontée il y a
quelques années. Il l'avait emmenée
à la pêche à la truite. Non loin de
leur chaloupe, un huard nageait. Il
était seul et semblait s'ennuyer, lui
aussi. Il poussait sans cesse de longs
17
gémissements, de ceux qui vous
déchirent le cœur.
—Dis-moi, grand-papa, qu'est-ce
qu'il a, l'oiseau ? Pourquoi a-t-il l'air
si triste ?
— Il doit avoir un peu le cafard.
Tu sais, ma chérie, les huards
n'aiment qu'une seule fois dans leur
vie. Même après la mort de leur
compagnon, ils ne cherchent pas à
le remplacer.
— Pourquoi ?
—C'est comme cela! Ils sont
fidèles à un seul amour. Quand ils
s'aiment, c'est pour toujours.
— Mais regarde-le, il semble si
malheureux !
18
— Je sais. Il peut sûrement se
consoler en se rappelant les bons
moments qu'il a passés avec son
partenaire. Quand la vie nous
semble triste ou difficile à supporter,
nous rappeler de beaux souvenirs
adoucit souvent notre peine.
Anaïs avait regardé son
grandpère avec des yeux étonnés, et
celuici avait poursuivi sa leçon sur le
huard.
— Tu sais que ces oiseaux ont
beaucoup de difficulté à marcher ?
— Non.
—À cause de leurs pattes
placées très loin en arrière, près de
leur queue, ils doivent se mettre
19
debout comme les singes pour
marcher. Malhabiles, ils perdent
souvent l'équilibre et tombent sur
le ventre après avoir fait quelques
pas. Par contre, ils sont de très
bons nageurs. Sous l'eau, ils
utilisent même leurs ailes pour se
diriger lorsqu'ils poursuivent les
poissons.
— Wow !
— Et sais-tu ce qu'ils font
pendant l'hiver ?
— Ils se font des nids et
attendent l'été ?
— Non, ma chérie. Leurs plumes
les garderaient au chaud malgré
notre climat froid, mais ils ne
pour20
Par un beau dimanche de juillet qui s'annonçait
aussi ennuyeux que tous les autres, Anaïs se
retrouve au pays des arcs-en-ciel. Selon une vieille
légende, on peut découvrir un seau rempli de
pièces d'or au pied de chaque arc-en-ciel. Dès son
arrivée dans ce monde fantastique, Anaïs se lance à
la recherche du fabuleux trésor. Existe-t-il vraiment ?
Ses immenses efforts permettront-ils à Anaïs de percer
le secret de l'arc-en-ciel ?

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