Babyleo

De
Publié par

Babyleo, archiviste de la ville de Menton au tournant des 16e et 17e siècles, dévoilera au lecteur certains secrets des Mentonnais et l'entraînera dans une odyssée méditerranéenne digne de celle d'Ulysse. Une confrontation dangereuse avec l'Inquisition et ses zélateurs le plongera, à son corps défendant, dans des aventures chaque jour plus périlleuses, souvent dramatiques mais parfois aussi burlesques. Des rencontres improbables avec des personnages hauts en couleurs pimentent le récit.
Publié le : mercredi 2 décembre 2015
Lecture(s) : 8
EAN13 : 9782336397665
Nombre de pages : 352
Prix de location à la page : 0,0172€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
JOSEPHDALSTEIN
BabyleRomoan
Babyleo
Joseph Dalstein
Babyleo
Roman
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07093-3 EAN : 9782343070933
BABYLEO
à Elisabeth Véronique et Myriam Stéphane et Fabienne Jean-Christophe, Odile et Iris
avec mes remerciements à Jeanine Nicolas Michel Marie-Christine de Menton
Si on n'espère pas on ne trouvera pas l'inespéré
Héraclite
PROLOGUE
Quand cette histoire débute, nous sommes à la fin de l'année 1599. Babyleo vivait à Menton depuis de longues années. Pourquoi Menton ? La question est judicieuse mais comme la réponse est dénuée d’intérêt, je me contenterai de dire : « Pourquoi pas Menton ? » En effet, Menton est une ville singulière, tout à fait charmante, peuplée de gens prédisposés à vivre heureux dans un cadre agréable qui leur permet de jouir au mieux de la qualité de vie que peut offrir cette ville cachée sur la riviera italienne ou française, c’est selon, à moins qu’elle ne soit sous obédience monégasque ? Est-ce vraiment important ? Mais je ne voudrais pas laisser croire que l’histoire de Babyleo est ordinaire. C’est tout le contraire. Une histoire aussi étrange ne peut se dérouler que dans un cadre inhabituel, où la beauté des paysages et la douceur de vivre rendent possible l’inattendu et dissimulent la part d’ombre qui explique toujours pourquoi tant de secrets se dérobent à notre perspicacité. Les aventures de Babyleo s’inscrivent dans cette errance méditerranéenne que n’auraient pas reniée les héros grecs de l’Odyssée. Son père, hanté toute sa vie par les aventures d’Ulysse, avait refait les voyages de son héros tutélaire avant d’aboutir à Menton. Babyleo avait réuni une magnifique collection de parchemins dans les Archives de l’Hôtel de Ville, qui n’intéressaient personne à part lui. Peu à peu il avait découvert que Menton se situait au confluent de multiples forces convergentes Nord Sud et Est Ouest. Poste avancé de l’Occident dans la Méditerranée, Menton était à la fois adossée aux grands royaumes du Nord et tournée vers l’Afrique vers laquelle la mer Méditerranée offrait l’accès. Mais Menton se situait aussi au croisement de connexions entre l’Orient et l’Occident. De multiples routes se croisaient sur ces côtes. Depuis la Chine elles poussaient leurs ramifications jusqu’à Menton et bien au-delà, où elles se heurtaient aux limites du monde, se perdant dans l’océan atlantique ouvert sur l’immensité de l’univers. Mais Babyleo devina que ce n’était pas du goût de l’Inquisition qui voulait contrôler les limites du monde et imposer sa version de la vérité. On connaît la formule de Galilée : « Et pourtant elle tourne ! », formule prononcée après qu’il fut contraint d’abjurer sa découverte comme contraire à la vérité révélée par Dieu.
7
Babyleo détestait l’Inquisition qui faisait du terrorisme intellectuel avec sa chasse aux hérétiques et ses exécutions de sorcières. Le véritable enjeu était que la papauté garde son pouvoir sur la pensée occidentale qui ne devait pas évoluer vers un épanouissement de la raison permettant à l’homme de s’affranchir de la tutelle de l’Eglise. La création était d’abord un ordre moral auquel l’homme devait se soumettre. Et non un jardin d’Éden que les hommes de demain allaient explorer librement quitte à y connaître le bonheur en ignorant le Dieu révélé venu sur terre pour sauver les hommes. Babyleo s’était finalement résigné à être le scribe archiviste de la ville de Menton. Les chemins aventureux de son père sur les traces d’Ulysse avaient abouti à des impasses. Il ne céderait pas aux mêmes sirènes de mauvais augure : à quoi bon ? Était-il satisfait de son sort ? Autant qu’on peut l’être, c’est-à-dire passablement, mais il restait bien des fantasmes inassouvis au fond de sa besace. Il suffisait sans doute d’une petite chiquenaude du hasard pour mettre en mouvement les profondeurs insoupçonnées qui sommeillent en chacun de nous. C’est ainsi que l’humanité va son petit bonhomme de chemin de siècle en siècle et l’histoire de Babyleo se déroule selon ses lois propres, dans une époque qui vaut bien la nôtre. C’est une petite musique de rien du tout, parfois très belle, parfois un peu désaccordée. Elle vient de loin comme un doux murmure, mais peu à peu elle prend de l’ampleur. Le violon solo s’adjoint d’autres instruments à cordes avant que l’orchestre ne laisse éclater toute la puissance des cuivres. Je vous invite à en découvrir les harmoniques étranges, du pianissimo au fortissimo, selon vos envies.
8
1 Où l’on découvre l'étonnantpersonnage de Babyleo dans la ville de Menton Tout le monde connaissait Babyleo, l’archiviste de la ville Menton, ou en avait entendu parler. Beaucoup ne l’avaient jamais vu, parce qu’il ne sortait guère. Depuis des années il s'occupait du cadastre et des archives dans l'Administration Municipale. A ce titre il disposait librement de son bureau eu égard aux services éminents qu'il rendait, même si personne ne savait au juste ce qu'il faisait. Personne n’aurait osé s’opposer à Babyleo, tellement sa science et son autorité naturelle en imposaient à tous, y compris au premier magistrat de la ville qui manifestait une déférence inhabituelle à son égard quand par hasard il le croisait dans les couloirs. « Mes respects, Maître. J’espère que la santé de l’archiviste est bonne malgré la charge de ses obligations ! » Très généralement Babyleo continuait son chemin sans donner l’impression que les formules de politesse et de flagornerie étaient parvenues à ses oreilles. Il lui arrivait aussi bien de s’arrêter et de serrer la main au premier magistrat de la ville à qui il rendait la politesse : « J’espère que Monsieur le Grand Échevin ne plie pas sous la charge écrasante de sa fonction ! » Il entretenait ainsi avec un sourire exquis sa réputation de savant distrait. 1 C’est l’arrivée de Hildegaard à Menton qui bouleversa la vie de Babyleo. Les procès mis en scène par le Grand Inquisiteur ne semblaient jamais intéresser Babyleo. Personne ne savait comment l’arrivée de la femme du Grand Nord parvint à ses oreilles, puisqu’il vivait en reclus, sa maison jouxtant les Services Municipaux où il se rendait de surcroît en empruntant un passage secret. Une chose inouïe se produisit le lendemain de l’arrivée de Hildegaard, émissaire de l'île aux Moines située dans la lointaine Scandinavie. Babyleo se mêla aux badauds qui faisaient les curieux devant le Tribunal de la Sainte Inquisition. Il ne passait pas inaperçu : il portait une vaste tunique de lin blanc sur un pantalon noir. Sa haute taille était encore rehaussée 1 ème Hildegaard von Bingen a vécu au XII siècle. Sa notoriété fut telle que son nom a souvent été repris dans les siècles suivants, en particulier dans les pays de l'Europe du Nord.
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.