Chère petite montagne

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Un enfant qui a tout pour être heureux...Il habite un village perdu au temps de l'Occupation et de la peur des représailles...Le narrateur, pour nous emmener dans ce bout du monde, entrecroise fragments, descriptions et micro récits. L'auteur nous livre un premier roman à l'écriture subtile où se mêlent charme et sensibilité. Un regard décalé sur un monde en voie de disparition ou déjà disparu. En ce temps-là, on pratiquait l'écologie sans dire le mot.
Publié le : vendredi 1 octobre 2010
Lecture(s) : 281
EAN13 : 9782336260372
Nombre de pages : 237
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Vers l’âge de raison
l court, il court... là-bas... tu le vois en contrebas du champ ?... I Oui... du champ labouré... Il longe la haie qui le borde... tu le vois, cette fois ? Il court... Il court à perdre haleine. Il se tient collé à la haie, il la frôle, évitant la première raie labourée. De temps en temps son pied gauche s'affale au fond du sillon... Il perd l'équilibre... ... il va chuter... ... non, il se rétablit... de justesse, happé par le vide, il bondit et repart. Il court, serré dans l'espace étroit de ces deux lignes, la haie, la raie.... approche, n’hésite pas… tu le distingues nette-ment n’est-ce pas… si tu étais plus prìs, tu pourrais presque entendre et suivre sa respiration…... halètement, air aspiré, rejeté, bruyamment... la bouche ouverte... Comme il dit :ça trisse.Maintenant, il s'éloigne... Le champ qu'il suit sur son bord, est tout en longueur, strié de longues lignes parallèles. On pourrait penser qu'il vient d'être fraîchement labouré, les sillons sont peu profonds, en fait c'était un champ de pommes de terre, elles viennent d'être ra-massées, les rangs ont été ouverts à l'arracheuse, un soc plus petit que celui de la charrue, toutes deux tirées par des bœufs.
10CHÈRE PETITE MONTAGNE
Le champ est un rectangle brun au milieu d'une étendue verte. Le fond des sillons plus sombre. Les mottes accrochent les rayons du soleil qui décline.
Le champ, ainsi que le terrain alentour, est en faible pente, mais cette pente, loin d'être uniforme, est ondulée, des creux, des bosses, comme ici, un léger bombement ; dans le loin-tain, une sorte de cuvette.
Le champ : côté bas une haie, plus haut des prés, en bout une autre haie... ou plutôt un talus, un énorme dos d'âne, non seulement couvert d'arbustes, mais d’arbres. Ce talus, c'est ce qu'il appelle unmurger. Sans doute, à l'origine, la courbe de niveau n'était arrêtée par rien et le regard pouvait continuer au-delà. Ça : il l'apprendra plus tard, pour l'instant, il est tout entier dans sa course...
À l'époque, où les hommes se sont construit des huttes, et ont commencé à cultiver le sol, ils ont dû défricher peu à peu. Des champs pleins de cailloux. Avec des paniers en osier tressé, ou simplement dans les bras quand il s'agissait des plus gros, parfois à plusieurs pour les énormes, ils en ont transporté de grandes quantités au bout des parcelles. Petit à petit, ces tas sont devenus de véritables talus. Encore, de son temps, en ramassant les pommes de terre, quand un caillou de taille moyenne appa-raissait, déterré en même temps que celles-ci, celui qui l'avait d'abord confondu avec un tubercule, le prenait à pleine main, et s'il n'était pas trop éloigné du bout du champ, l'envoyait sur la butte, qui depuis belle lurette avait produit suffisamment de terre et d'humus pour que toutes sortes de plantes, les ronces d'abord, la colonisent, puis des arbustes comme les noisetiers ou les prunelliers ou encore les viornes, et enfin un bouquet de frênes ou d'érables champêtres dominant le tout. Les enfants aussi, pour se distraire du ramassage fastidieux auquel ils parti-cipaient, aimaient particulièrement lancer les cailloux en forme de patates. Une guerre des pierres sans méchants.
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