Ashilana

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Découvrez l’histoire d’Ashilana, jeune prêtresse qui va rencontrer son destin…

Publié le : dimanche 12 janvier 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791093004068
Nombre de pages : 14
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Extrait

L’océan s’étendait à perte de vue. De l’eau, il n’y avait que de l’eau aussi loin que son regard la portait, une surface un peu courbe sur l’horizon inaccessible. Elle avait tant marché que ses jambes ne la supportaient plus. Le corps tremblant d’excitation, elle resta debout. Son cerveau bouillonnait. Elle était enfin arrivée.
À ses pieds, le sable rosé se soulevait en nuages doux et cinglants, les petits grains emportés par le vent de mer picotaient doucement ses jambes.
Elle avança, hésitante, sur le sol meuble,par peur de tomber. Elle n’avait jamais foulé un sol de cette texture. Des jours de marche sur la roche compacte qui recouvrait la planète, puis quelques autres sur de la terre. La jeune femme avait aimé le toucher ouaté de la terre humide et suintante qui l’avait amenée jusqu’ici.
Les Anciens avaient essayé de la décourager. Ils l’avaient mise en garde contre l’air pollué du dehors. Elle aspira une grande bouffée. Ça sentait vraiment bon. Elle percevait le parfum de l’eau et l’odeur des fleurs noires du jardin d’Ouxor, ces grandes fleurs d’où l’on recueillait des cristaux blancs et friables. Ses mains lâchèrent sa besace et son accumulateur d’eau en suspension. Elle n’en aurait plus besoin et dans cette atmosphère marine, il allait saturer rapidement et peser trop lourd pour ses muscles engourdis.
« La mer est dangereuse Ashilana » lui avaient dit les Anciens.
Elle n’en avait eu cure. Elle connaissait les histoires de navigateurs perdus, d’aventuriers qu’on n’attendait plus depuis longtemps. Leurs tombes vides remplissaient les sous-sols de la ville.
Ashilana n’était plus qu’à deux ou trois mètres de l’eau, ivre de plaisir et d’excitation, partagée entre l’envie d’y plonger et la fatigue qui l’entraînait vers le sol.
Elle doutait pour la première fois depuis le début de son long voyage. Plus encore, elle avait peur, peur que les Anciens aient eu raison. Elle s’assit sur le sable, la sensation lui plut. Elle regarda la lumière disparaître derrière l’immensité calme de l’eau. Petite Lumière brillait et donnait à l’océan une couleur métallique.
Lorsque la nuit eut définitivement pris ses aises dans le ciel, Ashilana se leva, calme et déterminée. Elle marcha jusqu’à ce que ses orteils frôlent l’onde.
De minuscules vagues venaient doucement jouer à faire rouler les grains de sable. Elle observa le phénomène. L’eau vivait. Elle ne se souvenait pas que les anciens le lui aient dit. Pourquoi le lui avoir caché ?
Accroupie, Ashilana avança prudemment un doigt vers une vaguelette et l’y plongea. C’était doux, ça enveloppait son index. L’océan était un peu froid mais pas désagréable. Elle retira son doigt et une goutte d’eau en glissa avant de retourner à la mer. Il en restait un peu sur sa peau. Elle observa émerveillée : la gouttelette rampait le long de sa main. Recouvert du liquide, sa peau brillait, sous Petite Lumière, du même éclat que le reste de l’océan. L’eau ne l’avait pas retenu se dit-elle.
Alors, lentement, elle immergea sa main entière puis son bras. Lorsqu’elle le ressortit, quelques perles du fluide vinrent se glisser sous sa tunique de soie, glissant tranquillement le long de son bras. Elle les suivit du regard, un peu affolée. Des petites tâches sombres apparurent là où l’eau touchait le tissu. Elle resta hypnotisée, immobile, dans l’attente d’un événement plus soudain. Elle regarda ses doigts humides et luisants, approcha son autre main sèche et compara l’effet, les yeux grands ouverts sur le merveilleux. Lorsqu’elle reporta son attention sur le haut de la manche de sa tunique, les petites tâches sombres avaient disparues. Elle scruta sous son aisselle, pas la moindre trace d’eau.
Fébrile, elle ôta sa tunique, à la recherche des petites gouttes. Elle examina le sol minutieusement, sans succès. Les gouttelettes s’étaient volatilisées.

Elle quitta le reste de ses vêtements avec cérémonie, consciente qu’elle allait devoir prendre une grande décision. Son cœur battait de plus en plus vite et ses joues devenaient rouges. Partagée entre la peur et la curiosité, un nœud au ventre la grisait.
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