Attendre l'été à l'arrière de la voiture

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Elfe a onze ans. Elle part en vacances en Bretagne avec sa famille, accompagnée de sa sœur, lourdement handicapée, avec qui elle a établi peu à peu une communication sans mots, un langage secret. Arrivée dans le village de vacances, Elfe va faire la connaissance d'Audrey. Cette rencontre va bouleverser leur vie. Entre elles trois, d'étranges liens se tissent, se font, se défont.
Publié le : jeudi 2 juin 2016
Lecture(s) : 25
EAN13 : 9782140010835
Nombre de pages : 266
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Céline Bertre
Attendre l’été àlarrièrede la voiture Roman
Attendre l’été à l’arrière de la voiture
Céline Bertre
Attendre l’été à l’arrière de la voiture
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Roman
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09183-9 EAN : 9782343091839
À mes sœurs.
CHAPITRE 1 Pas un mot. Il n’y en aura pas. Jamais.Des sons sortis d’une bouche qui forment des syllabes pour fabriquer un mot qui veut dire quelque chose. Rien de tout cela. Je devrai m’y habituer. Seules nos nuits se ressemblent et se ressembleront. Et nos mains aussi. Fines comme des mains de pianiste m’a-t-on déjà dit. Ça tombe bien, je m’exerce au piano depuis déjà trois ans. En principe, on commence à six ans, mais moi j’ai d’abord fait un an de solfège avant que mes parents m’inscrivent aux cours de piano. C’est dur le piano. Mais lui, il a une grande bouche qui s’ouvre très grand de laquelle sortent des sons qui veulent dire quelque chose. Parfois les pianos sont longs en forme de triangle comme un immense trépied et ils se mettent alors à chanter tout bas en rasant le sol pour faire s’envoler les notes plus haut dans le ciel. Chez moi c’est grand et petit à la fois. La maison est très grande : huit pièces à vivre, une cave en partie aménagée et un grand jardin. Mais les pièces sont petites sauf la cuisine. Mes parents n’ont donc pu m’offrir qu’un piano « droit ». Je ne sais pas pourquoi on l’appelle comme cela, mais quand je m’assieds devant lui sur un tabouret recouvert de velours noir avec la manette sur le côté pour faire descendre et remonter le siège, je me force à me tenir droite comme un « i ». C’est le plus beau des pianos ! Je n’en reviens pas que mes parents m’aient offert un si bel objet. Tout noir, avec des poignées dorées sur les côtés, des chandeliers à gauche et à droite du pupitre. Sous le clavier formé de touches de bois recouvertes d’ivoire un peu jauni, deux pinces retiennent le coffre. On peut ouvrir son grand ventre droit qui cache les
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