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Cargaison mortelle à Abidjan

De
56 pages
En août 2006, le Probo Koala, ce navire affrété par une société néerlando-suisse déchargea dans le port d'Abidjan plusieurs centaines de tonnes de déchets hautement toxiques, provoquant la mort de 17 personnes et l'intoxication de plusieurs milliers d'autres. Le camerounais Japhet Miagotar aborde ce sujet sensible avec une colère froide, dans cet album qui met à nu les mécanismes d'une forme de piraterie internationale, avec des personnages inspiré des masques africains.
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JAPHET MIAGOTAR
cargaison
mortelle
a abidjan
1© 2012 L’Harmattan éditions
Tous droits réservés pour tous pays y compris le Cameroun.
Dépôt légal juillet 2012 - première édition.
ISBN : 978-2-296-99398-3
Direction artistique et maquette : Hobopok.
Achevé d’imprimer en juillet 2012 par IGO au Poiré-sur-Vie (Vendée).
2avant-propos
L’affaire du Probo Koala remonte à l’année 2006. Elle a pour cadre Abidjan,
capitale économique de la Côte d’Ivoire.
Le Probo Koala est un navire vraquier immatriculé au Panama, dont l’équipage
est russe, appartenant à une compagnie grecque et affrété par la société
néerlando-suisse Trafgura. En août 2006, ce navire décharge dans le port d’Abidjan
581 tonnes de déchets hautement toxiques (un mélange de pétrole, de
sulfure d’hydrogène, de phénols, de soude caustique et de composés organiques
sulfurés). Répandus en ville, sans aucune précaution particulière, souvent à
proximité immédiate d’habitations dans des quartiers populaires, ces déchets,
sans doute mélangés à de l’acide, provoquent des émanations de gaz mortels
qui entraînent la mort de dix-sept personnes et l’intoxication de dizaines de
milliers d’autres.
S’ensuit un tollé aussi bien local qu’international, marqué par moult péripéties
(inculpation des dirigeants de Trafgura, révocation de deux ministres et de
différents responsables du port et de la douane, manifestations et lynchages par
la population excédée). Pourtant dès février 2007, la société Trafgura et l’Etat
ivoirien signent un protocole d’accord prévoyant un colossal dédommagement
fnancier de 100 milliards de francs CFA (152 millions d’euros) en échange de
l’abandon de toute poursuite judiciaire contre la société.
Le procès qui s’est tenu en septembre 2008 n’a concerné que des lampistes.
Aucun responsable de Trafgura ou du gouvernement ivoirien ne fut inquiété.
Les victimes ne furent pas, ou très peu, indemnisées.
Cette affaire est fortement symbolique de la fâcheuse tendance qu’ont
certaines sociétés multinationales à considérer le continent africain comme une
poubelle, en y déversant plusieurs milliers de tonnes de déchets toxiques
chaque année.
Cet album s’inspire de cette histoire.
345

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