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Des rencontres nécessaires

De
156 pages
Le temps d'un été, au bord de l'océan, cinq personnages venus d'horizons différents et que le hasard seul semble avoir réunis, s'interrogent, s'allient ou s'opposent quant à leurs choix de vie. Deux d'entre eux vont disparaître dans le naufrage de leur voilier. Chacun proposera sa vérité quant aux causes du drame, mais quelle est-elle ? Que vont leur révéler d'eux-mêmes ces instants décisifs ? La mer, la libre mer, est omniprésente dans l'action et l'univers des personnages. Témoin et actrice, peut-être s'imposera-t-elle comme un personnage, l'objet même du récit.
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l’oĐéaŶ, ĐiŶƋ peƌsoŶŶages veŶus d’hoƌizoŶs diféƌeŶts
La ŵeƌ, la liďƌe ŵeƌ, est oŵŶipƌéseŶte daŶs l’aĐIoŶ,
terrieŶŶes et ŵariIŵes. Elles iŵprğgŶeŶt ses livres ĠĐrits eŶ BretagŶe et au Pyla, au ďord de la ŵer iŶtĠrieure où il s’est reIrĠ aprğs uŶe vie professioŶŶelle vagaďoŶde.
Henri Chambaud
Des rencontres nécessaires
Roman
Des rencontres nécessaires
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Lissorgues (Yvan),Sous la pierre, 2017. Pommier (Pierre),Masques, 2017. Bejjani Raad (Nada),Le jour où l’agave crie, 2017. Lamy (Laurya),Marée montante, 2017. Payet (Sylvie),Camélia rouge, 2017. Maeght (Brigitte),Puisque c’est écrit, 2017. Serrie (Gérard),Au bord du Gouf, 2017. Noël (Sébastien),Conquête du pouvoir, 2017. Steinling (Geneviève),Histoires d’amour, de folie et de mort, 2017. Augé (François),Début de roman, 2017. Mandon (Bernard),Belleville tropical, 2017. Lemna (Camille),?Alors, on fait comment pour les clés , 2017. Denis (Guy),Le souffle d’Allah, 2017. Mounier (Pascal),L’homme qui ne voulait pas mourir, 2017. D’Aloise (Umberto),Manhattan 1907, 2017. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Henri Chambaud Des rencontres nécessaires Roman
uteur
Du même a La tête ailleurs, L’Harmattan, 2009.
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-11441-5 EAN : 9782343114415
EXERGUE
Je n’ai pas connu mon père. J’ai été élevé par deux veuves qui « S’étaient mises ensemble », dont l’une était ma mère. Elle exigeait qu’on l’appelât Lou et non Louise, tant elle craignait « Lulu », qu’elle abhorrait ! Dans ma naïveté j’appelais l’autre « ma tante ». Quand j’ai compris l’ironie de mes camarades j’ai ajouté son nom : « Myra, ma tante Myra », puis Myra tout court. Elles m’ont choyé comme un oisillon tombé du nid. Elles m’affublaient, selon les circonstances, de sobriquets tendres, mais : « Henri ! » quand ça bardait. C’est leur histoire tourmentée qui est aussi la mienne que je veux raconter à travers ce qu’elles ont bien voulu m’en dire, mais aussi me cacher, fût-ce sans le vouloir, car, depuis Eurydice, chacun sait qu’on ne peut se retourner sur son passé sans qu’il s’évanouisse ! Et que dire de mon ambition déraisonnable : Déflorer le mystère qu’elles portent en elles, comme tout un chacun ! J’y ajouterai mes propres découvertes, ces rencontres qui m’ont mené sur des rivages lointains mais que le monde a fini par rattraper. J’en suis revenu déniaisé, et, somme toute, plutôt admiratif et compatissant pour mes frères humains, ces mortels, qui, le sachant, ont cependant l’humble courage de vivre.
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CHAPITREI
LOÉMÉLa pinasse coupait au plus court dans les méandres vers Djeno. Jérôme barrait à pleins bras la motogodille. Il était coiffé du casque à couvre-nuque que lui avait donné Manu. Il n’y avait plus qu’eux, les nègres, qui le portaient. Nous, c’était le chapeau de brousse. La petite Kender, enceinte jusqu’aux yeux, s’accrochait à l’épaule de son mari et hoquetait encore après sa crise de nerfs. Manu gisait sur la bâche devant nous. De ses pieds nus coulait une rigole d’eau rose. Je savais ce qu’il pensait, Jérôme : « C’est vous qui l’avez tué, mais vous ne direz rien ou parlerez d’accident ». C’est lui qui avait sauté de la pinasse pour le tirer hors du fleuve où l’avait projeté la décharge de chevrotines. Peut-être l’aimait-il mieux que nous. À cause du casque ou de la chikwwang qu’il embarquait chaque fois pour lui à côté du pique-nique. Pierre et Kender râlaient : « - Ça pue le manioc pourri ! Toi et ton nègre ! - Merde ! Ils ne mangent pas comme nous ! Y a que ça qui lui tient au ventre ! Alors, si vous voulez qu’il barre toute la journée vers Cayo ! »
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