Dangereueses fréquentations. Une arnaque financière

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Chrisitane, plus qu'Angela, vit en Valentin la solution pour équilibrer, voire augmenter son budget. Ce que Valentin leur proposait était de doubler tout ce qu'elles pouvaient miser. Dans une prose simple, l'auteur fabrique un miroir dans lequel la société, avec ses hommes, ses femmes, comme dans un réroviseur, voient défiler leurs actions passées.
Publié le : jeudi 2 juin 2016
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EAN13 : 9782140011573
Nombre de pages : 158
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MaboaBEBE
Dangereuses fréquentations
Une arnaque financière
Lettres camerounaises
Dangereuses fréquentations
Lettres camerounaises Collection dirigée par Gérard-Marie MessinaLa collection « Lettres camerounaises » présente l’avantage du positionnement international d’une parole autochtone camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en plus regardante. Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire propre, cette collection s’intéresse particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente la conception de la vision stratégique. Déjà parus OPIC Saint Camille,Les chansons du cœur, 2016. Patricia NOUMI,Une aube nouvelle, 2016. Marie-Louise BILO’O NDI,À contrecœur, 2016.MADJIRÉBAYE HERVÉ,Déportation rémunérée, 2016. Hubert ONANA MFEGE,Au fond du crépuscule, 2016. Calvin Blaise MANJIA,Un amour empoisonné, 2016. Ebenezer KOB-YÈ-SAMÈ,L’équation de mon pays. Jour et nuit / Buose na Bulu, 2016. Jules Darlin NAKEU TSAGUE,Le drépanocytaire, un malade victorieux, 2016. Mukoma LONDO,La fille du procureur, 2016. MASSONGO MASSONGO,En rime, de l’abîme à la cime,2015. Appolinaire NGANTI NGONGO,Laid comme Belzébuth,2015. Charles SOH,L’homme qui creusait, 2015. Jean-Baptiste MAPOUNA,Les pieds sur terre, 2015. Christiane Louise Félicité KADJI,Au pays de la magie noire, 2015.
Maboa BEBE
Dangereuses fréquentations Une arnaque financière
Du même auteur, chez L’Harmattan Salmat la musulmane et Alan le chrétien, 2016. Ewande. Amour, peurs, espoir, 2014. © L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09335-2 EAN : 9782343093352
I.
Cotonou, capitale de la République populaire du Bénin, était une ville plate, couchée, fatiguée de son idéologie communiste. Dès l’aéroport, le vaste hangar qui accueillait le visiteur donnait cette impression de vide, de creux. Les rues sableuses qui divisaient la ville en carrés, vides d’animation, augmentaient l’impression de cette absence de mouvement. Seuls les marchés de Dantokpa et de Missebo apportaient du bruit et de l’ambiance dans cette ville silencieuse. Pourtant, le soir, les quatre salles de cinéma de la ville ouvrant les portes agissaient comme une soupape d’échappement, donnant à la population le temps de décompresser, de s’évader de ce « politiquement correct » imposé par l’idéologie politique en vigueur.
Cotonou, capitale de la République du Bénin, avait fait sa mue, ses nouveaux habits ; une économie libérale en avait fait une ville nouvelle, transformée, debout, rieuse. Les rues étaient maintenant couvertes de pavés. Dans les quartiers, les ménagères ne creusaient plus dans le sable desvons (voies orientales nord) pour enterrer les ordures. Le klaxon du camion de la société publique de ramassage d’ordures qui sillonnait la voirie chaque jour appelait à une gestion plus moderne des rebuts produits par les ménages.
Et sur son passage, des enfants, des femmes et même des hommes couraient après le camion portant ou tirant des seaux et cuvettes pleins de déchets ménagers.
Sur les grandes artères de la capitale nouvellement goudronnées, de grosses cylindrées, premières retombées visibles de la conférence nationale souveraine, discutaient la
priorité aux nombreuses mototaxis. Chaque jour qui passait, on voyait une nouvelle boutique ouvrir, un commerce se créer.
Beaucoup voyaient en ce changement les retombées du vent d’Est qui, en ces débuts des années quatre-vingt-dix, avait réanimé la vie politique des pays africains longtemps figée par la politique des partis uniques avec des administrations nationales, avatars des administrations coloniales. Toutefois, le système portait en lui les germes de sa propre destruction, et il avait fallu presque vingt ans pour que l’on voie et vive ce renouveau.
La transformation était dans la ville, elle était chez ses habitants. Le rayonnement du pays sur le plan international, grâce à la tenue de la conférence nationale souveraine, première du genre sur le continent africain, pour l’instauration d’une transition démocratique et le retour du multipartisme, était vécu par chaque Béninois comme une victoire personnelle, qu’il tenait à manifester à sa manière dans le langage, l’habillement, la musique, la danse.
Tous ces modes d’expression culturelle, véhiculés par l’ouverture des ondes nationales aux radios et télévisions étrangères, apportaient ce sentiment de liberté, d’ivresse et d’impunité.
Malgré le changement de cap économique et la libéralisation du marché, la croissance rapide de l’économie annoncée tardait à se manifester dans les secteurs comme l’emploi, la santé, l’éducation. Cette impatience de voir les promesses des « Amis du Bénin », à la suite de l’abandon du communisme, se transformer en augmentation du pouvoir d’achat de la grande masse de la population créait des frustrations. Et la raison toujours évoquée, les mesures de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international pour diminuer la dette colossale du pays limitaient les investissements, donc les créations d’emplois. Une autre
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explication souvent avancée, l’inflation qui sévissait chez le puissant voisin, le Nigeria, principale source d’approvisionnement du pays en produits de première nécessité, participait aussi à l’augmentation constante et régulière des prix sur le marché. Mais le rayonnement politique du pays agissait comme un aimant sur la limaille de fer. Chaque jour aux frontières, les visiteurs se bousculaient pour venir découvrir et profiter du miracle béninois. Comme dans tous les eldorados depuis la nuit des temps, les aventuriers de tous les calibres étaient aux aguets, ouvrant grands les yeux, oreilles et narines pour sentir la bonne affaire.
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II.
Cotonou était l’un des marchés préférés, sur la côte ouest, des commerçants qui « faisaient la ligne ». On parlait ainsi de ces hommes et femmes qui venaient chaque semaine à Cotonou acheter des pagnes wax, des vêtements en basin, des bijoux en or et plaquettes or, la friperie, pour alimenter les prêts-à-porter, les bijouteries, les magasins dans les grandes villes du Cameroun, du Gabon, du Congo et du Zaïre. C’était un commerce florissant autour duquel beaucoup d’autres activités s’étaient greffées : tailleurs, blanchisseurs, bijoutiers, restaurateurs, hôteliers, sans oublier les démarcheurs, hommes à tout faire. Tous tiraient profit de ces clients et consommateurs aux poches bien remplies qu’amenaient, chaque semaine, les avions de Cameroon Airlines, Air Afrique et d’autres compagnies aériennes desservant la côte ouest-africaine.
Entre le mardi, jour d’arrivée des commerçants et le vendredi, jour du départ, depuis l’aéroport, jusqu’au marché de Dantokpa en passant par celui de Missebo, les commerçants venus d’Afrique centrale apportaient une grande animation. Chaque groupe avait son « quartier général ».
L’hôtel « Camer » à Cotonou était le point de chute de la majorité des commerçants en provenance du Cameroun. Le soir, son jardin était le lieu où les affaires se discutaient. Les tailleurs livraient et prenaient de nouvelles commandes. Les blanchisseurs récupéraient les vêtements achetés à la friperie, leur donnaient un coup de neuf et grâce à un astucieux emballage, multipliaient ainsi leur valeur par cent, voire
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