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Chicago Requiem

De
289 pages


À la fin de l’année 1923, un corps est repêché dans le fleuve Chicago.



Les années qui suivent, chaque mois, à la même date, un homme arpente les allées du cimetière.



Il vient fleurir la tombe de la victime.



Comment celle-ci a-t-elle filé sa corde ?



L’histoire commence deux ans plus tôt, en 1921.



Elle relate les événements qui ont conduit au drame.



5,0 sur 5 étoilesAuteure à découvrir - Eric F.


5,0 sur 5 étoilesUne sombre excursion dans le Chicago des années 1920 - Lilie les miss chocolatines


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Carine FOULON
CHICAGO REQUIEM
Editions Dreamcatcher
Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite. « Le code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faites sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. » Droits d’auteurs © 2017 Editions Dreamcatcher
1921
Prologue
La roseraie
Elle s’appelait Susan Henderson. Son mari l’appelait Suzie.
« La grâce d’un cygne… » disait-on d’elle. Une pâleur majestueuse. L’apparence d’une grande dame. Elle parlait peu. Une canne au pommeau d’or à la main, elle affichait une mine altière qui lui seyait comme un gant.
Elle quittait rarement sa canne : ça lui donnait un genre, selon elle. Elle se plaignait parfois de douleurs aux jambes ou au dos. Dès l’enfance, ses parents l’avaient poussée à devenir danseuse ou actrice. Cela n’avait pas abouti.
Elle avait fini par épouser William, un fort bon parti.
Il devait souvent s’absenter. Susan, pas très à l’aise avec ses obligations maternelles, peuplait sa vie comme elle le pouvait. L’esprit le plus souvent ailleurs, elle laissait Nelly, une domestique, s’occuper de ses fils.
Elle se rendait souvent chez Richard, le cousin de William.
Il se savait bel homme. Il avait été un des footballeurs les plus athlétiques de Yale, où il avait étudié le droit. Il n’avait pas encore trente ans, mais avait déjà la réputation d’un brillant avocat. Il excellait dans tout ce qu’il entreprenait.
Le père de Richard, Charles, et son frère aîné, Cla rence, devaient parfois s’absenter pour s’occuper de la gestion de leurs entreprises ou régler des affaires familiales. En tant
que fils cadet, Richard avait plus de liberté.
Son épouse, Eileen, avait été quatre fois enceinte et deux fois mère. Elle avait perdu un fils, mort-né, et fait une fausse couche. Sa taille s’était épaissie depuis son mariage. Tout à son bonheur d’être mère, elle négligeait son appa rence. Richard, lui, était un sportif accompli. Il admirait Babe Ruth, qu’il considérait comme le meilleur joueur de base-ball de tous les temps.
Eileen cuisinait de bons petits plats, tricotait des pulls et des chaussettes à ses enfants qu’elle trouvait aussi beaux que leur père, blonds aux yeux bleus, avec une peau légèrement hâlée. Leur touchant portrait de famille comblait son cœur de mère.
Un jour d’été, Susan avait suivi Richard dans la ro seraie. Eileen allaitait encore sa petite Amelia. Elle préféra rester dans la nursery avec Nelly et les enfants. Elle leva à peine la tête quand elle vit son amie et son mari s’éloigner, dans son costume blanc qu’il trouvait du dernier chic.
Dans le jardin, Susan sentit soudain les lèvres de Richard se poser sur elle. Elle voulut crier, mais aucun son ne sortit. Des oiseaux volaient dans le ciel bleu ; le soleil brillait. Les mains de Richard la maintenaient alors qu’il lui ch uchotait des mots d’amour mêlés d’injures. Elle ne se sentait même pas la force de le repousser. Inerte. Tétanisée.
Richard était à peine étonné de voir qu’elle se laissait faire. Il contemplait son visage aussi impénétrable, aussi magnifique que celui d’une poupée de porcelaine.
Quand il se releva, il lui proposa de se revoir. Ce la valait mieux, même. Qu’en penseraient les gens si elle parlait ? Le divorce, le scandale… Tout pouvait rester discret si elle le voulait. Il était avocat, célèbre. Elle avait été actrice. Les mauvaises mœurs des comédiennes sont connues dans la haute société. Non, il était préférable de se montrer raisonnable.
Une heure plus tard, quand Susan et Richard rentrèrent, Eileen leur raconta les bêtises des enfants. Susan souhaita une tasse de thé, car s’occuper des roses, au jardin, lui avait donné soif.
Richard lança un regard furtif à Susan, dont le visage ne révélait aucun trouble, rien qui eût pu mettre la puce à l’oreille de l’observateur le plus avisé. Ses cheveux laqués étaient toujours aussi impeccables. Elle remercia Eileen qu and elle revint en souriant pour lui servir son thé, douce et aimable comme à l’accoutumée.
— Tu as orné ta robe d’une rose blanche, Susan ? Elle te va bien, remarqua Eileen.
— N’est-ce pas ? lui répondit Susan en s’efforçant de sourire.
La naïveté d’Eileen accommodait Richard. Elle ne s’ était jamais méfiée. Elle s’épanouissait dans la vie conjugale, un peu trop selon lui qui la voyait grossir et s’amollir. Il prit sa petite Amy dans ses bras. Il entendit Allan se plaindre que Thomas lui avait mis une plume dans les cheveux. Il sauta sur l’occasion :
— Susan, il faudra que tu fasses quelque chose pour punir ton fils, tout de même ! Parfois, c’est tout le portrait de son père.
Eileen éclata de rire : William avait en effet été très pénible, enfant. Il lui avait un jour mis des chenilles dans les cheveux. Susan restait de marbre, ailleurs, absente.
Plus rien n’avait d’importance.
Elle se nommait Susan Henderson. Son mari l’appelait Suzie.
Miami. Mars 1922.
Chapitre 1
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« Tous étaient gens de corde et de sac et sans frein, assoiffés du butin des villes merveilleuses. » LECONTE DE LISLE
Cinq hommes fraîchement débarqués de Chicago sortir ent de leur Packard après l’avoir garée devant la maison de Robert Cartdrige. Surnommé monsieur Bob dans le milieu, ce quinquagénaire possédait des casinos et des maisons de passe des deux côtés de la frontière avec le Mexique, jusqu’en Flo ride, où il essayait de renforcer son influence.
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