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Celle qui n'aimait pas les hommes

De
232 pages
Nous sommes en Algérie, au sortir d'une longue nuit de violence. La société montre sa soif de vie. Portes et fenêtres s'entrouvrent. Tout redevient comme avant. De cela, la jeune Sarah n'en veut pas. Comme avant, signifie que le pouvoir resterait entre les mains des hommes. Pourquoi s'y résigner ? Grandie dans la tourmente, Sarah a vu tant d'hommes fermer les yeux et baisser la tête face à l'ennemi commun. Aidée par son jeune frère Salim, elle choisit la stratégie de l'affrontement.
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Celle qui n’aimait pas les hommes
Photo de couverture (DR)
© Éditions Acoria, octobre 2007 Caya Makhélé, éditeur acoriadiffusion@free.fr www.acoria.net
ISBN 978-2-35572-000-0
Conception graphique de la collection : Ifé Orisha
Fayçal Chehat
Celle qui n’aimait pas les hommes
ROMAN
Pour Nadia et Sarah, prunelles de mes yeux Pour Fadila et Farouk… partis si tôt
ORAN, RETOUR DE WEEK-END
Dans la grande gare d'Oran, jadis coquette, l'horloge affi-chait onze heures. Théoriquement, le train à destination d’Alger s'ébranlait à onze heures trente-cinq. Sarah demanda à son frère Salim d’aller lui chercher une tasse de café. Elle éprouvait un besoin vital d’avaler quelque chose pour se détendre, même si le café n'était pas la boisson la mieux indiquée. En fait, elle avait besoin de ça pour se donner une contenance. Elle était mal à l'aise dans ce hall immense bondé de voyageurs, accompagna-teurs, revendeurs à la sauvette, chômeurs, pickpockets, et fem-mes de petite vertu dont le port original du haïk blanc dévoilait le galbe d'une jambe ou la rondeur d'un genou. Et puis, il y avait tous ces paysans chargés de sacs hétéroclites, impatients de rejoindre les gros bourgs agricoles éparpillés sur la longue bande de terre fertile qui court d'Oran jusqu'à la plaine du Cheliff. Villages sans âme, aux noms souvent fleuris mais à l'es-thétique peu inspirée. Salim revint avec le café brûlant dans un verre à thé qu'il tenait à l’aide d'un mouchoir en papier. En offrant la boisson à Sarah, il mit la main gauche sur son épaule et perçut un léger tressaillement : — Ne t'en fais pasCœur d'amande, lui murmura-t-il. « Cœur d’amande » était le surnom affectueux qu’il avait choisi de don-ner à sa sœur aînée. Tout va très bien se passer. J’ai déjà les bil-lets. En lui rendant les clés ce matin, Hassan m'a assuré que son copain le contrôleur nous a réservé de bonnes places en pre-mière classe. Une fois dans le train, tu pourras faire un petit somme. Je te donnerai un anxiolytique, j'en ai toujours sur moi.
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Celle qui n’aimait pas les hommes
Maintenant ça ne sert à rien de gamberger. Ce que nous avons fait ceweek-end, nous l'avonsvoulu, patiemment organisé et planifié depuis des semaines. C'est fait et bien fait. Nous ne ris-quons rien. Comme d’habitude, il nous suffit de garder la tête froide. Allons, c’est tout de même notre cinquième expédition ! Une fois à Alger, nous reprendrons nos occupations. Hassan neva pas tarder à arriver. Il tient absolument à te connaître. Il ne faut pas oublier que pour lui, tu es ma fiancée. Surtout, ne commets pas d'impair, s’il te plaît. De toute façon, je ne pouvais différer plus longtemps cette rencontre. Je lui ai tellement parlé de toi et du besoin qu’on avait de trouver un lieu tranquille pour nos ren-dez-vous amoureux. Il faut reconnaître que la maison de campagne qu'il nous prête est une belle opportunité. Hassan n'est pas un fouille-merde. Depuis qu’onyséjourne, il n'a jamais cherché à nous rendrevisite. Et si on ne l'yinvite pas, il restera à sa place. Je crois qu'il est rassuré à mon sujet. Maintenant, ilva me fiche une paixroyale jusqu'à la fin des temps. Cette affirmation eut le don de réveiller Sarah. À quel sujet Hassan est-il rassuré ? — Tu devrais le savoir. Ne suis-je pas ton ami et équipier fidèle depuis des années ? Véritable coureur de jupons, Hassan avait fini par remarquer que les femmes me laissaient indiffé-rent. Je n'allais pas auxputes et je ne faisais pas preuve d’un réel enthousiasme dans l'exercice de la drague, sport favori de sa bande. Lorsque je lui rendaisvisite à Oran, il adorait m'apostro-pher de la sorte : « Alors, Salim, tous les Algérois sont des pédés ou bien tu es l'exception qui confirme la règle du machisme dont ils se prévalent ? » Depuis que je lui ai parlé de toi, il avoue comprendre les raisons de ma réserve. Il imagine que nous filons le parfait amour. Il neviendra jamais nous déranger
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