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Contes de la tradition orale kabyle

De
206 pages
Voici transcrits dans leur version originale, adaptés en français et rassemblés dans ce volume, les textes de contes de la tradition orale kabyle de la région de la Kabylie Orientale (Aït Wejhan et les Aït Slimane).
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CONTES DE LA TRADITION ORALE KABYLE

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À la mémoire de mon père, Qui m’a appris à ne faire les choses qu’avec cœur et conviction. À ma famille, Pour son amour désintéressé et son soutien indéfectible. À l’Algérie entière, des montagnes du Djurdjura jusqu’aux fins fonds du désert. Puisse le soleil de la prospérité et de l’amour l’inonder à nouveau. À mes élèves de Tizi N Bechar – Takitount et de Bouandas pour leur courage, leur aide et leur assiduité. En souvenir de ces journées hivernales glaciales et de ces kilomètres parcourus par eux, à la recherche du savoir, matin et soir, bradant la neige, le froid, et la terreur organisée. Je tiens à remercier mes amies Ariane Aron et Florence Gardeil pour leur immense sollicitude et la bienveillante attention dont elle ont fait preuve à l’égard de ce travail en m’aidant à en débarasser la version française de toutes les incorrections et les nombreux kabylismes.

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Présentation

Voici transcrits dans leur version originale tels que dits par ma mère, adaptés en français et rassemblés dans ce volume, les textes de contes de la tradition orale kabyle de la région de la Kabylie Orientale (Aït Wejhan et les Aït Slimane.) Leur collecte ainsi que leur adaptation sont doublement motivées : Fixer ce legs parental et ancestral qui va dépérissant au risque de disparaître si on en confiait le support qu’à la seule oralité. Le laisser mourir équivaudrait à quelqu’un comme moi dont la formation permet un tant soit peut de le fixer à brader les bijoux de famille. Partager la beauté et le plaisir de les connaître avec des publics qui ne peuvent y accéder autrement qu’à travers leur transcription1 et leur adaptation en français. C’est le cas des berbérophones qui, bien qu’ils connaissent le berbère, n’ont plus l’occasion pour diverses raisons de les écouter dire ou bien des non berbérophones, arabophones et francophones, auxquels j’ai réservé la partie d’expression française2. Toutefois, le contage de ces pièces a failli aux règles élémentaires de leur transmission traditionnelle. Je les ai enregistrés auprès de ma mère, originaire de Kabylie, mais vivant depuis une quarantaine d’années dans une ville arabophone, Sétif. Au moment de leur enregistrement cela faisait presque 20 ans qu’elles ne les avait pas dits.
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Transcription en caractères latins de la partie berbère s’entend. Pour ce qui est de la version française, il ne s’agit nullement d’une traduction mais d’une adaptation. Je connais assez les deux langues, berbère et française, pour me rendre compte que le texte français de ce volume ne rend pas suffisamment compte de la magie de l’univers qui se lit dans la version kabyle. Ce manquement, j’en porte sans doute en grande partie la responsabilité mais je ne pouvais faire autrement que d’entreprendre cette entreprise du fait que cette adaptation constitue pour ces textes dits dans un parler mal connu une ouverture sur le monde à travers une langue comme le français et un moyen d’accès à eux à travers cette même langue pour d’éventuelles études.

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Le dernier de ses enfants était âgé de 26 ans et ses petits-enfants, son public potentiel, l’école franchement arabisante, la télévision et les jeux vidéos ont tôt fait de les rendre étanches à tout autre forme de « culture » que celles qu’ils distillent. La lutte devenait à mon sens double : En face d’une politique nationale agressive contre tout ce qui faisait la culture originale de la Berbérie, improprement baptisée Maghreb ; Sur le front de notre résistance en tant que berbérophones à notre assimilation par notre ville d’adoption, Sétif. 3. En d’autres termes, la question qui se posait et se pose est comment vivre sa berbérité quand tout ce qui fait l’environnement où elle est sensée évoluer et s’épanouir lui est hostile. Pour ce qui me concerne personnellement, cette quête identitaire trouve son explication aussi bien dans mon parcours personnel que dans la réalité objective de l’Histoire de l’Algérie. Ma mère qui ne parlait pas et ne parle toujours pas un traître mot d’arabe sans l’écorcher à le défigurer complètement, ne s’est jamais adressée à nous qu’en kabyle, dans un kabyle inaltéré malgré les années passées à Sétif. Déjà, dès les premières années de notre installation dans cette
Je peux personnellement témoigner qu’aussi loin que peuvent remonter mes souvenirs des premières années de notre installation à Sétif et même longtemps après, je retiens surtout les images d’une vie très difficile, d’un énième recommencement pour mon père que la complicité de différentes circonstances avait contraint à l’exode vers cette ville, de quotidiennes bagarres, d’une inimitié inhérente dans la conscience des gens contre tout ce qui est kabyle. Je tiens cependant à préciser que si je fais ce témoignage c’est sans aucun esprit de revanche ou de vengeance, mais dans une démarche de dialogue et de mise en face d’eux-mêmes des Algériens en particulier et des Nord-Africains en général, et pour dénoncer cette auto-dépréciation qui les fait mépriser ce qu’ils sont vraiment en allant jusqu’à prendre et se faire d’acharnés défenseurs d’identités qui n’ont jamais été les leurs. Depuis Massinissa, jusqu’à Ouyahia, en passant par Saint Augustin, Al Muâizz, L’Emir Abdelkader, Boumediene et autres Ben Badis et Messali, le Nord-Africain s’est toujours complu, qui par calcul politique qui par ignorance peut-être, à stigmatiser et à agresser ce qui fait sa réelle identité : la berbérité. Peut-être aussi qu’en agissant de la sorte, ne faisait-il que s’attaquer au miroir qui lui renvoyait sa véritable image ?
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ville, pour nous retenir à la maison et nous arracher à d’éventuelles néfastes fréquentations et aux désagréments qui en résulteraient, elle nous couvait à la maison en nous racontant toutes sortes d’histoires et parmi elles celles contenues dans ces textes où de paysage en paysage nous nous nous voyions, par le moyen de ces contes, transportés audelà de la grisaille sétifienne vers des sites féeriques et merveilleux. Ainsi, comme c’est le cas de la majorité des familles kabyles exilées, nous avons, en plus de maigres bagages, emporté la Kabylie vers notre ville d’accueil. Certes notre région d’origine se voyait obligée de se mettre aux dimensions exiguës de l’intérieur de notre maison, mais cela ne l’empêcha nullement d’être là, entière, présente et encore plus magnifiée. Il n’y avait malheureusement pas de kanoun sur les braises duquel se seraient reflétées, comme sur un écran, les images que nous distillait la conteuse à travers sa narration, mais dans cette ville sans mémoire qu’est Sétif il faisait, malgré tout, bon entendre ces contes qui vous rattachaient à une présence, à une culture, à une identité, un repère. Car, ces pièces que j’ai recueillies auprès de Álima n At LÍaˆ, ma mère, elle-même les as apprises auprès de sa mère. Cette dernière qui naquit au début du siècle passé les avait écoutées dire par son frère aîné qui les contait en les lisant dans un livre4. On ne sait s’il traduisait ces contes en même temps qu’il les lisait dans une autre langue ou s’ils étaient déjà transcrits en kabyle. En tous les cas, une chose est sûre, ces contes me sont arrivés par le truchement de la seule mémoire orale et j’en donne ici la version qui m’est parvenue dans l’espoir de perpétuer le fil conducteur d’une identité plusieurs fois millénaire. Par ailleurs, il me faut signaler que dans un précédent volume dont je reprend ici les trois contes qui le constituaient en les présentant dans une nouvelle transcription et une traduction qui s’est enrichie des remarques des lecteurs -, j’ai fait le choix, dans une visée pan-kabyle, trop passionnée peut-être, de livrer ces contes non pas dans le parler où ils m’ont été communiqués mais dans un « néo-kabyle » où j’ai fait l’économie des variantes régionales trop marquées de mon parler. Il m’a semblé que dans toutes les langues il est des variantes régionales
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Nnesxxa selon les termes de ma mère.

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que l’on peut ignorer si l’on veut donner une large portée à un texte5. Je me disais que c’est cette attitude que tout Kabyle adopte en présence de kabylophones d’autres régions. Mon sentiment était confirmé, par exemple, par les attitudes de locuteurs tels que ceux originaires de Petite Kabylie qui abandonnent volontiers, en présence des Kabyles d’autres régions, le ä au profit du á pan berbère ou d’un t légèrement emphatisé. C’est le cas aussi de la néo-littérature kabyle qui s’est développée pendant les trois dernières décennies et qui va dans le sens de l’instauration d’un standard kabyle. Ainsi même si ses auteurs peuvent provenir de régions telles que Azazga ou Béni-Douala où le l est réalisé respectivement dz ou y cela n’apparaît pas dans leurs écrits. Pour ce qui est de la transcription de ces textes, j’ai voulu, sans verser dans un normalisme restrictif ni une transcription trop phonétique, en même temps que de proposer ces contes à un public de lecteurs avides de belles histoires, de surcroît puisées dans ses référents culturels, et donc qui participent de la préservation de son patrimoine, relayant un peu les mamans que les exigences de la vie quotidienne empêchent de transmettre comme l’ont fait leurs aînées, préserver le plus possible la langue d’origine de ces pièces6. Le lecteur remarquera aussi que malgré mon opposition à diverses dispositions de la notation dite usuelle en usage dans les milieux berbères, je l’adopte dans cet ouvrage, puisque malgré les critiques que l’on puisse formuler à son égard, force est de constater d’une part que l’usage scolaire et scientifique tend de plus en plus à l’imposer. D’autre part, le bon sens nous impose de dépasser ces querelles afin de
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À cet effet, il serait d’ailleurs très intéressant qu’une étude du kabyle utilisé dans le premier texte kabyle de ces contes soit menée afin de voir comment un kabylophone de Petite Kabylie, vivant hors de Kabylie, peut exprimer son attitude envers « une norme kabyle virtuelle ». 6 J’ai gardé beaucoup des réalisations phonétiques locales (élisions, assimilations, etc.), dont la suppression risquait de corrompre l’authenticité de la langue utilisée. J’ai cependant pris la précaution d’en donner en bas de page au fur et à mesure de leur apparition l’équivalent phonologique.

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taire les dissensions infructueuses, qui n’apportent rien au débat sur la standardisation de l’écriture berbère. En l’absence d’une autorité officielle régulatrice, l’esprit pratique s’impose.

Larbi RABDI

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Sommaire

Lunˆayelli-sntamìa WinyuÌenyelli-snÄemmi-s TislitnLebÍer ÅicamumzurawraÌ Aseˆˆidireqqen Butkercett Taqcictdtemcict ÁebÁeb™emman CeÄcuÄetBikka Tafunastmigujilen BabaInuba

14 38 59 76 95 113 130 143 159 169 194

Lunˆa,lafilledel’ogresse Celuiquiépousasacousinepaternelle Lafiancéedelamer Åicaàlacheveluredorée LaRoseardente Celuiàlapanse Lajeunefilleetlachatte Graindegrenade CeÄcuÄetBikka LavachedesOrphelins BabaInuba

26 49 68 84 103 121 136 150 163 180 199

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Amacahu, win i d-yennan ahu ad yelhu, f temÄayt n Lunˆa yelli-s n tamìa

I

ella yiwen n sseläan, sseläan Íaca ™ebbi, i˜uÍ ad yessu aÄudiw-is g tala, yufa tlata teqcicin tmeslayent. Yiwet tenna-yas : - Lukan a7 y-yaÌ sseläan, tilist n taduää a s-sselseÌ leÄmala-ines. Tayeä tenna-yas : - Lukan a y-yaÌ sseläan, lgelba n8 yirden a s-sseõõeÌ leÄmala-ines. Tayeä tenna-yas : - Lukan a y-yaÌ sseläan, a s-d-aruÌ aqcic d teqcict tiqerruyin-nsen d ddheb d lfeääa. IlaÄa-hent, yenna-yasent : - Aql-ikunt tmeqbulemt is tlata, a kunt-aÌeÌ i tlata. Nuhentit wellant, netta i˜uÍ yexäeb imawlan-nsent, yenna-yasen : - Atan yessi-twen a hent-aÌeÌ. Nnan-as : - Mebruk. Yewwi-hent.

Y

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Le [a] est la forme courte de ad devant les affixes personnels. Lire la suite /n y/ [yy]

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Tinna s-yennan « A s-sseõõeÌ leÄmala-ines s lgelba n yirden » yefka-yas lgelba n yirden teìda-tt, tnawel-itt d seksu, tÄell-itt g xxam yesÄan snat n tewwura, win ara d-ikecmen g tewwurt-a, ad yeddem taÌenˆayt, ad yerg g ta. Yiwet yiwet n tÌenˆayt i kra d-ikecmen, tesseõõ-as leÄmala-ines, icaä-d. Tinna s-yennan « A y-d-yefk tilist n taduää, a s-sselseÌ leÄmalaines » yefka-yas tilist n taduää, tessired-itt, tellem-itt d ulman, tÄell-itt am uletma-s g xxam yesÄan snat n tewwura, win ara d-ikecmen a stÄell adlal n wulman g fus-is, ad yekk tawwurt. Akken akken lammi tekfa leÄmala n sseläan-nni, icaä-d. Tinna s-yennan « A s-d-aruÌ aqcic d teqcict tiqerruyin-nsen d ddheb d lfeääa » terfed s tadist, yessuli-tt Ì ÒÒraya, lmakla tettawi-yas texdimt, aman tettawi-yas, teqqim dinn. Teqqim dinn lammi d-yewweä wayyur-is, qerÍen-tt lujaÄ, tennayas i sseläan : - Ad hwiÌ anida llant lxalat. Yenna-yas : - Ur kem-ssehwayeÌ ara Ìer dinn, qim ad9 taruä da, am d-awiÌ lqabla Ìer da, atan am xedment kra. Tenna-yas : - Tesliä-as, nekk ad hwiÌ ad aruÌ gar-asent. - Ahah a kem-yehdu ™ebbi, mi telliä s tadist teqqimeä dayyi iman-im, tura mi ttedduä ad taruä a kem-ssehwiÌ Ìer dinn Tenna-yas : - Tesliä-as, ad hwiÌ gar lxalat ad hwiÌ. Yessehwa-h-d Ìer ddin. Nettat qerÍen-tt lujaÄ tezzi, nuhentit ceyyÄent Ì Settut tusa-d, tewwi-d tabwaää yid-s. Mi turu, d aqcic d teqcict tiqerruyin-nsen d ddheb d lfeääa, Ìlin-d kan tiziri tuta g xxam-nni.

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Lire la suite /ad t/ [att]

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Teddem-ihen Settut tegzem-asen timiää, tegra-hen zdaxel n tebwaää, t˜uÍ Ì waddaynin, Ìur-sen taqjunt tjerra, tewwi-d aqziÍ d teqziÍt tessers-as-ihen zzat-s, tÄell tabwaää-nni ddaw ääabeq-is teffeÌ. Sseläan iÄuss-d f imi n tewwurt, yenna-yas : - Dacu d-ilulen ? Tenna-yas : - AnÄam a sidi, ssethiÌ a k-d-iniÌ, d ayen yellan g addaynin i10 yellan g agnes. Yenna-yas : - Ihi, sehwat-tt ad t˜uÍ ad teõõ gar yiäan, ad tsu gar yiäan. Ssehwan-tt meskint, ttett gar yiäan, ttessu gar yiäan, yuli-tt ccÄe˜ am iäan. Tabwaää-nni, teddem-itt Settut, tegra-tt zdaxel n lebÍe˜, wwint-tt lmujat. Yella dinn yiwen umÌar d temÌart Äellen taxxamt f rrif n lebÍe˜. Ad d-kkren ÒÒbeÍ a s-inin « A ™ebbi ceyyeÄ-aÌ-d amwanes sÌur-k, nestuÍec », ad kkren ad gnen a s-inin « A ™ebbi ceyyeÄ-aÌ-d amwanes sÌur-k ». TaÒebÍit-nni, akken i d-yekker ad yeììal, yerga-d Ì be˜˜a ad yessired. Mi yeääill akka, yetwala tabwaää-nni kkatent-tt lemwaji. Yeììul, isellem, yuÌ lmeÄruf, iqeddem, lammi h-d-tessusef lmuja, iÄedda yeddem-itt, yewwi-tt Ì uxxam. Yufa tamÌart-nni daÌen tekker-d teììul, mi tt-ldin d aqcic d teqcict, tiqerruyin-nsen d ddheb d lfeääa, Äellen tiäudatin-nsen g tqemmucin-nsen nekkÄen-ihent. Netta amÌar-nni d temÌart-nni Ìur-sen ccej˜a n ttme˜ zzat tewwurt, kul ÒÒbeÍ ad afen turu-d sin iÄeqqayen n ttme˜, a hen-d-kksen. ÓÒbeÍnni ufan turu-d ˜ebÄa, yerna-d umur n lwacul-nni. Kksen-asen-d sin iÄeqqayen-nni n ttme˜, s laden n ™ebbi, ttakenasen nekkÄen-ihen, tÄeddilen-asen tamemt g tqemmucin-nsen, mÌurend, mmugen annect. Mi d-mÌuren taqcict-nni temmug d tameääuyt, aqcic-nni d ilemìi, amÌar-nni yemmut, tamÌart-nni temmut. Qqimen dinn lammi d yiwen wass, tenna-yas teqcict-nni :
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Lire /i y (indice de personne)/ [ig]

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- A gma nestuÍec, iyya-d ad11 nbeddel tamurt, mi yella baba d yemma neqqim netwennes, tura baba d yemma mmuten, iyya-d ad n˜uÍ Ì kra n tmurt ayda tella temwinsa. ™uÍen, teddun teddun lammi d tamurt-nni n baba-tsen, wwäen, ääfen axxam, zedÌen dinn. Ad d-yekker ÒÒbeÍ sseläan-nni, ad imlaqa aqcic-nni a s-yini « ÓbaÍ lxi˜ » ur s-ittara12 ara, « ÓbaÍ lxi˜ » ur s-iettara ara. Lammi d yiwen ubrid, fehment lxalat-nni mi d-iwella sseläan Ì uxxam yenna-yas : - Ata da yiwen lˆens, yekcem-d, ur t-ssineÌ ara gmi d-cfiÌ, aqerruy-is d ddheb d lfeääa, a t-mlaqiÌ a s-iniÌ « ÓbaÍ lxi˜ », akka i tettergigi tasa-w fell-as, netta ur y-d-yettarra ara. Netta yerga, nuhentit ceyyÄent Ì Settut, nnant-as : - Ayen txedmeä ad d-yezzi d uqerruy-im d wagla-nteÌ, widak täeyyreä akken ahna tlafan-d. Tenna-yasent : - Texäa-kunt taluft. Azekkuya ÒÒbeÍ, tekker-d t˜uÍ. Netta aqcic-nni d aÒeyyad, ad yekker ÒÒbeÍ a s-yini i uletmas « ÓleÍ tawwurt alamma qqleÌ-d ». Ass-nni tbedd-as-d tinna : A yelli-s n13 uletma, a yelli-s n uletma Tenna-yas : - Menhu ? Tenna-yas : - Ah ayen d xalti-m, ldi tawwurt G asmi temmut yemma-m ur d-yejbi yiwen fell-am, ur d-tejbim kunwi ur rniÌ nekk. Mi d-teldi tawwurt tÄell-as akka i tmeÍremt f uqerruy-is : - Ah amek i teära d tcekkuÍt-im g asmi temmut yemma-m, uletma ? Tufa d tidett aqerruy-is d ddheb d lfeääa.
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Lire la suite /ad n/ [an] Lire la suite /a ara/ [ara] 13 Lire la suite /n u/ [ww]

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Tenna-yas : - Ayda i˜uÍ gma-m ? - I˜uÍ a xalti ad isäad. Tenna-yas : - YetÍibbi-kem ? Tenna-yas : - YetÍibbi-yi, menhu14 ara iÍibb ma ur y-iÍibb ara nekk ? Nekk d ayen netta i sÄiÌ, netta d ayen nekk i yesÄa. - Ihi, ma yetÍibbi-kem, in’as a m-d-yawi Ceˆret Meryem a hteììum ÒÒbeÍ ad tefteÍ g iä ad yenneqlab nnwa˜-is f lÍa˜a ad tebhu, uma mi tzedÌem akkayyi ulaÍedd-itt atan ur tebhim ara. - Yah ihi d Ceˆret Meryem kan ara Ì ibehhan. Tenna-yas : - Ih, in’as kan am ih-d-yawi. Nettat Ceˆret Meryem tÄussun fell-as sebÄa iÌuliwen. Mi d-iwella tammeddit, yufa-tt ayendur aÍenbur. - Dacu kem-yuÌen a uletma, menhu akka i d-ikecmen ? Tenna-yas : - Ur y-tetÍibbiä ara. - Llah llah ma ur kem-tÍibbiÌ ara anwa sÄiÌ a t-ÍibbeÌ ? Yax d kemm kan i sÄiÌ, kemm d nekk kan i tesÄiä. Tenna-yas : - Ma tetÍibbiä-iyi, awi-yi-d Ceˆret Meryem, a tt-neììu ÒÒbeÍ, g iä nnwa˜-is a d-yekcem g ääiqan. - Ag sahel ™ebbi d tayyi, eõõ kan imensi tettaäsaä. Tqeddem teõõa imensi tettaäsa, gnen. Azekkuya ÒÒbeÍ, yekker-d, iÄedda i˜uÍ. Iteddu iteddu, laqan it-id sin yegäaä, laÄan-it-id : - Ayda akka a MÍend, aql-ik tÄedzeä ? Yenna-yas : - TedduÌ ad d-awiÌ Ceˆret Meryem. Nnan-as :
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Lire la suite /u ara/ [ara]

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- Ceˆret Meryem tÄussun fell-as sebÄa iÌuliwen, meÄna Íess-d a k-d-nini amek ara txedmeä : ˜uÍ aÌ-d tafunast tamessukit, tezluä-tt, tebäuä-tt f sebÄa, tawiä-asen-tt, Änu taswiÄt gacu ara gnen, sers-asen-tt me˜˜a, kul yiwen sers-as amur-is zzat-s, teffreä. Mara d-kkren ad õõen, imiren ad Äelmen ansa sen-d-yekka, tÍewwseä lwiˆab ara sen-d-tawiä. I˜uÍ yuÌ-d tafunast tamessukit, yefka-tt i ugezzar yebäa-tt me˜˜a f sebÄa, yeÄna taswiÄt-nni gacu ara gnen, kul yiwen yessers-as amur-is zzat-s. Mi d-dkulen ufan lxi˜ i wudmawen-nsen. IlaÄa-hen-d baba-tsen, yenna-yasen : - Ad tqeddmem ad teõõem ? Nnan-as : - NiÍeq ad nqeddem ad neõõ, nufa lxi˜ i wudmawen-nneÌ ur ntett ara ? Yenna-yasen : Menhu i wen-t-id-yewwin ? Ad ggaleÌ d wa i wen-d-yewwin lxi˜ayyi ar d kra i yuÍwaj. Nnan-as : - NÄuhed-it nÄuhed ™ebbi a lukan ad d-yecreä Ceˆret Meryem alamma nefka-yas-tt. IlaÄa-d, yenna-yas : - Ihi d tin. Nnan-as : - ™uÍ kkes-d ayen i k-iÄejben. I˜uÍ yekkes-d taceäbubt n Ceˆret Meryem, iwella-d. YelÍeq-d, yeììa-tt f imi n tewwurt. Azekkuya ÒÒbeÍ, iÄecca uxxam-nni ddunit d tazegzawt s nnwa˜ d leÍcic. Mi d-yekker Ccix n lˆameÄ ad yedden iteddu a s-yini « Llah ukbe˜ » yenna-yas « Llah uÄjeb », yuhem d acu ibeddlen akken tagnitt-nni. A mi d-kkrent lxalat-nni, ceyyÄent Ì Settut : - Atan skud mi hen-tessalayeä. T˜uÍeä, mi llan d leäwafen, a henteÌÌeä, tura atan mÌuren-d wellan-d, t˜uÍeä tura a sen-tÄelleä ayen s

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CONTES DE LA TRADITION ORALE KABYLE

wacu ara mten tÄelleä-asen Ceˆret Meryem, taxelqit akk teääallay Ìer dinn. Tenna-yas : - Texäa-kunt taluft. T˜uÍ, mi tewweä Ìer dinn tenna-yas : - Ih ata lxi˜ ata lxi˜, ziÌ i kem-yetÍibbi - Welleh Íaca i s-nniÌ am ass-a, azekkuya yewwi-h-d. Tenna-yas Settut-nni : - Ata lxi˜ ata tura tebha lÍara-nnun, medden akk ääallayen Ìur-s, ääiqan õõu˜en d leÍcic, axxam yedduri s nnwa˜, Ceˆret Meryem rriÍa-s tekkat-d. MeÄna ilaq ur kem-yettaˆˆa ara akka iman-im, ilaq ad ijwej u a s-ssekneÌ menhu ara yaÌ. Tenna-yas : Menhu ? Tenna-yas : - Ma yetÍibbi-kem, ad i˜uÍ ad d-yaÌ Lunˆa yelli-s n tamìa. Nettat Settut-nni tqis-it ad yaweä Ìer dinn a t-teõõ15 tamìa-nni. Mi d-iwella tameddit, yufa-tt daÌen ayendur aÍenbur, yenna-yas : - Dacu kem-yuÌen daÌen tura, menhu d-ikecmen ? Tenna-yas : - Yiwen ur d-yekcim, nniÌ-ak kan a gma stuÍceÌ. Yenna-yas : - Ass-a kan i testuÍceä, gmi yemmut baba d yemma nekni imannneÌ, iwac ur testuÍceä ara ? Ihi tura mi nezdeÌ gar medden i testuÍceä ? - A gma bÌiÌ ad tjewjeä u ad taÌeä Lunˆa yelli-s n tamìa. - Yah, Ìer dinn i h-tewwiä, mara qqimeÌ ur d-twellaÌ ara imiren ad testuÍceä mliÍ. Azekkuya ÒÒbeÍ, iruh. Yufa daÌen igäaä-nni n wass-nni i s-dyezwaren f Ceˆret Meryem, nnan-as : - Anda akka a MÍend ? Yenna-yas :
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Lire la suite /a t-t/ [atit] (avec le deuxième t occlusif).