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Titre original : THE JULIUS HOUSE
Éditeur original : SCRIBNER, Rockfeller Center – 1230 Avenue of the Americas New York, NY 100LO
1995 by Charlaine Harris
Pour la traduction française : Éditions J’ai lu, 2014
Je tiens à remercier ici le Révérend Père Gary Nowlin, Maître Mike Epley, Jim Gann, garde forestier de l’Arkansas, Glenn McCelland, chimiste, Dennis, de la police scientifique de la Géorgie ainsi que le Dr Aung Than. Tous ont contribué à ce livre et si vous relevez des erreurs, j’en suis la seule responsable.
1
La famille Julius disparut six ans avant que je n’épouse Martin Bartell. T.C., Hope et Charity Julius s’étaient tout simple-ment évaporés. Certains habitants de Lawrenceton 1 avaient même appelé leNational Enquirerpour rap-porter aux journalistes qu’ils avaient été enlevés par des extraterrestres. À l’époque, j’avais terminé mes études supérieures depuis quelques années et je travaillais à la bibliothè-que municipale de Lawrenceton. Avec le temps, aucun élément nouveau n’ayant éclairé la dispari-tion, j’avais fini par ne plus me poser de questions. Seul un vague frisson d’angoisse me parcourait encore le dos lorsque l’on mentionnait le nom « Julius » au cours de la conversation. Puis Martin m’offrit leur maison comme cadeau de mariage.
1. LeNational Enquirer(mot à mot « détective national ») est un tabloïd américain qui rémunère ses sources pour tout indice intéressant. 9
Dire que je fus surprise serait un euphémisme. Ren-versée serait plus exact. Installés tous les deux à Lawrenceton, ville du Sud traditionnelle et malheu-reusement en passe de devenir une banlieue d’Atlanta, nous souhaitions acquérir une maison en commun. Tentés par des biens spacieux dotés de grandes salles de réception, nous avions visité un cer-tain nombre de demeures luxueuses et « comme il faut », dans les quartiers contemporains en périphérie. J’estimais pour ma part que ces surfaces étaient bien trop grandes pour un couple sans enfant. Martin ressentait néanmoins le besoin irrésistible d’afficher des signes extérieurs de prospérité. Il conduisait une Mercedes, par exemple, et pour lui, notre maison devait s’harmoniser avec sa voiture. Nous avions vu celle des Julius car j’avais demandé à mon amie et agent immobilier Eileen Norris de la mettre sur la liste – je l’avais moi-même visitée quel-que temps plus tôt, quand j’étais célibataire. Martin n’était pas tombé sous le charme comme moi. Bien au contraire, il s’était étonné de mon pen-chant pour la propriété. Ses sourcils sombres et bien dessinés s’étaient arqués et ses yeux d’ambre m’avaient fixée d’un air interrogateur. — C’est un peu isolé, avait-il fait remarquer. — À peine deux kilomètres de la ville. Je peux pres-que voir la maison de ma mère, d’ici. — C’est plus petit que celle de Cherry Lane. — Ce qui fait que je pourrais m’en occuper toute seule. — Tu ne veux pas qu’on prenne quelqu’un pour t’aider ? 10