Chroniques des jours de reflux

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Publié le : vendredi 1 janvier 1993
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EAN13 : 9782296266902
Nombre de pages : 160
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Chroniques des jours de reflux

ECRI1lJRES ARABES Derniers titres parus dans la collection
N° 40 Rezzoug Leila, Apprivoiser ['insolence. N° 41 Haddadi Mohamed, La malédiction. N° 42 Berezak Fatiha, Le regard Aquarel II. N° 43 Benkecroum-Covlet Antoinette, Gardien du seuil. N° 44 Moulessehoul Mohamed, De l'autre côté de la ville. N° 45 Ghachem Moncef, Cap Africa. N° 46 Al Harndani Salah, Au-dessus de la table, un ciel. N° 47 Bensoussan Albert, Mirage à trois. N° 48 Koroghli Ammar, Les menottes au quotidien. N° 49 Zenou Gilles, Les Nuits. N° 50 Fares Tewftk, Empreintes de silences. N° 51 Tamza Arriz, Ombres. N° 52 Bouissef-Rekab Driss, A l'ombre de Lalla Chafia. N° 53 Kessas Ferrudja, Beur's story. N° 54 Bourkhis Ridha, Un retour au pays du bon Dieu. N° 55 Nouzha Fassi, Le ressac. N° 56 Hellal Abderrezac, Place de la régence. N° 57 Karou Mohd, Les enfants de l'ogresse. N° 58 Nabulsi Layla, Terrain vague. N° 59 Sadouni Brahim, Le drapeau. N° 60 Sefouane Fatiha, L'enfant de la haine. N° 61EI Moubaraki, Zakaria, premier voyage. N° 62 Bensoussan Albert, Visage de ton absence. N° 63 Guedj Max, L'homme au basilic. N° 64 Bensoussan Albert, La ma rra nne. N° 65 Falaki Reda, La ballade du berbère. Un exilé et L'Algérie d'autrefois. N° 66 Bahgat Ahmad, Mémoires de Ramadan, Egypte. N° 67 Sama! Sharif, Les rêves fous d'un lanceur de pierres. N° 68 Ammar Koroghli, Sous l'exil l'espoir. N° 69 Ammar Koroghli, Mémoires d'immigré. N° 70 Abdallah Saaf, chroniques des jours de reflux.

Abdallah SAAF

Chroniques des jours de reflux

Editions L'Harmattan 5-7, rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

En couverture: d'après une illustration d'Abdelkader Chaoui
@ Harmattan, 1993 ISBN 2-7384-1309-9

CONTER LE REFLUX
Et voilà que subitement, tu m'écris. Tu me demandes de te conter ce qui s'est passé au cours des dernières années. Je promets de le faire de mes tréfonds, avec force détails. Pas d'analyse, pas d'écriture rapport, pas le code conventionnel du discours politique entre militants de gauche, mais la recherche de la communication intense, la prospection des angoisses, l'écoute des silences... Jadis, nous nous confions l'un à l'autre. Exceptionnels étaient nos échanges. Depuis ton exil, je me suis mis à consigner mes faits de vie dans. des cahiers d'écoliers, par besoin, puis par habitude. Cela a fini par devenir une sorte de manie; après chaque fait "important", je me devais de créer le temps d'écrire impressions, sentiments, interrogations, pertes de vérités... Tu veux savoir l'essentiel de nos années de détresse? Je te ferai lire les notes accumulées dans mes cahiers. Je ne m'emploierai pas à te faire l'histoire du mouvement, ni le récit romancé de moments et de séquences marquantes, ni une autobiographie déguisée, mais la description, aussi réaliste que possible, de moments significatifs puisés dans les deux dernières décennies de nos évolutions, je te transcrirai des dialogues édifiants avec des personnages symboliques, je te dévoilerai une cOlTespondance significative, je te communiquerai 7

des comptes-rendus de réunions déterminantes, des notes de voyage, des feuillets de journal. Je t'infonne aussi que j'ai pris l'habitude de vivre les

choses de notre vie de manière discontinue, de manière
non-linéaire, sans la tension des témoignages cumulatifs, sans montée ni chute tragiques. Dans ma tête, les parties éparses de notre expérience se livrent comme des fragments, des coupures que l'on peut monter ou démonter sans cesse. Il n'est pas facile de trouver la manière appropriée de présenter l'évolution de ce que l'on appelle souvent ici "gauchisme", "mouvement marxiste-léniniste" , "Gaucheextrême", "Gauche-radicale", "Gauche nouvelle..." Peu importe, me semble-t-il, les déterminations, et même, peu importe l'appréciation que l'on en fait, pour peu que l'on s'accorde sur ce que l'on identifie ainsi, mais m'assaille de bout en bout la question de savoir comment en faire une histoire en restituant l'essentiel de la signification, faite uniquement de moments expressifs. La vérité historique, par définition, par obligation académique aussi, trop référentielle et trop documentaire, si elle est possible en ces lieux excessivement sensibles de l'histoire immédiate, là où celle-ci interpelle des événements courants, là où elle peut impliquer, positionner, co'mpromettre, sanctionner, doit s'alourdir de mille preuves, de mille appuis, même au point d'y perdre vie et âme. Ici, les dates, les lieux, les personnages, les événements quantitatifs et qualitatifs, lorsqu'on y peut se référer avec quelque précision, constituent des repères déterminants, nécessaires : il s'impose de reconstituer leur configuration essentielle, de toucher ce qui en constitue le coeur et les entrailles, d'en cerner le sens. Autrement, auraient-ils plus de vie que dans les fiches policières, ou dans les recherches historiques érudites? En tentant de le faire, voici que les informations, témoignages, paraissent en fin de 8.

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compte trop liés aux circonstances individuelles, personnelles, des acteurs côtoyés pendant la quête de ces vérités. Celles-ci semblent condamnées, au moins pour un temps indéterminé, à rester particulières. Le texte de l'histoire abrégée des courants dits gauchistes, montré aux éléments qui les ont animés jadis, suscite chaque fois de leur part des compléments d'information, de nouvelles précisions, peut-être des interprétations différentes et même, très souvent, ces attitudes laissant entendre que tout ne peut être ni dit, ni même connu, pour le moment du moins, et puis toutes les variétés de silence... Mais qu'est-ce que la vérité dans des récits d'itinéraires politiques? L'histoire de ce gauchisme, histoire intensément tragique et toute relative à la fois, est celle de confrontations d'absolus: celui du pouvoir de la gauche traditionnelle, de la nouvelle gauche et d'autres encore. En ces lieux de puissantes subjectivités, les mots tracés dans mes carnets, entre le moment où ils ont été écrits pour la première fois et aujourd'hui où je les relis pour les réécrire un peu, ont changé de sens. Ma vérité reste encore absolue, elle n'a cessé de gagner en absolu, les brisures, les échecs n'ont cessé de renforcer, d'-amplifier son contenu, et ses pourtours absolus. Son imperméabilité est ascendante, à l'épreuve de la haine des uns, de l'opportunisme des autres, de la jactance des parasites, des vautours, des bureaucrates, de l'hémorragie interne, et de la décomposition de notre propre conscience...Elle ne cesse de s'absolutiser encore plus. Je lis souvent ces derniers temps que pour aborder le sujet, en raison des passions qu'il déclenche nécessairement, seuls ceux qui prennent leur distance vis...à-visde lui, et se neutralisent en quelque sorte, peuvent aujourd'hui encore en parler avec sérénité. Le gauchisme local n'aurait engendré que des adhésions, de fortes sympathies ou alors des hostilités irréductibles, mais je sais que tous les acteurs 9

y ont immensément investi de leur vie physique et symbolique pour qu'ici la vérité ne soit pas qu'une simple affaire de neutralité. Pourrais-je ne pas écouter avec grand respect ceux qui, aujourd'hui, proclament leur distance vis-à-vis de l'expérience, ou à partir d'une extériorité hautaine, arbitrairement dédaigneuse, comme s'il se fût agi d'une maladie passagère, infantile, sinon honteuse, un temps mort, des années gâchées de leur vie? Comment ne pas être attentif, et même admiratif, vis-à-vis de ces poses d'intellectuels chargés d'épreuves, ridés comme de vieux lions, héros fatigués d'avoir essayé et échoué, et qui nous signifient qu'ils ne sont plus dans ces luttes, engagés qu'ils sont dans des méta-luttes dont nous ne pourrons pas être encore? En parler donc, moi aussi, mais en étant presque à l'intérieur, à partir de mes propres attaches et depuis le fond de cette expérience, du moins depuis qu'elle m'a intégré dans son parcours. Car, ami, cet "intérieur", je n'ai jamais été sûr, et je ne suis pas encore sûr d'y être. C'est par fragments qu'il s'est offert à moi, et cela alors même qu'une bonne partie de sa trajectoire s'était d'ores et déjà dessinée. Je devrais peut-être passer mon chemin et ne pas trop me perdre dans ces affaires aléatoires, contingentes, tenter de faire de la science sociale, une science sociale de plus en plus pure, abstraite, lointaine. Je pourrais me convertir en développementiste, en "développeur", en érudit des siècles passés, des mouvements sociaux ou des élites, des oasis, des montagnes du nord, de l'est et du sud, des douars sans lendemains, des jeunesses et des féminités brimées, mortifiées...Là où chaque effort, chaque instant, chaque conquête a son pesant de science.et de pouvoir... Mais voilà ami que je sais maintenant que j'écris pour moi-même, pour ma propre édification. J'ai peut être plus besoin que toi de me remémorer ces récits, de relire ces 10'

notes disparates, de les reconstituer, de les réordonner et d'y réfléchir de nouveau et encore... Trop de défaillance autour de nous et cette versatilité qui nous investit à n'en plus finir, de la démobilisation existentielle, des renversements travestis, de la fausse crispation: je me sens vieux et porteur de soucis de toutes les générations qui nous ont précédés...Cette maladie appelée "la responsabilité historique", "une inclination naturelle à l'engagement", "la conscience spontanément militante"...Mais pour un rien, l'incertitude nous enveloppe...En faisant défiler les scènes de flux et de reflux, j'invoque les dieux d'une nouvelle fondation. S'est-il passé quelque chose de grand pour que nous ayons à en rendre compte? Ces légèretés peuvent-elles produire des leçons historiques, des engagements de grande portée? Peuvent-elles permettre la refondation ? C'est que le désir de transformation, chez nous, ne se déroule pas comme ailleurs sur fond de colonnes de fumées se dégageant des cheminées d'immenses zones industrielles, de ces armées d'ouvriers depuis longtem ps conscientes et fortement organisées, filles de luttes sociales séculaires, de ces forces politiques et sociales de la marge qui ont fini tout de même par avoir leur mot à dire...Le changement tente de s'opérer dans notre univers au travers de processus inaccomplis, dans le cadre d'une tradition de flux sociaux fragiles. La légitimité historique de l'avènement du gauchisme au Maroc fait-elle défaut pour autant? Il n'a pas, ici, derrière lui, des ancêtres anarchistes ou syndicalistes révolutionnaires, des pères staliniens, des oncles trotskistes. D'où est-il sorti donc? Comment a-t-il pu naître ? lj'ne excroissance du mouvement national? Un produit monstrueux, le résultat difforme et insignifiant des hasards, des déviations historiques? Une nécessité historique? la suite naturelle, ni marginale, ni centrale, d'événements ordinaires? Il

Ceux qui, depuis d'autres rivages, cherchent dans ce pays avant tout du pouvoir exotique, le goût des soumissions indigènes, le rythme du despotisme oriental, les ondes lointaines des intrigues et des crimes de sérails et les voluptés immondes de l'univers extra-européen... comme si leur liberté et leur justice puisaient des forces nouvelles dans les récits extraordinaires des débauches et des déchéances d'outre-monde. Qu'ils fantasment donc sur les fabuleux émirs montant chevaux blancs, chevaux noirs, purs sang éperdus, déchirant l'horizon des morts lentes et les calmes maudits des cieux d'Orient... Mais à l'amont des dunes, vous autres bédouins du désert de l'espérance, voyageurs à l'attente inépuisable, sans répit, dans le long souffle de la grande enjambée, voici votre militance ordinaire, vos luttes au sein des destinées moyennes, hommes non exceptionnels, de la simple persistance, de la simple constance. Que raconter de considérable sur le pays? Quelles épopées révolutionnaires, quels grands mythes dérouler? Avons-nous droit à l'honneur de conter les luttes nobles et sans merci de la nouvelle race de sujets révolutionnaires? Sommes-nous condamnés à l'indignité de répercuter les modestes ~necdotes de groupuscules minimes, agités et
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éparpillés,sans destin notoire, s'imaginant installés au centre de l'histoire univèrselle ?

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LE MOIS DE LA PIERRE
L'histoire des groupes de cette nature, plus que celle des individus, moins que celle des idées, renvoie à de grandes indéterminations, passées et présentes. Tout a-t-il en effet réellement commencé avec les événements de mars 1965, ce tremblement du socle social auquel tous se réfèrent comme à l'événement majeur, à l'épreuve fondatrice, au cataclysme carrefour. Mars 1965, à l'origine de la nouvelle histoire politique. Les rues qui menaient, de la rue de Tours où j'habitais, vers le petit lycée, devenu plus tard le lycée Ibn Toumert, ressemblent à toutes les rues du centre de Casablanca. Chacune cependant traversait quelques unes des principales artères du centre "moderne", passait en revue quelques uns des cafés les plus en vue, débouchait sur une perspective de la Grande Poste, coupait l'espace européen,

juif, la portion de médina, les nouveaux quartiers popuI

laires... Et dans le voisinage immédiat, le port étalé sur tout le front de mer, faisant sentir, sans relâche, sa pression, même lorsqu'il se retenait de lâcher, comme il le faisait quotidiennement aux heures basses de la journée, ses hordes de dockers, de marins, de tous navires, de toutes couleurs, de toutes langues... Dans les rues du centre de Casablanca, ce mois de mars 13

1965, j'ai bien fini par les rencontrer, et ce de plus en plus fréquemment, sur mon chemin, puis par m'y mêler. Des images confuses me reviennent encore: la foule des jeunes s'opposant aux forces de l'ordre, les forces de l'ordre entreprenant tant bien que mal de les disperser; la foule scandant d'abord des slogans hostiles au gouvernement, puis ses mots d'ordre allant de plus en plus loin. La cause immédiate de cette agitation: une circulaire du ministère de l'Education Nationale interdisant l'accès au second cycle des lycées des plus de dix-sept ans. Ainsi, dans une très forte proportion, les élèves étaient interdits, en cours d'année, d'accès au second cycle et ne pouvaient plus poursuivre leurs études ailleurs que dans l'enseignement technique. Ceux de Casablanca se mirent en grève le 22 mars, rapidement suivis par les élèves de Fès et Rabat. Et puis le lendemain, le fameux 23 mars, les choses s'amplifièrent : manifestations, marches, grèves...Ouvriers, chômeurs, pères, mères, jeunes affrontèrent à coups de pierres la police d'abord, puis eurent affaire à l'armée. Folles de rancoeur, de misère, en furie totale, les foules dressèrent des barricades, pillèrent, brûlèrent les grands magasins, attaquèrent la prison. Casablanca devint le temps que durèrent les révoltes enragées, le théâtre d'un vaste soulèvement. Pendant de longues heures, les coups de feu retentirent; puis ce fut l'état de siège. J'ai vécu à Casablanca à proximité immédiate du stade Philippe, terrain de football où s'empoignaient habituellement les équipes locales, par extension, haut lieu de rencontres populaires. Depuis notre petit appartement, avec mes parents, nous entendîmes d'étranges explosions qui retentissaient à l'est ou au nord de la ville. Plus tard, nous réaliserons combien la journée du 23 mars fut de feu et de sang, combien l'émeute fut destructrice et la répression brutale. Dans les diverses mythologies gauchistes, mars 14.

1965 deviendra la date du grand tournant dans I'histoire politique du Maroc indépendant. Des années plus tard, je commençais à entendre les événements de Casablanca solennellement insérés dans de grandes théories explicatives: ce jeune homme qui m'affinne, plein d'une assurance ardente, que le soulèvement du printemps 1965 est "un style d'action politique nouveau" chez nous, "le condensé de toute une étape de contradictions après la bataille qui se serait déroulée au cours des premières années de l'indépendance entre les forces politiques constitutives du Mouvement National, pour la prise du pouvoir et sa concentration" - ne pouvait avoir tout au plus, lors de ces événements, que mon âge. Le mouvement de 1965, spontané, signifierait, développe+on, que la faillite historique des organisations politiques de gauche issues du Mouvement National est déjà un "fait consommé". En recourant au soulèvement comme fonne d'expression, la masse montrait qu'elle n'avait pas d'autres moyens d'expression. La colère, l'émeute, la furie apparut comme le moyen approprié de répondre aux frustrations. Mars 1965 : la fin d'une période dans la longue confrontation entre Pouvoir Central et Mouvement National. L'initiative avait désormais changé de mains, au bénéfice du premier. Les initiés avaient déjà, dans le feu même des événements sentencieusement identifié le phénomène: "mars 1965 est venu dénoncer l'inconscience chronique et criminelle des responsables... Un tel affrontement ne peut s'expliquer par la circulaire ministérielle menaçant de renvoyer nombre de lycéens... Les causes immédiates des événements sont à chercher derrière cette rencontre, en pleine rue, du père avec son fils; car celle-ci n'est pas le produit du hasard. Le présent et l'avenir contestent le passé. Les forces de libération nationale et celles de libération des 15

hommes au sein de la nation furent là, ensemble, pour la grande contestation". Au cours des années 70, on se souviendra de la leçon immédiate du 23 mars: "la libené est à la portée du peuple, mais la colère et les pierres ne suffisent pas (...).Il y a nécessité d'un parti du prolétariat et nécessité de lier "la 'violence révolutionnaire dans les villes à la stratégie révolutionnaire d'ensemble, dont l'axe principal est le dévelop-. pement de la violence révolutionnaire à la campagne jusqu'au stade de la guerre de libération populaire de longue durée ". Ces fragments épars énoncent les premiers éléments de la campagne gauchiste: les événements de mars '1965 auraient "libéré les masses de l'attente imposée par le jeu politique basé sur le compromis réciproque entre le mouvement national et la classe dominante". La rue serait sortie "du contrôle des partis". "Un changement radical des rapports de force se serait opéré". La rue, enfin majeure, décidait et agissait sur les partis et sur l'Etat. Le tournant était donc considérable. En mars 1965, les masses populaires seraient entrées dans I'histoire, de pied fenne, "pour le développement des transfonnations révolutionnaires" . Plusieurs indices corroboreraient cette signification profonde: "l'entrée en crise de la bourgeoisie", "l'isolement du pouvoir", surtout depuis la déclaration de l'état d'exception, véritable déclaration de guerre contre tous "et cela", s'imaginait-on, "à partir d'une position de défensive de la dernière marche". Mars 1965, "la fin d'une période dominée par l'action des forces nationales et progressistes qui, par réfonnisme ou dogmatisme, furent conduites à la faillite, abandonnant les masses, incapables de les encadrer". Ainsi, les événements révéleraient avant tout "l'absence d'un parti révolu-

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