De l'intérieur...

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David aime les mots et le Rock'n'Roll. Il joue de la guitare dans un groupe de Rock amateur et tombe amoureux alors que son groupe accède lentement à la notoriété. Ses sentiments, ses peurs et ses doutes sont vécus de l'intérieur. Il nous conte la saga de son groupe et comment sa sensibilité à fleur de peau vient le torturer au fil des succès et déceptions.
Publié le : mercredi 25 mai 2016
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EAN13 : 9791032500293
Nombre de pages : non-communiqué
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DAVID PERDRIX
De l'intérieur...
© DAVID PERDRIX, 2016
ISBN numérique : 979-10-325-0029-3
Courriel : contact@laboutiquedesauteurs.com
Internet : laboutiquedesauteurs.cultura.com
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Prologue
Je n’oublierai jamais ce soir-là. Même en mille ans, je ne pourrai l’oublier. Mes doigts étaient en train de parcourir rapidement le manche de ma guitare électrique. J’étais au beau milieu du solo de ‘Conscience’, l’une des dernières compositions de notre groupe,Tsunami. Cela faisait quarante - cinq minutes que nous tenions la scène duGood Rockin’ Festival de Meillonnas, petite commune de l’Ain à proximité de Bourg-en-Bresse. Il nous restait encore un petit quart d’heure à déverser notre Rock corrosif sur le public avant que ne sonne vingt-trois heures et que nous ne laissions la place au groupe suivant.
Depuis le début du concert, comme à mon habitude, je n’avais presque pas levé les yeux sur le public. Tantôt, mes yeux se contentaient de suivre les déplacements de mes doigts sur le manche ou, pendant quelques instants, se perdaient dans la contemplation du sol pour que mes oreilles et mon esprit puissent être parfaitement concentrés sur la musique. Je ne sors qu’exceptionnellement de cet autisme visuel pour un rapide coup d’œil en direction des autres membres du groupe. Je n’avais dû regarder le public qu’une ou deux fois depuis le début du concert. Il devait y avoir environ mille cinq cent personnes en train de s’agiter joyeusement sur l’étendue d’herbe au pied de la scène, ce soir du vingt-deux mai mille neuf cent quatre-vingt dix-neuf.
Les conditions météorologiques étaient clémentes et tout se passait pour le mieux. Dom, notre chanteur, venait de finir le refrain de la chanson et sautait sur place pour chauffer le public quand je fonçais tête baissée dans ce solo de guitare aux accents hendrixiens. A ce moment, mon âme et mon corps ne faisaient qu’un avec la musique, mes jambes faisaient un pas en avant, puis un en arrière, pendant que je me courbais vers l’avant avant de me redresser rapidement. Ma tête allait librement, de gauche à droite et d’avant en arrière, pendant que mes yeux restaient fermés. Ces mouvements se répétaient frénétiquement, créant ainsi l’illusion d’une danse proche de la transe d’un pantin désarticulé et libre.
Après quelques dizaines de secondes, je ne sais pourquoi, j’ouvris les yeux en direction du public. Je ne pus les refermer avant la fin du concert. A peine les avais-je ouverts, que mon regard se trouva capturer par celui d’une jeune femme qui, à quelques mètres de la scène, me dévorait des yeux. Elle avait de longs cheveux bruns qui tombaient en cascade sur ses frêles épaules, les traits de son visage étaient fins et délicats et ses yeux étaient d’un mélange de vert et de gris. Mais ce qui me frappa le plus, c’était son sourire. Mon Dieu que ce sourire était beau, léger, sincère, bordé de fines lèvres plus rouges que mon désir et laissant entrevoir quelques dents à la blancheur nacrée. Je ne saurais expliquer pourquoi, mais je ne pouvais plus la quitter des yeux. Ce n’étaient pourtant pas des critères de beauté qui retenaient mon regard. Je crois bien que j’ai eu l’impression de regarder un ange, un visage ouvert, sincère et innocent. Jamais je n’aurais cru pouvoir être touché à ce point-là par un simple sourire.
Je continuais à jouer alors que mes yeux se noyaient dans ceux de cette inconnue. Je ne jouais plus pour le public, mais pour elle. Rien que pour elle ! Je sentais tous les poils de mon corps se dresser sur ma peau frissonnante. Les notes que je jouais s’allongeaient sensiblement, ralentissant un peu le rythme de la musique et lui donnant plus de langueur et de sensualité. Inconsciemment, je voulais transmettre à cette fille, par le biais de la musique, un peu de la chaleur qui m’habitait en cet instant. Mon solo se termina alors et nous finissions la chanson sous les feulements de nuit d’un Dom plus charismatique que jamais. Lui, comme tout le groupe, furent transportés par ce petit quelque chose qui était apparu dans notre musique.
Nous avons joué encore deux morceaux avant de quitter la scène sous les applaudissements nourris du public. Je n’ai pas détourné mon regard de celui de cette fille jusqu’à ce que le moment soit venu de débrancher ma guitare et de tourner le dos au public pour rejoindre nos petites loges à l’arrière de la scène.
J’étais le dernier à descendre de la scène et je suivais les autres, ma guitare en bandoulière. Je les suivais, les pieds dans l’herbe fraîche et humide qui couvrait le pré derrière la scène. C’est là qu’avaient été installés quelques abris de chantier pour l’occasion. Nous arrivions alors rapidement à celui qui nous avait été attribué. Une fois à l’intérieur, je posais ma
guitare dans un coin de la pièce et m’affalais dans un vieux canapé. Je me saisis de mon paquet de cigarettes et de mon briquet que j’avais laissé sur la table basse à proximité du canapé. Je sortis une cigarette de son paquet et la fit tourner quelques instant entre mes doigts avant de la porter à mes lèvres. Je l’allumais et pris une longue et lente taffe que je gardais quelques secondes dans mes poumons avant de laisser la fumée bleutée ressortir très lentement de ma bouche. Mon regard se perdait dans la contemplation des formes étranges que décrivaient les volutes de fumée. Pourtant, personne ne semblait encore remarquer mon absence.
Les autres étaient occupés à vider le contenu du frigidaire et à l’entreposer sur une grande table. Il y avait là toute sorte de choses, des alcools divers et variés, des jus de fruits, de la charcuterie, du fromage et des pâtisseries. Ils sortirent aussi, d’un petit placard, des gâteaux salés et sucrés ainsi que des chips et du pain. Bref, tout ce qu’il fallait pour requinquer cinq jeunes gens épuisés, certes, mais épris de pousser la fête un peu plus loin dans la nuit. Désormais, la loge venait de se transformer en une véritable salle de banquet. Tous étaient en train de s’affairer autour de la table, à imaginer d’improbables cocktails et à se goinfrer de gâteaux apéritifs. Ils discutaient aussi et j’entendais tout ce qu’ils disaient. Ils parlaient du concert de ce soir et étaient ravis de notre prestation ; surtout de la fin de notre set. Tous avaient remarqué les subtiles différences que j’avais apportées à mon jeu de guitare lors du solo deConscienceils avaient l’air de penser que l’amélioration était nette. Soudain, Dom et me sortit de ma torpeur en m’interpellant :
-Eh ! Débout le Guitar Hero ! Vient boire un coup avec nous et manger quelque-chose !
M’arrachant à mes pensées, j’écrasais ma cigarette dans un cendrier et me levais lentement pour rejoindre mes amis. A peine étais-je arrivé à la table, que Dom me tendis un grand verre remplis d’un liquide à l’étrange couleur verte pâle.
Est-ce que je peux savoir ce qu’il y a là-dedans ? Demandais-je.
— On ne sait plus trop ce qu’il y a là-dedans, mais je te garantis que ça envoi du lourd ! Me répondit-il.
Je commence à être habitué à ce genre de cocktails expérimentaux. Après chaque concert, c’est la même chose, et, aussi étrange que cela puisse paraître, les résultats sont souvent intéressants et goûteux. Je portais le verre à mes lèvres et bu une gorgée de ce liquide. Ce mélange, au fort goût de citron, paraissait doux au palais bien que l’arrière goût de rhum m’avertit qu’il était manifestement très alcoolisé. Oubliant la fille du concert pendant quelques instants, je prenais part aux discussions tout en me restaurant et me désaltérant.
Après une demi-heure d’orgie, il fut décidé d’aller faire un tour au concert car le groupe programmé après nous a déjà commencé à jouer depuis quelques minutes. Tous voulaient profiter de l’occasion pour se défouler avec le public qui nous avait applaudit peu avant. Je fus bien sûr de l’avis général, mais mes pensées étaient revenues à cette mystérieuse inconnue. Si je voulais moi-aussi aller devant la scène, c’était plus pour tenter de la retrouver que pour prendre un bain de foule. Je n’en dis pourtant rien aux autres qui étaient occupés à changer de tee-shirt, car ceux que nous portions étaient encore imbibés de transpiration. Je les imitais, silencieusement, puis allumais une nouvelle cigarette avant que nous ne quittions nos loges en direction de la scène.
Tout au long des quelques dizaines de mètres qui séparaient nos loges de la scène, de multiples questions me venaient à l’esprit. La retrouverai-je ? Est-elle encore là ? Pourquoi la chercher ? Peut-être seras-tu déçu si tu la rencontre. Qui te dit que cette fille est intéressante ? Que feras-tu si tu la rencontres ? Bien sûr, je ne trouvais pas de réponses à mes questions mais, au fond de mon Cœur, quelque chose me disait qu’il fallait que je la retrouve. Je voulais juste revoir son sourire et son regard, ne serait-ce qu’une seule fois. Et je voulais aussi connaître son nom. Nous arrivions alors derrière la scène et la contournions. Grâce aux badges que les organisateurs nous avaient remis le matin même, les vigiles nous laissèrent passer les barrières métalliques postées devant la scène et, ainsi, nous nous retrouvions aux premières loges pour le concert. A peine étions-nous dans la fosse, que mes incorrigibles amis se firent
une place parmi les premiers rangs de spectateurs et commencèrent à sauter sur place dans ce joyeux bordel. Ils avaient tous l’air de beaucoup apprécier la musique du groupe qui tenait la scène.
Pour ma part, je ne prêtais pas attention à la musique mais allais et venais dans la fosse à la recherche de mon inconnue. Je ne la trouvais pas dans la zone où je l’avais repérée lors de notre prestation. Pendant un bon moment, je m’obstinais à la chercher tout en bousculant bon nombre de personnes qui ne me portaient manifestement pas grande attention. Ne la trouvant pas, je reculais dans la foule et allais voir vers l’entrée publique du site. J’attendis là que le concert finisse. Peut-être la verrai-je passer lors de la sortie. Il y a tellement de monde et d’agitation au concert, comment la retrouver autrement. Je restais là et le concert arriva vite à son terme. Petit à petit, le site se vidait et je regardais les gens sortir dans une longue et lente procession. Je ne sais combien de temps cela dura jusqu’à ce que le site soit complètement évacué. Pris dans mes pensées, j’en avais perdu la notion du temps. Toujours est-il que, lorsque le site fut enfin déserté par le public, je n’avais pas retrouvé cette fille au regard d’ange.
C’est déçu et fatigué que je retournais à nos loges de fortune pour retrouver les membres de notre groupe. Arrivé dans nos loges, je m’aperçus que tous dormaient déjà. Ils avaient dû bien se défouler durant le concert et, à en juger par le bazar qui régnait en ces lieux, avaient dû beaucoup picoler avant de se coucher. Ne voulant pas prendre le risque de les réveiller et de me confronter à leurs questions sur mes activités de la soirée, je décidais de rester dans le salon et de dormir sur ce bon vieux canapé.
J’en suis là, étendu sur le dos à regarder les étoiles par la fenêtre qui se trouve à ma droite alors que je me remémore les événements de la soirée. Malgré ma fatigue, je ne trouve pas le sommeil. Des mots me viennent à l’esprit et ces mots forment des vers. Je m’assois alors devant la table basse, allume une cigarette, me sert un verre de bourbon et me saisis d’un stylo et d’une feuille de papier. Je laisse alors mon inspiration me dicter ceci : Il y a les choses que l'on dit, Et celles qui sortent de la nuit,
Je t'ai vu sans jamais te voir,
Je ne pouvais pas le prévoir,
Il y a du bleu à la place du gris,
Et je me réveille enfin à la vie,
Juste une piqûre de ton regard,
Et je ne veux plus que te revoir. Je te cherche aux abonnés absents... Je te cherche toujours et tout le temps...
T'es pas dans l'annuaire des filles du vent...
Alors je cherche aux abonnés absents...
Alors je cherche aux abonnés absents... Dans ma tête une étoile se prélasse, Et ce putain de temps qui passe,
Puisque tu ne sors pas de mes idées,
Je dois bien continuer à te chercher,
Et j'irais jusqu'où tout enfin se casse,
Peut-être trop loin dans notre espace,
Mais aujourd'hui je peux t'assurer,
Que nos regards vont encore se croiser. Je te cherche aux abonnés absents... Je te cherche toujours et tout le temps...
T'es pas dans l'annuaire des filles du vent...
Alors je cherche aux abonnés absents...
Alors je cherche aux abonnés absents...
Je te cherche aux abonnés absents...
Je te cherche toujours et tout le temps...
T'es pas dans l'annuaire des filles du vent...
Alors je cherche aux abonnés absents...
Alors je cherche aux abonnés absents... Alors que j’écris, il me vient des idées de musique et de rythme, mais le sommeil s’impose à moi sitôt l’écriture de ce texte terminée. Le Stylo s’échappe de mes doigts et je tombe lentement en arrière avant de m’endormir.
1
Nous sommes aujourd’hui le samedi vingt-neuf mai. Une semaine s’est écoulée depuis ce fameux concert au festival de Meillonnas. Il est dix heures ce matin et je suis levé depuis peu. Je suis allongé sur mon lit, dans mon petit appartement où je vis seul. Mon regard balaye le plafond pendant que de la musique sort des enceintes de ma chaîne stéréo. Je reste là, sans bouger, les yeux dans le vague, à me délecter de l’écoute d’un vieil album d’Alice Cooper. Ce moment est un moment privilégié pour moi, car pendant que mon corps se repose, je peux m’isoler de ce monde par la pensée. Je pénètre mentalement l’univers des chansons que j’écoute et oublie ainsi mes problèmes quotidiens. Sur l’album que j’écoute aujourd’hui, il y a cette chanson qui s’appelleDead Babies. Quand la chanson commence, je ferme les yeux et je sens tous les poils de mon corps se dresser, les pores de ma peau se gonflent et deviennent sensibles, des frissons me parcourent et tout s’efface de mon esprit pendant quelques minutes. Dieu que j’aime ça ! Ne faire qu’un avec la musique et, finalement, entrer en transe.
Ce comportement doit paraître bien étrange pour beaucoup de monde, mais, après tout, certains se droguent bien pour s’évader. C’est finalement une grande chance pour moi de pouvoir planer avec seulement un peu de musique. Cependant, il m’arrive parfois de penser encore à la belle inconnue de la semaine dernière. Bien que je me sois fait une raison et n’ai plus grand espoir de la revoir un jour, je brûle au fond de moi de connaître son nom. Enfin… qui vivra verra et je me replonge dans la musique. Le disque s’achève et je me lève pour le retirer de la platine. Pour achever cette matinée, je vais aller faire quelques courses puis déjeuner car, cet après-midi, je dois rejoindre les autres membres deTsunami au local de répétitions.
Je monte dans ma voiture qui compte déjà quelques années et un grand nombre de kilomètres au compteur. Mais qu’importe, j’aime tellement être au volant de ce véhicule. Je ne me lasse pas d’aller et venir sur les routes avec mes lunettes noires sur les yeux et de bons vieux disques de rock que je passe indéfiniment dans l’autoradio. J’arrive devant une vieille ferme, perdue quelque part en Bresse, et gare ma voiture derrière plusieurs autres. Bien que je sois à l’heure, il semblerait que tous les autres soient déjà ici. Ceci n’est pas vraiment étonnant dans la mesure où il est rare que qui que ce soit arrive en retard pour les répétitions. Je sors de mon véhicule et contourne le corps de ferme. Je traverse une cour recouverte de gravier blanc et arrive devant un petit bâtiment aux murs de terre battue. C’est dans cet ancien bâtiment de four, qui servait autrefois aux paysans à cuire leur propre pain, que Daniel, le père de Fabien, nous a aménagé une salle de répétions isolée et confortable. Je fais maintenant face à une petite porte de bois que je franchi l’étui de ma guitare à la main.
Salut les filles ! Lançais-je à la cantonade
— Ah quand même… On a failli attendre ! On va peut-être pouvoir commencer à bosser. Me répondit Dom.
— Merci de tant de sollicitude cher ami, j’en déduis donc que je vous suis indispensable.
— Tu peux toujours rêver si ça te fait plaisir.
Alors que nous nous lançons ces quelques bourres de bienvenue, Dom s’avance vers moi et me serre énergiquement la main. Dom, Dominique de son vrai prénom, est notre chanteur à la voix puissante et légèrement éraillée bien qu’il n’ait jamais que vingt-deux ans.
Les trois autres membres du groupe sont occupés à boire une bière assis autour de la table qui nous sert à nous reposer et nous restaurer lors de nos pauses. Nous buvons toujours bière avant de commencer à répéter. Ceci est devenu l’un de nos immuables rituels. Une canette pleine m’attend d’ailleurs sur la table en question. Je fais le tour et les salue à tour de rôle. Il y a Stéphane notre guitariste rythmique, Lilian notre batteur et enfin, à la basse, mon vieux pote Fabien. Avec Fabien, nous avons monté ce groupe il y a trois ans. Au départ, il y avait que Fabien
et moi. Nous nous connaissons depuis l’école primaire et rêvions de monter un groupe depuis notre adolescence. Après des années passées à apprendre à maitriser nos instruments ensemble, j’ai fini par proposer à Lilian de nous rejoindre. Lilian était aussi un vieil ami rencontré à l’époque où nous étions au collège. Bien que nous nous soyons un peu perdus de vue, je savais qu’il jouait de la batterie et je repris contact avec lui. Il nous manquait encore un chanteur et un deuxième guitariste. Fabien se rappela alors d’un copain de l’un de ses frères aînés qui jouait de la guitare. C’était Stéphane. Nous l’avons contacté lui aussi et, étant en mal de groupe, il accepta de venir jouer une ou deux fois avec nous pour voir ce que cela donnerait. L’alchimie musicale s’opéra si vite et si bien entre nous quatre qu’il décidait rapidement d’intégrer définitivement le groupe.
Pour Dom, c’est le hasard qui me le fit rencontrer. Un jour, lors d’un concert de rock à Bourg-en-Bresse auquel nous assistions, nous avons vu ce jeune spectateur, tout de noir vêtu, s’inviter sur scène au milieu d’une chanson. Il dansait comme s’il était possédé, ses grands bras fin décrivaient dans l’air des signes étranges et mystérieux. Le chanteur du groupe, amusé, lui tendit le micro pour lui faire chanter le dernier refrain. Nous n’en croyions pas nos oreilles, même le chanteur du groupe semblait impressionné. C’était lui qu’il nous fallait. Il avait le charisme, le physique et surtout la voix. Nous l’avons attendu à la sortie du concert pour l’inviter à boire un verre avec nous et accepta la proposition que nous lui avons faite. Il fut très surpris car il n’avait jamais imaginé qu’on lui proposerait un jour de chanter dans un groupe de rock. Depuis ce jour, le groupe est au complet.
Avec le père de Fabien, nous avons aménagé ce local tel qu’il est aujourd’hui et nous assurons des concerts dans toute la région depuis plus de deux ans. Le plus souvent, les concerts ont lieu dans des cafés, des petits clubs, de petites salles ou, au mieux, de petits festivals. Nous avons actuellement une vingtaine de reprises à notre actif. Quelques grands classiques d’Alice Cooper,Rolling Stones,Neil Young,David Bowie, Iggy Popet divers autres. C’est dire si nos influences sont variées. Nous avons aussi une dizaine de compositions personnelles dont six parfaitement au point que nous avons enregistrées, il y a quelques mois déjà, pour les besoins d’une maquette. Cette maquette fut réalisée sur un petit enregistreur à bande magnétique offrant huit pistes d’enregistrement distinctes. En ce qui concerne l’élaboration de nos propres chansons, c’est moi-même qui en écris les textes. Textes que je retravaille ensuite avec Dom qui y apporte ses idées et modifie ce qui lui parait trop difficile à chanter. Pour la composition de la musique, elle se fait généralement en commun pendant les répétitions et chacun peut apporter ses idées. Voici brièvement l’histoire de ce groupe que nous avons baptiséTsunami.
Sitôt que j’en ai fini de saluer mes camarades, je m’assois à la table et me mets en besogne de boire cette bière qui m’attend. J’allume une cigarette et décapsule la canette que je bois tout en discutant avec mes amis. Soudain, Dom tape dans ses mains pour attirer notre attention et nous dit :
Au boulot les mecs, il y a du pain sur la planche si on veut finir la nouvelle composition de David. Au fait, tu lui as trouvé un titre à cette chanson ?
— Ouais ! Ça va s’appeler « A l’absent ». Lui répondis-je.
Nous parlons bien entendu du texte que j’ai écrit après le concert de la semaine dernière. J’ai soumis ce texte aux autres durant la semaine qui s’est écoulée et personne ne m’a demandé ce qui avait bien pu me l’inspirer. Tous savent bien que je n’aime pas beaucoup parler de mes sentiments profonds. Je pense cependant qu’ils ont compris, à mon comportement comme à ce texte, que quelque chose est en train de se passer dans mon cœur. Cependant, ils ne posèrent pas de question et avaient aimé le texte. Nous l’avons donc gardé tel quel et avons commencé à le mettre en musique lors des deux répétitions de la semaine passée.
Nous quittons alors la table encombrée de canettes de bières vides, de cendriers remplis et de paquets de cigarettes pour nous diriger vers la plus grande partie de la pièce. C’est justement dans cette partie de la pièce que sont entreposés nos instruments et amplificateurs. Lilian s’installe derrière ses fûts, Fabien passe sa basse en bandoulière, Stéphane et moi
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