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Chuchotements dans la nuit

De
62 pages

Un Lovecraft grande période, un de ses romans les plus longs, et surtout dans une dimension tragique qui en ferait presque un roman réaliste. Presque.


Un homme qui vit seul dans les montagnes isolées du Vermont, par temps de cataclysme et d'inondation charriant d'étranges cadavres. Empreintes découvertes au matin, bruits dans la nuit, tous les ingrédients de la peur sont là.


Le narrateur lui vient de la ville, et c'est un feu d'artifice aussi pour mettre tous les moyens de communication moderne au service de la transgression fantastique, du surnaturel. Train, voiture, téléphone, télégramme, courrier postal. Les photographies qu'on fait, et qui sont volées, et même des enregistrements avec des outils radiophoniques, avant la révélation finale de ces cerveaux placés avec électrodes dans d'étranges bocaux, à partir de quelques révélations einsteiniennes et écho de la récente découverte de Pluton.


Écrit du 24 février au 26 septembre 1930, période inhabituellement longue pour Lovecraft, basé sur la description d'inondations réelles, et d'un voyage de Lovecraft lui-même sur les lieux, un livre géant aussi par la majesté de ces paysages hostiles de l'Amérique originelle, intouchée et mystérieuse.


Et si "The whisperer in the darkness", publié dans le fameux "Weird Tales" en août 1931, était aussi une magnifique et dérangeante porte d'entrée pour qui ne connaîtrait pas Lovecraft ou souhaiterait le redécouvrir?


FB


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Chuchotements dans la nuit

 

Howard Phillips Lovecraft

 

 

nouvelle traduction et introduction, François Bon

 

tiers livre éditeur

ISBN 978-2-8145-1008-1

dernière mise à jour le 20 juillet 2015

introduction

Howard Phillips Lovecraft a publié The whisperer in darkness dans Weird Tales en 1931, après l’avoir probablement écrit entre février et septembre 1930. Un des grands Lovecraft, de ceux qui envahissent insidieusement les perceptions inconscientes. Bêtes morbides proliférant dans l’obscurité, et s’acharner à faire preuve de leur existence.

Tout commence par de brutales inondations dans les zones sauvages et reculées du Vermont montagneux, aux vieilles traditions occultes. Le mot essentiel du récit c’est things, des «choses», et le mot partout récurrent dans le récit passera sans cesse des êtres mystérieux à ses acceptions courantes.

Comme toujours dans Lovecraft, le combat c’est avec la fiction elle-même. Non seulement la variation de tous les registres de style dans la correspondance du narrateur avec le personnage central, Henry Akeley, mais via l’usurpation de son identité.

Et, comme dans tout grand Lovecraft, prendre à bras le corps la modernité scientifique. On peut trouver désuets (mais quel incroyable rôle il leur donne) les instruments d’enregistrement et reproduction de la parole en 1927, mais il s’en prend aussi à Einstein : oui à la courbure de l’univers, mais est-ce que ça invalide des univers autres, et concomitants ? Et, magie ultime de prestidigitateur, le récit est censé se passer un an avant son écriture — entre temps, on a découvert Pluton, alors le récit embauche à son profit cette découverte pas encore faite, et qui viendra corroborer la peur et l’étrange. La conservation des cerveaux dans le formol était plus courante déjà, dans les romans d’anticipation.

Maison solitaire, chirurgie spéciale, combats dans la nuit — tout vient ici, feutré, sous les pages. Mais il est bien réel qu’à l’été 1928 Lovecraft fit lui-même un voyage dans le Vermont et y fut accueilli chez un de ses compagnons nouvellistes des Weird Tales. Les voitures de Noyes et d’Akeley auront un rôle essentiel dans le récit, mais aussi bien les horaires de train, le télégramme, le téléphone, ancrant dans la modernité les rouages du fantastique et de sa crédibilité. Alors qu’elles sont belles, ces pages du voyage réel dans les paysages de l’Amérique profonde, au long des fleuves et rivières, de Boston jusqu’aux montagnes.

Et ce grand art de Lovecraft, ne faire intervenir le voyage réel et ses paysages que dans la seconde moitié du récit, pour le faire encore mieux basculer dans l’horreur une fois que tout le reste est prêt, et seulement alors.

 

FB

I

Si seulement je pouvais sérieusement croire n’avoir vu aucune de ces horreurs à la toute fin. Croire que le choc mental était la cause de toutes mes suppositions — et pour comble la vision ultime qui avait provoqué cette course pour m’enfuir de la ferme désolée d’Akeley et démarrer de nuit sa voiture — ce serait ignorer les faits les plus élémentaires de ce qui vint clore cette expérience. Même aujourd’hui encore, et malgré l’intensité de notre échange d’informations et spéculations avec Henry Akeley, il ne m’est rien possible de prouver quant à ce que j’y ai vu et entendu ; et de la netteté évidente de l’impression causée sur moi par ces choses, et si j’ai tort ou raison dans mes déductions hideuses, même aujourd’hui je ne peux rien en prouver. Après tout, la disparition d’Akeley n’établit rien. Personne n’a rien trouvé qui cloche dans sa maison, hors les marques de balles sur les murs, dedans et dehors. C’est juste comme s’il était parti à l’ordinaire pour une ballade dans les crêtes et n’en était pas revenu. Même pas un signe que quiconque soit venu ici, ou que ces horribles machines et cylindres aient été entreposés dans son bureau. Qu’il eût craint mortellement ce qui peuplait ces crêtes boisées où il était né et avait grandi, ne signifiait rien non plus ; des milliers d’individus sont sujets à de telles peurs morbides. Son excentricité aurait suffi, de plus, à expliquer ses actes étranges et ses appréhensions ultimes.

Toute cette affaire commença, pour ce qui me concerne, avec l’inondation historique et sans précédent qui frappa le Vermont, le 3 novembre 1927. À l’époque, j’étais chargé de cours en littérature à l’université Miskatonic d’Arkham, Massachusetts, et pratiquant amateur et enthousiaste du folklore de Nouvelle-Angleterre. Peu de temps après l’inondation, parmi les divers comptes rendus des épreuves, souffrances et secours organisés qui remplissaient les journaux, apparurent d’étranges histoires à propos de choses qu’on avait aperçues, ballotant dans certaines des rivières en crue ; au point que mes amis furent nombreux à s’embarquer dans d’interminables discussions et en appeler à moi pour savoir de quelles lumières je disposais sur le sujet. Je me sentis flatté de ce que mes études du folklore fussent ainsi prises au sérieux, et fis ce que je pus pour éclaircir ces récits vagues et confus qui semblaient clairement une résurgence de quelques anciennes superstitions rurales. Cela m’amusa de constater comment des personnes de haute éducation insistaient sur l’idée que, sous les rumeurs, devait bien résider une couche obscure et distordue de faits réels.

Les récits ainsi portés à ma connaissance provenaient principalement de coupures de journaux ; on y retrouvait cependant le fil d’une source orale, qui fut aussi répétée directement à un de mes amis dans une lettre de sa mère, vivant à Hardwick, Vermont. Dans chaque cas, la description-type de ces choses était pratiquement la même, même si elles se révélèrent émaner de trois sources séparées. La première provenait de la rivière Winooski près de Montpellier, une autre était attachée à la West River dans le comté de Windham, une troisième enfin provenait de la vallée de la Passumpsic au-dessus de Lyndonville, comté de Calédonie. Bien sûr, beaucoup des articles épars mentionnaient d’autres sources, mais à les compiler, elles semblaient toutes se référer à un de ces trois premiers cas. Chaque fois, les habitants du lieu rapportaient avoir vu une ou plusieurs formes inquiétantes et surprenantes dans les eaux dévalant brutalement depuis ces crêtes où personne n’allait jamais, et dans leur tendance générale reliaient d’eux-mêmes leurs observations à un cycle mi-oublié de légendes que chuchotaient les plus anciens, qui les ressuscitèrent pour l’occasion.

Ce que les gens disaient avoir vu consistait en formes organiques telles que jamais ils n’en avaient observé auparavant. Bien sûr, dans cette période tragique, il y eut de nombreux corps humains noyés et brassés par les courants ; mais ceux qui décrivaient ces formes étranges étaient quasiment sûrs qu’il ne s’agissait pas de corps humains, malgré quelques ressemblances superficielles dans la taille et le dessin général. Ni non plus, rapportaient les témoins, d’aucune espèce d’animal connue dans le Vermont. C’étaient des choses rosâtres d’environ cinq pieds de long, avec un corps de crustacé marqué par une large paire d’ailes dorsales à très fine membrane et plusieurs jeux de branchies articulées. Et, là où aurait dû être la tête, une sorte de volume ellipsoïde convexe, recouvert d’une multitude de très courtes antennes. La façon dont ces comptes rendus de sources différentes tendait à coïncider de très près était vraiment à prendre au sérieux ; mais il fallait en modérer le constat par le fait que ces anciennes légendes, qui avaient circulé longtemps dans ce pays de bois et crêtes, en proposaient des descriptions à la fois morbides mais très colorées, qui avaient certainement marqué par anticipation l’imagination des témoins actuels. Ma conclusion était donc que ces témoins — dans chaque cas, de naïfs colons de ces régions rudes — avaient aperçu des cadavres humains flottants et gonflés, ou ceux d’animaux de ferme, emportés par les tourbillons et courants ; et que cela avait permis aux légendes mi-enfouies d’envahir ces objets de pitié en leur conférant ces attributs fantastiques.

Ce folklore ancien, même ainsi devenu flou, évasif et en partie oublié par la génération présente, était d’un singulier caractère, et à l’évidence reflétait l’influence de contes indiens encore plus primitifs. Je les connaissais en particulier, même sans m’être jamais rendu dans le Vermont, par la monographie d’Eli Davenport, presque introuvable désormais, et qui rassemble un matériau oral collecté dès avant 1839 auprès des plus anciens habitants du pays. Ce matériau coïncidait de plus ou moins près avec les contes que j’avais personnellement recueillis des paysans les plus âgés des montagnes du New Hampshire. Pour les résumer brièvement, ils faisaient allusion à une espèce cachée d’êtres monstrueux, qui se dissimulaient quelque part dans ces crêtes les plus reculées — les bois les plus profonds des pics les plus hauts, et ces sombres vallées où les torrents sourdent de sources inconnues. On apercevait rarement ces créatures, mais ceux qui s’étaient aventurés plus loin que d’habitude sur les pentes de certaines montagnes ou dans certaines gorges plus profondes et escarpées, que même les loups évitaient, convergeaient tous pour attester de leur existence.

On le constatait à d’étranges empreintes de griffes dans la glaise au bord des cours d’eau ou au long des chemins de landes, de même qu’on trouvait parfois de curieux cercles de pierre, l’herbe alentour toute flétrie, et qui ne pouvaient résulter d’un arrangement naturel, ou formé par la nature. On faisait aussi état de certaines grottes à la profondeur problématique, aux flancs de ces mêmes crêtes, et dont l’ouverture avait été obstruée par des rochers d’une manière difficilement accidentelle ; la proportion moyenne de ces étranges empreintes, à la fois vers l’ouverture ou s’en éloignant — si bien sûr on pouvait apprécier la direction prise selon la forme de ces empreintes — y augmentait considérablement. Pire que tout, il y avait ces choses elles-mêmes : dans le crépuscule des vallées les plus reculées, et ces denses forêts presque à la perpendiculaire qui surplombaient les limites où il était possible d’accéder, des gens plus aventureux disaient les avoir vues, même si ce fut rarement.

Ç’aurait été moins inconfortable si ces bribes de récits concernant ces créatures, dont l’égarement était manifeste, n’avaient pas toutes correspondu si bien. Dans le cas présent, ces rumeurs dans leur ensemble affirmaient plusieurs points communs ; certifiant que ces créatures étaient une sorte de crabe mou, rose vif, à taille humaine, avec plusieurs paires de pattes et deux grandes ailes comme de chauve-souris dans le milieu du dos. Parfois marchant sur toutes leurs pattes, parfois seulement sur leurs pattes arrière, utilisant les autres pour porter de gros objets d’une nature indéterminée. Lors d’une occasion particulière, on les avait surprises en nombre considérable, remontant par rangées de trois un cours d’eau peu profond dans une formation parfaitement disciplinée. Une autre fois, un spécimen avait été vu volant — s’élançant lui-même du sommet d’une crête dépouillée et solitaire à la nuit tombante, silhouette se découpant un instant sur fond de pleine lune et s’évanouissant dans le ciel d’un seul grand battement d’ailes.

Dans toutes les versions de ces récits, ces êtres semblaient accepter de laisser les humains tranquilles ; même si à l’occasion on les avait tenu responsables de la disparition de quelques individus trop entreprenants, particulièrement des gens qui avaient construit leur maison trop près de certaines vallées, ou trop haut dans certaines montagnes. On en vint à considérer qu’il était déconseillé de s’installer dans certaines localités, et l’idée en persistait alors longtemps après que la cause en était oubliée. Les gens levaient les yeux en frissonnant vers certains précipices des montagnes environnantes, même sans se souvenir de combien de colons s’y étaient perdus, et combien de fermes avait été réduites en cendres sur les basses pentes de ces vertes et sinistres sentinelles.

Mais si, à lire les plus anciennes légendes, ces créatures avaient semblé ne s’en prendre qu’à ceux qui se risquaient dans leur intimité, dans les récits plus tardifs on évoquait leur curiosité respectueuse à l’égard des humains, et leurs tentatives d’établir des contacts secrets avec le monde des hommes. Certains récits établissaient que d’étranges empreintes de griffes avaient été retrouvées le matin sous les fenêtres de telles fermes, ou lors d’occasionnelles disparitions dans les régions proches des zones qu’on disait hantées. D’autres récits faisaient état de chuchotements et de sons imitant la voix humaine, faisant de louches propositions aux voyageurs isolés sur les routes et chemins de terre dans ces forêts perdues, ou parlaient d’enfants effrayés et retrouvés hors de sens par ces mêmes choses vues et entendues là où la forêt sauvage venait jusqu’aux murs et cours de certaines fermes. Dans les plus récentes versions de ces légendes — précédant tout juste le déclin des superstitions et l’abandon de la fréquentation de ces zones redoutées — on trouvait des récits choqués du changement mental répugnant qui, à cette époque, avait saisi tels ermites ou paysans éloignés, qu’on s’était mis à craindre et dont on chuchotait qu’ils s’étaient eux-mêmes vendus aux créatures étranges. Dans un des comtés du nord-est, il semblait à la mode vers 1800 d’accuser ces reclus excentriques et impopulaires d’être les alliés ou les représentants des créatures abhorrées.

Quant à ce qu’étaient ces choses, les explications naturellement variaient. Le nom qu’on leur attribuait le plus généralement c’était « Eux », ou bien « les Vieux » même si d’autres termes avaient pu s’imposer de façon transitoire selon les lieux. Peut-être que le puritanisme habituel à la masse de ces colons les avait habitués à traiter sans ménagement des choses de l’enfer, et leur avait donné les bases d’une spéculation théologique scrupuleuse. Ceux qui apportaient avec eux l’héritage des légendes celtiques — principalement ceux du New Hampshire dont l’origine était écossaise ou irlandaise, ou ceux dont les parents étaient venus dans le Vermont grâce aux aides à la colonisation du gouverneur Wentworth — les reliaient vaguement aux fées malignes et aux « petits êtres » des marais et tourbières, et se protégeaient d’eux par les bribes de conjurations qui les accompagnaient depuis bien des générations. Mais c’étaient les Indiens qui avaient les théories les plus fantastiques de tous. Même si les légendes des différentes tribus divergeaient, elles établissaient un consensus certain de croyances quant à certaines particularités vitales ; et s’accordaient unanimement à prétendre que ces créatures n’étaient pas natives de cette terre.

Les mythes des Pennacooks, qui sont les plus cohérents et imagés, nous apprennent que « les Ailés » viennent de la Grande Ourse dans le ciel, et vivent dans des mines de nos montagnes terrestres pour en extraire certain minerai qu’ils ne trouvent dans aucun autre monde. Ils ne vivent pas ici, rapportent ces mythes, mais y établissent simplement leur camp, puis repartent avec de grosses cargaisons de minerai vers leurs propres étoiles dans le Nord. Ils ne sont agressifs envers les peuples terriens que si on les approche de trop près ou qu’on les espionne. Les animaux les craignent d’une peur instinctive, et non parce qu’ils les chassent. Ils ne peuvent rien manger des ressources terrestres ou animales, mais apportent leur propre nourriture depuis les étoiles. C’est mal faire que de venir les observer, et quelques jeunes chasseurs qui s’étaient risqués dans leurs crêtes n’étaient jamais revenus. C’était mal aussi d’écouter ce qu’ils chuchotent la nuit dans les forêts, avec ces voix qui semblaient comme un essaim d’abeilles, cherchant à contrefaire les voix humaines. Ils savaient le langage de toutes les sortes d’hommes — Pennacooks, Hurons, hommes des Cinq Nations — mais ne semblaient avoir besoin d’aucun langage pour échanger entre eux. Ils parlaient avec leur tête, rapportaient ces vieux mythes, laquelle changeait de couleur de différentes façons pour signifier des choses distinctes.

Toutes les légendes, bien sûr, celles des colons comme celles des Indiens, s’étaient éteintes au cours du XIXe siècle, hors certains embrasements ataviques. Les colons du Vermont étaient devenus sédentaires ; une fois les routes et habitations établies selon un plan relativement fixe, ils se souvinrent de moins en moins de quelles peurs avaient déterminé ces évitements, et même qu’il y eut ces peurs et ces évitements. La plupart des gens savaient simplement que certaines régions montagneuses étaient considérées comme hautement malsaines, stériles, généralement inaptes à la culture, et que rien de ces lointains ne leur aurait apporté mieux que ce qu’ils trouvaient là auprès. La routine, les habitudes, le simple intérêt économique à cette époque s’était si bien ancrés dans les lieux agréés qu’il n’y eut plus aucune raison de les quitter, et c’est plus par indifférence que par dessein qu’on laissa à l’écart les crêtes maudites. Hormis durant de rares alarmes, seules d’adorables grands-mères et quelques nonagénaires confinés dans le passé évoquaient à mi-voix ces êtres étranges soi-disant vivant dans leurs crêtes ; et ceux mêmes qui rapportaient ces bruits admettaient qu’il n’y avait plus rien à en craindre maintenant qu’ils étaient familiarisés à la présence de maisons et de cultures, et que les humains laissaient rigoureusement à l’écart le territoire qu’ils s’étaient choisi.

Tout cela, je le savais par mes lectures, et par certains récits folkloriques collectés dans le New Hampshire ; quand, après l’inondation, les rumeurs commencèrent à réapparaître, je pus facilement reconstituer de quel arrière-fond d’imaginaire elles procédaient. Je pris grand soin d’expliquer tout cela à mes connaissances, et fus amusé à proportion quand plusieurs esprits contestataires continuèrent d’insister sur de possibles éléments véridiques dans ces comptes rendus. Ces personnes mettaient l’accent sur le fait que les légendes primitives avaient une signification homogène et uniforme, et que la nature virtuellement inexplorée des montagnes du Vermont rendait imprudent d’être trop dogmatique à propos de qui pouvait ou de qui ne pouvait pas vivre parmi elles ...

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