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Courts métrages

De
129 pages
Entre réel et rêve, ces fragments et ces nouvelles se déroulent au rythme discontinu de courts métrages dont les castings sont composés de gens ordinaires ou imaginaires dans des décors aussi insolites que la ligne 81 de bus à Paris, la Place Clichy, le salon du livre, un tramway perdu en rase campagne, le hameau de Chaumargeais en Haute-Loire, une forteresse des Templiers, une ville dévastée après une explosion nucléaire, un champ de fouilles en Crète, la mer Méditerranée, Venise...
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 Courts métrages
   
                               
  © LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole polytechnique, 75005 Paris  http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00455-6 EAN : 9782336004556  
Sylvain Josserand   
 
 
 
Courts métrages    nouvelles et fragments                   
 LHarmattan
Du même auteur Aux éditions LHarmattan : - Sur les Traces du Passé, des Cévennes au Mexique - Vassilia et le Lechlii - Haïku de cur - La DRH et autres nouvelles au sein du marché du travail  - Alambic des mots  Aux éditions Publibook : - Contes et nouvelles du temps présent - La vie en plein mouvement  En autoédition :  - Un Bon-Abri (vie dun Home denfants au Chambon-sur-Lignon 1953-1986)  Participations aux anthologies : - Le chant des villes (Dianoïa)  - Attention travail (LHarmattan)  - Les Fontaines de Paris (chapitre XII Bruxelles Paris) Le passage des choses (Aleph-écriture) -- Voyages en lignes (Aleph-écriture) - Couleur Femme (Les Poètes Français) - Florilège de la Saint Valentin (Éditions Thierry Sajat)  Écriture de nouvelles pour la revue « Rue Saint Ambroise  ».
 
Ligne 81   Je somnole en lisant un gratuit. Ça bouchonne Place de Clichy. «  Je cherche une tisane de plantes qui me remonte le moral !  À la cantine, j'ai mangé de la tartiflette.  Avec la recette du ramoneur savoyard ?  Bien sûr, un ramoneur est toujours savoyard !  Quel poncif, mon vieux.  Dans ton vécu familial  Tu nous les brises avec ton psy »  Arrêt demandé saffiche en rouge.  Place de Clichy-Gagnerons, annoncé au haut-parleur  dune voix féminine et impersonnelle tout en exagérant les accents toniques ; pour une fois, lannonce coïncide avec laffichage .   «  Regardez, les panneaux, Monsieur !  Je ne téléphone pas, Madame, répond un sexagénaire tout penaud. Je consulte mes SMS.  Je ne dis pas cela pour vous, mais pour ceux qui téléphonent dans les bus. »  La ronchonne bouscule tout le monde pour descendre en morigénant du regard le sexagénaire fautif, une écolière et un touriste consultant un plan de Paris.  Gare Saint-Lazare Budapest   Le bus marque l'arrêt. Dans la bousculade, je mélange la recette de la tartiflette avec la plainte d'une Antillaise handicapée, l'annonce sonore préenregistrée « pour faire de la place, avancer dans le fond du bus »  et le son d'un baladeur collé, telle une sangsue musicale, aux oreilles d'un Black.
 
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Une gamine, portant des bas roses fluorescents, boudinée dans une jupe verte trop courte, la poitrine débordant d'un tee-shirt Mickey, dégaine son portable .  «  Nan, j'y crois pas Tu viens pas à la soirée parce que t'as pas trouvé de collants pour aller avec ta robe ?  Vous pourriez parler moins fort, vitupère une vieille femme, tout en gris, avec un chignon serré en balle de tennis sur la tête.  Ben, dis plutôt que t'as pas envie de venir  Quelle jeunesse, s'exclame un porte-drapeau médaillé de la tête aux pieds.  Je ne vous le fais pas dire, rétorque la rombière.  Dire qu'on s'est battu pour cela.  Me faire cela, un 11 novembre !  Votre mari ? Mes deux frères  Putain ! T'es chiante, c'est relou comme excuse. » Elle lève les yeux au ciel, bouche ouverte. Son maquillage dégouline. Son regard se perd entre les murs des immeubles. La mendiante de la boulangerie et celle du magasin de jouets ont déjà pris la pose sur leur carton déchiré, les jambes enveloppées dans une couverture sale. Un clochard s'extirpe de l'abri bus, se dirige vers une fontaine et se lave Une personne court après le bus qui redémarre et frappe à la vitre. La porte avant s'ouvre et se referme d'un clac sec « Merci ». Bip, bip, un éclair vert à la badgeuse .  Havre-Hausman  Aubert-RER  Opéra   Le porte-drapeau aide la vieille dame à descendre. « Vous ne pouvez pas laisser descendre avant de monter ! » dit-elle d'un ton vinaigré. Le chauffeur s'impatiente. Une poussette bouscule un fauteuil roulant pendant qu'un gosse piaille dans les bras de sa maman. « Pour laisser de la place, avancer dans le fond du bus » .  «  J'ai ma carte de priorité !
 
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 Et alors ?  Ces places sont réservées aux handicapés !  À certaines heures de la journée seulement »  Un crachi crachin  à la radio du conducteur, suivi d'un  81 ta position ? Aucune réponse du machiniste. 67 tu prends par les grands boulevards 95 tu continues sur Porte de Montmartre  De nouveau le crachi crachin.  Odeur de sueur, de parfums bon marché, de misère. Une indigente occupe toute la banquette arrière. Une Japonaise a mis son masque de tulle. Un quinquagénaire, belle allure et tempes grisonnantes, se pince le nez. Une jeune fille serre un bouledogue baveux contre elle et dit à sa copine : «  Il déprime quand je suis au boulot toute la journée.  Ah ?   Je cherche une nounou pour le promener.  T'as les chèques emploi-service.  Ouais, en fait j'ai une idée, je vais l'amener au boulot et le cacher dans un tiroir. J'hallucine, grave .  Ils sont grands mes tiroirs, je te dis. Je mets le coussin dedans, houp , ni vu ni connu !  Et s'il fait ouaf, ouaf quand ton patron passe te dicter le courrier ?  Il a de l'acouphène mon boss  Ça veut dire qu'il est sourd ?  Grave, je te dis»  Je change de bus. Je prends le 27 à Pyramides . Les mêmes slogans de la RATP : Qui a la classe laisse sa place Qui a validé voyage lesprit léger Dans le bus, pour être en règle, on valibus.   Lautobus passe les guichets du Louvre, longe la Seine, la traverse au Pont du Carrousel. Deux péniches glissent sur le fleuve. Le canot de la brigade fluviale remonte le courant en
 
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