Chroniques d'Ymérie

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Un jeune garçon se réveille au bord d’un chemin. Il a tout oublié de son passé. Il ne sait plus qui il est, où sont ses parents, quel est son nom. Le magicien Z’imt, un curieux vieillard qui porte sa maison sur son dos, le découvre là, dépourvu de l’usage de ses jambes et décide de prendre soin de lui. « Il n’y a que le roi qui pourra te dire qui tu es. Lui seul a le pouvoir de rassembler tous les fils de ta mémoire qui se sont rompus », lui révèle le magicien. Mais leur chemin jusqu’au palais du roi Yssingove est long et s’avérera semé d’embûches. Sur leur chemin, ils rencontreront de nouveaux amis, dont Ghilsham de Vársár le célèbre archer, héros mélancolique et désabusé.
Publié le : lundi 20 juin 2011
Lecture(s) : 153
EAN13 : 9782304030921
Nombre de pages : 309
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Chroniques d’Ymérie
Joël Pagé
Chroniques d’Ymérie L’Oiseau de pluie Tome 1
Fantasy
Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit -www.manuscrit.com-2009 ISBN : 978-2-304-03092-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304030921 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03093-8 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304030938 (livre numérique)
Chroniques d’Ymérie
I. NOUVEAUMONDE
LA PREMIÈRE sensation qui le ramena au monde, ce fut l’odeur lisse, impénétrable et fraîche des cognassiers. Dans cette espèce de marbre qui lui emprisonnait le corps il se persuada que c’était une bonne chose, que c’était bien de se réveiller sur ce chemin qui embaumait. Les parfums issus de la terre et tous ses hôtes fertiles lui étaient des manifestations quasi maternelles. Pourquoi le ressentait-il ainsi ? Il en avait oublié la cause. Une fois qu’on l’eut secoué et qu’il eut tenté de s’échapper, sans y parvenir, il sut qu’il avait perdu l’usage de ses jambes et de ses bras. Un visage apparut au-dessus du sien, se déversa au sens propre hors des nuages, hors d’un ciel idyllique. À ce visage il poussa des cheveux blancs purs qui flottaient en tous sens avec des façons tentaculaires. Ensuite vinrent un buste et des bras très forts. Le vieillard, il ressemblait à cela, retroussa ses manches et le traîna jusque dans l’ombre rectiligne des rosacées. Dans son regard planait une crainte perceptible.
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Joël Pagé Il ne sentait pas très bon. La sueur, la crasse ? Cette signature douteuse de son identité profonde lui venait peut-être du port prolongé de son espèce de manteau touffu et gris, semblable à un sapin et tout d’une étoffe indéfinissable – du loup ou du chien sauvage ? Une qualification eût été aventureuse. Ça lui donnait l’air de porter sur soi un tonneau de poil, ou plutôt d’êtreinstallé à l’intérieur comme dans une sorte de logis. Son corps avait dû y macérer à force de le garder trop longtemps sur soi, d’où l’odeur. Sur son dos, tenu à la verticale par des bandoulières d’un cuir sanglant croisées sur sa poitrine, un genre de coffre tout en bois lui remontait haut au-dessus de la tête. En d’autres lieux, dont il avait oublié les noms et les faciès Pourquoi ?s’agaça-t-il en pensée –, cela eût fait un élégant pigeonnier, un refuge pour la mue des faucons, un réceptacle à merveilles pour camelot menteur, un royaume de fortune pour un roi en errance. Il ignora comment le vieillard fit. Il sentit son bras grandir d’une façon extraordinaire, suivre une courbe légère derrière sa tête pour lui offrir un coussin de mousse et lui surélever la nuque. Alors il sut, il sut ce qu’il était, mais pas encorequiil était : un enfant en tenue de marin, tout droit sorti d’un bal masqué ou de quelque fête qui semblait avoir mal tourné pour sa petite
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