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Antagonisme

De
176 pages

La fin du monde a sonné.


Les phases de la prophétie se sont enclenchées, alors que cela ne devait pas arriver.


Le monde s'est paralysé, seuls les enchanteurs sont éveillés. Pourquoi ? C'est ce que se demandent Elsa et Tylian.


Qu'ont-ils de si particulier pour qu’eux soient toujours animés ?


Enfin ils découvrirent leur Destinée.


Celle où les sorciers de deux clans accompagnent leur Élue pour mener leur combat et survivre.


Où tous les coups sont permis pour atteindre leur objectif afin de déstabiliser l’ennemie, même se servir de cobaye pour ressortir un virus vampirique.


Deux clans, une Reine, un Roi, deux Élues.


Chacun a son objectif pour survivre, mais tout ne se passe pas comme prévu.


Comment se finira cette bataille, c’est ce que tous veulent savoir !



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Emy Lie

 

 

 

Antagonisme

 

Tome 1

 

 

 

Illustration : Néro

 

 

 

 

 

Publié dans laCollection I-Mage-In-Air,

Dirigée parLydie A. Wallon

 

 

 

Logo évidence éditions final

 

 

 

© Evidence Editions 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

« Notre clan reflète notre âme. Il ne faut surtout pas se tromper lors de notre choix, car celui-ci est irréversible. J’aurais tellement aimé pouvoir aider et guider plus de monde vers le bon côté, mais ma destinée était déjà trop chargée ».

 

 

 

 

Prologue

‘Aujourd’hui’

 

 

 

« Je m’appelle Elsa Rusclie. Il y a quelque temps, j’ai réalisé que ma vie n’était pas celle de tout le monde. Ma mère était informée de ma destinée, mais me l’a toujours cachée. Elle croyait pouvoir me faire éviter mon avenir, par le biais de multiples déménagements, mais ce fut un échec. J’ai appris que j’avais des pouvoirs. « Super ! », penseriez-vous, mais pour moi, ce fut un énorme choc et j’étais persuadée de devenir folle ! De ce que je sais, certains d’entre nous œuvrent pour le mal et d’autres pour le bien. Ces clans sont nommés par nos chefs « l’ombre et la lumière » et c’était à partir de là qu’entraient en jeu mes facultés. D’après ma Reine, j’étais essentielle à notre survie, mais en quoi consistait exactement mon rôle ? Ça, je ne le savais pas. La question capitale qui subsistait à mes yeux et que je ne cessais de me poser était : comment pouvaient-ils être aussi sûrs qu’il y ait deux clans séparés ? Après tout, tout le monde a une part obscure en lui, personne ne me dira le contraire ! Mais chez certaines personnes, elle est prédominante. C’est ce que j’ai appris lors de mon parcours, en côtoyant les deux parties. Le mal ne vit que pour déverser la souffrance en se fichant complètement des autres. En trouvant réponse à mes interrogations, j’ai découvert que la vie n’était pas telle que nous le pensions et que certains d’entre nous n’étaient pas réellement ce qu’ils prétendaient être. Œuvrant chacun pour un clan, mes camarades et moi avons dû combattre contre l’adversaire afin d’assurer notre survie. Laissez-moi vous conter mon histoire. »

 

 

 

 

Chapitre 1 :

‘Explication’

 

 

 

Mon arrivée à Célestéry remontait déjà à plusieurs années. C’est une petite bourgade qui collectionne les catastrophes naturelles. La plus grosse connue jusqu’à aujourd’hui, se produisit le soir de mon emménagement avec ma mère. Une tornade frappa la ville et celles avoisinantes, en provoquant beaucoup de dégâts. Ce jour-là, nous croulions sous les cartons et avions dû passer la soirée à la bougie, car le courant avait été coupé jusqu’au petit matin. Je me souviens de ce jour-là, comme si c’était hier !

Depuis un bon nombre de mois, chaque matin, je me faisais sortir de mon sommeil par un horrible cauchemar. Et je peux affirmer que c’est le plus terrifiant que j’avais fait depuis mon enfance. J’y voyais un homme aux cheveux gris, vêtu d’un costume noir. Sa peau terne et son visage surplombé d’un regard sombre - où paraissait une tristesse indéfinie -, laissait deviner un âge avancé. Il essayait de prendre possession de moi afin de me dévier de mon chemin, en me répétant sans cesse : « viens dans l’ombre, tu m’appartiens, entre dans l’ombre et suis-moi » et malgré ma répugnance envers lui, j’étais vraiment attirée par cette personne. Puis au moment où je lui fis face, un jeune adonis fit son apparition sur ma droite en m’appelant, ce qui me força à me détourner vers lui. Ses traits m’étaient cachés par une lumière étincelante et captivante. Et la seule chose que je réussissais à comprendre de sa bouche était un vers qui résonnait dans ma tête comme une musique hypnotique, durant le reste de la journée :

 

« Toi, dans la nuit, ne t’en va pas,

Reste avec moi, reste avec moi.

Je te protège de ces démons,

Tu fais partie des nôtres, ne t’en va pas.

Elsa, écoute-moi et reviens vers moi ! »

 

C’était ce refrain qui m’interpellait et me sortait de mon sommeil. À mon réveil, j’étais en sueur et je paniquais au point de croire que cela était réel. Mon questionnement sur ce songe que je ne comprenais pas me tourmentait et m’avait longtemps intriguée. Pourquoi faisais-je ce rêve troublant depuis plusieurs mois et, surtout, que représentait-il vraiment ? Je voulais des réponses, mais je ne savais pas comment ni où les obtenir. Je n’osais pas en parler à ma mère ; quant à mon père, je ne le pouvais pas, car il s’était enfui de la maison quand j’avais cinq ans. Anna, ma meilleure amie, je risquais de lui faire peur, ainsi que de la perdre ; et mes grands-parents, s’ils n’étaient pas de ma famille, j’aurais dit qu’ils étaient fous ! Je n’avais vraiment personne à qui me confier. Quand mon géniteur nous quitta, je fus abandonnée. Son absence ne m’avait pas fourni le modèle masculin auquel m’accrocher et avait provoqué un gros manque affectif paternel. J’en avais réellement souffert durant mon adolescence. Maman fit beaucoup de choses pour moi et je ne la remercierais jamais assez. Jouer le rôle des deux parents n’avait pas dû être simple, mais je sus très vite qu’elle me cachait quelque chose, enfin, j’en étais persuadée. Plus jeune, j’ai toujours eu l’impression de n’être que la moitié de moi-même et ce ressentiment datait déjà de mon enfance. Ma mère me disait souvent « arrête de parler seule, les gens vont te prendre pour une folle ! », cela me faisait rire, et même encore maintenant. À cette période de ma vie, je rêvais d’avoir une sœur et je l’avais réellement dans mes pensées. Je l’entendais converser dans ma tête, mais après tout, j’étais peut-être vraiment dérangée et bonne à enfermer… À l’école, les filles ne voulaient pas me côtoyer à cause de ma différence. J’étais très loin d’être le stéréotype de la poupée parfaite, c’est vrai. Mais j’avais mon style, cheveux noirs et mèches rose, ce n’était pas du tout l’image de l’enfant modèle, mais je me plaisais bien, et c’était tout ce qui m’importait. Pour ce qui est des garçons, je n’en dirais rien. Quoiqu’un seul mérite de me revenir en mémoire. Je fis sa connaissance en vacances et je me sentais bien avec lui. Mais cette histoire se termina très vite et je n’eus jamais de nouvelles par la suite. J’avais souvent la sensation d’être incomprise et ce sentiment provoquait en moi le doute qui, lui, était prêt à profiter de la moindre faille pour m’empêcher d’agir. Je savais que mon manque de confiance n’était pas un mal en soi, car,en avançant sans jamais hésiter, nous ne pourrions pas mûrir nos réflexions afin de bien choisir. Alors, je me laissais guider par lui, parce que c’est dans ces moments que notre destin se forge.

Mon parcours fut long et triste jusqu’au moment où ma mère et moi déménageâmes à Célestéry. J’eus ma première amie, Anna. La seule à vrai dire, même si elle me trouvait un peu bizarre, elle m’appréciait à ma juste valeur, en m’acceptant telle que j’étais et, grâce à elle, je fis des rencontres formidables.

 

 

 

 

Chapitre 2 :

‘Jour de mon anniversaire’

 

 

 

En ce jour de mes dix-huit ans, nous fûmes en vacances d’hiver. Je peux vous avouer qu’elles furent attendues ! L’académie nous imposa une semaine de fermeture à cause de travaux dus à un affaissement du sol. Que demander de mieux ? Nous fûmes chanceux cette année ! Enfin, le mot chanceux était vite dit. En fait, une partie des locaux s’était effondrée et cela avait engendré quelques blessés, mais par chance aucun mort n’était à déplorer. De ce fait, Anna et moi décidâmes de profiter de nos congés en prévoyant plusieurs sorties entre filles, et j’avais vraiment hâte d’y être !

Un samedi matin comme les autres, je me réveillai fatiguée de cette dernière semaine de folies, à courir partout dans les couloirs dégradés de la Fac. Le seul moment que j’appréciais tant à l’intercours était lorsque j’apercevais Tylian et qu’il me souriait. Je le trouvais canon et ses petites fossettes renforçaient mon attirance envers lui. Tylian était le meilleur ami de Greg malgré les deux ans qui les séparaient et Greg, était le garçon qu’Anna dévorait des yeux depuis le début de l’année, elle en était folle amoureuse ! Elle aurait tout donné pour pouvoir passer ses journées avec lui et, grâce à moi, sa super copine, elle réussit à obtenir un rendez-vous avec celui qui représentait son futur bien-aimé. Oui, oui, j’en étais persuadée.

Ce fut avec effort que je me levai du lit en traînant les pieds, attrapant au passage un sous-pull et un pantalon, je descendis les deux étages, pour enfin arriver dans la cuisine et prendre mon petit-déjeuner. Café et tartines grillées. Une fois fini, ce fut avec l’esprit un peu plus réveillé que je me dirigeai vers la salle de bains, mes vêtements sous le bras, pour me préparer à partir. Une fois apprêtée, je sortis de cette pièce humide qui ressemblait à un sauna, et vis ma mère. Je l’interceptai pour lui rappeler que j’allais rejoindre Anna pour manger. De fait, elle me souhaita un joyeux anniversaire, ce que je redoutais vraiment, et en profita pour me prévenir que mes grands-parents venaient à la maison le lendemain pour le célébrer et passer quelques jours de vacances en notre compagnie. C’était tellement important pour elle et eux, mais très peu pour moi, étant donné que j’avais horreur de ça. Je n’aimais pas fêter mon anniversaire, je le ressentais plus comme un fardeau. Faire une fête pour te dire : « super ! Tu vieillis ! », je trouvais cela vraiment déplacé et, si j’avais pu l’éviter chaque année, je n’aurais pas hésité une seule seconde.

J’entrouvris la porte, quand soudain un courant d’air frappa à mon visage… « Bouh ! Qu’est-ce qu’il fait froid,de plus ça neige à gros flocons ». Alors, je la refermai aussitôt et fis demi-tour vers le portemanteau pour prendre ma doudoune, mon écharpe rouge avec des petits strass. La classe !

Prenant la route pour rejoindre Anna dans le centre-ville au niveau du square, je commençai sans le vouloir, à réfléchir à la question que ma mère m’avait posée un peu avant de partir : « alors, tu te sens adulte maintenant ? » Je ne dirais pas que c’était vrai, mais je me sentais différente, je n’étais plus la même qu’au début de cette année, peut-être à cause de l’âge de raison. Dix-huit ans, le premier pas dans le cercle des adultes ; là où il faut réfléchir avant d’agir. Pour moi, c’était une première, bon, comme tout le monde, avoir dix-huit ans n’arrive qu’une fois dans notre vie. Mais c’était le commencement d’un nouveau cap. Je ne savais pas comment le passer et cela me faisait peur… J’avais peur de vieillir, et surtout, la crainte de décevoir les personnes que j’aimais et qui avaient confiance en moi. Je devais me conduire comme une femme à présent et plus en tant que fille, chose qui n’était pas facile, car pendant toutes ces années à me chercher, je faisais mes choix en ne réagissant qu’à l’état d’enfant capricieux. Mais ce que je désirais vraiment, c’était que ma famille soit fière de moi, malgré les petits détours qui m’attendaient.

À la fin de cette pensée pour maman, je ressentis soudainement une immense envie de voir Tylian, pourtant je ne le connaissais pas, enfin très peu. Pourquoi lui ? Ça, je ne le comprenais pas. Était-ce dû au fait que j’avais rêvé de lui ou bien, tout simplement, que c’était quelqu’un de mystérieux et que j’adorais ça ? Allez savoir ! Dans mon rêve, c’était un homme qui souhaitait refaire le monde, pas commode comme destinée, mais je l’aurais bien aidé. À la fac, même si c’était un beau garçon, nous n’entendions pas souvent parler de lui sauf par certaines nanas. Comment disaient-elles ?… Ah oui, un bon parti et beaucoup d’entre elles voulaient être avec lui pour les fêtes de fin d’année. Mais pourquoi ? Telle était la question. Comme toutes les filles, je pouvais confirmer qu’il était charmant, mais que savaient-elles d’autre de lui, qui ne me sautait pas aux yeux ? Même Anna n’avait su me répondre, alors qu’elle le côtoyait plus que moi.

Ah, il ne faut pas que j’oublie de demander à Anna comment s’est passé son rendez-vous avec Greg. Je les vois déjà mariés ces deux-là, depuis le temps qu’ils se charment ! « J’aurais vraiment voulu être une petite souris pour les espionner, hier soir », m’exprimai-je tout haut.

Arrivée à destination, je cherchais après Anna, quand j’entendis au loin.

— Hé Elsa, je suis là !

— Salut, ça va ?

Cachant un paquet derrière elle, elle me dit :

— Oui et toi ? Tiens, joyeux anniversaire, Zaza !

— Ah non, tu sais très bien que je n’aime pas ça !

— Oui, mais je ne peux pas faire autrement, tu es ma meilleure amie et, de plus, à un anniversaire, tu es obligée d’avoir des cadeaux !

L’excuse bidon de ma copine me fit rire aux éclats. J’ouvris mon paquet-cadeau, c’était une jolie cape rouge en velours, « j’adore ! »

— Merci, elle est trop belle !

— Je m’en doutais qu’elle te plairait !

— Ça tombe bien, j’ai froid ! Je l’enfilai par-dessus mon manteau et repris : je crois que nous avons choisi le bon jour pour sortir…

— Tu m’étonnes ! On va avoir le droit à un rude hiver !

— Ouais, et je n’ai pas envie d’y être… Alors, au fait, ça a donné quoi ton rendez-vous d’hier soir ?

Le léger rictus de la part d’Anna me laissa entrevoir une fin heureuse, je lui demandais de nouveau :

— Tu sors avec ? Il t’a embrassée ? Tu ne me réponds pas, ça veut dire oui ? continuai-je, avec un grand sourire béat.

Selon mon avis personnel, Greg était mignon, bien baraqué, mais un tant soit peu long à la réaction.

— Oui, ça y est ! C’est grâce à toi, Zaza. D’ailleurs, je lui ai proposé de nous rejoindre avec Tylian pour passer la journée avec nous et il a accepté de suite, comme s’il n’attendait que ça !

— Avec Tylian ?

Aurait-elle lu dans mes pensées ? Chouette ! On va enfin pouvoir se parler !

— Oui, oui, j’ai deviné que tu en pinces pour lui et vu que c’est son pote, il n’y avait rien de plus simple pour que vous fassiez connaissance, me précisa-t-elle, en ricanant.

— Non, ce n’est pas vrai, je le trouve beau, c’est tout ! Je ne l’entrevois que dans les couloirs de la Fac, tu le sais bien, vu que nous sommes toujours ensemble, donc dur d’en pincer pour lui en le voyant si peu.

— Oui, mais rien qu’à ta façon de le regarder et de m’en parler, je sais qu’il te plaît beaucoup et que ton petit cœur explose quand tu le vois !

— Ne dis pas de bêtise Anna ! Et sinon, vers quelle heure arrivent-ils ?

Ah, j’ai demandé trop vite, les voilà ! 206 sport, j’adore !Je crois que la journée commence bien.

— Allez les mecs, on se dépêche ! marmonnai-je, car j’avais froid.

Tylian se gara sur le côté de l’église. Je l’aperçus sortir de sa voiture et cela me fit sourire, d’un étirement de lèvres jusqu’aux oreilles. Partant à leur rencontre pour les rejoindre plus vite, d’un pas décidé, tout en faisant les folles, nous nous mîmes à courir vers eux, faisant du saut d’obstacles - une pierre par-ci, un trou par-là - tout en rigolant en même temps. Quand tout à coup, arrivées à côté d’eux, paf, mon pied buta contre une satanée pierre.

Non, mais qu’est-ce qu’elle fout là, celle-ci…

Et, comme le hasard fait bien les choses, Tylian me rattrapa de justesse avant que je m’écroule sur le sol… Sans commentaire. Anna et Greg furent pris d’un fou rire interminable, alors que moi, honteuse de tomber ainsi dans ses bras, je devins rouge comme une écrevisse.

Personnellement, je trouvais que c’était une remarquable façon de lui faire du rentre-dedans.

— Tu ne t’es pas fait mal ?me demanda-t-il.

Je me redressai et tout en balbutiant, je lui répondis :

— Non, tout va bien, merci.

Mon cœur battait à cents kilomètre-heure tellement j’avais eu la frousse de me ratatiner et vivre le pire jour de ma vie.

— Je suis vraiment désolée, je n’ai pas vu la pierre à cause de cette foutue neige ! Cela m’apprendra encore une fois à vouloir me dépêcher et à faire l’idiote en même temps. Mais bon, plus de peur que de mal !

Il replaça ma cape correctement et me dit :

— Eh bien ! Si l’on m’avait dit qu’une jolie fille me serait tombée dans les bras aujourd’hui, Greg aurait eu beaucoup moins de difficultés à me faire venir ! m’avoua-t-il avec un léger rictus quej’adorais regarder.

Tout en étant mal à l’aise à cause de cette phrase qui ne me laissa pas indifférente, je lui offris mon plus beau sourire, car à ce moment précis, je compris qu’il n’était pas insensible à mon charme.

— Non, mais je n’en ai pas eu autant que ça, comme tu le dis si bien !rétorqua son ami, en feintant de le taper au niveau des abdominaux. Une fois que tu as entendu Elsa, tu as accouru !

Ils se mirent à faire semblant de se battre, au point où je pouvais les comparer à des ados ! Enfin, j’en avais ri à n’en plus finir, jusqu’à ce qu’Anna les coupe dans leur combat.

— Et mon baiser ?

Greg s’approcha d’elle sensuellement :

— Ah ! Voilà la plus belle femme du monde ! lui dit son amoureux avant de l’embrasser.

Ce qui la fit ricaner. Tylian m’offrit un clin d’œil et je me mis à sourire.

— Tu es tout en beauté, bébé ! avoua Greg à sa dulcinée.

— Merci, mais j’essaie de l’être tout le temps.

Ce qui était relativement vrai. Elle ne sortait pas si elle n’était pas passée par les cases : maquillage, coiffage et habillage. Le rituel d’une nana… pas comme moi !

— Hum, j’ai hâte de découvrir ça ! la taquina-t-il en la serrant très fort dans ses bras. Bon, allez ! On va le manger ce morceau ? J’ai faim moi !

Ça ne m’étonne pas de lui…

 

 

 

 

Chapitre 3

 

 

 

Nous voilà partis de l’autre côté du trottoir pour manger notre américain. Enfin installés et commande prise, nous attendions notre repas dans la joie, et cela faisait longtemps que je n’avais pas ri autant quand, brusquement, la lumière s’éteignit toute seule.

— Mais que se passe-t-il ? s’écria Anna, apeurée.

Je priai au plus profond de moi pour que les lampes se rallument, car je savais combien Anna n’aimait pas le noir. Ce qui se réalisa après trois prononciations de : « que la lumière soit ». Coïncidence ou courant remis à ce même instant ? Je ne pus le dire. Mais ce n’était pas la première fois que cela se produisait. Quelques semaines plus tôt, un soir au moment de me coucher, j’avais oublié d’éteindre le plafonnier et j’avais réussi à plonger ma chambre dans l’ombre rien qu’en y pensant. J’avais eu très peur et m’étais cachée sous mes couvertures, jusqu’à m’endormir. Le matin même, j’avais mis cela sur le compte d’une coupure de courant.

Pendant notre restauration, un mendiant entra dans la friterie et demanda aux employés de lui offrir un repas, car il n’avait pas d’argent. Chose bien sûr que le responsable refusa, ce que je pouvais comprendre, quand on donne à un, après on se doit d’en faire autant avec les autres. Et il le mit dehors, le menaçant d’appeler la police. N’empêche, j’avais eu peur qu’il nous agresse pour avoir ce qu’il voulait, mais si j’avais eu de quoi lui payer, je l’aurais fait sans hésiter.

À la fin de celui-ci, que je trouvais excellent par ailleurs et qui me changeait de mon ancienne ville où ce genre de repas n’existait pas, je fus surprise par un mal de tête intense. Je fermai les yeux un court instant, quand, soudain, j’aperçus Anna traverser la route sans faire attention et être renversée par un chauffard. À la fin de ce « flash », ma migraine disparut complètement, comme elle était venue.

Je fus pétrifiée par cet événement. Ne sachant pas ce qui m’arrivait et avec l’intervention du vagabond, je ne réussissais pas à me lever de ma chaise. Mes jambes tremblaient et j’étais certaine que je devais être blanche comme un linge, car quand Tylian se tourna vers moi, il me questionna :

— Tu ne te sens pas bien ?

— Si ! Il faut que je cache mon trouble pour ne pas l’inquiéter ! Seulement un frisson à cause de mon mal de tête, rien de bien grave.

— Je connais ça ! Tu as besoin d’aide ?

— Non, merci.

En rejoignant nos amis dehors, Tylian passa une commande. Je compris rapidement qu’elle était destinée au mendiant - resté devant la friterie -, et il le lui donna en sortant. Un geste vraiment sympathique de sa part.

Il est adorable, gentil et généreux, il a vraiment tout pour plaire !

Une fois Tylian à mes côtés, je cherchais après Anna et Greg quand je les aperçus prêts à dévaler le trottoir sans regarder, comme ce que j’avais vu dans mon flash. Je criai après eux, aussi fort que je le pus.

— Anna, Greg, attention ! m’égosillai-je, en enjambant la route vers eux le plus vite possible.

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