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DE RHAPSODE AU ZAJAL

De
144 pages
Dans de rhapsode au Zajal, un homme et une femme se parlent dans un duel d'amour. Le Zajal est une forme de poésie folklorique chantée sur des airs populaires et accompagnée souvent d'instruments à percussion. Le Zajal est présenté généralement par deux groupes de poètes qui improvisent en s'inspirant et surtout en utilisant un mot ou plus du groupe adversaire pour former un duel ou bravoure de l'esprit.
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De Rhapsode au Zajal

Collection POEfESDES CINQ CONTINENTS
dirigée par Maguy Albet, Geneviève Clancy, Léopold Congo Mbemba, Alain Mabanckou et Emmanuelle Moysan

@ L'Harmattan, 1998
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Canada H2Y lK9 Montréal (Qc)

L'Harmattan, Italia s.r.!. Via Bava 37 10124 Torino ISBN: 2-7384-7121-8

Hoda ADIB

De Rhapsode au ZajaI

Préface de Tahar Ben Jelloun

L'Harmattan

DU MEME AUTEUR

Parenthèse (Beyrouth 1968) Demi-Pause (Beyrouth 1970). Prix "Saïd Akl" Trois Cubes (en Arabe) (Beyrouth 197])
La Rue, La Vi11e, Le numéro (en Arabe) (Beyrouth 1972) A Contre-temps (Paris 1977 Editions Saint-Germain-des Près)

Métamorphose de la mémoire (Londres 1996) Shahar et Shalim (1979) (Paris 1997 Editions L'Harmattan)

Couverture.: Dessin deLamia Bédard

Préface La poésie de Hoda Adib est racines et corps d'amour, l'amour conçu, vécu comme un duel, une fusion dans un exode où la déchirure n'est point écartée. Dire le corps, ses rituels, ses mystères et son ombre est un chant. C'est une voix de femme qui épeIleles mots qui ont couleurs et senteurs, des mots qui sont ciselés dans le souvenir qui mord sur le présent. Cette voix est une ferveur, une belle entorse au temps et aux convenances, voix jaillie des îles inconnues où les fleurs de la passion se libèrent. Ainsi, elle est pudeur, posant "un manteau blanc pour cacher l'absence", s'ouvre sur les prairies du corps aimé, de l'âme recherchée pour échapper au vide, au vent et au naufrage. La poésie n'est ni masculine ni feminine. Certes, les mots de Hocla Adib sentent I'herbe printanière, frémissent comme des feuilles délicates et suivent les pas de l'homme comme pour saluer l'embellie des choses. Le poème se dédouble. Les deux textes se font face. Ils se regardent, s'affrontent comme les corps d'avant, avant la chute, avant la brisure.

L'étreinte est un souvenir. L'aube, une couleur du temps, les choses, un miroir inépuisable. La poésie est là, amarrée au rêve, à l'exigence, au chant de l'insolite. La femme écrit sur la pierre, sur la peau en déshabillant 1'homme qui ne sait pas lire les franges de l'oubli. Roda Adib libère les mots pour apaiser l'être-solitude et nous donne un superbe duel d'amour où les gestes ont la lenteur du réveil serein. Tahar Ben Jelloun Paris 2 juillet 1998

Avant-propos

Dans de "Rhapsode au Zajal" un homme et une femme se parlent dans un duel d'amour. Le « Zajal » est une forme de poésie folklorique chantée sur des airs populaires accompagnée souvent d'instruments à percussion. Le Zajal est présenté généralement par deux groupes de poètes, qui improvisent en s'inspirant et surtout en utilisant un mot ou plus du groupe adversaire pour former un duel ou bravoure de l'esprit.

Comme lèvre perplexe sur la marge d'une nausée tapie au bord du déclin et par ce qu'informe impondérable je t'ai reniflé proférant les fusions controversées déchaussée à l'inverse de l'éthique surpeuplée je t'ai figé déchirant ton expression qui trébuche en moi comme gangue qui se détériore.

2

Comme blessure intemporelle gOl?flée par la luxuriante collectivité et parce qu'ouverte reposante je t'ai débraillé à l'inverse des sensations oniriques mis sur ton corps mes multiples ensemences qui s'étendent en toi comme matériaux transformés par la trémulation soudaine du rapprochement

.., j

Si seulement tu savais que par toutes les intrusions à l'improviste des méandres je m'approchais dans les sensations feutrées - réprouvées avec des ensemences glauques de mes profondeurs en distension piétinement englué sur une poursuite

4

Si seulement tu savais que dans ce piège je suis prise je m'enterre clans l'absoute ruminante du rituel avec tous les je t'aime du couchant et les encore qui roulent de mes profondeurs ambiguës me fascinent de sincérité mais d'amour je ne suis plus capable

5

Je tiens ton nom contre moi qui crisse contre l'individualité d'être je tiens ton nom aux rituelles exhalaisons des teneurs ricanantes saturnales perversions quand les corps acerbes se dressent je te déshérite du temps rébus tu retombes en clapotis dans mon exode périodique

6

.le liens Ion nom con Ire moi humecté de mille itinéraires ostentatoires je tiens ton nom épinglé it la vie suis mon chemin ramifié quand les corps circulaires s'allongent dans le météore la parole empiète l'ombre de vérité une éclosion s'étire osmose assimilée oÙ tu girouettes en sécession pointue

7

Ainsi reflués par saturation nous vivions Dieu et moi dans un lieu lustral une curiosité préparative humecté d'éléments alternants confondu d'élan circulaire où s'accomplit une inspiration sans visage métamorphose de brume fossilisée empruntée au rêve ferveur non partagée annulée par la sagesse de l'absurde empruntée au rêve le mouvement fané d'effort ne répond plus à l'esprit

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