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Ania

De
300 pages
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les nazis se livrent, dans le Sud-Est de la Pologne, à une traque intensive d'enfants en bas-âge possédant des caractéristiques physiques aryennes. Ceux-ci arrachés par la force à leurs parents, sont destinés à être germanisés, puis adoptés par des couples allemands vivant dans le grand Reich. Parmi les dizaines de milliers d'enfants ayant subi ce sort cruel, par une glaciale matinée de février 1943, le destin d'Ania bascule.
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© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03662-5 EAN : 9782343036625
A Ania REMPA, victime de la barbarie trop souvent exprimée de l'homme. A tous les enfants que les guerres assassinent. A mes filles Maeva et Céline.
Première partie
Prologue
 Cematin-là, Andrzej éprouvait une sorte d'anxiété qu'il ne parvenait pas à s'expliquer. Coiffé d'un chapeau de paille et assis sur le char que tirait un grand cheval alezan, le fermier arpentait lentement la campagne. Il était un peu plus de huit heures. Par un geste doux et précis de ses mains, de ses bras et même de tout son corps, l’homme fit stopper l’équidé. C'était l'été de 1941, dans le Sud-Est de la Pologne, non loin de Zamość. L'heure était grisante et douce, en parfait contraste avec celles, bien plus sombres, d'une guerre n'épargnant pas la région.  Toujoursému lorsqu'il vivait ainsi l'éveil de la nature, Andrzej descendit de son char et grimpa sur un petit monticule de terre bordant la rivière au cours silencieux. Là-haut, il prit cinq minutes pour s’imprégner, une fois encore, des premiers émois matinaux de la campagne. Assis dans l'herbe, il remplit ses poumons d'air frais, abandonnant son cœur et son âme aux sensations d'un bien-être auquel il aurait tant désiré demeurer suspendu pour la journée. En contrebas, l'eau brunâtre et plus très vive de la Tanew s'écoulait à flots minuscules, tant son lit s'était restreint sous la chaleur intense de cette fin du mois de juin. Par-delà le cours d'eau, et dans la part la plus bleue du ciel, en portant son regard vers la lointaine cime des sapins, Andrzej aperçut un rapace tournoyant paresseusement. Planant, les ailes à l'horizontale, cherchant les ascendances dans lesquelles la relative fraîcheur matinale peinait encore à le 9