Destination Jesus cosmos

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Lucas VALESE est un auteur de science-fiction à succès et son public, tout comme son éditeur, attendent avec impatience son nouvel opus. Ne supportant cependant plus d'écrire ce qu'il considère comme de la littérature de "gare", le Philippe K. Dick des supermarchés s'apprête à rompre son contrat pour rédiger...une biographie du Christ et de ses apôtres. Malheureusement, quelqu'un d'autre à eu cette idée avant lui mais Lucas refuse d'abandonner ce projet, symbole pour lui de son renouveau d'écrivain. Il ouvre alors une boîte de Pandore d'où surgissent un ami "comme qui dirait" coopératif, un assistant littéraire dévoué et agissant comme un révélateur auprès de lui, quelques cauchemars...et peut-être un peu plus.
Publié le : mardi 6 juin 2006
Lecture(s) : 185
EAN13 : 9782748174069
Nombre de pages : 415
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Destination Jésus Cosmos
Laurent ROBERT
Destination Jésus Cosmos
ROMAN
Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2006 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com ISBN : 2-7481-7407-0 (fichier numérique) ISBN 13 : 9782748174076 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-7406-2 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748174069 (livre imprimé)
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Les escadrons de mouettes piailleuses tournent en désordre et plongent sur ce qui n’est pourtant pas la mer. Ça et là, des tertres émergent d’une terre retournée. Il y a de la glaise brune arrachée à son herbe qui roule et dévale en bas des tas et laisse une empreinte dans le sol. De loin, cela ressemble à une exhumation gigantesque. Les vestiges à ciel ouvert d’une dynastie de princes encore inconnus et qu’une équipe de chercheurs viendraient de mettre à jour. L’excavation est énorme et les monticules de terre qui ont été rejetés à sa périphérie témoignent de l’importance du chantier. Mais c’est d’un tout autre tombeau qu’il s’agit. Nulle cité ensevelie, nul empereur enterré là avec ses fiers chevaliers dans leurs habits de parade. Aucun temple, aucun autel rituel, pas même la trace d’un parchemin ou de signes inconnus, à moitié effacés et gravés sur d’antiques parois que d’éminents archéologues auront la fierté et l’honneur de révéler aux foules incultes. Rien ne nous a été légué dans ce tombeau à ciel ouvert et son histoire n’est que la suite de généalogies avortées. Aucune gloire passée, aucune civilisation n’émergeront de lui. Il ne parlera pas ou seulement pour raconter les banalités et les scories d’une société schizophrène, qui s’enfuit en courant dans tous les sens. Les formes jaunes métalliques qui s’agitent, partent et reviennent de ce tumulus ne
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révèleront aucune salle de trône et n’exhumeront aucun ossements. Les secousses violentes qui les agitent ne laissent d’ailleurs pas de place à la délicatesse d’un travail de fouille. La préoccupation première qui règne ici est soumise à une loi dont l’application est même son contraire le plus extrême et n’a qu’un seul objectif : celui de l’entassement maximum sans soucis d’une quelconque conservation pour les générations à venir. Un hoquet de notre pauvre humanité, un rejet. Un dépôt d’ordures. Une mine d’ordures et ses terrils aux alentours, chargés de déchets qui s’étendent sur une vaste friche. Plusieurs tas bariolés et puants qui s’élèvent vers le ciel en concrétions anarchiques. Des déversements de poubelles gigantesques renversant leurs déchets vers le ciel pour élever une prière au Dieu Putride, seule divinité régnant dans un panthéon dévasté. Au sommet des tuyaux d’échappement des engins d’acier, des clapets spasmodiques s’ouvrent et se ferment au rythme de leurs moteurs en laissant échapper des gaz noirs et épais ; hoquets de benzine à l’odeur âcre qui s’en vont encrasser le bleu du ciel. Des bras mécaniques, robots infatigables, s’agitent, chargent et déchargent. Tout n’est ici que grincements, cliquetis de chaînes métalliques, raclements monstrueux, ronflements de moteurs emballés, fumées et tonnerres d’échappements. A l’odeur forte et acide de la matière putréfiée, se mêlent en une fragrance nauséeuse les vapeurs d’oxyde de carbone brûlées. Les énormes pelles rouillées charrient des centaines de kilos de détritus qui viennent alimenter la base des tas dans un vacarme assourdissant ; d’étranges abeilles qui construisent dans un va et vient incessant des ruches nauséabondes qui ne produiront aucun miel. Les ruisselets qui s’écoulent de
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