Ayangma

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Georges Ayangma et ses parents viennent de s'installer à Nkol-Assi, un petit village perdu au fond de l'Afrique centrale. Il est le seul enfant métis issu d'une famille moderne de la classe moyenne et fréquente une école missionnaire à quelques kilomètres de chez lui. Georges Ayangma disparaît mystérieusement. Que peut-on bien découvrir dans cette campagne reculée au cœur de la forêt équatoriale qui s'apparente à une société primitive? Cette disparition aurait-elle un lien avec la découverte prédite?
Publié le : lundi 5 octobre 2015
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EAN13 : 9782336392875
Nombre de pages : 272
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Philippe AMBASSAOLINGA
AYANGMA Le destin imprévu
Roman
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(QFUHV 1RLUHV Collection fondée par Maguy Albet et Emmanuelle Moysan /D OLWWpUDWXUH DIULFDLQH HVW IRUWHPHQW YLYDQWH &HWWH FROOHFWLRQ VH YHXW OH UHIOHW GH FHWWH FUpDWLYLWp GHV $IULFDLQV HW GLDVSRUDV
'HUQLqUHV SDUXWLRQV 1ƒ %ZDQJD :$ %:$1*$Tumultes mémoriels. Debout Congo ! Il est temps de se ceindre les reins  1ƒ $XURUH &267$La complainte de l’Iroko  1ƒ $QJqOH .,1*8ePour que ton ombre murmure encore...  1ƒ /RWWLQ :(.$3(Je danserai pour toi ce soir, 1ƒ %DOL %DQND *1$$0$L’homme de cuivre, 1ƒ $ULVWRWH .$981*8Il ne s’est presque rien passé ce jour-là  1ƒ 7LpPRNR 5pP\ 6(50ePleurs dans la nuit  1ƒ %DED +$0$Kalahaldi  1ƒ )DXVWLQ .(28$/(7850<Coupe le lien !  1ƒ -RVHSK %DNKLWD 6$128Il était une fois aux Feuillantines,  1ƒ 0DULH$QJH (9,1',66,Les exilés de Douma. Tempête sur la forêt. Tome III, 1ƒ $XURUH &267$Folie blanche et magie noire. Nika l’Africaine,WRPH ,9  1ƒ .RXND $ 28('5$2*2La tragédie de Guesyaoba  1ƒ .DQJD 0DUWLQ .28$66,La signature suicide  1ƒ $\L +,//$+L’Exotique  1ƒ 6DOLI .2$/$Le cheval égaré  1ƒ $OEHUW .$0%,%,7&+(1(Demain s’appelle Liberté  1ƒ 'LDJQH )$//Mass et Saly. Chronique d’une relation difficile  1ƒ 0DUFHO 128$*2 1-(8.$0La vierge de New-Bell  1ƒ -XVWLQH 0,176$Larmes de Cendre  1ƒ 5DOSKDQLH 0:$1$ .21*2La boue de Saint-Pierre  1ƒ 8VPDDQ 3$5$<$$ %$/'(Baasammba maa Nibe nder koydol, 2012. 1ƒ 6WpSKDQLH '21*02 '-8.$Aujourd’hui, je suis mort  1ƒ 1pWR GH $*267,1,Immortels souvenirs 
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Roman
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CHAPITRE UN
Un citadin à la campagne « Ne t’en fais pas, tout va bien se passer ! » Ces mots étaient à peine suffisants pour rassurer le cœur in-quiet de Georges Ayangma qui empruntait le chemin de l’école accompagné de sa mère. Elle chantait dans la gaieté quelques can-tiques et louanges qu’il écoutait ce matin pour la première fois. Cependant, son attention était plus portée sur les jeunes écoliers joyeux qui se dirigeaient dans la même direction que lui. C’était la rentrée des classes, qui était aussi la “rentrée des pluies”. Ayangma avait presque regretté de n’avoir pas mis ses nouvelles bottes en caoutchouc ce matin lorsqu’il vit les gros nuages galoper dans le ciel. Sa mère l’avait pourtant averti : « s’il pleut, tu auras les pieds tout trempés et tu seras mal à l’aise toute la journée, je t’aurai prévenu ! » Mais, de peur de paraître ridicule aux yeux de ses nouveaux camarades en portant des bottes alors que le sol était encore sec, il avait préféré ses chaussures sem-blables à des godasses en cuir. Il savait déjà qu’il attirerait l’attention de pas mal de monde en ce premier jour de classe. Aussi, il ne voulait pas rajouter un détail qui le gênerait. L’agitation au loin annonçait qu’ils étaient presque arrivés à l’école primaire du Sacré Cœur d’Okola. La grande cour de l’école en latérite s’ouvrant à eux, dévoilait une foule d’élèves criarde, jouant de tout part. Au beau milieu de la place, on percevait facile-ment le petit terre-plein en béton de deux marches où était planté un poteau à tube pour l’élévation du drapeau. Le bâtiment de couleur marron (qui masquait bien la poussière) formait comme
un L. Il était composé de grandes salles de classe protégées par des poteaux juxtaposant la longue véranda. Devant le secteur administratif, des personnes s’étaient entas-sées et observaient la cour de récréation encore peuplée de gamins courant à tue-tête. Petit à petit, les regards indiscrets des parents et élèves se posèrent sur les deux arrivants, suscitant des sourires et chuchotements. Déjà habitués à se faire remarquer même sans nulle intention, ils s’étaient renseignés pour les formalités chez les personnes les plus proches. Il fallait patienter un peu pour rencon-trer un responsable administratif. Les bancs aménagés à l’extérieur étaient tous occupés. La plupart des personnes attendaient patiem-ment, debout, et semblaient avoir du temps pour la journée. — Madame, c’est votre enfant ? lui demanda une femme à côté, la tête enturbannée d’un ruban bleu nuit assortie à son en-semble. Elle portait un bébé à son dos qu’elle avait attaché à l’aide d’un grand foulard et elle ne cachait pas son enthousiasme à vou-loir converser. — Oui, bien sûr ! Pourquoi cette question ? demanda la mère de Georges Ayangma, qui se doutait bien où voulait en venir la dame. — Excusez-moi si la question vous gêne, fit encore la femme qui gardait le sourire. Je suis juste un peu surprise de voir un jeune métis dans cet établissement. On n’en voit pas tous les jours, vous savez ! Il est très beau. L’avez-vous inscrit ? — Son père l’a déjà fait ! Je suis venue l’accompagner pour son premier jour et je voudrais connaître sa salle de classe. — Normalement, vous devriez avoir la classe marquée sur le reçu que l’on vous a remis. — Je suis au CMII, intervint Georges Ayangma qui s’invita sans gêne dans la conversation. Une lueur d’étonnement traversa la dame qui, sans doute, paraissait ravie de l’éveil du jeune garçon. — Mon fils aussi est au CMII, répliqua-t-elle. Tenez ! Il y a la liste des élèves affichée là-bas. Vous pouvez aller la consulter comme le font les autres. Un quart d’heure après, ils revinrent auprès de la femme.
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— Je suis au CMII B ! déclara Ayangma en revenant, à l’adresse de la femme qui leur avait indiqué le babillard. — Tu es dans la classe de monsieur Crépin ! lui affirma le fils de cette dernière fièrement. Moi, je suis dans la classe de monsieur Janvier, il est très gentil. Mais toi, tu n’as pas de chance, car mon-sieur Crépin est méchant. Cette nouvelle fit perdre tout à coup l’enthousiasme d’Ayangma. « N’y aurait-il pas la possibilité de changer de classe pour être dans celle de monsieur Janvier ? » — Il n’y a pas de maître d’école méchant ici, intervint la dame à l’adresse de son fils enthousiaste. Si tu fais ce que te dit ton instituteur, si tu fais tes devoirs et que tu obéis, tu n’auras pas de problèmes. — C’est bien juste, renchérit la maman d’Ayangma. Donc, ça ne sert à rien d’avoir peur, ni de t’inquiéter, Georges. Autour de lui, ça s’agitait. Les enfants piaillant de toutes parts tels des oiseaux. La mère avait trouvé en quelques secondes le nom de son fils sur la liste affichée à l’entrée de la classe, puisqu’il commençait par la lettre A. Puis Georges la raccompagna dans la cour tout en suivant ses recommandations : « j’aimerai que tu t’asseyes au premier banc lorsque tu prendras ta place en classe. Car même s’il y a du bruit, il faut que tu suives attentivement ce que dit le maître… » Peu de temps après, ils constatèrent que le ciel s’était peu à peu dégagé et qu’il ne pleuvrait sûrement pas. Après quelques conseils, elle s’en alla. Seul au milieu de cette co-horte d’inconnus, il chercha discrètement à se tenir devant sa nouvelle salle de classe. Il n’avait échappé à aucun regard circons-pect de ses camarades. Il aperçut au-devant de la véranda une vieille jante suspendue à l’aide d’une corde attachée à un tréteau. Ayangma se demandait à quoi elle pourait bien servir. Il s’approcha de sa salle de classe à pas lents. Quelques jeunes filles le regardaient en souriant. À peine franchi le seuil de la porte, il eut l’impression d’interrompre toute occupation des jeunes gens qui s’étaient alors concentrés sur lui. Le grand tableau noir et le bureau du coin représentaient le seul décor de cette salle aux murs en dur dont la peinture estompée laissait entrevoir des carrés de parpaings. Au-
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