Coups de sang

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Le passé est si imprévisible ! Voilà que, du fond des années soixante, Benjamin, cinquante ans, voit ressurgir au cours d'une insomnie inoubliable l'enfant qu'il fut. Et cet enfant va lui-même se raconter. Il est mordant, caustique, plein de verve et de fureurs, et d'une truculente lucidité. Il va tout dire de ses parents juifs égyptiens, réfugiés en France, de cette judaïté qui lui a été révélée à 12 ans seulement, de son refus d'être une victime ! Il va résister, avec une étonnante vitalité ! Et grandir malgré tout... et regarder l'adulte qu'il est devenu.
Publié le : lundi 1 mars 2010
Lecture(s) : 31
EAN13 : 9782296693890
Nombre de pages : 254
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COUPS DE SANG
même auteur Du Les dimanches de verre Prix littéraire des Bouquinistes 2006 Textes parus dans la revue poétiqueMIDI, 2007
ALAIN SASSON COUPS DE SANG
ROMAN
© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296111103 EAN : 9782296111103
à David Mowat et sa famille à Victor Dichy et sa famille
PROLOGUE  Je ferme les yeux…  Une banlieue près de Paris, dans les années soixante, et ses immuables alignements de maisons d e meulière qui rythment la tristesse des jours sous des ciels d’hiver opaques et des neiges d’antan.  Les souvenirs, sans pitié, se convoquent. Le reflet de la lampe d’opaline de mes parents s’effondre dans la vitre du salon et la lune peint des traits d’or pâle sur la barre métallique de mon lit comme des rayons de glace. Quelque chose d’englouti, d’inconsolé veut surgir. Un temps jaunissant à l’image de ces chromos naïfs suspendus aux murs rances des vieux cafés de campagne. Un temps d’enfants immobiles face à l’infranchissable jugement des adultes. Un temps de jadis à n’en plus finir, venu d’au-delà de nos grands-pères et qui se perpétuait encore et encore à vous donner des envies terribles d’Angélus de Millet, de plonger dans la terre, soumis, à en bouffer la glaise pour ne plus rien voir. Dès le départ, ivre de vitalité, la vie vous fait une prom esse qui n’est pas tenue. Un formidable abus de confiance.  J’ouvre les yeux…
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 Les jours anciens s’en vont et je ne pleure pas. Alors, du fond de mon enfance qui me chuchote notre commune misère à tous, du bout de ces interminables couloirs, je le vois venir. Lui, tel que je ne me reconnais plus. Dressé dans cette lumière fossile, l’enfant me regarde en plein cœur. Je me délie sans geste brusque et je penche la tête vers moi. Il a ce curieux sourire que je lui avais oublié… et il me parle… Venu de si loin, il me parle !...  « J’allais avoir douze ans, et j’ai dit à mon père que j’aurais tellement voulu que la vie soit rose et nue comme une fille… »
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