Cyan

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« Née sur une planète au ciel vert, Reen étouffe ; elle ne trouve pas sa place dans cette vie aisée mais solitaire qu’elle mène au palais. Égarée entre l'enfance et l'âge adulte, le genre masculin et féminin, elle découvre un jour qu’elle fait partie des Hautvoyants. Ce don n’est pourtant présent que chez les hommes… Par quel mystère Reen possède-t-elle la Hautevue dans son sang ?
Lieth arrive des confins de l'univers ; doté d’un pouvoir trop immense pour lui permettre de vivre auprès de ses semblables, le voilà pourtant de retour sur ce monde si jeune. Son arrivée coïncide avec d’étranges bouleversements qui déstabilisent les Cinq Contrées.
Lieth ne sait plus qui il est ni d’où il vient. Deux choses sont sûres : Reen est la raison de sa présence sur ce monde…
… Et le ciel de son enfance était bleu. »
Publié le : vendredi 29 avril 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791026205296
Nombre de pages : non-communiqué
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Lilibeth Williams Cyan Les Passagers-Lumière
© Lilibeth Williams, 2016
ISBN numérique : 979-10-262-0529-6
Courriel : contact@librinova.com
Internet : www.librinova.com
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Prologue
La salle d’embarquement fourmillait de passagers ; impatients ou résignés, les uns arpentaient les allées là où d'autres se reposaient, assoupis sur les banquettes. Au-dessus de l’aéroport de Stockholm une tempête de neige sévissait depuis des heures et paralysait le trafic aérien. Accroupis dans un coin, deux enfants paraissaient indifférents au brouhaha ambiant, absorbés qu’ils étaient par leur conversation. En fait de conversation, c’était plutôt la fillette qui bavardait seule. Blonde, pétillante, la petite suédoise dévidait un nombre incroyable de paroles à la minute, passait du suédois à l’anglais, d’un sujet à un autre avec une aisance déroutante. Sans façons, elle était venue s’asseoir auprès de ce garçon solitaire à la peau mate et avait engagé avec lui un monologue animé.
Lui écoutait sans dire un mot. Ses yeux bleus la fixaient au travers de longues mèches noires ; un léger froncement de sourcil trahissait parfois une réaction à ce déluge de paroles.
— Rosasharn !Kom hit!
Plus loin, la mère de la fillette s’était levée, la mine affairée, et appelait sa fille auprès d’elle. L’effervescence avait redoublé dans la salle ; les vols reprenaient, les annonces se succédaient dans les haut-parleurs.
Nej! s'écria la petite fille désolée. Bon, j’y vais.
Elle tendit la main, comme elle avait vu les adultes le faire entre eux.
Le garçon hésita, puis glissa sa main brune dans celle de Rosasharn. Elle était si fraîche.
Alors que la fillette prenait son élan pour rejoindre sa mère, une voix ténue lui souffla en suédois :
Jag heterLieth.
Rosasharn fit volte-face, aussi surprise qu’heureuse. Le garçon lui souriait timidement.
— C’est un joli nom ! Moi c’est Rose of Sharon. Ou Rosasharn. Ou juste Sharn.Adjö… Lieth ! Lieth… LIETH ! Une à une, les cellules à la dérive dans le vide de l’espace reprennent un déplacement coordonné. Elles se regroupent ; les échanges chimiques se rétablissent de plus en plus vite. Un petit nuage sombre prend forme parmi les blocs de glace. Le ruban d’astéroïdes et de cristaux ceinture une planète qui tourne lentement, voilée dans ses fumées toxiques. Une lointaine étoile bleue nimbe l’anneau d’un éclat argenté ; mais l'amas opaque se précise et évolue, insensible à toute cette blancheur, comme une déchirure dans la lumière.
Qu’est-ce que… ?
L’appel résonne à nouveau, à la fois impérieux et flou, comme s’il avait parcouru une trop longue distance et que seul le dernier écho parvenait à cet endroit perdu de l’univers.
Comme des bris de glace soudain exposés à la chaleur, les souvenirs se libèrent de leur gangue de néant.
Jag heter…Je m’appelle… Li… eth.
PARTiE i Näes
Impact
2 décembre 2053, 4h07 – heure de Los Angeles. Une déflagration d’origine inconnue et de nature non identifiée rase un complexe scientifique et militaire basé près de Pyramid Lake, dans le Nevada, creuse un cratère de 1,58 km de diamètre et réduit en poussière tout ce qui émerge de terre dans un rayon de 29,7 kilomètres. La ville de Reno est rayée de la carte. Près de 2 550 000 victimes sont dénombrées.
L'Ombre pénétra l’atmosphère et s’enfonça dans le flanc encore obscur de la planète. Sous elle, un paysage familier et inconnu à la fois se précisait à la vitesse de ses pensées. Elle n’était que perception – les variations infimes de l’hétérosphère, les plus petits détails du paysage, les remous causés par son propre déplacement lui parvenaient avec une acuité nouvelle. Tandis qu’elle survolait les forêts luxuriantes et les rares villes endormies, une indéfinissable nostalgie accompagnait sa progression.
La forêt régnait en maîtresse incontestée sur le continent. La créature avait l’impression de contempler un monde vierge sur lequel nul être intelligent n’avait encore porté la main. Elle aperçut bientôt, au loin, l’endroit vers lequel elle se dirigeait sans l’avoir consciemment décidé.
Les montagnes de l’ouest qui dentelaient l’horizon perdaient de l'altitude, fragmentées en hauts plateaux à la manière d’un escalier. La dernière marche se brisait abruptement en une gigantesque falaise chevauchée par des chutes nébuleuses ; à mi-hauteur, une frange de forêt s’accrochait au roc lisse et brisait la trajectoire des eaux tumultueuses qui se regroupaient et s’apaisaient en un lac profond creusé dans l’étroite languette, puis se déversaient à nouveau jusqu’à la vallée.
La civilisation humaine s’était développée en ce lieu. Deux immenses constructions en forme d’anneau se dressaient au pied des chutes, de part et d’autre du large fleuve ; le croissant du pont qui les reliait était à peine visible sur la blancheur de l’écume. Plus bas, le cours d’eau traversait un amas compact de petits toits sombres : une ville prospérait ici. Autour des maisons, les champs et les vergers dessinaient une mosaïque arachnéenne.
Au sommet de la falaise – et de tout le pays à des kilomètres à la ronde – se dressait un unique arbre, véritable monument végétal de plusieurs centaines de coudées de haut dont le feuillage formait une large corolle. L’Ombre se dirigea droit vers la silhouette gigantesque tandis qu’un nom oublié remontait des tréfonds de sa mémoire.
Orn. Arbre-roi.
A l’est, là où la rivière disparaissait à l’horizon, l’aube teintait d’émeraude le ciel nocturne. La créature ralentit puis s’immobilisa au pied de l’arbre géant. Malgré ses dimensions effrayantes, une sorte de douceur émanait de sa ramure qui retombait en pluie de petites feuilles vert argenté.
L’Ombre pénétra dans l’alcôve végétale par une trouée du feuillage : sous elle les énormes racines s’emmêlaient, moutonnaient comme un nœud de serpents en colère avant de plonger dans la terre à la recherche de nourriture pour faire vivre l’impressionnant organisme.
L’être se rassembla dans le creux familier d’une racine qui faisait face au levant. Dans un soupir tout intérieur, Lieth se matérialisa alors lentement dans les premiers balbutiements du jour.
Mal... Avant même que la gravité ne commençât à faire effet sur lui, une douleur fulgurante traversa son corps en assemblage. Presque aussitôt, la pesanteur s’abattit sur lui et le cloua à l’écorce duveteuse.
Sa première inspiration fut un gargouillis de lave en fusion dans ses poumons ; immobile, les yeux clos, il laissa ses membres reprendre leur ancien fonctionnement organique. Chaque muscle, chaque tissu se rebellait sous ce changement de régime, la douleur se fit lancinante des pieds à la tête ; son cerveau surtout était un foyer de souffrance, le sang battait furieusement dans ses artères. Son esprit s’engourdit, incapable de penser dans un tel chaos.
Enfin la douleur se fit diffuse ; lorsqu’il rouvrit les yeux, les lueurs de l’aurore chassaient les derniers lambeaux de nuit. Le jour se levait. Vite. Ses sens désorientés distinguaient des sons et des couleurs, tantôt avec une extraordinaire acuité, tantôt par touches à peine esquissée. Les trilles des oiseaux perçaient le murmure confus des arbres ; des éclairs verts et jaunes dansaient devant ses yeux fermés. L’exercice mental familier qui lui permettait d’isoler son esprit dans une bulle hermétique ramena un peu d’ordre dans ses pensées. Une brise plus fraîche le surprit ; la chaleur intense générée par son corps en matérialisation s'estompait. Il se rendit compte alors du froid qui transformait son haleine saccadée en vapeur. Une langue dorée illuminait l’horizon, le soleil ne tarderait plus. Les tons de la vallée s’affirmaient, les bruns et les ocres se révélaient en douceur; comme si la lumière croissante le vidait de ses forces, Lieth se sentait envahi par la torpeur.
Partir. Maintenant…
Il avait pensé se remettre en route immédiatement après sa matérialisation ; à présent, épuisé au-delà de toute limite, il ne pouvait lutter contre l’impérieuse injonction de son organisme qui le plongeait dans l’inconscience.
Sous sa nuque, son dos et ses jambes, la vie bourdonnait sans trêve sous la peau de velours de l’Orn. Alors que la première flèche du soleil embrasait la cime de l’arbre, Lieth s’abîma dans un sommeil comateux, cherchant à mettre un nom sur une sensation oubliée. Cette sensation qui l’avait assailli du plus loin que, dans l’espace, il avait aperçu Näes, la planète verte entourée de ses trois lunes.
Retour – chez moi. [Xσ] La Corniche, suspendue à flanc de falaise, exubérait de vie. Une résille d’arbres entrelacés prospérait sur le large rebord envahi de fougères et de plantes grimpantes. Sur Näes, le pigment végétal qui donnait sa couleur aux feuilles et transformait la lumière en énergie chimique, absorbait toutes les couleurs du spectre – sauf le violet. Cette longueur d’ondes inutile rejetée par les végétaux restait la seule visible à l’œil. Aussi les forêts offraient-elles une infinie palette de mauve, de la transparence rosée à un indigo presque noir. Aucun grand mammifère ne pouvait accéder à l’escarpement ; oiseaux et insectes s'y multipliaient sans frein, dans un bruissement permanent d’ailes et de pépiements. Aussi les résidents ailés furent-ils bien surpris, ce matin-là, de voir passer deux grandes silhouettes dans la grisaille de l’aube.
La première était aisément reconnaissable : la robe mordorée, la petite corne arrondie au
milieu du front, les panaches de poils clairs qui ornaient ses favoris, ses oreilles et sa queue, et cet effluve musqué – c’était bien un orcalin, race de félin très répandue dans les forêts du continent. La seconde silhouette, plutôt adroite sur ses deux pattes, suivait le fauve en bonds silencieux. Elle laissait dans son sillage une odeur d’humain.
Ils progressaient le long des branches enchevêtrées et sautaient avec légèreté lorsque les arbres étaient trop écartés les uns des autres. En dépit de l’obscurité qui régnait dans la forêt suspendue, ils avançaient sans hésitation et suivaient un chemin précis, loin au-dessus du sol.
A la lisière des bois le félin sauta avec souplesse dans les herbes violines, suivi de près par la silhouette humaine. Elle était de petite taille et portait les vêtements typiques d’un paysan : des habits de laine brute, des bottes épaisses et un bonnet en peau dont les deux pans retombaient de chaque côté du visage. Ses traits juvéniles, ses épais sourcils et son allure robuste lui donnaient l’allure d’un jeune villageois de la vallée ; mais sous sa tunique de solides bandes de tissu comprimaient une poitrine qui, bien que peu généreuse, ne laissait aucun doute sur le sexe de son détenteur.
L’humaine suivit l’orcalin et s’avança vers le lac voilé de brume ; la berge tapissée de galets immaculés roulait sous les pas. Dans un bel ensemble l’étrange couple s’arrêta au bord de l’eau et s’étira longuement. Sous ses habits chauds, la jeune fille transpirait. Elle s’agenouilla aux côtés du fauve et lui passa un bras autour du cou.
— Cìl… Ma belle Cìl.
Un ronronnement sourd lui répondit. Les yeux ambrés de la femelle s’étrécirent sous les caresses. Reen grimpait souvent sur la Corniche à l’aube pour assister au fracas des éléments. Le cours de la Silse venu des montagnes – et qui, selon les cartes qu’elle adorait consulter dans les arcanes de la bibliothèque du Palais, franchissait l’une après l’autre toutes les Marches – dégringolait dans un désordre cristallin du sommet de la falaise, emplissait une vaste cuvette creusée dans la Corniche par des millénaires de combat entre le liquide et le roc, puis poursuivait sa chute vers la vallée où elle reprenait l'apparence tranquille d'un fleuve peu pressé. Les naësis avaient baptisé Brumeverse ce lieu enchanteur nimbé d'eau en suspension. Sous la surface du lac, un puissant courant emportait les imprudents vers le bord de l’escarpement. Elle n’avait que trop nagé, par temps chaud, dans la zone dangereuse où se situait le point de non-retour ; une brasse encore, et elle se voyait emportée par-dessus la Corniche dans une chute de cent vingt coudées. Son corps broyé par la violence de l’eau et les rochers n’aurait jamais été retrouvé, à moins que quelques lambeaux épars ne refassent surface en aval, sous un des ponts de la capitale.
Je me demande comment Père réagirait. Sans doute mentionnerait-il d’un air agacé que ma mort n’a été que la conséquence de mes entorses répétées à ses exigences.
Puis il poursuivrait le Conseil et aborderait l'ordre du jour.
Elle longea la rive et se rapprocha du bord abrupt de la Corniche, comme découpé net par une lame céleste.
En l'occurrence, la lame s'y serait reprise à deux fois depuis le sommet. Un petit accroc né d'un grand geste, qui a donné naissance à un paradis inaccessible au commun des mortels.
A ses pieds s'étalait le pays où elle était née. La pénombre de l'aube en noyait les détails mais sa mémoire y suppléait sans effort. Sur la gauche, la forêt des Méandres étendait jusqu'à l'horizon un voile où chaque arbre apportait sa nuance de mauve ; devant elle les plaines se succédaient en un sage moutonnement, accompagnées par le fleuve Silse jusqu'à l'océan. Depuis la Corniche on pouvait y voir jusqu'à quarante lieues par temps clair, mais cela ne suffisait pas à apercevoir le scintillement de la mer, à plus de huit cent lieues de là. Reen, en 1 dix années de vie, ne l'avait jamais vue.
Vers le sud, les routes plus nombreuses dessinaient de sinueuses arabesques entre les collines. Le commerce aimait les pays chauds.
A moins que ce ne soit l'inverse? Il faudra que je demande à Anjali.
Son regard revint à la grande vallée située à ses pieds. Osberel, la capitale des Cinq Contrées, s'éveillait déjà. Les journées commençaient tôt lorsque le besoin vous poussait dans la fraîcheur de la nuit pour nourrir votre famille. Certains racontaient que la ville avait grandi simultanément sur les deux berges du fleuve, d'autres que deux agglomérations distinctes avaient un jour décidé de jeter d'innombrables ponts par-dessus les eaux pour se rejoindre et ne plus former qu'une seule et immense cité.
Reen se pencha un peu plus vers le vide pour apercevoir ce que le surplomb dérobait à sa vue.
Le domaine fortifié de Neledrin se dressait au pied des chutes : deux édifices dont on pouvait deviner les dimensions démesurées, même à cette hauteur, dominaient la région, séparés par la Silse. Au sommet des deux collines jumelles, chaque Orbe avait été construite en cercle autour d'une vaste esplanade ; Reen avait chaque fois l'impression en les contemplant de croiser un regard fixe, proéminent et très ancien tourné vers le ciel. Un regard qui éveillait en elle des sentiments ambigus.
Foyer démesuré, magnifique prison.
...Pas si efficace, dans un rôle comme dans l'autre.
Vues du ciel, les Orbes s'intégraient à une série d'anneaux emboîtés d'une symétrie parfaite sur les deux rives : autour de la place centrale dominaient les immenses cirques de pierre aux murs aussi épais qu'une chaussée pavée ; puis les jardins extérieurs arpentés par la Garde Royale, et la première enceinte fortifiée, circulaire elle aussi. Au-delà les bois du domaine royal couvraient les pentes douces des deux collines et formaient un anneau de végétation aussi dense que la forêt des Méandres elle-même. A la base des collines, la seconde muraille fortifiée traçait un anneau à peine visible, un remous dans le tapis végétal ; bien que pris d'assaut par la flore, l'empilement régulier de monolithes n'en était pas moins le mur le plus imposant de toutes les Contrées. Il ne s'ouvrait qu'en deux endroits : une route large et rectiligne reliait les deux Orbes à travers les jardins et les bois jusqu'à enjamber la Silse grâce à un pont arachnéen. Une seconde route longeait chacune des rives du fleuve jusqu'aux premiers faubourgs d'Osberel.
Au centre du motif géant, les Orbes de Neledrin luisaient doucement dans le clair-obscur. La pierre des sables, variété rarissime de marbre clair dont la principale propriété était de changer de couleur selon la luminosité et la température, capturait également la lumière et la renvoyait en fonction de l'heure du jour sans jamais devenir aveuglante.
Une bourrasque plus ferme l'obligea à reculer de deux pas. Au plus près du précipice, l'eau et le vent se combinaient pour créer des pièges ingénieux et soudains : nappes de rosée et poussées subites provoqueraient un faux pas fatal si elle ne prêtait pas assez attention à son environnement. Reen connaissait par cœur les mouvements de l'air, les moments de la journée et les conditions climatiques qui influençaient l'écosystème en vase clos de la Corniche. Elle avait même appris à les anticiper. Le jardin suspendu ne recelait plus aucun secret, après trois longues années d'exploration minutieuse.
Cìl, plus prudente que sa maîtresse, buvait l'eau du lac à quelques pas en retrait.
Le vertige l'attirait depuis sa plus tendre enfance. Sa soif de défi et l’attraction exercée sur elle par les limites du possible la menaient toujours aux frontières de l’inconscience ; au début elle s'était contentée des parapets de ses appartements, dans l'Orbe des Jardins, puis du pont qui réunifiait le domaine royal au pied des chutes. Accéder au palier enchanté de la Corniche n'avait été qu'une suite logique. Cette oasis de végétation accrochée à flanc de falaise constituait son refuge privé. Nul autre qu'elle ne venait jamais ici. Il eût d'abord fallu gravir la seconde enceinte dont le tracé rasait au plus près la falaise d'un côté et le fleuve de l'autre puis escalader la paroi abrupte et cinglée par les vents traîtres, ce qui exigeait une santé et une
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