Carnet d'un nouveau né

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Au commencement quelque chose comme la mer. L'eau. Beaucoup d'eau, j'ai peur de toucher cela
avec des mots. Une larme douce n'en est pas une. Il faut un grain de sel pour toujours rappeler la mer ou le corps.
Il faut. Il faut. Ô toi qui nie tout par un cri. Tu abolis toutes les lois dès que subitement tu tends les bras.
Et cette montagne qui cubutera. Il faut. Ô toi.
Il faut toujours au fond de soi qu'un enfant dorme serrant ses poings et qu'à une grande distance, un père une mère se fondent en un.
Que la mer soit témoin ou que le soleil oublie son chemin.
Publié le : dimanche 1 juin 2003
Lecture(s) : 25
EAN13 : 9782296325890
Nombre de pages : 72
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Thérèse AOUAD BASBOUS

CARNET D'UN NOUVEAU-NÉ

L'Hartnattan

~ L'Harmattan,

2003

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest

ISBN: 2-7475-4648-9

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Au commencement quelque chose comme la mer. L'eau. Beaucoup d'eau. J'ai peur de toucher cela avec des mots. Cela est si fragile. Déjà l'existence propre. En elle-même. Dépendant de tout et d'elle-même. D'un rien. Une percée entre des milliards de copains restés en rade en chemin. Un vainqueur. Un cascadeur. Un aventurier s'est baladé là où il était défendu pour l'instant. Et n'a plus fait marche arrière. Par coïncidence. Par chance. Par force extrême craquant tout.
Beyrouth, le 7 Février 98

Moi aussi je suis dans le grand blanc. Mais mousseux. Parfois chaotique. Quoique bercé toujours et protégé inexorablement par mille parois douces et chaudes et liquides mais où intervient une mollesse rigoureuse et souple. On dirait que je suis pris dans un immense filet aux tendres filaments d'argent. Plutôt dans une éponge immense comme la planète d'où j'ai chuté un beau matin de Janvier entre quelques fleurs d'amandiers. Un vert éparpillé et beaucoup beaucoup de pierres escarpées. Mes yeux-poissons sont constamment baignés par la mer que j'entends. Qu'est-ce que le bleu? Qu'est-ce que l'Azur?

10

Toutes mes cellules touchent ces flots cléments. D'imperceptibles vagues tremblent et moi je rame avec beaucoup de malice et d'humour et de prudence. Car je suis seul. Déjà seul à mener ma barque à travers cet océan si grand si vaste que maman a peur de ma fragilité... quoique parfois elle me croit ogre ou baleine ou scaphandrier. Papa sourit. M'envoie un oxygène clair. Il sait déjà que je suis solide dans du liquide mais costaud. Par désir de les voir. Mais je prends mon temps. Tout mon temps. Maintenant que j'ai jeté l'ancre sur ce bon port. Je m'accroche avec tous mes tentacules.

Il

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