Cet œil brillant qui la fixait

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Alors que son château est attaqué, la jeune Gwendolyn cherche à apercevoir la Créature le protégeant, hâtant ainsi son destin…

Publié le : dimanche 12 janvier 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791093004044
Nombre de pages : 19
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Extrait

Les cloches sonnaient, sonnaient sans jamais se taire. Des voix d’airain, forgées pour les alarmes. Brutales et nécessaires, seules capables d’arracher tout un château à ses rêves diurnes. Car il se dressait là, immense et solitaire, tout en moellons noirauds festonnés de mousses blafardes et d’écharpes de brume. Un monstre de roche équarrie, un colosse écrasant l’île au cœur du lac – au point qu’on n’en devinait plus que les arpents laissés, en matière d’enclos et de courettes, au mitan des remparts. Fusion des deux ouvrages : celui de la nature et celui des mains de ces hommes-là, de leurs ancêtres moins pâles… Les vagues clapotaient, se hissaient parfois pour mieux lécher les flancs démesurés, en polir avec amour tout le soubassement, et engraisser les mousses que l’on récoltait pour les déguster en salade. Car en ce château, on avait conclu jadis un pacte étrange avec la Créature du Lac, et l’eau se souvenait qu’elle avait aidé à bâtir autant que les maçons et les tailleurs de pierres.

Les cloches sonnaient, sonnaient. Des clameurs de guerre enflaient dans leur sillage. On s’arrachait à l’étreinte des draps sans s’étonner ni geindre. L’habitude empêchait la panique. Chacun savait ce qu’il avait à faire, où il devait se rendre. On se pliait aux ordres formulés bien des années auparavant, on respectait le sage principe de précaution, et l’on souriait par devers soi, tant l’on se fiait à l’épaisseur des murs, à la précision des archers, et à la puissance protectrice de la Créature.
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