Devant, derrière

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A quoi bon s'obstiner à vivre dans le réel, quand on perd ses parents, ses papiers et ses illusions, en moins d'une seconde ? telle est la question à laquelle est confrontée "Môme", jeune garçon de treize ans, au lendemain du débarquement allié en Normandie. Par un incessant va-et-vient entre Caen des années 40 et le Paris de l'après-guerre, ce roman retrace le parcours initiatique d'un jeune homme sans repères qui tente malgré tout de donner un sens à sa vie, quand l'espoir a été remisé au trente-sixième dessous.
Publié le : lundi 5 octobre 2015
Lecture(s) : 55
EAN13 : 9782336393278
Nombre de pages : 332
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MartialLEROUX
Devant, derrière Roman
/ Littérature
Rue des Écoles
Rue des Écoles Le secteur « Rue des Écoles » est dédié à l’édition de travaux personnels, venus de tous horizons : historique, philosophique, politique, etc. Il accueille également des œuvres de fiction (romans) et des textes autobiographiques. Déjà parus Pannequin (Martine),Églantine, roman, 2015. Demirdjian (Véronique),Une voix si douce,récit, 2015. Le Goaziou (Véronique),Les nuages à nos pieds, roman, 2015. Daubercies (Claude),Les histoires d’amour de Monsieur Spongexstrate, roman, 2015. Boullet (Victor),Le trou de la renverse, roman, 2015. Khalil (Yasmina),Le mariage, récit, 2015. Javeau (Claude),Une vie illustre, roman, 2015. Échard-Fournier (Anne-Marie),L’été en ce jardin, roman, 2015. Mirallès (Pierre),Hystérésis, récits, 2015. Aufan-Benazeth (Nicole),Les crapauds-buffles, nouvelles, 2015. Mottelay (Candice),La mer de mon père, récit, 2015. Chessex-Viguet (Christiane),Penser l’école, essai, 2015. Ces douze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
DEVANT,DERRIÈRE
© L’HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07018-6 EAN : 9782343070186
Martial Leroux
Devant, derrière
Roman
L’HARMATTAN
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Du même auteur
Guillaume Bouzignac, Société de Musicologie de Languedoc, 1993 Histoires musicales des Hauts-de-Seine, La Couronne d’Euterpe, 1993 Châtillon aux portes de Paris, Imprimerie Maury, 1998 Guillaume Bouzignac (vers 1587 - vers 1643), l’énigme e musicale du XVII siècle français, Les Presses du Languedoc, 2002 Les pensées, cause des soucis, Amalthée, 2004
Il m’est agréable d’exprimer ma plus profonde gratitude à : Mesdames Geneviève Mouchel, Marie-Hélène Tellier, Messieurs Bernard Alis, Michel Brack, Pascal Leblanc, Albert Lemaître et Nicolas Tellier pour leur précieux concours apporté à l’enrichissement de cet ouvrage.
Jeux de mains
Ah, elle avait fière allure, ma rue, ce matin-là ! De mon galetas sans âme, architecture brinquebalante de style Trauner, je mesurais son ivresse à l’idée de céder aux plaisirs de l’insolence et de la récréation. Elle incitait à la flemme la plus tenace, abandonnée au sort de ces journées caniculaires qui n’ont pas encore choisi de faire lézarder le gueux ou couler la gueuze. Avec une nonchalance quasi dominicale, le soleil, bien qu’encore éloigné de son zénith, faisait paresser les noirâtres escarbilles que crachaient impudiquement les usines alentour. Au nord, en regardant Paris, une nuée de Frégate et d’Aronde s’attardait à martyriser une chaussée déjà meurtrie en sa chair par la voûte en plein cintre du métro. Pourtant, une fois n’est pas coutume, ce n’est pas du côté de la Ville Lumière, mais en ma banlieue, sur le terre-plein qui borde les numéros pairs de la rue Fourniot, que le spectacle promettait d’avoir lieu. À portée de fusil de ma bâtisse loge en effet une division de l’armée française : le Quatrième escadron du Train des équipages. Dès les premières lueurs du jour, les badauds s’étaient donné rendez-vous en nombre, savourant à l’avance le défilé que tous espéraient somptueux. Encore était-il prétentieux de s’ingénier à parler dedéfilé. Car si les préambules s’en remettent à un souci de rigueur militaire, la revue vire rapidement à la débandade. À telle enseigne qu’il serait plus convenable de la qualifier, au mieux de démantèlement de lignes, au pire de désordre incontrôlé. Avec le temps, une connotation païenne, osons le terme, s’était emparée de la parade que l’état-major confiait chaque année à une troupe d’appelés, laquelle, en se soumettant au diktat de la hiérarchie, sacrifiait à une tradition séculaire, sans chercher à en saisir les origines. Mais, à vrai dire, exige-t-on des escouades de Mars de mener une réflexion sur les coutumes inhérentes à leur régiment ou, plus généralement, sur l’art de la guerre ? Non. Puisque l’usage l’imposait, il fallait se résoudre à obéir aux ordres. Au reste, personne, avouons-le, gradés comme civils, n’était à même de spécifier en vertu de quel fait d’armes la caserne Fourniot sortait ainsidéguisée aux beaux jours. Aussi, de génération en génération, la population locale était-elle maintenue dans la plus totale ignorance. Ce matin-là, comme souvent en pareil cas, c’est la gent féminine qui, en grande majorité, avait répondu présent à l’appel des phalanges nationales. Mais, cette fois, il s’agissait moins de déplorer la
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