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CONTES KABYLES

De
92 pages
L'auteur n'a cessé de recueillir auprès de ses parents d'abord puis de ses proches ensuite tout ce qui, à leurs yeux, constituait ce qu'ils appelaient le " mot ancien " et le " mot sacré " : mythes et croyances kabyles. Le mot ancien contient toutes les autres traditions orales. D'où viennent les ogres et les ogresses ? C'est la question que les enfants kabyles posent souvent à leurs parents et grands-parents…
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CONTES KABYLES

Autres ouvrages de l'auteur Devinettes berbères de Kabylie, Conseil International de la Langue Française, 1987. Timsal, Enigmes berbères de Kabylie, L'Harmattan, 1990.

Y Queef ALLIOUl

CONTES KABYLES

DEUX CONTES DU CYCLE DE L'OGRE

1- MDAKKEL ET L'OGRE
2 - MOHAND LE CENTAURE ET L'OGRE

Texte français

L'Harmattan

Illustration de couverture: Vallée de la Soummam, 1966; Le père de l'auteur, Améziane Achivane (1898-1972).

A mes enfants Damia Tawes et Améziane Gaya « Ecrivez ce que vous pouvez en kabyle, vos
enfants le trouveront. »

« Aruwt

ayen
s

i-wi

tzemrem

teqbaylit,

arraw nwen a-t-id aEen.»

@ L'Harmattan,

2001

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal Canada H2Y lK9 L'Harmattan, Italia s.d. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7475-0483-2 (Qc)

AVANT PROPOS

« Ecris ce que tu peux en kabyle, tes enfants le trouveront », me disait souvent mon père. Et je n'eus grâce à ses yeux que le jour où il me vit m'avançant dans sa direction, un cahier à la main, pour lui demander des précisions sur les proverbes et autres récits que ma mère et lui nous ressassaient autour du kanoune. Il me répondit les yeux brillants, pleins de satisfaction et, je crois aussi, de fierté :« Je veux d'abord que tu notes ce dicton que je tiens de ton grand-père Mohand. Il est peu connu. Mais il est à mes yeux le plus important de tous: « Chaque pays a ses visages Mais Dieu est partout le même. » » C'était au mois de juin 1965. Depuis cette date, je n'ai pas cessé de recueillir àuprès de mes parents d'abord et de mes proches ensuite tout ce qui, à leurs yeux, constituait ce qu'ils appelaient «le mot ancien »(awal aqdim) et «le mot sacré» (awal ademYl): mythes et croyances kabyles. Le «mot ancien» contient toutes les autres traditions orales. Le contenu est fort divers. Il regroupe les contes, les légendes, les fables, les sagesses, les histoires drôles (Djeha, Banwas et Fritis), les devinettes, les énigmes, les comptines, les jeux et les poèmes anciens ainsi que les proverbes. La monographie de mon village et un recueil de phytothérapie, que mon père attribuait modestement à ses
.

amis les docteurs Aoudjhane et Lhacène Ou-Lhadi, ont été notés sur des cahiers différents. Un autre cahier contient les témoignages des anciennes de ma confédérationl, dont Nna Tassadit Ihaddadène et sa fille Djédjiga. La seule mise à disposition de mes propres enfants ne suffit pas. Je souhaite que ces récits et témoignages soient mis à la portée d'un public beaucoup plus large et notamment des enfants kabyles. Je proposerai dans une publication prochaine comment utiliser pédagogiquement ces écrits2. Je pense que ce n'est qu'ainsi que la phrase de mon père aura recouvré entièrement son sens. Remarques sur la notation et le système de transcription Il faut inclure dans le système la voyelle [0]. Celle-ci existe dans le parler kabyle. Citons pour exemples les mots suivants: l1;arma "honneur", M$O$a "lieu-dit pourvu de sources", Xenfàr "lieu-dit triste et laid" et Mac, nom du chat dans la mythologie kabyle. Il en est de même de la consonne labiale sourde [p], réalisation phonétique féminine dans certaines confédérations et chez les hommes et les femmes des At Weghlis et de
1

Entre eux les Kabyles se désignent par leur confédération: « Je suis un

Awzellag» (Nekk d-Awzelleg). Les termes « Petite ou basse Kabylie» et « Grande ou haute Kabylie» n'existent pas dans le parler kabyle. Nous disons « le pays kabyle» (tamurt I-Leqbayel). Les anciens disaient « la fédération kabyle» (tamawya nay lxaziba taqbaylit).
1

international sur la langue tamazight - Ghardaïa) et l'autre en 1993 (Regards sur l'Afrique du Nord -Paris).

Ce quej'ai déjà proposé dans deux articles écrit l'un en 1991 (colloque

10

quelques autres confédérations comme les At Mensor et les lêzzoughène. En revanche, les femmes de ma confédération utilisent, comme les hommes, la consonne gutturale sonore [g]. Selon les confédérations, la réalisation se fait par l'utilisation de [b] ou de [g]. Cette particularité de prononciation vient de la transformation du phonème d'origine [w]. Ainsi, tawwurt (porte) devient tabburt, taggurt ou tappurt selon l'endroit où l'on se trouve. Pour une raison esthétique ou réaliste3, je n'utilise pas dans le

texte berbère l'exposant numéral [0] pour noter la labiovélarisation. Je préfère noter « aJn,verfa» (déchet) ou « akwbal » (maïs) et non pas « akoerfa» et « akobal ». En revanche, quand le locuteur kabyle n'utilise pas cette caractéristique phonétique, il me semble qu'il est préférable, tout comme lui, d'ignorer cette dernière. J'écris alors tout simplement « akerfa» et «akbal ». Enfin, dans l'Akfadou et Awzellaguène comme dans beaucoup d'autres confédérations kabyles, le phonème [I] est prononcé de la même manière que les Anglais prononcent leur [r Les anciens attribuaient l'introduction du [1]constrictive liquide ou vibrante latérale - au parler kabyle citadin (taqbaylit tal)edrit).

t

3 Beaucoup de kabylophones ne comprennent pas pourquoi les spécialistes ont occulté le graphème [v] par le [b] sous prétexte de mieux coller à l'APl, alors que pour rendre la consonne occlusive labiale sonore l'on soit obligé d'avoir recours à des géminées [bb]. 4 Pour ceux qui ne l'utilisent pas et qui veillent le connaître, nous conseillons l'écoute du chanteur kabyle Slimane CHAB!. 11