Dans l'air du tambour

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DANS L'AIR DU TAMBOUR, Bianca chemine parmi des mondes visibles et invisibles. Elle fera la connaissance de Chaman qui deviendra son Maître et son ami. Elle suivra ses animaux de pouvoir philosophes, guérisseurs, avocats du diable et trouble-fêtes : Bernard L'Hermite, Caïman, le gros crocodile méchant devenu sympa, un loup, une chouette effraie et d'autres personnages dignes d'intérêt. Ils la conduisent à vive allure dans la mangrove et au sein de l'Univers, lui faisant découvrir les chemins inattendus et inexplorés des mondes de la réalité non ordinaire. Qui trouvera-t-elle au bout de son périple ? Le Mystère reste entier. Elle ne vous en dira pas plus. Encore que...
Conte fantastique, énigmatique et humoristique pour les adultes qui ont d'abord été des enfants et qui heureusement, s'en souviennent.
Publié le : lundi 18 janvier 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791022714464
Nombre de pages : non-communiqué
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Bianca Mangue-Groove
Dans l’air du tambour
Cet e-book a été publié surwww.bookelis.com © Bianca Mangue-Groove (Février 2016) Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays. L’auteur est seul propriétaire des droits et responsable du contenu de cet E-book. Existe en format papier sur le site www.bookelis.com
Toutes les grandes personnes ont d’abord été des enfants mais peu d’entre elles s’en souviennent. Antoine de Saint Exupéry Le petit Prince.
La spiritualité est la voie qui conduit à la guérison. Il semblerait qu’il en soit de même pour le chant. Chanter et laisser le son s’amplifier sous les voûtes d’une église romane, voilà qui est merveilleux. Bianca a vécu cette expérience lumineuse quand elle est partie rejoindre un groupe d’amies pour fêter le solstice d’hiver. Un peu comme les sorcières pourrait-on penser mais quand il s’agit de chants sacrés dans une église il en va tout autrement. Ψ L’église se trouvait là, resplendissante sous les projecteurs au sommet d’une petite colline sillonnée de pieds de vignes bien alignés. Une guirlande scintillait à ses pieds dans une neige aux reflets violets. Le froid givrait les vitres des maisons endormies. Il était tard. Les voitures s’étaient successivement alignées sur le parking. Les voyageurs chaussés de bottes, s’étaient couverts de chapeaux rutilants ou de bonnets rigolos avant de se précipiter et franchir son porche sculpté. D’un regard ému ils parcouraient l’espace. Les rayons diffractés des lumières extérieures se faufilaient au travers des vitraux répandant des taches sur les murs d’une sobriété étonnante. Aucune dorure, pas de peinture, seules la simplicité, la chaleur, la douceur des mortiers sablés mettaient en valeur les arêtes des voûtes et les arcs-boutants, conférant au lieu la spiritualité à laquelle personne ne resterait insensible ce soir-là. Une composition figurait au sol sur les dalles de l’allée centrale, la voie sacrée. De simples branches de sapin formaient un cercle décoré de lumignons allumés et placés en croix. Au cœur, une bougie blanche, plus grosse celle-ci, en forme de boule. La mèche n’était pas encore allumée. Chaman arriva, les salua, les invitant à se disposer en cercle autour de la décoration, en silence… Il prit le temps d’inspirer lentement. Il se pencha et tout en livrant les détails de cette soirée de fête, il alluma la flamme.La nuit du solstice d’hiver les graines se tapissent au coeur du sol gelé et se ferment dans l’attente du printemps. La nuit la plus longue de l’année, de jour en jour, laissera place à la lumière. Mais en attendant chantons !Une voix chaude et mélodieuse emplit l’espace. Les voutes renvoyèrent les notes qui se diffusèrent en cascade au-dessus de leurs têtes, comme par enchantement. Ils entonnèrent un chant grégorien. Puis il sépara le groupe en deux et ils chantèrent en canon, heureux et surpris de leur prouesse. Il s’accompagna de son théorbe, parcourant à pas mesurés les allées latérales de l’église jusqu’à rejoindre le chœur. Son chant s’amplifia. Ils furent ébahis, parcourus de frissons coulés dans la résonnance. Spiritualité, un pas vers la guérison, redonner du sens à sa vie. Revivre au rythme des saisons. Sentir vibrer un chant harmonieux et laisser frémir quatorze cordes d’un instrument d’un autre âge. Partager. Aimer. Voilà ce dont Bianca avait le plus besoin : se réconcilier avec les saisons, la nature, la lumière, chanter et aimer, surtout aimer. Les vibrations sont bienfaisantes. Vibrations, tambours, chamans, respiration. Elle voulut en savoir plus… Ψ Quelques mois plus tard, Chaman les invita, le groupe de chanteurs et Bianca, à une journée de découverte de Dame Nature et de chants grégoriens dans les environs d’une adorable église romane. Ils sont partis marcher en conscience les pieds nus sur un chemin de campagne et vivre une expérience spirituelle. Ils ont été sensibles à la douceur de l’herbe, à sa chaleur, à son humidité, aux aspérités et à la fraîcheur des cailloux, à l’irritation et aux désagréments provoqués par quelques gravillons, brindilles ou épines titillant les orteils et la plante des pieds. Ils ont exploré le ciel, son bleu de rêve, ses nuages, leurs formes en perpétuelle évolution sous la poussée du vent. Leurs regards se sont portés au loin, à la découverte des cimes éternellement enneigées des Alpes et du Mont Blanc. Ils ont observé les brouillards de la vallée de la Saône se profilant entre deux collines couvertes de vignes, de vergers et de prés vert tendre. Ils se sont concentrés sur le Cloître du couvent et sur la nature voisine : les arbres fleuris de différents tons, la fragilité des fleurs des champs s’inclinant sous la pression d’une bise légère, le jardin potager aux plans alignés et la végétation sur le bord des chemins. Ils se sont accommodés de l’ombre des arbres déployés au-dessus de leurs têtes et des éclairages
environnant la calade sur laquelle ils ont fixé leur attention. Ils ont humé les parfums qui s’étiolaient et se nuançaient ou s’intensifiaient au fur et à mesure de leur progression. Il leur a suffi de tourner la tête pour découvrir d’autres odeurs. Une rangée de buis qui sentaient la pisse les a forcés à accélérer le pas. Là, des fleurs des champs et des jardins, des lauriers ou de l’herbe fraîche exhalaient des parfums plus subtiles les invitant à la rêverie. Puis, ils ont ralenti le pas et se sont même arrêtés un instant, fermant les yeux pour écouter la bise tourbillonnante caresser leurs oreilles ou le silence évoluer par bribes, les branches qui se frottent, les respirations et les déplacements d’animaux, les cris ou les chants des oiseaux qui s’interpellent, le grillon tapi sous les herbes ou le vol des insectes qui les évitaient. Ils se sont branchés sur leurs perceptions tactiles et kinesthésiques. Comment se déployaient leurs articulations, les différents segments du corps les uns par rapport aux autres ? Le balan des bras, la position du tronc et des chevilles dans la marche spontanée qui se ralentissant, portait à contrôler son équilibre. Ils ont ainsi passé des heures à se découvrir et à explorer la campagne sans prendre conscience du temps qui passe, enrichis par toutes ces sensations les tenant en éveil. Le chemin s’arrêta net sur une route qu’ils franchirent toujours en silence et pieds nus, pour déboucher sur un champ d’herbes hautes colorées d’une multitude de nuances de fleurs. Chaman les invita à s’allonger et à continuer l’exploration, les orteils en éventail.
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