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Prologue
Aujourd’hui, le monde entier se trouve à un carrefour critique. L’avenir semble incertain et dans tout cela, l’Afrique est le continent dont le devenir pose le plus de questionnements. Dans tous les domaines, aussi bien économique, politique, social et intellectuel, l’horizon a tout l’air d’être bouché pour ce continent. Et les pays qui le composent ressentent les uns autant que les autres les effets de ces errements qui n’en finissent pas. Dans ces conditions, il devient impératif pour chaque africain sans distinction de sexe ou de religion de contribuer à rectifier le tir par sa contribution qu’il pense meilleure pour rattraper le retard de l’Afrique par rapport à d’autres continents tels que l’Europe, l’Amérique ou même l’Asie. C’est la raison d’être de ce roman-témoignage qui met en scène les péripéties rencontrées par un étudiant africain qui est retourné dans son pays natal après l’obtention de son doctorat en France, afin de contribuer à son épanouissement. Ce témoignage d’une rare sensibilité est censé véhiculer un langage terre-à-terre destiné en premier lieu aux Guinéens puis aux Africains aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur. D’autres personnes fascinées par le continent noir pourraient y trouver des sujets de délectation. Cette histoire expose tout le problème de l’Afrique bien que ce soit dans un cadre réduit. Il s’agit d’un des pays les plus pauvres du continent malgré les richesses colossales dont il regorge. Il est vrai que la Guinée est loin, à elle seule, de condenser les problèmes auxquels le continent se trouve confronté dans sa globalité. Le sujet principal évoque un phénomène socioculturel qui est commun à presque tous les Etats d’Afrique Noire : la problématique de 1 maintenir les intellectuels africains sur le continent.
1 Selon les historiens Pascal Ory et Jean-François Sirinelli, un intellectuel est « un homme du culturel, créateur ou médiateur, mis en situation d’homme du politique, producteur ou consommateur d’idéologies »inLes intellectuels en France. De l’affaire Dreyfus à nos jours, Paris, Armand Collin, 2002.
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A travers cet écrit témoignage, l’auteur a voulu faire prendre conscience aux plus hautes autorités de son pays, mais aussi du continent, que la première richesse d’une nation n’est autre que sa ressource humaine. De ce fait, on pourrait supposer que tout Etat qui n’érigerait pas de politiques lui permettant de garder ses intellectuels, qui se trouvent dans le pays est condamné à l’échec. De même qu’un pays qui ne mettrait pas sur pied des mesures attractives à l’intention de ses ressortissants se trouvant hors du territoire national est condamné à pointer à la queue des Rapports nationaux du Programme des Nations unis pour le Développement (PNUD) sur le développement humain. La conviction qui voudrait qu’une nation qui ne reconnaît pas à ses intellectuels la place qui leur revient dans la société est vouée à l’échec n’a jamais été aussi vraie pour l’Afrique d’aujourd’hui. Ce constat restant encore plus vrai pour la Guinée-Conakry. Une des causes du retard du continent Noir se situerait au niveau du fossé qui existe entre les intellectuels africains et les hommes politiques auxquels le destin du continent se trouve confié. Ce qui a pour conséquence l’état dans lequel se trouve actuellement l’Afrique Noire. Et rien ne dit que cette situation est prête de changer tant les traditions « ont la vie dure».
D’après J.-P. Sartre, « l’intellectuel est celui qui refuse d’être le moyen d’un but qui n’est pas le sien ». Toujours selon ce dernier, l’intellectuel est « quelqu’un qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ». C’est celui à qui, selon la formule de Diderot empruntée à Térence, rien de ce qui est humain n’est étranger, qui prend conscience de sa responsabilité individuelle dans une situation donnée, et qui refusant d’être complice, par son silence, des injustices ou des atrocités qui se perpétuent, partout dans le monde, utilise sa notoriété pour se faire entendre sur des questions qui ne relèvent pas forcément de son domaine de compétence, mais où l’influence qu’il exerce et le prestige, national ou international, dont il bénéficie peuvent se révéler efficaces. L’intellectuel, pour Sartre, est forcement « engagé » pour la cause de la justice, et donc en rupture avec toutes les institutions jugées oppressives.
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