Danse ! tome 24

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Quel rêve ! Pour le 14 juillet, Nina va danser aux îles de Lérins... sous les étoiles. Jonathan-le-Rouquin est son partenaire. Un détail que Zita supporte TRES MAL. Elle est prête à tout pour empêcher leur pas de deux. Nina gagnera-t-elle la partie... QUAND MEME ? Dans des circonstances pareilles, seule une fée pourrait l'y aider...





Publié le : jeudi 30 septembre 2010
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EAN13 : 9782266209205
Nombre de pages : 68
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Anne-Marie Pol



Sous les étoiles




Tu danses,
tu as dansé,
tu rêves de danser…
Rejoins vite Nina et ses amis.
Et partage avec eux
la passion de la danse…
Pour Antonio Alvarado
Résumé de DANSE ! no 23 :
Duel
Un duel avec son ex-meilleure amie ? Nina aurait préféré l’éviter. Pourtant, à Cannes, au Centre Chorégraphique Petipa, elle a dû affronter Zita Gardel, bien décidée à lui faire des « vipéries ». La première : un (sournois) croc-en-jambe à la cantine. Malgré une hanche endolorie, Nina décide de ne pas réagir. N’empêche. Son moral est écorné… d’autant plus qu’elle est privée de son cœur d’or, oublié chez le docteur Martinet ! De quoi se sentir plutôt démunie.
Heureusement, il y a la danse !
Pour le spectacle du 14 juillet, Jerzy Holnocki fait répéter aux stagiaires un ballet dansé sur de la musique indienne. Et il choisit quatre solistes… dont Zita et Nina. Voilà les deux « duellistes » face à face !
Alors…
Bagarre à l’approche ?
Ça se pourrait : Zita est furieuse que Nina soit la partenaire de Jonathan-le-Rouquin. Mais Nina se moque bien de plaire à ce garçon, ou pas. Elle a d’autres choses en tête. Son but ? Rencontrer Viviane Valois, sa mystérieuse grand-mère, qui refuse obstinément de la recevoir.
Forçant la chance, Nina finit par s’introduire QUAND MEME1 ! dans le jardin de la villa Les Cygnes…
Là, son face à face avec Viviane Valois ressemble vraiment à un duel. Nina a gain de cause grâce à son médaillon, preuve qu’elle est bien la fille d’Aurore.
La partie est-elle gagnée ? Pas sûr.
Nina a encore du chemin à faire…
1-
Devise de Nina.
1
Un joli matin
Un pépiement d’oiseau me réveille.
« Niiii-na… » chante-t-il. Si ! Je suis sûre qu’il m’appelle. Je l’écoute : il me donne envie de danser… déjà !
Je me lève.
Au-dessus, dans le lit superposé, Émile dort en suçant son pouce. Je sors à pas de loup.
Quel silence !
Il est rythmé par le tic-tac de la pendule du couloir : 6 heures. Chouette ! J’ai un peu de temps avant le début de ma « vraie » journée. Je traverse le salon, me faufile sous son store à demi baissé, et je débouche sur la terrasse.
Il fait presque frais. Mêlée à la rosée, l’humidité montée de la mer a mouillé les géraniums. L’odeur poivrée de leurs feuilles me chatouille le nez lorsque je m’accoude à la rambarde.
Ça sent bon !
Enfin… Pas autant que le jasmin-souvenir-de-Maman.
Et je jette un coup d’œil vers le sommet de la colline. La villa Les Cygnes se cache là-haut. Si je cherchais parmi le fouillis d’arbres, j’apercevrais (peut-être) ses arcades envahies par les bougainvillées…
Mais…
Tu es sortie pour danser, Nina !
Vas-y !
Ma façon à moi de dire merci à la vie. Chacun a la sienne. Après quelques pliés à la seconde, je développe une jambe pour la poser sur le garde-fou (devenu barre). L’oiseau m’a suivie, je crois. Sa chanson remplace le piano. Quand je ploie en cambré, le ciel translucide bascule au-dessus de ma tête.
Danser dehors… trop génial !
Oh ! Mo ! Si tu étais là, notre pas de deux serait magnifique…
Lancée en déboulés d’un bout à l’autre de la terrasse, j’imagine la scène.
Mo me rattrape… je sens ses mains fines autour de ma taille… double pirouette… puis on improvise un adage1… et on finit par s’embrasser derrière les immenses yuccas en pot…
J’ai les yeux pleins de rêve…
Hélas…
Mon amoureux ne m’attend pas dans ce coin de la terrasse… où – ça, c’est la vraie réalité – les reliefs de notre barbecue traînent encore.
Quel fourbi !
Les assiettes de carton maculées de graisse sont empilées sur la table, entre une bouteille de Coca éventé et un pichet de rosé (vide). Au milieu des miettes tombées de la corbeille à pain, un reste de saucisse grouille de fourmis zigzagantes.
Hier soir, on était trop crevés pour ranger.
Alors… je me dévoue. J’ai un bon fond, y a pas à dire ! Au boulot, Nina. Ça ne m’empêche pas de continuer à danser avec Mo, dans ma tête. Une manière de me préparer au cours de Jerzy Holnocki. Je conditionne mon mental, comme tout à l’heure, je conditionnerai mon physique.
D’une manière ou d’une autre, une danseuse ne s’arrête jamais de danser. Et, moi, j’en suis déjà une.
Une vraie.


— Bravo, petite, m’a félicitée le docteur Martinet pendant le petit déjeuner.
On le prend dans la cuisine où le ronron de la radio accompagne le craquement des biscottes d’Émile.
« Sur FM Soleil, petits échos estivaux de la vie azuréenne avec Miss Tinguette… » annonce une voix féminine supersnob.
— Ch’est quoi… echtivaux ? mâchonne mon frère.
— Les trucs relatifs à l’été.
Sur cette explication, Charles M. monte le son. Il adore les potins, on dirait. En voici un :
« Surprise à Cannes ! Pour quelques jours, une grande étoile y scintille… Éva Miller ! »
Le choc !
Émile fait « Ooooh ! » et je reste la bouche ouverte, les yeux fixés sur le poste.
— Vous la connaissez ? s’étonne Charles Martinet.
— Ouais. Ch’est la petite mère2 de Nina.
— Chuuut, Mimile !
Éva… ici ? Trop génial ! Je ne l’ai pas vue depuis la fête déguisée de Flavie3. Il y a… très longtemps !
« — En effet – répond-elle à Miss Tinguette – je suis sur la Côte pour un jour ou deux…
— Travail ou vacances ?
— Un peu des deux ! »
Là-dessus… le téléphone mural sonne. Et… oh ! non !… le doc éteint la radio avant de répondre :
— Oui, mademoiselle, vous êtes bien chez le docteur Martinet. Nina Fabbri ? Je vous la passe !
— Vic ! je te parie, présage Émile.
Je bondis. Quoique. Elle ne se manifeste pas au bon moment, ma copine !
— Allô ? C’est toi, Victoria ?
Et… clic ! ça coupe.
La meilleure !
— Elle téléphonait d’un portable… sûrement, remarque le doc en rouvrant le poste.
Les premières mesures de la Mort du Cygne4 s’envolent dans la cuisine. Fin du reportage. Je suis drôlement déçue.
— On ne sait même pas où joindre Éva…
— T’inquiète ! me rassure Mimile. D’ici qu’elle se pointe chez Petipa…
Il a raison !
L’oiseau rallie toujours son nid. Et le danseur… le studio ! Étoile ou pas, Mlle Miller doit travailler comme les autres. Alors…
On la verra au Centre… peut-être ?
— Pourvu que… ! je murmure en effleurant mon médaillon.
Et j’oublie Vic.
Qui ne rappelle pas…
1-
Suite de mouvements amples exécutés sur un tempo lent, en solo ou pas de deux.
2-
Dans le monde de la danse, sorte de marraine du danseur débutant.
3-
Voir Des yeux si noirs…, no 19.
4-
Solo créé par Anna Pavlova (1881-1931), chorégraphie de Michel Fokine (1880-1942) sur une musique de Saint-Saëns (1835-1921).
2
Même les punaises
ont un cœur…
Maintenant, Émile et moi, on cavale dans l’impasse au milieu des autres stagiaires, direction le Centre Chorégraphique Petipa.
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