Cinq meurtres comme une oeuvre pieuse

De
Publié par

Le meurtre ou l'assassinat constituent un crime à propos duquel des circonstances particulières peuvent être invoquées pour la défense de l'accusé, mais qui jamais n'est perçu comme une bonne action. Les cinq meurtres relatés ont pour trait commun d'être perçus par leurs auteurs comme une "oeuvre pieuse", soit pour un motif idéologique ou moral ou encore en vertu d'un critère supérieur d'organisation qui transcende tous les autres, dans des situations et à des époques différentes.
Publié le : vendredi 5 février 2016
Lecture(s) : 10
EAN13 : 9782140001123
Nombre de pages : 118
Prix de location à la page : 0,0071€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
René SWENNEN 5 MEURTRES
COMME UNE OEUVRE PIEUSE Nouvelles
CINQMEURTRES COMMEUNEŒUVREPIEUSE
© L’HARMATTAN, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07193-0 EAN : 9782343071930
René SWENNEN
CINQMEURTRES COMMEUNEŒUVREPIEUSE
Du même auteur :
Dom Sebastien, Roi de Portugal,Roman, Julliard, 1979.
PalaisRoyal,roman, Julliard, 1983.
La Nouvelle Athènes,roman, Grasset, 1985.
Les Trois Frères,roman, Grasset, 1987, prix Rossel.
Le Roman du Linceul,roman, Gallimard, 1991 ; folio n° 2526.
Cinq Nô occidentaux,théâtre, Editions du Céfal, 1999.
Le Soleil et le Mousquetaire,suivi dela Nuit de La Saint Nicolas,théâtre, Editions du Céfal, 1999.
Belgique Requiem,pamphlet, La Table Ronde, 2005, édition ère définitive. (1 édition : Julliard, 1980.)
L’Ombre de Palerme,roman, Editions Weyrich, 2012.
Ouvrages collectifs :
Il était douze fois Liège,Pierre Mardaga Editeur, 1980.
Pages de Belgique,revue Nota bene, La Différence, 1993.
Promenades liégeoises,Éditions du Céfal, 2005.
La Banlieue industrielle,dansSuivez mon regard!, Institut du Patrimoine wallon, 2011.
INTRODUCTION
L’avocat pénaliste que je suis a rarement eu l’occasion d’entendre dans la bouche d’un prévenu une version des faits différente de celle que celuici venait de donner ou qu’il s’apprêtait à donner aux enquêteurs. Parfois des nuances, des arguments de procédure fondés ou non, des circons tances particulières invoquées pour expliquer ou justifier le crime, mais jamais une version opposée à ses déclara tions judiciaires. Sauf une fois. Il s’agissait d’une femme. Elle avait fait mourir son amant en utilisant des moyens qui se retrouvent dans le dernier récit de ce livre. Elle s’est comparée à un loup. « Le loup, atelle dit, pensetil avoir mal fait lorsqu’il égorge une brebis ou un chevreuil ? Au contraire, il a le sentiment d’avoir accompli le bien pour ses louveteaux et pour sa louve. L’homme que j’ai fait mourir avait trahi l’organisation à laquelle mon mari appartenait. Il l’avait livré à la police et à ce qu’on nomme abusivement la justice. Fier de lui, il a cru, parce que je suis une prosti tuée, qu’il allait pouvoir prendre la place de mon mari et régner sur ma personne. Il est tombé, l’imbécile, dans le piège que je lui tendais. Je l’ai fait mourir de la manière que je vous ai dite. Si l’on m’arrêtait, avocat, seriezvous prêt à me défendre ? »  « Je n’aurai pas à te défendre, aije dit.
5
La façon dont tu as agi te met à l’abri de toute poursuite, et je parle d’expérience. Mais peutêtre en tireraisje un roman. » Je n’en ai pas tiré de roman. J’ai écrit ces quatre récits qui, dans des situations et à des époques différentes, décrivent pourquoi le meurtre peut être perçu comme une bonne action, voire même comme une œuvre pieuse. « Ne jugez pas si vous ne voulez pas être jugé, dit l’Evangile. » Je ne juge pas, ni n’approuve, ni ne condamne. Je raconte.
6
LE VIEUX JACOBIN
7
8
Il est devenu extrêmement difficile de nos jours de se faire une idée de ce qu’était l’ancien quartier du Louvre. Dans la cour du Carrousel, là où l’on a érigé une pyramide de verre, se tenait un quartier des plus sordide dont la présence plus encore que l’aspect constituait un sujet d’étonnement ou de scandale pour les étrangers. Ce quartier s’insérait entre les deux résidences royales du Louvre et des Tuileries. Il conférait à la place du Carrousel et à l’arc de triomphe du même nom un aspect mesquin et quasi ridicule qui contrastait singulièrement avec les immenses perspectives de Versailles. Notre œil s’est de longue date habitué à la voie royale qui du Louvre s’élance à travers les ChampsElysées jusqu’à l’Etoile. Nous avons quelque peine à imaginer que le palais des Tuileries enfermait l’arc de triomphe du Carrousel dans une espèce de vaste cour intérieure, et à concevoir que cette cour ellemême était encombrée de venelles, de culs desac, de maisons délabrées, d’écuries et de chapelles dont la présence parasite faisait comprendre pourquoi les rois avaient si souvent choisi de s’écarter de Paris.
9
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.