Dernier jour, dernier roi

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Publié le : lundi 1 janvier 1996
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EAN13 : 9782296320758
Nombre de pages : 144
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DERNIER JOUR DERNIER ROI

Collection Écritures MERIDJEN Alain, Un matelas par terre, 1995. DUVIGNAU Marie, Vingt chroniques garlinoises plus une, 1995. RABINOVITCH Anne, Comme si les hommes étaient partis en voyage, 1995.AOU AD BASBOUS Thérèse, Mon roman, 1995. HAGHIGHA T Chapour, Le chant nocture des voyageurs, 1995. CLANCY Genviève, TANCELIN Philippe, L'été insoumis, 1970-1984, 1995. LO NYOMBO Samba, Dakar Transgress, 1995. FLAHAUT Daniel, Une blouse blanche sous le boubou, ..en Afrique et à l'OMS, 1995. ZIANI Rabia, Le secret de Marie, 1995. STARASELSKI Valère, Le Hammam, 1996. DES HAIRES J.M., L'Impromptu d'Alger, 1996 GOURAIGE Guy, Courage, 1996. GENOT Gérard, Lafrontière des Beni Abdessalam, 1996. MUSNIK Georges, Par-dessus mon épaule, 1996. BOCCARA Henri Michel, Traversées, 1996. STARASELSKI Valère, Dans la folie d'une colère très juste, 1996. ALATA J.-F., Les Colonnes de feu, 1996. COISSARD Guy, L 'Héritier de Bissas Moïse Simba Kichwa Ngunuri, 1996. DUBREUIL Bertrand, Pierre, fils de rien, 1996.

1996 ISBN: 2-7384-4351-6

@ L'Harmattan,

Maurice AOUAD

DERNIER JOUR DERNIER ROI

Traduit du libanais par Édouard Tarabay, Luc Norin

Table des matières

Bagues à l'eau tombées.
Pas comme la première fois La fête.

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.41

77 .95 109

Vive le Roi. Dernier Jour Dernier Roi

MAURICE AOUAD ET SON PERSONNAGE: L'ANTI-HÉROS

. Maurice Aouad, poète libanais né en 1934, a déjà publié, en langue parlée libanaise, une quinzaine d'ouvrages: poésie, théâtre, essais et nouvelles. Il est considéré comme l'un des rénovateurs les plus importants de la langue du quotidien, longtemps absente des lettres arabes, en la situant au niveau d'une langue écrite. Elle est, avec Maurice Aouad, travaillée, étincelante, débordante de vitalité et d'imagination. Son épopée-mélopée, Dernier jour, Dernier roi, a été publiée en langue originale à la veille d'une guerre dont on peut supposer qu'elle n'est pas encore réellement terminée. Elle est présente en filigrane, de manière intemporelle, à travers ce qui tient à la fois du récit, du roman, du poème. Dernier jour, Dernier roi s'adresse, autrement, au personnage de Jésus. Au lieu de reprocher aux hommes de l'avoir méconnu ou abandonné, l'auteur choisit de reprocher à Jésus de s'être laissé abandonner. Raccourcis historiques, survols géographiques, tournures symboliques, allusions discontinues à l'hier enfoui dans l'aujourd'hui, balisent 7

., . conceptIOns qu on peut en aVOIr. Le Zarathoustra de Nietzsche, le Prophète de Gibran enseignaient par le rayonnement et la sagesse de leur parole. Le Jésus d'Aouad, au contraire, prend figure d'anti-héros dont l'échec et la maladresse sont sans cesse en porte-à-faux avec la démesure de l'attente humaine. Livre fascinant dont les volte-face et les éclairages entraînent nos propres mythes sur des chemins de surprise.

une odyssée qui revient plusieurs fois sur soi, comme les récits orientaux, avançant par petites touches et par images. En cours de route, le Jésus de Maurice Aouad est confronté à toutes les

E T: - L.N

.

La traduction littérale du titre libanais serait: Dit Autrement ou encore Propos insolites. Mais un tel titre s'applique davantage à l'ensemble de l'œuvre de Maurice Aouad qu'à cet ouvrage en particulier. Le titre du dernier chapitre de ce livre: Dernier Jour, Dernier Roi, nous a semblé plus approprié. Les traducteurs

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PIERRES MAL DÉGROSSIES EMPLOYÉES PAR MAURICE AOUAD POUR BÂTIR SA BIOGRAPHIE

.
C'était un jour de pluie, d'éclairs et de tonnerre. Au cri du vent engouffré à travers les fenêtres basses, au ras du sol, et au bruit des gouttes d'eau qui tombaient du toit dans la bassine qui sert à pétrir le pain, à l'ombre d'une lampe hésitante, sous le souffle du vent glacial à te couper un dou, et après minuit, le 20 février 1934, je suis né, puîné de cinq enfants. J'ai vécu mon enfance sous les voûtes tombées en ruine de notre quartier, et dans les vastes forêts de Bssalim aux essences variées, notamment le pin et le chêne aussi vieux que la mémoire. Pendant la deuxième guerre mondiale, la pauvreté avait occupé toute notre maison. Et elle s'était mise à nous mordre. De notre village jusqu'à Antélias, éloigné de cinq kilomètres, j'ai commencé à porter des fagots de branchages de chêne bien secs. Je les vendais pour une bouchée de pain. A dix ans, ma mère m'a envoyé comme pensionnaire chez les Jésuites au séminaire de Ghazir. Jusqu'au jour de ce jour, j'ai encore la

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tête pleine des vastes corridors du couvent et des souvenirs de ma jeunesse. En 1947, j'ai quitté les Jésuites pour habiter Jouret-el-Ballout avec ma mère. J'y ai travaillé comme terraSSIer. En 1952, je fus pris de nostalgie pour les corridors du couvent et les livres épais. Je retournai chez les Jésuites, à Bikfaya cette fois, avec l'intention de me "jésuiter". Vingt mois plus tard, je me suis aperçu que j'étais né pour un espace plus considérable que celui des corridors de couvent. J'ai donc rabattu la porte sur les Jésuites en prenant avec moi la poésie de Claudel, Péguy et Francis Jammes, ainsi que les symphonies de Mozart, et un tout petit peu de la théologie qui vous fait craindre l'enfer, qui vous apprend que les orthodoxes sont des hérétiques et les protestants des athées. En 1954, j'ai habité Antélias. Je travaillais la terre. Je cueillais les oranges. Je portais du béton dans les chantiers. Je maniais la pelle, et mon filet restait vide. Je me suis mis à travailler dans une . . . Impnmene. En 1957, je suis retourné au séminaire de Ghazir, me rappeler mon enfance, ma première communion, Mgr Richa qui m'avait souffleté

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pour me confirmer, et la piscine remplie de la source Qattin. A Ghazir, je me suis découvert poète grâce au Père Jésuite Boulos Elias Chawkat. Il m'a parlé des tentatives de diffusion de la langue parlée comme langue de culture par les Pères Maroun Ghosn (1925-1935) et Raphaël Nakhlé. Le Père Boulos m'a mis entre les mains l'Antigone de Sophocle et les Chants du Village d'Emile Moubarak. Il m'a présenté au Père Nakhlé qui avait commencé, dans les années 40 a prêcher en "langue libanaise". Vers la fin des années 50, j'ai commencé à publier des poèmes signés "Virgile" parce que je venais d'achever de le lire. En 1960, la grande presse a commencé à faire paraître ma poésie et ma prose. Mon livre, Dernier Jour Dernier Roi, est paru en 1973. Un critique a dit à son sujet: c'est le livre le plus fort, publié en un quart de siècle. M.A.

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Les traducteurs

Édouard (Raouad) TARA BAY, UnIversitaire, journaliste, homme de radio, poète, essayiste, est également un traducteur bien connu. Dans son abondante bibliographie, trois ouvrages en édition bilingue: "La Jeune Parque" de Paul Valéry, "La nouvelle Béatrice" de Gérard Mourgue, "Anthologie de la poésie française de Baudelaire à Prévert" 650 pages, volume 1. Le volume II est en préparation: "Les poètes français etfrancophones, d'Yves Bonnefoy à nosjours". Édouard TARABAY a publié avec Luc NORIN, une "Anthologie de la poésie arabe contemporaine" aux éditions du Seuil. Journaliste, critique, écrivain à Bruxelles, Luc NORIN est l'auteur de nombreux ouvrages dont" Une Culture appelée demain".

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