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Aux marches du palais

De
154 pages
1936, la guerre civile espagnole s'écrit dans l'insatiable folie des hommes qui détruisent. Pourtant, pour un enfant, la vie c'est simple : rire, chanter, jouer à faire semblant de mourir. Puis une balle tue le père et fait taire l'enfance. Dès lors, un enfant vieux, démuni, qui se jette en pâture pour les besoins familiaux.
La vengeance le dépose en prison pour de longues années. Mais l'humour de cet enfant tamise les peurs et le rend invincible.
Cet enfant-là a décidé de vivre coûte que coûte.
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Sylvia Munoz Roux
Aux marches du palais Roman
Rue des Écoles / Littérature
AUX MARCHES DU PALAIS
Rue des Écoles Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus
Gaffino (Anne Marie),Alzheimer, mon nouveau colocataire, récit, 2015. Weck (Françoise),Les dits de la ménagère, chroniques, 2015. Thibaud (Aurore),Beau temps sur tout l’univers, récit, 2015. Prunet (Paul),La vie ou les futurs du passé, essai, 2015 Rey (Michel),Une lumineuse affaire, roman, 2015. Kissel (Myriam),Refuges lointains, roman, 2015. Alpace (Christian),De briques et de broques, mémoires, 2015 Apicella (Patricia),Figure-toi un danseur de corde, roman, 2015. De Montmollin (Danièle), Mocumbi (Adelina),Mozambique, destins croisés d’une femme et d’un pays, récit, 2015. Leroux (Martial),Devant, derrière, roman, 2015. Pannequin (Martine),Églantine, roman, 2015. Demirdjian (Véronique),Une voix si douce,récit, 2015. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Sylvia Munoz RouxAux marches du palais roman
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07982-0 EAN : 9782343079820
À toi, PAPA. À toi, MAMAN. Pour vous Julia, Marlène, Bastien. Pour toi Andréa. Pour toi Paul. Pour toi mon frère, et tes enfants. Para mi abuelos y abuelas y familia.
Et comme tu me le disais si souvent ma petite Maman, pour tous nos enfants de par le monde.
« CUANDO EL RIO SUENA, AGUA LLEVA » «QUAND LA RIVIÈRE GRONDE, L'EAU, EMPORTE»
Prélude à la vie,
Je vais répondre à ta question. Je n'ai aucune question. Pourquoi chaque fois que je suis là, tu fuis ? Comment ça; je fuis ! Regarde. Observe-toi. J'arrive près de toi, et tu le sais bien que j'arrive. Tu le sais, tu le sens, mais tu n'y crois pas. À l’ instant où j'effleure tous tes sens, juste à ce moment-là, tu te lèves. Tu vas te préparer un café, ou un thé. Tu bricoles. Exprès pour t'éviter. Non ! Pour t'éviter toi. Non ! C'est toi que tu fuis. Depuis toujours, tu t'en vas de toi ! Je me doutais que... non, il n'existe pas un bon instant favorable à notre conversation. Il te suffit de penser à moi et d'admettre que cela est possible. De me reconnaitre en toi, comme un souffle que tu as déjà rencontré. Ce souffle qui te capture lorsque tu es seule. Pour toi je suis disponible à tout instant, en tout lieu. La frontière t'appartient, elle est à l'image de ton rejet, de ton refus d'oser, la confiance en ce que tu ressens vraiment. Tu fuis si souvent, je voulais retenir ton attention, mais déjà tu te lèves du fauteuil, tu lâches le crayon, tu nous fais taire. Tu me laisses là comme un point suspendu oublié dans l'intervalle du rien. L'absence à toi éloigne ton désir de savoir et abroge mon existence. Une seule règle peut donner sens à ton histoire, écoute la mienne et tu trouveras la tienne. Coucou !! Sais-tu que je suis immortel ? Qu'est-ce qui te fait dire cela ? Ton crayon.
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En voilà une idée. Crois-tu que mon crayon soit magique ? Oui. N'as-tu rien vu, rien comprit ? À vrai dire, notre conversation m'échappe. Je ne suis pas sure de désirer la poursuivre. Elle ne mènera nulle part. Les conversations ne sont pas faites pour aller ici où là ! Comme tu le dis, « quelque part ». Parler nous rend vivants. Tu prétends toujours que tu as des choses à me dire, à me réclamer aussi. Je sens que je vais t'agacer. Comment te persuader de poursuivre ce que nous pourrions partager aujourd'hui ? Ce n'est pas le courage qui te manque, c'est la détermination et la confiance en moi. Et aussi la confiance en toi. Pour cela, il te suffit de consacrer l'instant d'un souffle que cela est possible et qu'il n'y ait aucune supercherie, oublie l'idée que tu deviens folle. Rappelle-toi que je me parle et que tu m'entends. Qu'est-ce encore que ces sornettes ? Je me parle et tu m'entends. D'accord, OK. Traduis-moi ton charabia. Je n'ai pas aimé partir ainsi. Mon souffle diminué considérablement, puis, c'est allé très vite. Ma respiration jouait les funambules. Je n'avais pas de filet de sécurité pour me rattraper à la vie. Inéluctablement, ma vie prenait la fuite, c’en était fini de moi. Tu étais assise à côté de moi, tu me tenais la main. Tu étais avec moi dans cette chambre d'hôpital où l’on m'avait transporté après ma chute parla fenêtre du deuxième étage. J'avais les yeux fermés, mais je te voyais encore mieux, comme en trois dimensions. Tu étais ici, mais ailleurs ni spectatrice ni témoin. Tu étais amnésique à moi. Fatiguée par de longs mois d’errance lorsque ta mère avait fermé définitivement la porte à la vie. Ce n'est pas le temps qui passe qui t'a abimé, c'est le chagrin. Je ne l'ai pas compris ainsi à ce moment-là. Je croyais dur comme du fer que je fusse tombé en disgrâce. Que ta mère avait emporté avec elle ton cœur. Jepensais que tu avais
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