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Cool Raoul !

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Cool, Raoul ! Raoul n'est ni le cancre ni la grosse tête de sa classe, c'est juste Raoul, le gars le plus cool du collège St-Supplice. Il est convaincu que ses parents n'ont pas assisté à sa naissance, que sa vieille tante Gertrude est une espionne toujours en activité et que sa prof de français est une incendiaire. Malgré tout, Raoul trouve sa vie super cool. Il pourrait avoir des tas de copains, mais il préfère se tenir avec Bart, son meilleur ami qui a la phobie des serpents et des araignées. Quand Raoul et Bart font la connaissance de Catline et de Li Mei, deux filles de leur classe, c'est le début d'une grande amitié d'un groupe vraiment cool.

Alain Ruiz est un auteur franco-canadien de plusieurs romans vendus à près de 130 000 exemplaires. (Ian Flix, Les chroniques de Braven Oc, Bekhor...).


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Alain RUIZ

COOL RAOUL






Edition originale 2016

Copyright © Agnès Ruiz pour la couverture et Alain Ruiz le texte

ISBN : 979-10-91305-97-6

Du même auteur


Série Les chroniques de Braven Oc - Romans et BD
L’Épée de Galamus
Le Cri des Eaux salées
L'académie des homoplantes

Série Ian Flix, l'écumeur des mers (Ian Flibus au Québec)
L'Île aux treize os
Les Joyaux de Pékin
La Ligue des pirates
La Terre des Géants
L'Escarboucle des sages
Les Oubliés de la Cité d'Or
Les Larmes du maharadjah

Série Bekhor
Le Jardin interdit
La Terre de glace

Journal d'un Hot-dog

Les femmes préfèrent les hommes qui choisissent le côté gauche du lit

Octove s'habille selon les saisons

Les enquêtes de Frank Meyer
     1. Meurtre à la ligne
     2. L'assassin du vendredi
     3. Meurtre en 50 nuances de gris

Résumé : 

Raoul n'est ni le cancre ni la grosse tête de sa classe, c'est juste Raoul, le gars le plus cool du collège St-Supplice. Il est convaincu que ses parents n'ont pas assisté à sa naissance, que sa vieille tante Gertrude est une espionne toujours en activité et que sa prof de français est une incendiaire. Malgré tout, Raoul trouve sa vie super cool. Il pourrait avoir des tas de copains, mais il préfère se tenir avec Bart, son meilleur ami qui a la phobie des serpents et des araignées. Quand Raoul et Bart font la connaissance de Catline et de Li Mei, deux filles de leur classe, c'est le début d'une grande amitié d'un groupe vraiment cool. 

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COOL RAOUL ! 

CHAPITRE 1 - L’ART ET LA MANIÈRE DE NE PAS CONVAINCRE SES PARENTS


Maintenant, j’en suis sûr, mes parents n’étaient pas présents le jour de ma naissance ! Sinon, comment expliquer leur totale indifférence face à toutes mes demandes. Au plus profond de mon esprit, je crois même me souvenir ce que m’a dit la sage-femme quand je suis né, seul, sans l’aide de personne.

— Je suis désolée, mon beau bébé, mais tes parents n’ont pas pu venir pour te voir naître. Ils avaient quelque chose de plus important à faire.

À mon avis, j’ai été formé dans un œuf, puis mis dans une couveuse jusqu’à mon éclosion. Mais avant de me retrouver à la maternité par je ne sais quel miracle, ma mère a probablement dû enfouir mon œuf dans le sable, sur une plage, comme le font les tortues géantes qui laissent ensuite leur progéniture à la merci de la nature. Du coup, je sais parfaitement ce que peuvent ressentir les tortues Ninja d’avoir elles aussi été abandonnées.

Pour moi, c’est plus qu’évident. Si ma mère et mon père avaient été vraiment là quand je suis entré dans ce bas monde, ils n’auraient pas pu résister en m’entendant pousser mon premier cri, le premier d’une très très longue série. Tout parent digne de ce nom ne peut que s’émouvoir devant la souffrance de son enfant. Or, j’en suis déjà arrivé à la treizième saison du téléfilm de ma vie et mes parents ne comprennent toujours pas ce que j’attends d’eux. Bon, la première année, je ne peux pas vraiment leur faire de reproches. C’était tout nouveau. Ils manquaient d’expérience. D’accord, ils avaient déjà ma sœur Clara, de deux ans mon aînée, mais ça ne compte pas. Je suis leur unique fils, point barre ! Puis les besoins d’une fille sont très différents de ceux d’un garçon. Pas utile d’en faire un dessin. Enfin, peu importe, sœur aînée ou pas, mes parents ont largement eu le temps de s’habituer à tous mes faits et gestes quotidiens pour répondre aux moindres de mes besoins. Mais après treize ans, ils en sont encore à la première étape : « Il a peut-être faim... À moins que sa couche soit pleine... Ou sinon ce sont ses dents qui le travaillent ».  

Pfft ! Franchement, ils ont dû manquer plusieurs épisodes de ma vie ou bien ils n’ont pas accès au replay, car je ne vois pas ce qu’il y a de si difficile à comprendre quand je leur dis que je veux un iPhone 6. C’est pourtant très clair, il me semble. J’ai beau le prononcer tout haut, l’épeler pour être sûr qu’ils ne confondent pas avec un babyphone, mais rien n’y fait. Ils n’ont même pas souligné mes gros efforts d’articulations après toutes ces séances passées chez l’orthophoniste. Et dire que j’ai voulu leur faire plaisir. Bon, c’est vrai que je les ai un peu poussés en faisant semblant d’être dyslexique, simplement parce que mon ami Bart m’a dit que son orthophoniste était très sexy. J’ai voulu vérifier, rien de plus. Et je reconnais qu’il avait raison le bougre. Enfin, tout ça pour dire que l’origine du problème ne vient pas de moi, mais bien de mes parents. Ma diction n’est pas du tout en cause, c’est plutôt leur audition. J’aurais peut-être dû leur demander un porte-voix à mon dernier anniversaire. D’accord, je n’aurais probablement pas eu dans ce cas le dernier Call of Duty pour ma PS4 et là ça m’aurait fait rager d’attendre Noël. 

J’ai pourtant essayé de la jouer subtilement. J’ai bien précisé le iPhone 6 pour qu’il n’y ait pas de malentendu, car il est hors de question qu’ils m’achètent une version précédente.

— Vous savez le iPhone 6, celui juste après le 5, et avant le 7 ! leur ai-je dit.

J’ai volontairement mentionné le 7 afin de les préparer psychologiquement à m’acheter le prochain le temps venu, mais je ne m’y suis pas trop attardé pour éviter que mon père me réponde aussitôt : 

— On attendra la sortie de la version 7 pour t’acheter la version 6 qui sera alors moins chère.

Attention, avec mon père, il faut la jouer finement, sinon c’est cuit avant même de mettre le plat au four. Moi, c’est le iPhone 6 que je veux, et je le veux maintenant. Je ne tiens pas à attendre la sortie du iPhone 7. Puis, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. D’ici là, toute forme de vie peut disparaître de la Terre si on se fait percuter par une énorme météorite. On pourrait aussi être envahis par des extraterrestres pilleurs de technologies sous-évoluées pour leurs musées d’œuvres interstellaires. L’histoire de l’humanité démontre bien que des peuples ont été pillés de leurs richesses culturelles par leurs conquérants, alors pourquoi les extraterrestres n’en feraient pas autant avec la Terre ? Eux aussi doivent avoir des milliardaires collectionneurs d’objets exotiques issus d’autres planètes. En ce moment même, ils se préparent peut-être déjà à nous envahir dans six mois ou un an pour nous déposséder de tous les iPhone. Il se pourrait même qu’ils s’accaparent de toutes nos ressources naturelles et de toutes nos technologies pour nous empêcher d’en fabriquer d’autres. Du coup, on reviendrait à l’âge de pierre. J’aurais alors attendu en vain pour avoir mon iPhone 6. 

Après toutes ces années de pratique devant le miroir pour bien maîtriser mes expressions faciales de supplication, allant du tremblement des lèvres jusqu’aux larmes à flot, je n’ai pas réussi à convaincre mes parents. Même ma gestuelle n’a rien donné. Elle ne manque pourtant pas de technique grâce à mes nombreuses heures passées à regarder les films italiens et les matches de foot du championnat d’Italie. Mais de toute évidence seuls les vrais Italiens ont le pouvoir de supplier avec leurs mains. C’est pas faute d’avoir essayé pourtant. On ne peut pas me reprocher d’abandonner rapidement. 

Dans une ultime tentative, j’ai eu beau hurler que je voulais un iPhone 6, je me suis retrouvé face au coffre-fort de banque qui a la porte la plus épaisse au monde. Ni le souffle du Grand méchant loup, ni le cri de Carrie, n’en déplaise à Môssieur Stephen King, ne pourrait avoir raison de mes parents. Leur indifférence à mon égard est plus forte que Hulk et Superman réunis. Ma mère et mon père me regardent toujours avec ce même air ahuri assez typique lors de mes demandes un peu spéciales. 

Un instant, j’ai presque cru qu’ils allaient dire oui pour l’iPhone 6, mais j’ai bien vu qu’ils faisaient semblant d’y réfléchir. Sans prendre le temps de se concerter, ils m’ont dit : NON. C’est comme si j’avais reçu un coup avec le gros marteau de Thor.

— Quand vous dites non, est-ce que vous voulez dire pas aujourd’hui, mais peut-être demain ? leur ai-je demandé.
— Non pour aujourd’hui, non pour demain et non pour les jours suivants, a aussitôt rétorqué ma mère.
— Même si je contribue avec mon argent de poche des deux prochaines années ?
— NON !
— Des cinq prochaines années ?
— NON !

Ah, que je déteste ce NON ! On devrait interdire ce mot dans la bouche des parents. Ceux qui nous gouvernent devraient faire voter une loi dans ce sens. Après tout, dans plusieurs pays, la fessée est dorénavant interdite. Dans les écoles, le règlement interdit également tout châtiment corporel, puis dans les cantines scolaires et durant les récréations, il paraît même qu’il ne faut plus empêcher les enfants de chahuter. Ça favorise la sociabilisation, semble-t-il. Alors, pourquoi ne pourrait-on pas obliger les adultes à nous dire TOUJOURS OUI, pour notre bon épanouissement personnel ? Du coup, la vie serait beaucoup plus simple. 

— Est-ce que je peux avoir un iPhone 6 ?
— OUI. On te l’achètera cet après-midi sans faute. 
— Est-ce que je peux regarder la télé ce soir même si j’ai école demain ? 
— OUI. Tu peux même la regarder toute la nuit, si tu veux.
— Je n’ai pas envie d’aller en cours aujourd’hui, est-ce que je peux rester à la maison ?
— OUI. Tu pourras ainsi continuer ta partie de jeu vidéo.
— Est-ce que je peux laisser ma chambre en désordre ?
— OUI. Je la rangerai à ta place.
— Est-ce que je peux jouer au ballon dans la maison même si je risque de casser quelque chose ?
— OUI. Nous avons justement souscrit une assurance contre les bris. 

L’avantage, c’est qu’il y aurait ainsi moins de conflits entre parents et enfants. On vivrait plus en harmonie. On ne serait plus obligés de leur faire la tête pendant des jours parce qu’ils nous ont dit NON. 

Même chose à l’école. Les relations entre professeurs et élèves seraient beaucoup plus conviviales si on interdisait le NON.
— Madame. Est-ce que je peux coller mes crottes de nez sous la table ?
— OUI. Je pourrais ainsi les prendre en photos pour mon album souvenir.
— Est-ce que je peux sortir prendre l’air dans la cour pendant que vous résolviez mon problème de math ?
— OUI avec joie. Je t’appellerai quand j’aurai terminé.
— Est-ce que ma mère peut venir en colle à ma place ?
— OUI, ou bien ton père si elle n’est pas disponible.
— Est-ce que je peux quitter la classe plus tôt aujourd’hui, car j’ai ma série préférée qui commence trente minutes avant la fin des cours ?
— OUI sans problème. Je te suggère même de partir une heure plus tôt, pour être sûr de ne pas la rater.
— Est-ce que je peux aller aux toilettes à chaque fois que je le souhaite, sans demander la permission ?
— OUI, bien évidemment, en prenant tout ton temps. Nous avons laissé des magazines dans les toilettes à la disposition des élèves.

Dans le meilleur des mondes, ce serait l’idéal de faire ce que l’on veut à la maison et à l’école, et même en dehors. Mais je ne me fais pas d’illusion. Ceux qui ont le pouvoir, ce sont les adultes, et je les vois mal voter une loi qui ferait des enfants leurs dominants. Puis, le problème, et non le moindre, c’est que les enfants sont voués à devenir eux aussi des adultes. Donc, tôt ou tard, cette loi finirait par me pénaliser. Car il ne manquerait plus que ça que mes futurs enfants me dominent ! Non mais, et puis quoi encore !

CHAPITRE 2 - MA SŒUR AÎNÉE, LE PLUS GRAND MYSTÈRE DE L’HUMANITÉ 


Ceux qui pensent que les femmes sont le plus grand mystère de l’humanité se trompent totalement. Je ne vois pas en quoi les femmes peuvent être si difficiles à comprendre au point de débattre sur le sujet pendant des heures et d’écrire toutes sortes de thèses de doctorat. Ma mère est le plus bel exemple que je puisse donner. Quand elle m’appelle par mon prénom suivi de mon nom, je sais très bien à quoi m’attendre. 

— RAOUL BUBLÉ ! QU’EST-CE QUE TU AS ENCORE FAIT ?!

Ou bien :

— RAOUL BUBLÉ ! VIENS ICI TOUT DE SUITE ! 

J’ai alors moins de cinq secondes pour venir la rejoindre et m’expliquer. 

Quand elle me crie de descendre sans qu’elle prenne la peine de monter jusque dans ma chambre, j’ai tout intérêt à trouver une bonne excuse avant d’arriver jusqu’à elle, sinon mon compte est bon pour au moins une semaine. Car, avec ma mère ça ne rigole pas, même si jamais elle n’a levé la main sur ma sœur et moi, ni mon père d’ailleurs, à part la fois où j’ai mordu Clara parce qu’elle tentait de m’arracher des mains mon soldat de plomb. 

Quand ma mère me donne une corvée, je sais très bien que je dois arrêter sur-le-champ ce que je fais. Bien obligé, car à chaque fois que j’ai remis à plus tard ce qu’elle m’a demandé j’ai fini par l’oublier, comme tout ado qui se respecte. Et je l’ai payé chèrement. 

Avec mon père, par contre, ce n’est pas du tout pareil, ce qui rétablit à peu près l’équilibre. Quand il me demande un service, comme sortir les poubelles ou tondre la pelouse, je sais que j’ai un peu plus de marge. Si j’oublie, il finit par faire le travail à ma place. Après tout, il répète souvent qu’on est toujours mieux servi que par soi-même. Et je suis tout à fait d’accord avec ça, donc autant que ce soit lui qui le fasse. Mais, avec ma mère, ce dicton n’a pas du tout le même sens : 

— Tu fais ce que je te demande, même si tu le fais moins bien que moi.

Mais si par malheur elle constate que le travail a mal été exécuté, par manque d’envie ou parce que j’ai été négligent en allant trop vite, eh bien, je le paie encore très chèrement avec une autre corvée ou une privation.

Non, pour moi, le plus grand mystère de l’humanité c’est ma sœur Clara. Quand je la vois avec ses copines, je plains aussi tous les garçons qui vivent la même situation que moi. J’ai beau faire des efforts pour comprendre ma sœur, mais je n’y arrive pas. Bon, je dois reconnaître que je ne fais peut-être pas tant d’effort que ça, mais j’ai bien d’autres choses à m’occuper que de perdre mon temps à chercher à la comprendre. 

Le problème avec ma sœur aînée c’est qu’elle change constamment d’avis. Elle peut me dire oui tu peux emprunter mon iPod et venir me le reprendre une minute après parce qu’elle ne veut plus me le prêter. Quand elle s’habille, elle est capable d’essayer une dizaine de tenues pour finalement revenir à son premier choix. Elle pourrait très bien me demander mon avis, comme ma mère le fait avec mon père, mais je suis sûr qu’elle n’en tiendrait pas compte. Ma mère, elle, se fie aux commentaires de mon père quand elle doit s’habiller. Enfin, pas toujours... 

— Mon chéri. Je ne sais pas quelle robe porter pour ce soir ! D’après toi, laquelle devrai-je mettre ? La rouge ou la noire ?

Évidemment, l’habituelle hésitation de mon père ne fait rien pour arranger les choses, mais il sait très bien qu’il doit se prononcer sinon ils risquent de partir en retard.

— Heu... Eh bien... Je dirais la noire.
— Tu es sûr ? La rouge m’ira peut-être mieux avec mes escarpins noirs. Qu’en penses-tu ?  
— Oui, en effet. Alors mets la rouge si tu préfères. 
— Comment ça si je préfère ? C’est ton avis que je veux. Tu trouves, toi, que la noire m’irait mieux ?
— Oui. Avec la noire, tu seras très belle aussi.
— C’est vrai ?! Comme c’est gentil. Mais tu ne m’aides pas vraiment, là. Je dois faire un choix.
— Bon, écoute, tu n’as qu’à mettre ta robe rouge qui va si bien avec tes escarpins noirs, et ce sera parfait comme ça, s’empresse de dire mon père pour en finir avec ce supplice.

Mais ma mère n’est pas dupe. Elle le voit très vite quand mon père n’est pas assez sincère et impliqué. Agacée, elle finit par s’emporter : 

— À quoi ça me sert de te demander ton avis si tu penses que ce n’est pas important que ta femme soit la plus belle possible.
— Voyons, chérie. Ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu dire.
— Mais si, je le sens parfaitement dans le ton de ta voix.

Voilà pourquoi je ne vois pas l’utilité de donner mon avis sur les vêtements que porte ma sœur. Quoi que je dise, elle aura toujours le dernier mot, même si elle finit par se contredire ou changer mille fois d’avis. 

Je ne sais pas si c’est comme ça avec toutes les filles, mais avec ma sœur, j’ai l’impression d’habiter avec une girouette qui tourne uniquement dans le sens du vent, un coup vers la droite, un coup vers la gauche. Un jour, elle se voit comme la plus belle fille du monde et le lendemain, pour je ne sais qu’elle raison, elle se trouve la plus laide. 

Dans sa relation avec les garçons, c’est pareil. Elle a des critères assez précis sur le type de gars qui lui plaît. Je l’ai plusieurs fois entendue en parler avec ces copines au téléphone ou quand elle les invite dans sa chambre. La première qualité : il faut qu’il soit beau, et très très beau c’est encore mieux. Ensuite, il faut qu’il soit grand, fort, intelligent, drôle, romantique, fidèle et avec un peu de sensibilité si possible. Heu, là franchement, elle peut toujours rêver ! Ce type de garçon, ça n’existe pas, même dans les romans à l’eau de rose que lit ma mère. Mais ma mère, au moins, elle en est consciente, sinon il y a longtemps qu’elle se serait débarrassée de mon père. Je ne sais pas si mon paternel possède vraiment plus d’une qualité, mais je présume que oui, selon les critères de ma mère, car pourquoi aurait-elle accepté de l’épouser dans ce cas ? 

Un garçon peut avoir l’un ou l’autre des atouts énumérés par ma sœur, voire deux ou trois exceptionnellement, mais tous à la fois c’est de la pure fiction. La preuve, je n’ai jamais vu ma sœur sortir avec un gars qui possède plus d’une de ces qualités. Mais le plus bizarre dans tout ça, c’est que malgré ses critères très élevés, elle a souvent du mal à se défaire des garçons qui la déçoivent. Son dernier copain a carrément rompu avec elle en lui envoyant un simple texto. Il n’a même pas osé le lui dire en face. Bien sûr, j’ai trouvé ça vraiment dégueulasse. Pendant des jours, elle a été inconsolable. Le seul avantage que j’y ai trouvé, c’est qu’elle n’avait pas d’appétit et que j’ai pu terminer ses restes de repas, sauf quand elle se dépêchait de filer son assiette à notre chien Jasper...
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