Contes Basa et Bulu du Cameroun

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Le présent ouvrage est un recueil de contes qui permet la découverte d'un patrimoine culturel camerounais riche de régions variées et de visions du monde desquelles l'homme tire toute sa sagesse. Les contes choisis permettent d'instaurer le dialogue basa-bulu et de montrer les racines profondes à partir desquelles l'homme est une unité. Les langues consolident l'unité et l'unicité de l'être, pour qui les récits dévoilés dans ce recueil ne sont qu'un miroir.
Publié le : mercredi 2 septembre 2015
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EAN13 : 9782336390048
Nombre de pages : 172
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LITTÉRATURES ET CULTURES AFRO-AMÉRICAINES
Marie-Rose ABOMO-MAURINet Alice Delphine TANG
CONTES BASAET BULU DU CAMEROUN
Contes basa et bulu du Cameroun
Littératures et Cultures afro-américaines Collection dirigée par Marie-Rose Abomo-Maurin, Humberto Luiz Lima de Oliveira et Maurice Amuri Mpala-Lutebele De plus en plus, le travail sur les littératures et les cultures rapprochent des chercheurs de différents continents, mais la volonté de confronter les savoirs, les études et les productions se fait plus ardente. Si la culture est la somme de tout ce que l’homme crée, de mental, de spirituel et de matériel, dans son processus d’intégration à la nature et de la nature à lui, la littérature apparaît alors comme son lieu de représentation, de conservation, de transmission et même de création, littérature entendue comme englobant « une gamme de grands domaines d’activité intellectuelle ». Devenant ainsi « une propriété spécifique des sciences humaines et sociales », la littérature, dans cette Collection, élargit son sens aux sciences de la nature, sociales, historiques, juridiques, économiques, politiques, etc. Par le choix de ce sens large,Littératures et Cultures afro-américainesoffre un cadre approprié à la visibilité des études, des créations…, bref, des œuvres de l’esprit du monde afro-américain. Comité scientifique Marie-Rose ABOMO-MAURIN : UY1, CERPY-GIERRA (Cameroun), CELCFAAM (Brésil), collaboratrice extérieure du LLACAN/CNRS (France). Humberto Luiz Lima DE OLIVEIRA : Université d’Etat de Feira de Santana, CELCFAAM (Brésil). Maurice AMURI Mpala-Lutebele : Université de Lubumbashi, CELTRAM (RDCongo), CELCFAAM (Brésil). Celinade de Araújo SCHEINOWITZ : CELCFAAM (Brésil). Papa Samba DIOP : UPEC, GRELIF, LIS (France). Alice Delphine TANG : Université de Yaoundé 1, Université de Douala (Cameroun). Joseph NDINDA : Université de Douala, CERPY-GIERRA (Cameroun). Christian MBARGA : Université St Thomas, New Brunswick, Canada, CELCFAAM (Brésil). Julien KILANGA MUSINDE : Université d’Angers (France). Alain VUILLEMIN : UPEC, LIS (France). Françoise UGOCHUKWU :(UK), CNRS/LLACAN External collaborator(France). Takiko NASCIMENTO, CELCFAAM, Université Fédérale de Bahia,(Brésil). Mihaela CHAPELAN : CELCFAAM(Brésil), Université Spiru Haret de Bucarest (Roumanie). Comité de relecture Pour les textes en français :Joseph NDINDA, Julien KILANGA MUSINDE, Marie-Rose ABOMO-MAURIN. Pour les textes en anglais :Christian MBARGA, Aleš VRBATA, Françoise UGOCHUKWU. Pour les textes en portugais :Humberto Luiz Lima DE OLIVEIRA, Évila DE OLIVEIRA, Antonio Gabriel Evangelista de SOUZA, Maria Conceição COSTA CARVALHO et Aleš VRBATA. Déjà parus Marie-Rose ABOMO-MAURIN, Humberto Luiz Lima DE OLIVEIRA et Christian MBARGA (dir.),Terres d’exil, terres d’accueil : identités.Terras de exílio, terras de acolhida :identidades, 2015.Marie-Rose ABOMO-MAURIN,Cette humanité qui hurle hors des pores de notre peau, 2015.
Marie-Rose ABOMO-MAURINet Alice Delphine TANGContes basa et bulu du Cameroun
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05815-3 EAN : 9782343058153
Parole d’introduction Il reste tant à dire et à découvrir de notre patrimoine culturel camerounais. À la variété de nos régions s’ajoute la richesse des visions du monde d’où l’homme tire sa sagesse. Nde a nga bo na (bulu)/I boñ le a ! (basa)/ « Et voici ce qui est arrivé » propulse tout mon être dans cette « revisitation » de ce temps antérieur auquel m’invite mon conte. Le conte, ce récit dont la portée est surtout perçue à travers les leçons philosophique et morale qu’il décèle, est également un voyage dans le temps, un temps éternel dans lequel tentent de s’allier le passé, le présent et le futur : le temps des pratiques millénaires, que le présent entérine pour mieux envisager le futur. Si je peux dire :nde a nga bo na/I boñ le a !je pose les bases dende a ye bo na/hana nyen mam ma ba ma ntagbe/voici ce qui va se passer.Mon projet du conte que je livre aujourd’hui, qui me vient dunde a nga bo na/ I boñ le a !», prend appui sur la singularité d’une situation mise en exergue, laquelle tantôt est parfaite harmonie avec un certainnde a wô’ô bo na/hana nyen mam ma yé ma ba,tantôt provoque une dysharmonie qui exige par la suite le rétablissement du« nde a bo a bo’o na/ hana nyen mam ma yé ma ba, perpétuation de pratiques ancestrales millénaires qui se donnent à lire dans le conte. L’instauration du dialogue basa-bulu à travers les contes choisis s’inscrit dans la recherche de la proximité de nos langues, proximité qui préside à celle des êtres humains. Il s’agit de montrer, si besoin l’était encore,
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des racines profondes à partir desquelles l’homme est une unité. Les langues désignent les mêmes éléments, donnent à voir les mêmes pratiques, consolident l’unité et l’unicité de l’être, cet être pour qui les récits qui se dévoilent dans ce recueil ne sont qu’un miroir. Marie-Rose Abomo-Maurin
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1 BENDEM 2 (conte bulu) Bendem était un jeune homme d’une grande famille et son occupation favorite consistait à chasser et à tendre des pièges. Il passait le plus clair de son temps à parcourir les forêts et les bois à la recherche de traces d’un gibier éventuel, à traquer toute vie animale. Un jour, il décida d’aller tendre ses pièges dans une zone interdite, où personne ne devait jamais se rendre. Son père le mit en garde en ces termes : « Fils, nous n’avons pas l’habitude de chasser dans cette forêt. Ne me demande pas pourquoi, je ne saurais te le dire. Mes parents et mes grands-parents ne l’ont jamais fait. Il serait plus raisonnable que tu ne t’y rendes pas ». Sans tenir compte des recommandations de son père, Bendem se dirigea vers la forêt et fut comblé en trouvant partout des traces et des pistes fraîchement fréquentées, des sentiers et des lieux de passages d’animaux qui lui prouvaient qu’il avait eu raison de s’entêter, car il devenait évident qu’il ne rentrerait jamais sans viande au domicile paternel. Il commençait même à se demander comment un homme, aussi puissant que
1 Appellation désignant un homme qui veut s’imposer aux autres. Tenu par l’ardent désir de se montrer supérieur, rongé par la vanité, il cherche à tout régenter. La leçon que l’on pourrait tirer de cette histoire se retrouve dans l’expression « il ne peut y avoir deux crocodiles dans une même mare ni deux coqs dans une basse-cour » 2 Tous les contes « bulu » sont de Marie-Rose Abomo-Maurin.
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