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Comme si un appel

De
166 pages
Un vieil homme agonisant se confie à un jeune homme. Il lui remet un paquet, soigneusement conservé, contenant des lettres et un manuscrit. Les lettres parlent d'une histoire d'amour, le manuscrit du récit d'un rêve de jeunesse : le désir d'aller en France. Au-delà de cet artifice littéraire, ce roman, qui livre plus le climat psychologique de la société que la vie d'un individu, peut se lire comme un document d'histoire sociale et culturelle, comme un voyage dans le temps et l'espace, du Maroc jusqu'en France.
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Sidi Abdellah ABDELMALKI
Comme si un appel
Roman
Comme si un appel
Lettres du monde Arabe
Comme si un appel
Lettres du Monde arabe Fondée en 1981 par Marc Gontard, cette collection est consacrée à la littérature arabe contemporaine. Réservée à la prose, elle accueille des œuvres littéraires rédigées directement en langue française ou des traductions. Les œuvres poétiques relevant du domaine de la littérature arabe contemporaine sont publiées dans la collectionPoètes des cinq continents et le théâtre dans la collectionThéâtre des cinq continents. Derniers titres parus : Redouane (Najib),Le legs du père, 2016. Jmahri (Mustapha),Figues et châtiment. Nouvelles mazaganaises, 2016. Berrada Ababou (Touria),Le quarantième jour, 2016. Redouane (Najib),L’année de tous les apprentissages, 2015. Mebarki (Farid),Du couscous dans le biberon, 2015 Khemmal (Abdelkrim),Les rebelles du mont noir, 2015. Khedher (Mahmoud-Turki),L’antique refrain de Sidi-el-Meddeb, 2015. Laqabi (Saïd),Gnaouas, 2015. Redouane (Najib),A l’ombre de l’eucalyptus, 2014. Jmahri (Mustapha),Les sentiers de l’attente, 2014. Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Sidi Abdellah ABDELMALKIComme si un appel Roman
Du même auteur Cimetière rêveur, L’Harmattan, 2010. Palmes et blessures, L’Harmattan, 2009. Conte à rebours, Imprimerie Fédala, Mohammadia, 2005. Rue du Maure qui trompesuivi deL’Oiseau de mer, Imprimerie Fédala, Mohammadia, 2002. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-10057-9 EAN : 9782343100579
«Avec le temps, la passion des grands voyages s’éteint, à moins qu’on n’ait voyagé assez longtemps pour devenir étranger à sa patrie.» Gérard de Nerval,Les Filles du Feu.
Rencontre «Traîtres !»Oui, c’était le mot qui ne quittait plus ses lèvres. Le sentiment d’amertume, qui lui serrait désormais la gorge, avait pour source la méchanceté des siens, ou ceux qui prétendaient être des siens, non celle des autres. Cette fois-ci, il ne pouvait pas pardonner, quitte à en mourir. Toutes les concessions en vue de la paix étaient possibles dans les relations entre les hommes. La question de la terre restait, cependant, au-dessus de tout calcul intéressé. La terre, c’était l’origine, l’identité, l’âme, la mémoire. Il ne pouvait pas en supporter la dépossession. Un homme sans sa terre était un errant éternel. Il n’existerait pas. Sa conviction était inébranlable et inexorable. La terre, pour lui, c’était l’enjeu de la justice. Qu’elle fût rendue, c’était tout ce qu’il demandait. C’était la voix d’un vieil homme qui se faisait entendre. Etendu sur un matelas usé par le temps, entouré des gens qui le connaissaient, des voisins, des gens qui compatissaient dans de telles circonstances, le vieil homme semblait livrer, d’une voix qui s’étouffait, ses dernières paroles. L’assistance, dont un jeune homme silencieux et méditatif, écoutait religieusement et suivait les mouvements désespérés du médecin. Il semblait que le vieil homme agonisait. Le médecin pensait que ce délire verbal, qu’ils venaient d’entendre, était le dernier qui précédait la mort. L’âme de l’agonisant avait traversé le mur. Il se sentait désormais en paix. C’était fini. Le rituel des funérailles commença. On l’enterra. Le soir, les langues se délièrent.
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