Déserteuses

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« Déserteuses » : voilà un terme rare dans la langue française. Voici pourtant des femmes qui, chacune à sa manière, « désertent » du rôle que la société attend d'elles : comme fille et comme mère, comme travailleuse en rupture et comme ménagère débordée, comme vieille dame trop digne pour être honnête, ou même comme spectre assistant à ses propres funérailles. Des femmes fortes, des femmes révoltées, des femmes en colère, drôles ou désespérées, et parfois les deux en même temps.
Publié le : dimanche 8 mars 2015
Lecture(s) : 43
EAN13 : 9782806107695
Nombre de pages : 116
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Irène Kaufer
Illustrations de Cécile Bertrand et Julie Carlier
Nouvelles
Déserteuses
De la même auteure :
Fausses pistes, Luc Pire, 1995. Parcours fémnisite (entretiens avec Françoise Collin), Labor, 2005, réédi-tion chez iXe, 2014.
Déserteuses
Irène Kaufer
Illustrations de Cécile Bertrand et Julie Carlier
NOUVELLES
D/2015/4910/2
© Academia – L’Harmattan Grand’Place 29 B-1348 Louvain-la-Neuve
 ISBN: 978-2-8061-0205-8
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C’est l’habitude qui nous manque On ne sait pas jeter des cris Hurler contre ce qui nous flanque La tête au mur certaines nuits On ne sait pas claquer les portes Fermer ses oreilles et ses yeux Jeter au diable et qu'il emporte Tout ce qui nous déchire en deux […] Mais rien qu'une fois Rien qu'une fois faire des vagues Et tout casser rien qu'une fois… Anne Sylvestre Rien qu’une fois faire des vagues
Prologue
« Tu sais, je me suis toujours demandé pourquoi il n'y a pas de féminin à "déserteur". Ou en tout cas, on l'utilise ra-rement. Étrange, non ? – C'est tout simple : parce que les femmes ne désertent pas. La friteuse a beau prendre feu, le micro-ondes lancer des flammes métalliques et le congélateur les ensevelir sous la glace, elles restent debout, stoïques dans leur cuisine, après avoir évacué mari, enfants et animaux domestiques, capitai-nes courageuses de leur navire en perdition. – Je te parle sérieusement. – Mais moi aussi. Les femmes sont responsables. Elles n'abandonnent pas. Elles lavent, époussettent, relèvent, consolent ; et ce sont encore elles qui remettent debout les ruines que nous, les hommes, ne cessons de semer sur notre passage. – Là, tu charries. – D'accord, si tu préfères l'autre version : les femmes ne sont là que pour nous empêcher d'être des héros ; quand nous nous apprêtons à partir à la conquête du monde, ou dans une guerre glorieuse, elles pleurent, nous supplient en s'accrochant à nos mollets jusqu'à déchirer le bas de nos pantalons. Mais ce n'est pas grave, puisque ce sont elles qui vont les recoudre.
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