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D'Istanbul à Capetown

De
89 pages
Ce livre, imprimé à Istanbul en 1876, est unique en son genre, puisqu'il s'agit du plus ancien témoignage rédigé de première main par un Oriental à propos de l'Afrique australe. L'auteur nous donne force détails sur le voyage qui l'a amené d'Istanbul au Cap puis du Cap à Istanbul, décrivant au passage quelques villes européennes, comme Marseille, Paris et Londres. Le livre fourmille d'anecdotes sur les habitudes et les mentalités des Européens, vues à travers le regard d'un Oriental.
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CollectionLàbas dirigée par Jérôme MARTINDéjà parus : JeanMarc HUGUET,Voyager l'Arctique (Préface de Jean Malaurie), 2010. Maria LANCEROTTO,Voyageurs français en A.E.F. (1919 1939),2009. e Jaël GRAVE,siècleL’imaginaire du désert au XX , 2009.Annie BLONDELLOISEL,La compagnie maritimeAllan de e l’Écosse au Canada au XIX siècle, 2009. Marcel G. LAUGEL,Sur le vif, 2008. Bruno LECOQUIERRE,Parcourir la terre, 2007. Eric DESCHAMPS,La cuisine des révoltés du Bounty, 2007. J. A. MEIJNVAN SPANBROEK,Le voyage d’un gentilhomme d’ambassade d’Utrech à Constantinople. Texte présenté et annoté par C. VIGNE, 2007. Louis GIGOUT,Syracuse, 2007.Aline DUREL,L’imaginaire des épices,2006. Henri BOURDEREAU,Des hommes, des ports, des femmes, 2006. Gérard PERRIER,Le pays des mille eaux, 2006. Fabien LACOUDRE,Une saison en Bolivie, 2006. Arnaud NOUÏ,Beijing Baby, 2005.
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© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’EcolePolytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296128293 EAN : 9782296128293
Préface du traducteurLe témoignage d’Ömer Lütfi, imprimé à Istanbul en 1876, est assez unique en son genre, puisqu’il s’agit à notre connaissance du plus ancien témoignage de première main à 1 propos de l’Afrique du Sud rédigé par un non Européen. Comme l’indique le titre de l’ouvrage,Ümitburnu SeyahatnamesiRécit de voyage au Cap de Bonne, ou « Espérance », l’auteur a pour but de parler de la ville du Cap, et en particulier sur la communauté musulmane de la ville. Mais en réalité, le sujet du livre est bien plus large que ce que laisse entendre le titre, puisque l’auteur nous donne aussi force détails sur le voyage qui l’a amené d’Istanbul au Cap puis du Cap à Istanbul, décrivant au passage quelques villes européennes, comme Marseille, Paris et Londres. Ömer Lütfi a entrepris ce voyage de 1862 à 1866, sous le règne du sultan Abdülaziz (18301867), qui régna de 1861 à 1867. C’était une époque assez troublée sur le plan politique, puisque de nombreuses insurrections secouèrent les provinces balkaniques et la Crète. Ce fut aussi une période particulièrement désastreuses sur le plan économique – ce qui permit d’ailleurs à la Russie d’élargir son influence à Istanbul, éclipsant un moment la France et la Grande Bretagne. Mais ce fut en même temps une période de changement et de modernisation du pays, le sultan Abdülaziz
1 En réalité, le Persan Mirza Isfahani Abu Taleb Khan (voir bibliographie) donne déjà quelques informations sur la ville du Cap, qu’il visite en1799, dans son récit de voyage relatant ses pérégrinations en Asie, en Afrique et en Europe(toutes les notes sont du traducteur).
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ayant décidé de continuer dans le sens des réformes initiées par Abdülmecit I en 1839, mieux connues sous le terme de Tanzimat. Ainsi, c’est sous Abdülaziz que l’instruction publique turque fut modernisée, et surtout que furent ouverts le lycée de Galatasaray – institution fameuse encore aujourd’hui – et leDar ülfünun, la première université du pays au sens occidental du terme. D’autres réformes furent menées sur le plan militaire et politique, notamment la réorganisation des provinces ottomanes. A la même époque, la région du Cap, en Afrique du Sud, connaît également des changements importants. Devenue britannique depuis 1806, la ville voit son infrastructure se développer considérablement avec le développement du réseau routier dans les années 1840 et du chemin de fer dans les années 1860. Mais pour bien comprendre l’histoire de la ville du Cap, il convient de remonter bien avant dans le temps. C’est en 14871488 que les navires du Portugais Bartolomeu Dias doublent le Cap de BonneEspérance pour la première fois. Dans les années 1590, Anglais et Britanniques y font régulièrement escale lors des expéditions qui les mènent vers les Indes. En 1652, la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales (Vereenigde Nederlandsche GeOctroyeerde Oostindische Compagnie, en abrégéVereenigde Oostindische Compagnie ouVOC), créée cinquante ans plus tôt à partir de la fusion de plusieurs petites compagnies commerciales néerlandaises, fonde une station de ravitaillement au Cap. La Compagnie néerlandaise des Indes Orientales exerçait un monopole sur d’immenses territoires, en l’occurrence l’île de Java, Ceylan, l’archipel des Moluques et quelques comptoirs en Indonésie et en Malaisie. Quelques années plus tard, en 1657, des terres sont allouées aux colons, qui y amènent des esclaves dès l’année suivante. L’immigration européenne vers le Cap augmente alors, notamment entre 1685 et 1707. en 1795, la GrandeBretagne
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