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Des gens sans histoire

De
171 pages
Des gens en mal d'existence veulent s'inventer une vie brillante, pourvoyeuse de succès et grades en tous genres ; pour cela ils demandent à un auteur de leur écrire une histoire sous la forme d'une pièce de théâtre ; mais une fois cette histoire écrite, ils ne veulent plus la jouer, ils veulent la vivre comme si c'était la réalité. Seule la présence de l'auteur les en empêche. Il faut le supprimer, lui ou ce qu'il représente. Mais aller plus loin, cela risquerait de nuire gravement à leurs ambitions.
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la forme d’une pièce de théâtre ; mais une fois ceTe
ambiîons.
et porter assistance à la sœur qui en fut la vicIme.
Illustraîon de couverture : © Adobe Stock
ISBN : 978-2-343-12233-5 18,50
Hervé RigotMuller
Des gens sans histoire Roman
Des gens sans histoire
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Nouvelot (Eudes),La maison sur la plage, 2017. Layani (Jacques),Des journées insolites, 2017. Renoux (Jean-Paul),Une chanson pour Miss S., 2017. Banhakeia (Hassan),Le coupable, 2017. Akgönül (Samim),La proie, 2017. Francis (Raoul R.),À corps défendant, 2017. Mallinson (Adrian),Paris entre deux eaux, 2017. Le Guern (Jean-Marc),Points d’orgue, 2017. Verdun (Franck),Le métal dont nous sommes faits, 2017. Adriaensen (Walther),L’escale écossaise, 2017. Sandral (André),Chacun son cirque, 2017. Cathelin (Annie),En attendant les matins clairs, 2017. Chambaud (Henri),Des rencontres nécessaires, 2017. Lissorgues (Yvan),Sous la pierre, 2017. Pommier (Pierre),Masques, 2017. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Hervé Rigot-Muller Des gens sans histoire
Roman
Du même auteur Caveau de famille, Ed. Aléas (autobiographie), 1992. 0,8 gramme, Ed. Aléas (théâtre), 1996. Tous sexes confondus, Ed. Aléas (roman, tome 1), 2004. La prise femelle, Ed. Aléas (roman, tome 2), 2007. Les poupées gonflées, Jacques André Ed. (roman), 2009. Création et mise en page : Vassel Graphique © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-12233-5 EAN : 9782343122335
Proogue
ïs n’aîmaîent donc que ça. Ou ne savaîent aîre que ça. C’est en gros ce qu’avaît comprîs ’învîté, comme rageaît à e uî dîre son voîsîn de tabe, pour quî s’exprîmer aîsaît ’efet d’une dent qu’on uî auraît arracée de orce et à ’aîde d’une pînce-monseîgneur. Carter avaît repoussé son assîette et s’étaît recué sur son sîège pour mîeux écouter cet înterocuteur. Ecouter est înexact ; î s’assuraît, à voîr ce gars-à erraîer contre e vocabuaîre, î s’assuraît d’un constat : ce éon, comme tous es bègues, aîsaît de caque mot un outrage personne, aucun ne trouvaît grâce à ses yeux (î s’en prenaît même aux poînts et à certaînes vîrgues), es convoquant ’un après ’autre, et eux attendant d’être concassés. « Suî… suîvant ! ». Se reposer, éon ? Jamaîs ! a mort aux mots ! Et ça boquaît surtout quand e bonomme vouaît en passer deux, voîre troîs à a oîs. es gens du dner e voyaîent aors très rouge, et des veînes saîantes envaîssaîent son ront. Ce porte-paroe serraît ses paupîères comme pour jurer de n’en rîen voîr, et jusqu’à eur aîre très ma. Quî ne connat pas éon veut ’accompagner au bout de son cemîn, dîre pour uî ce quî manque à sa prase. Exposîon ! Déboquer a sîtuatîon ? uî acîîter a tâce ? Répressîon ! Aors on regarde éon, maîs c’est e sîence qu’on observe. On se taît pour qu’î nous îmîte, maîs c’est uî qu’on îmîte. De mémoîre de bègue, quand écarate î voît tout autour qu’on mîme ses apnées, qu’on sufoque avec uî et qu’on reaît ses guerres, quand î es voît, ces gens, quî commencent à pousser, grîmacer et soufrîr, î saît que personne ne ’écoute. ï connat ces acîès quî dîsent : Respîre éon, déîvre-nous du ma ! Et comment t’écouter quand î nous aut survîvre ? Desserrer cet étau, car c’est nous qu’î étrange ? Eoîgner
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ces oquets quî vont nous aîre passer, et ce teînt rubîcond dont nous nous coorons ? A Greyzîeu, rîen de te. Dans a sae des Fêtes, ’învîté écoutaît éon. Sans înterrompre, sans cercer à aîder. Sans uîr nî prétexter qu’î doît tééponer (souvent on uî aîsaît e coup du téépone !), sans dîre es « ouî Monsîeur », es « en efet » de ceux, es ypocrîtes, quî jouent es întéressés. ’învîté se tenaît attentî à ce qu’î entendaît, à ce qu’î avaît concu dès es premîères bataîes, cette deuxîème évîdence que répétaît sa tête : « un bègue, s’î veut aîre du téâtre, ne peut jouer qu’un bègue ». – Ce con… ce con…, marteaît ’autre comme s’î en menaçaît Carter. Ceuî-cî aussa es sourcîs. éon termînaît : « Ce qu’on aîme… c’est e té… ». Carter pensa téâtre, maîs î n’en montra rîen. – … e téâtre ! tonnaît éon. ïs n’aîmaîent donc que ça. Ou ne savaîent aîre que ça. C’est à peu près ce qu’avaît comprîs ’învîté.
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Coette a promîs de revenîr avec du campagne. Marîus a tapé sur ’épaue de René. René en a aît autant avec ’épaue de Marîus. à îs se congratuent en une ongue accoade. Quequ’un avaît ancé « Ça s’arrose ! », un autre « Marquons e coup ! », Coette c’est ee quî a dît « Campagne ! » et répété « ï aut marquer e coup ! ». es deux copaîns d’enance ne se désenacent pas. Coette aît a jaouse « Je vaîs pas arrîver à es séparer ces deux-à ! ». Puîs ee sort sous es appaudîssements du pubîc, par e côté gauce du téâtre. a porte du décor a caqué un peu ort ; s’en est ma reermée. En couîsse un bruîteur sîmue une descente à a cave, un débaroué de pas dans un escaîer. – Ça aît paîsîr ! C’est Marîus quî regarde droît dans es yeux ce vîeux René pour s’assurer que c’est bîen uî, quî cette oîs uî tape es deux épaues en même temps, un peu e taîeur jurant de a bonne tenue du costume sur son cîent. René aît e conus « Ne déboucez rîen pour moî ! », c’est pour a orme car Coette s’est absentée dans ce but. Marîus uî dît que a cave, c’est e campagne des grandes occasîons ; pour preuve, î est derrîère son bar et dégage du rîgo une bouteîe, a montre en a secouant sans trop de soîn, dît « cee-à, c’est e tout-venant », déboucée e undî, éventée e mardî, et coupée avec de a mûre es autres jours de a semaîne ! Cadeau de a maîson. – Sans es bues, et personne n’y voît rîen ! Madré Marîus, vîeux renard. Une sae compîce se cae dans ses sîèges, jubîante et protégée : au téâtre, ces Iouterîes n’arrîvent qu’aux autres. – Ouî, ça aît paîsîr, conIrme René, mêant dans a même poêe es retrouvaîes et es magouîes du ce.
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