ANGE (UN) PASSE

De
Publié par

Déçue par l'attitude de son mari, elle est partie avec Gabriel le célèbre musicien. Dans cette maison du bout du monde, il ne lui parle jamais. Seule la musique qu'il compose échappe au silence. Est-elle amoureuse de Gabriel ? Elle l'a suivi pour écrire un livre, son livre, y parviendra-t-elle ? La séduction qu'elle développe au fil des pages est-elle l'œuvre de cet ange ou du diable qui est en elle ?
Publié le : vendredi 1 janvier 1999
Lecture(s) : 63
Tags :
EAN13 : 9782296381209
Nombre de pages : 136
Prix de location à la page : 0,0069€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois

Un ange passe

Collection ECRITURES dirigÙ par Maguy Albet

Danielle Basset

Un ange
passe

L'Harmattan

@ L'Hannattan,

5-7,

lUe de

1999 l'École-Polytechnique

75005

Paris - France Montréal s.d. (Qc)

L'Hannattan, Inc. 55, lUe Saint-Jacques, Canada H2Y 1 K9 L'Hannattan, Via Bava 37 10124 Tonno ISBN: Italia

2-7384-7508-6

Je tiens à remercier Christiane Maquennehan
son aide précieuse, André pour y avoir cru.

pour l'idée du congélateur et

Giordan pour son soutien amical, et Miche! Picar

à Lui

Chapitre I

Dans le train qui nous emmenait vers un petit village
des Alpes, Gabriel a dormi dès le départ; moi, j'ai regardé le paysage, le regard au-delà de ce que je voyais. Un léger flou flottait devant mes yeux. La campagne s'étirait dans des dégradés de vert, semblable à une légère aquarelle. Le ciel, blanc, en ce début d'automne s'était absenté du paysage. Quand le train s'immobilisa dans la petite gare, Gabriel se réveilla brusquement. Par un réflexe naturel, il allait sans doute ouvrir la bouche pour dite: "Nous sommes arrivés ?" Mais il se ravisa tout de suite et seul son regard laissa échapper la question. Nous nous sommes retrouvés sur le quai, encombrés de nos bagages, il ne faisait ni chaud ni froid, le jour déclinait, mais il ne faisait pas encore nuit. Nous avons essayé de gagner l'extérieur de la gare où l'unique taxi du village nous attendait. 7

Gabriel s'accrochait à ses deux sacs, tandis que sur son épaule, une guitare dans son étui se balançait à chacun de ses pas. Moi, je regardais le trottoir avancer sous mes pieds, pour ne pas voir la distance qui me séparait de la voiture. Mes sacs étaient si lourds que j'avais le dos et les épaules brisés sous le poids de la charge. La nuit obscurcit brutalement le paysage, alors que nous roulions sur la petite route de campagne. Il y avait de nombreux virages, quelques lumières nous indiquèrent, à deux reprises, que nous avions traversé un village. Personne ne disait mot. Gabriel s'était rendormi. Je me disais qu'il avait sans doute beaucoup de sommeil à rattraper, ou qu'il avait choisi la meilleure solution pour ne pas se sentir obligé de faire la conversation au chauffeur. Nous avions quitté la route pour un chemin à peine carrossable. Il faisait maintenant complètement nuit. Quand le taxi s'immobilisa devant une masse noire encore plus noire que la nuit, je me dis que nous devions être arrivés. La maison me sembla énorme. Je pensai au titre de mon livre: "La grande maison dans fa Vallée".

8

Je tapotai sur l'épaule de Gabriel qui ne s'était pas réveillé dans le brusque silence de l'arrêt du moteur. Il ouvrit brusquement les yeux et dit simplement "ah!" dans un soupir accompagné d'un léger hochement de tête. Nous descendîmes les bagages. Gabriel paya la course. n donna sans doute un bon pourboire car le chauffeur se confondit en remerciements tout en remontant dans sa voiture. Ayant pris soin de nous éclairer quelques instants afin que nous puissions nous diriger vers l'entrée sans difficulté, il démarra et fit demi-tour pour partir. La porte s'ouvrit facilement, la lumière fut la bienvenue, il faisait chaud. Sans nous concerter, d'un accord muet, nous montâmes au premier étage par un vieil escalier de bois qui, comme dans les romans, grinçait à chaque marche. L'étage était vaste, plusieurs portes s'entrebâillaient sur un long couloir. Gabriel m'avait précédé dans l'escalier. Il était le maître de maison et me montrait le chemin, mais sur le palier, il s'effaça pour me laisser choisir ma chambre. J'hésitai: être plus près de la sortie ou au fond du couloir à droite? Décidée à ne pas pousser les choses à l'extrême tout de suite, je me dirigeai vers la porte du milieu.

9

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.