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Augusta mouille-cailloux

De
98 pages
« Un petit vent coquin se faufile dans le décolleté de sa blouse, caresse ses seins. Le plaisir est là, simple et gratuit. Que demander de plus ? » Augusta mouille-cailloux veille sur une famille hantée par un lourd secret caché dans la chambre verrouillée d'une ancienne papeterie. Comment se libérer d'un lourd malaise qui dérègle le comportement des habitants perturbés par l'arrivée d'une étrangère dans la grande maison ? Augusta ne peut qu'enlever son tablier de bonne à tout faire, poser ses arrosoirs et dénoncer la tragédie.
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Un petit vent coquin se fauIle dans le décolleté de sa blouse, caresse ses seins. Le plaisir est là, simple et gratuit. Que demander de plus ?
est née à Montbéliard. Elle vit actuellement à Vevey (Suisse) et organise des conférences littéraires et d’autres manifestations culturelles. Elle est l’auteur de deux récits, , publiés aux Éditions Zoé, à Genève, de deux romans, , et d’un récit, , publiés aux Éditions L’Harmattan.
Pauline Seigneur
Augusta mouille-cailloux
Récit
Augusta mouille-cailloux
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Berkani (Derri),Les couveuses, 2016. Gaspin (René),Froideterre. Le roman d’un poilu, 2016. Galluzzo (Rosine),Toutes les larmes de mon corps, 2016. Rouet (Alain),Les incivilités du trapèze volant, 2016. Tanguy Taddonio (Anne),Le mariage, 2016. Le Boiteux (François),Le rêve grec, 2016. Sabourin (Jean-François),Le long chemin de l’exode. L’histoire d’un homme libre, 2016. Payet (Sylvie),À fleur de peau, 2016. e Bensimon (Jean),Le Hors-venu. Contes brefsédition,, 2 2016. Aubert-Colombani (Éliane),La Guerre à six ans ou De la rue Béranger à la rue Danton, 2016. Dulot (Alain),Que s’est-il passé, madame ?, 2016. Viellevoye (Josée),Josse et autres souvenirs détournés, 2016. Lévy (Odette),Les Derniers Feux du rayon vert, 2016. Vidal (Edgard),Arcanes dormants, 2016. Bodin (Véronique),La place des murmures, 2016. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Pauline Seigneur Augusta mouille-cailloux Récit
Du même auteur Les Fables, Éditions Zoé, Genève, 1985.
La Galilée, Éditions Zoé, Genève, 1986.
La Route du Fort, L’Harmattan, Paris, 2000.Les bonnes intentions, L’Harmattan, Paris, 2006.D’une vie à l’autre, L’Harmattan, Paris, 2011.© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-10694-6 EAN : 9782343106946
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Un petit vent coquin se faufile dans le décolleté de sa blouse, caresse ses seins. Le plaisir est là, simple et gra-tuit. Que demander de plus ? Elle s’assied au pied d’un vieux chêne distordu, ses branches s’élancent vers le ciel, semblent happer le soleil levant. Les frondaisons gardent encore les senteurs de la nuit mêlées aux traces musquées des renards. L’âcre puanteur d’une bauge stagne sous les fougères. Les arbres sommeillent encore. Exhibitionnistes, leurs troncs dévoi-lent leurs cicatrices profondes, entailles du temps. Les boursouflures de l’écorce sont infestées de lichens. Les insectes, en toute impunité, en sucent la sève. Au premier rayon du soleil, le grouillement des bes-tioles s’agite dans un débordement visqueux qui coule en traînées brunâtres et se répand entre les mousses brodées de toiles d’araignées argentées. Un bruissement de feuilles ? C’est l’écureuil. Camouflé derrière un épi-céa, la tête en bas, il batifole entre les branchages et guette la trace du blaireau puis grimpe au sommet de l’arbre, son numéro d’acrobate remet gaiement en branle ce monde bucolique.
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Sonia se lève et marche d’un bon pas vers l’étang. Son père y venait pêcher des carpes ventrues et gluantes. Hélas, il devait souvent se contenter d’une nasse remplie de goujons qu’il posait dépité sur l’évier de la cuisine. Sa mère, avec délicatesse, plongeait ce menu fretin dans une pâte à frire. La petite fille le regar-dait se tordre dans la poêle, l’estomac révulsé par des odeurs d’huile chaude et de vase. Aux abords des bosquets, l’eau encore sombre de l’étang clapote doucement. Sonia s’y baignait lors des étés torrides ou les jours de grandes tristesses, nageant à perdre haleine d’un bord à l’autre, le front en sueur, le corps rafraîchi. Réconciliée avec elle-même, elle rega-gnait la rive avec mille précautions, s’efforçant de ne pas troubler le fond vaseux tapi de larves répugnantes, nourriture abondante des carpes, régal pour la Vouivre mystérieuse. Les pieds à l’aise dans le cresson, elle s’habillait rapi-dement sans se retourner, craignant de voir au milieu de la grande mare, le joyau mortel étincelant au front de cette dame aquatique et légendaire. Son père lui avait souvent raconté en catimini les contes de Franche-Comtée autour de la Vouivre. Un soir, il posa dans la paume de sa main un petit anneau d’or découvert dans une brassée d’herbes arrachées par son hameçon. Les rêves de Sonia en furent bouleversés. Monsieur Henry, comme on l’appelait dans le village, avait fui la guerre en s’engageant comme forestier en
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