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AUTRE (DE L') COTE DE LA SOURCE

De
96 pages
A travers cet ouvrage, Omar Kazi-Tani a laissé parler sa mémoire pour nous faire partager ses émotions et la nostalgie du passé. On y retrouve les coutumes et traditions des vieilles familles de Tlemcen mais aussi les caractères si différents de personnages auprès desquels l'auteur a vécu son enfance.
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Collection Ecritures arabes dirigée par Maguy Albet et Alain Mabanckou

De l'autre côté de la source

@ L'Harmattan,

1999 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques, Canada H2Y 1K9 Montréal (Qc)

L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino ISBN: 2-7384-8145-0

Omar Kazi- Tani

De l'autre côté de la source
Préface de Fewsia Sari

L'Harmattan

PREFACE
Chacun porte en soi le désir d'un lieu, lieu géographique, lieu de naissance, lieu imaginaire. Et si la tentation est grande de chercher pour chaque lieu son équivalent dans la réalité, avec son fonds de références, i/ est plus enrichissant de considérer que ce lieu est ailleurs et proche, fantastique et réel, irréel et vrai à la fois. Tlemcen est le lieu de parole et lieu d'écriture de l'auteur. «De l'autre côte de la source », par une libération de l'écriture poétique, nous dit Tlemcen, une ville nostalgique. Seulement nostalgie ne signifie pas tristesse, mais reconstruction par la mémoire et l'imaginaire, d'un lieu géographique fortement marqué par l'histoire. Tlemcen est la forme du pluriel berbère Tilimsan dont le singulier Ti/mas, signifie perle d'eau, source. Cette ville est l'une des plus vieilles cités du Maghreb. On l'appellera la Perle du Maghreb, mais aussi la Grenade africaine. Elle reste encore par son admirable situation, la présence de nombreux monuments, ses ruelles pittoresques et le charme de ses environs, une cité attrayante. Ses forêts denses, la nature verdoyante de ses alentours, ses eaux légères et son climat clément, ne sont pas étrangers aux choix de ses bâtisseurs. Située entre deux grandes voies du Maghreb (Est-Ouest et Nord-Sud), on la surnommera La bien gardée de Dieu. De son histoire tumultueuse, nous retiendrons les principaux mouvements migratoires vers ce qui fut, pendant des siècles, un véritable pôle d'attraction culturel. Après l'implantation des Romains dans l'antique site urbain d'Agadir, Sidi Abdallah Ben Djaffar El Muhadjer, le premier
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lieutenant de Okba Ibn Nafaa, s'y,installa. Il fut successivement suivi par Idriss Ben Abdallah (dynastie Idrisside), puis par Bologhine Ben Zeiri (dynastie des Senhadja), Youssef Ibn Tachfine (Almoravides) puis par les Almohades qui la confièrent aux Bani Abd El Wâd, dont le grartd fondateur Yaghmoracen sut consolider la puissance jusqu'à sa reprise par les Mérinides, les Turcs et enfin les Français.

La population Tlemcénienne connut donc des bouleversements engendrés par le flux de diverses populations. Elle a su néanmoins en profiter et en conserve jusqu'à nos jours, des traces vivantes, dans la vie quotidienne de ses habitants.

En 1902, Alfred Bel cite la composante humaine de Tlemcen. Il en fait une description précise en ces termes: les Musulmans Tlemcéniens peuvent se subdiviser en trois catégories principales au point de vue ethnique: 1- Les hadars ou citadins qui sont des berbères islamisés...Ils sont le «produit» des «croisements» successifs de l'élément. berbère autochtone avec les divers conquérants qui se sont succédé dans l'Afrique septentrionale. Parmi les Badars, se trouvent les descendants de nombreux Maures Andalous qui abandonnèrent la péninsule ibérique au XIVè et XVè siècles pour venir se fixer dans la capitale des Beni-Zeiyan.....
2- Les Kouloughlis sont le «produit» avec les femmes indigènes... des «croisements» des Turcs

3- Les Nègres qui viennent généralement sont pas très nombreux à Tlemcen.

du Touat et du Soudan, ne

Dans «Origine et constitution Tlemcen », Darmon poursuit:

de la communauté

israélite de

«Tlemcen, par sa position centrale entre le Maroc et Alger, a dû attirer depuis longtemps des Israélites de l'Est et de l'Ouest de l' Mrique. D'après les assertions traditionnelles, la population juive de 8

Tlemcen a été considérable, presque toutes les communautés d'Algérie ont été formées d'Israélites venant de Tlemcen, et cette communauté, outre les industries que ses membres exerçaient, possédait quinze cents boutiques dans El Kessaria (quartier commercial), et dix-sept synagogues. Au XVè siècle, les persécutions contre les Israélites deviennent nombreuses en Espagne, d'où un grand nombre se réfugia en Mrique. C'est alors que la communauté actuelle a dû être constituée, par le Rabbin Ephraïm Enkaoua, mort dans cette ville en l'an 1442, cinquante années avant l'expulsion générale des Israélites de l'Espagne ». Tlemcen ville opulente, de commerce et foyer de rayonnement intellectuel et religieux, est citée par les chroniqueurs comme une ville où il fait bon vivre, une ville fortement attachée à ses modes d'être et de pensée. Ce brassage de populations et leurs coutumes ont manifestement consolidé l'attachement à des pratiques culturelles et des valeurs séculaires. Tlemcen n'a t-elle pas vu naître El Maquari savant et célèbre mathématicien, le Cheikh Mohamed Ibn M'Saieb poète Hawzi né au XVIIIè siècle à l'ombre de ses murs et dont le tombeau fait encore l'objet de fréquentes visites pieuses, Sidi Boumédiène le patron de la ville et d'autres illustres personnages. On ne peut devant un tel héritage qu'éprouver l'ardent désir de perpétuer cette histoire, cette culture. L'auteur qui a bien choisi le titre de son ouvrage: «De l'autre côté de la source» en référence à l'eau mais aussi en guise de plongée dans une civilisation rayonnante, ne se prive pas de reconstituer à sa manière une page de son identité culturelle à travers le délicieux récit qui relate pêle-mêle les souvenirs d'une enfance riche et mouvementée. Il se souvient et fait parler tour à tour les personnages qui l'ont marqué. Les deux grands-mères, la source qu'il fait chanter, son 9